Malika Mokeddem

  • Malika Mokeddem L'Interdite Parce qu'une lettre d'un homme qu'elle a jadis aimé, Yacine, est postée de son village natal d'Aïn Nekhla, Sultana revient en Algérie où elle a grandi. Elle a choisi l'exil pour échapper à la condition faite aux femmes de là-bas. Elle est devenue médecin en France, à Montpellier.
    Yacine vient de mourir. Il était également médecin et elle décide de le remplacer quelque temps au dispensaire. Elle rencontre bientôt Vincent qui, lui, porte le métissage dans sa chair. On lui a greffé le rein d'une Algérienne. Entre Vincent et Sultana naît une histoire d'amour qui vaudra à la jeune femme haine et menaces. Elle devra, une nouvelle fois, céder la place...
    C'est de sa vie et de son expérience que Malika Mokeddem a tiré ce roman d'une société déchirée entre préjugés et progrès, religion et fanatisme. Roman d'engagement et de témoignage, donc ; mais roman d'abord, d'une écriture authentique, frémissante de passion.

    En refermant L'Interdite, on pense irrésistiblement à cette phrase du poète algérien Kateb Yacine : « Quand une femme écrit, elle vaut son pesant de poudre. » Une explosion de colère...
    Michèle Amzallag, Jeune Afrique.

  • MES HOMMESJ'ai quitté mon père pour apprendre à aimer les hommes, ce continent encore hostile car inconnu. Et je lui dois aussi de savoir me séparer d'eux. Même quand je les ai dans la peau. J'ai grandi parmi des garçons. J'ai été la seule fille de ma classe de la cinquième à la terminale. J'ai été la seule pionne dans l'internat au milieu des hommes... Je me suis faite avec eux et contre eux. Ils incarnent tout ce qu'il m'a fallu conquérir, pour accéder à la liberté. M. M.

  • Léo a disparu par mer calme. Son voilier a été retrouvé vide, à la dérive, au large du golfe de Squillace, au sud de l'Italie. Ce sont des pêcheurs de Catane qui ont donné l'alerte... Shamsa, qui devait le rejoindre, ne veut croire ni à un suicide ni à un accident. Elle part, à bord du Vent de sable, à la recherche de son compagnon. C'est la première fois que Shamsa prend la mer seule. De ville en ville, sur mer et sur terre, munie de quelques indices, elle se lance à corps perdu dans cette enquête au long cours. Elle qui fut abandonnée à sa naissance dans le désert algérien, elle qui a fui son pays devenu sanguinaire, voit resurgir son douloureux passé. Mais, pour affronter ce nouveau coup du sort, elle est portée par l'énergie du désespoir. Et surtout, par le courage que donne un amour absolu. « J'irai retourner la mer », se promet-elle...

  • La Transe des insoumis est le second volet des Hommes qui marchent. Il s'agit d'un récit où s'entrecroisent le passé de Malika Mokeddem et sa vie d'aujourd'hui, ces deux époques étant liées par le thème de l'insomnie, mal dont souffre l'auteur depuis sa petite enfance. La Transe des insoumis est le nom qu'elle donne à l'insomnie. Cette incapacité à sombrer aisément dans le sommeil lui a très tôt fait prendre conscience de sa rebellion, et a peu à peu contribué à l'arracher à sa famille pour devenir un jour médecin puis écrivain.
    " Pourquoi ne dors-tu pas

  • " La main de la mère qui saisit un oreiller blanc et l'applique sur le visage du nourrisson... " Cette scène d'une violence absolue obsède la narratrice, le docteur Selma Moufid, sans qu'elle comprenne si c'est un fantasme ou si cela a eu lieu.
    Cette image occultée depuis l'enfance va entraîner Selma dans son désert natal et lui faire revivre des moments qu'elle voulait oublier.
    C'est avant tout la relation à sa mère que ce roman met en question. Il s'agit de combattre de vieux fantômes et de comprendre pourquoi la culpabilité a inhibé le souvenir pendant tant d'années. Selma raconte les voyages qu'elle a entrepris pour enfin parler avec sa mère, pour tenter de briser le silence. Cette confrontation la renvoie à une réalité cruelle : si sa génitrice n'est qu'une pâle figure de Médée, d'autres femmes l'ont précédée dans ce rôle qu'elles s'évertuent à perpétrer pour ne pas enfreindre les tabous qui les ligotent...
    Un roman très fort de Malika Mokeddem où, pour la première fois, elle analyse la relation avec sa mère dont elle fait un ressort romanesque extrêmement émouvant.

  • Derrière la dune, au-delà du Grand Erg occidental, c'est le désert, sa lumière aveuglante, sa chaleur et ses vents de sable, son ciel immense qu'ont oublié les citadins. Mais aussi ceux qui ne marchent plus. Zohra, hier nomade, a dû arrêter cette marche éternelle qui était sa raison de vivre, le contraire d'une errance. Avec une partie de son clan, elle s'est installée là, au pied de la dune, à la frontière des deux mondes, où elle est devenue l'inoubliable conteuse des temps anciens, le pilier de la sagesse et des traditions bédouines. De nombreux enfants l'entourent, l'écoutent, fascinés, entretenir la magie de la route du sel et des longues caravanes qui sillonnent le Sahara - tandis que l'Algérie bascule dans la guerre. Sa petite fille Leïla, l'une des premières jeunes femmes de la tribu à maîtriser l'écriture, est aussi la plus rebelle à la condition de recluse qu'on veut lui réserver. Elle puisera dans ses racines nomades la force de s'opposer à son destin, au poids des coutumes d'un autre âge...

  • Malika Mokeddem Des rêves et des assassins Enfant dans l'Algérie des années 1960, Kenza a dû subir la tutelle d'un père obsédé et violent, qui l'a séparée de sa mère. Jeune fille, elle a dû lutter contre ses frères, plus intéressés par le montant de ses bourses d'étudiante que par son épanouissement. Amoureuse, elle a vu celui qu'elle aimait se soumettre à l'ordre traditionnel des mariages convenus.
    Alors elle s'est expatriée en France, sur les traces de sa mère, enfuie bien avant elle à Montpellier. Peut-on échapper aux souvenirs ? Et la France n'est-elle pas encore trop près de l'Algérie oe Un roman d'urgence, le roman d'une passion pour la vie incarnée par une fille pleine de rage et de courage.
    Maati Kabbal, Libération.

  • Dans un ksar du désert algérien - un hameau de pisé qui domine la grande plaine -, Nour fait l'apprentissage de la liberté. Une liberté de femme conquise à force d'entêtement à vivre, de refus de toute humiliation. Son prénom signifie lumière.

    Nour a décidé de rester dans ce ksar que les autres habitants ont déserté parce qu'il tombe en ruine, et parce que la source s'est tarie. Un homme aveugle est éperdument amoureux d'elle. Mais Nour ne veut pas voir en ses sentiments autre chose qu'une profonde amitié. L'amitié d'un homme est pour elle une conquête inespérée dans ce pays guetté par la violence... Le temps d'un marché où elle va vendre les légumes qu'elle cultive, elle prête l'oreille aux rumeurs de mort, à la dérision avec laquelle les villageois combattent l'épouvante. Puis elle tourne le dos au chaos du monde, regagne les lézardes de son ksar, et elle attend.

    Nour scrute l'immensité du désert, d'où reviendra peut-être, comme la douceur d'un monde, l'être cher : l'homme aimé.



    Malika Nokeddem, née dans le désert algérien, vit à Montpellier. Elle a déjà publié le Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992), l'Interdite (Grasset, 1993), Des rêves et des assassins (Grasset, 1995), les Hommes qui marchent (Grasset, 1997).

  • Comment a-t-elle donc fait pour oublier cette scène pendant tant d'années ? La question l'effleure à peine.
    Selma est déjà emportée par ce qu'elle avait enfoui et qui resurgit soudain dans toute sa violence. M. M.Après deux textes autobiographiques, La Transe des insoumis et Mes hommes, Malika Mokeddem emprunte ici la voie du roman pour explorer un pan douloureux de sa mémoire : sa relation avec sa mère. Un livre sans concession dans lequel Malika Mokeddem fait le procès d'un pays, le sien, mais plus encore d'une femme, sa mère.
    Son jugement est sans appel.Son livre bouleversant. Alexandra Lemasson, Le Magazine littéraire.De romans en récits autobiographiques, dans un style de plus en plus ferme et épuré, Malika Mokeddem cherche à explorer, au plus juste, les méandres de la mémoire. Josyane Savigneau, Le Monde des livres.

  • >Malika Mokeddem Le Siècle des sauterelles Une ferme brûle, dans la nuit, parmi les vignes et les oliviers envahis de sauterelles. Bien que ce soit la terre de ses ancêtres dépossédés, Mahmoud n'a pas voulu cela. Qui est donc El-Majnoun, le Dément, ce cavalier qui depuis quelques jours galope dans son ombre et partout le précède ? Mauvais génie ou prophète d'une légitime révolte oe C'est l'Algérie de la première moitié du siècle que fait revivre l'auteur de L'Interdite dans ce roman inspiré, empli des senteurs et de la lumière du désert, autour du destin de Mahmoud. Un destin que celui-ci aurait voulu vouer à l'amour et à la poésie. Mais les traditions familiales, l'histoire, le hasard peut-être, en ont décidé différemment. Il reviendra à Yasmine, sa fille, marquée par le souvenir de la roumia Isabelle Eberhart, de reprendre le flambeau.

  • N'zid

    Malika Mokeddem

    • Seuil
    • 16 Mars 2001

    N'zid. Supposons qu'Ulysse soit une femme. Une femme d'aujourd'hui. Algérienne. Elle s'appelle Nora et vient de se réveiller sur un voilier à la dérive, seule au milieu de la Méditerranée. Elle est amnésique et blessée au visage. Pourtant, une évidence s'impose d'emblée : la mer est son élément. Ses mains savent tout de ce bateau, de la navigation. Perdue entre deux rives, survivante d'un malheur qu'elle ignore, Nora cherche passionnément sa patrie qui avait jadis les contours d'un désert de sable. Et si, derrière les vagues, elle écoute le pincement d'un luth bédouin, celui de Jamil, rien ne prouve qu'ils se rejoindront, car Malika Mokeddem, dépassant la force du simple témoignage, a peut-être inventé une seconde manière d'évoquer l'Algérie contemporaine, une métaphore nouvelle et de tous les temps, pour une Odyssée sans Ithaque. N'zid signifie, en arabe, «je continue» et aussi «je nais».

  • Ce livre est le deuxième d'une nouvelle collection que lance Indigène : « Femmes, Où en êtes-vous ? » qui rassemblera toutes les voix - et elles sont nombreuses aujourd'hui - convaincues que les femmes portent sur leurs épaules la condition d'une refondation éthique de la société.
    A travers cinq textes, courts mais denses, rédigés par ces intellectuelles qui ont toutes, à leur manière, contribué à l'émancipation des femmes dans les sociétés indigènes, il s'agira d'évoquer des féminismes inattendus tels qu'ils s'expriment dans les sociétés aborigènes, amérindiennes, inuit, berbères et tziganes.

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