Karthala

  • Notre époque assiste à une montée des fondamentalismes religieux. Dans des milieux en crise d'identité profonde, ce type de conviction peut sécuriser en donnant des repères considérés comme sûrs, immuables, véridiques. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 et la proclamation de l'État islamique d'Irak et du Levant, la nébuleuse fondamentaliste islamique, dans sa forme djihadiste, inquiète par sa capacité croissante à attirer des musulmans et à recruter des non-musulmans fraîchement convertis, jusqu'en Europe. Or l'extrémisme d'inspiration musulmane, perçu à travers une actualité dramatique, ne se réduit pas à des conjonctures sociales et internationales. Il s'inscrit dans un fondamentalisme religieux particulier ou, plus exactement, dans un faisceau d'idéologies politico-religieuses qui, depuis plus d'un siècle, ont circulé dans les sociétés du monde musulman, surtout dans sa partie arabe, en réponse à une série de crises internes et externes. Malgré sa pertinence, l'analyse sociopolitique n'est donc pas en mesure, à elle seule, de rendre compte de la dérive fondamentaliste. La nature religieuse du phénomène ne peut être éludée. Elle implique une prise en compte des logiques inhérentes à la réflexion théologique. C'est ce que les spécialistes de l'islam réunis autour de Michel Younès ont entrepris d'expliquer. Ils vont au-delà d'une représentation superficielle de ce courant de pensée et des mobilisations qu'il inspire. Ils nous aident à comprendre plus profondément un phénomène religieux et politique devenu crucial en ce début du xxie siècle. Michel Younès, professeur de théologie et d'islamologie à l'Université catholique de Lyon, dirige le Centre d'études des cultures et des religions (CECR). Ont contribué à cet ouvrage : Samir Amghar, Maurice Borrmans, Malek Chaieb, Bénédicte du Chaffaut, Philippe Dockwiller, Ali Mostfa, Emmanuel Pisani, Haoues Seniguer, Bertrand Souchard et Michel Younès. Préface de Ghaleb Bencheikh

  • En écriture, je me méfie des idées, surtout lorsqu'elles me paraissent bonnes... Publier un texte fait peur... Écrire, c'est la construction d'inconnu, progresser en inventant la forme...On ne s'excuse pas de son amour des mots.

  • Dans cette deuxième livraison, retrouvez les textes de :
    Laureline Amanieux, « Le chant de la mer » (nouvelle)
    Armand Gauz, « Voleur à la braise » (nouvelle)
    Gaël Octavia, « A cappella des promises et des oubliées » (poèmes)
    Dominique Sylvain, « Barnier » (extrait du chapitre 2 du roman Les Infidèles, éditions Viviane Hamy, 2018)
    Vanessa Kientz, « Au bord de l'autoroute » (début de roman)
    Anita Gretsch, « L 'oeil grand fermé » (début de roman)
    Ingrid Seyman, « Le placard » (micro-fiction)
    Ariane Gardel, « Au gré du vent » (nouvelle intégrale)
    Mohamed Guellati, « Yvette Horner et l'odeur du mouton » (théâtre : extrait de monologue)
    Eric Niubo, « La planète des Noirs » (nouvelle)
    /> Franck Balandier, « À la cité des peintres » (extrait du roman Gazoline Tango, Le Castor astral, 2017)
    Marion Guilloux, « Cavalcade » (début de nouvelle)
    Nadia Galy, « La chevelure » (nouvelle)
    Frédéric Meurin, « Les Voeux » (début de roman)
    Jeff Schinker, « Karoshi » (extrait d'une nouvelle quadrilingue inédite)
    Anne-Laure Lemancel, « Maloya : le tambour perdu » (extrait de nouvelle inédite)
    Mathieu Brichard, « Récit de chasse » (extrait de roman)

  • Cet ouvrage, qui mêle portraits littéraires et portraits photographiques, retrace les trajectoires de vingt femmes d'origine africaine établies en Belgique. Celles-ci témoignent des difficultés partagées, mais surtout de leurs parcours de réussite et de reconnaissance sociale. Brillantes et engagées dans les milieux culturel, politique et associatif, elles apportent un autre regard sur les questions migratoires et la situation des femmes en particulier. Si les problèmes de racisme et de discriminations sont bien réels, si le chemin paraît encore long et tortueux, les luttes individuelles ou collectives finissent par payer. Sans angélisme, mais sans défaitisme non plus, le message que ces femmes adressent, notamment aux jeunes générations, est celui des possibles.
    Jacinthe Mazzocchetti est professeur à l'Université catholique de Louvain, anthropologue et membre du Laboratoire de recherche en anthropologie prospective (LAAP). Elle est également écrivain et membre de la Table d'écriture littéraire de Marche-en-Famenne. Parmi ses dernières publications, la direction de l'ouvrage Migrations subsahariennes et condition noire en Belgique (Academia, 2014) et le recueil de nouvelles La vie par effraction (Quadrature, 2014).
    Marie-Pierre Nyatanyi Biyiha est experte et responsable de l'asbl Djaili Mbock. Belge d'origine rwandaise, titulaire d'une licence en sciences politiques et relations internationales ainsi que d'une licence spéciale en droit international obtenues à l'Université libre de Bruxelles, elle est engagée dans la lutte pour les droits de la femme depuis sa jeunesse, avec une attention particulière portée à la femme migrante, à son processus d'intégration socioprofessionnelle et à son apport dans la société d'accueil.
    Véronique Vercheval a commencé sa carrière de photojournaliste pour le magazine Voyelles. Elle a mené des enquêtes de type documentaire et sociologique, notamment pour les projets des « Archives de Wallonie ». Elle a photographié les sidérurgistes, les verriers, les mineurs, les agriculteurs, les transporteurs routiers, les infirmières, les médecins ... On connaît également ses reportages en Palestine. Elle enseigne la photographie à l'Institut des Arts et Métiers de La Louvière.

  • être homosexuel au Maghreb

    Collectif

    • Karthala
    • 17 Octobre 2016

    Cet ouvrage vise à rendre compte d'une réalité longtemps occultée et déniée au Maghreb. Il questionne l'expérience homosexuelle sous l'angle des sciences sociales et tente d'éclairer les vécus des hommes et des femmes, des gays et des lesbiennes, aussi bien en terre d'islam qu'en terre d'immigration. À partir d'analyses théoriques et de nombreux témoignages, l'homosexualité au Maghreb se dévoile et, à travers elle, se décèlent les mécanismes de contrôle social des sexualités, la construction de l'hétérosexualité comme modèle hégémonique et la dévalorisation des sexualités différentes. Le livre décrit des trajectoires et des styles de vie, des stratégies de contournement de la norme et de maîtrise du stigmate, des formes de mobilisation et d'engagement militants. Il révèle que l'homosexualité est plus qu'une pratique sexuelle dite atypique, vouée à la dissimulation et l'invisibilité. Au-delà de la réalité homosexuelle approchée en Tunisie, en Algérie et au Maroc, l'ouvrage éclaire les modes de gestion sociale de l'altérité dans des contextes sociopolitiques en mutation.

  • WIP pour Work In Progress. Quatre auteurs lisent leurs travaux en cours face à un public. Depuis décembre 2013, ce sont des soirées littéraires et maintenant, une revue...

    Il n'y a que peu de moments comme celui-là. Lire un texte à haute voix, devant un public le plus souvent inconnu, dans un lieu qu'on découvre ou qu'on apprécie. Des mots que l'on a écrits selon un rituel propre, pour une fin souvent inavouée. C'est la question qu'il ne faut jamais poser à un auteur : est-ce autobiographique ? Bien sûr que ça l'est.

    Ces mots viennent du plus profond d'entre nous. Exposer son rapport au monde sans réellement pouvoir se cacher derrière un écran, des pages. Ses propres mots. Écrire, c'est sans doute l'expression d'un masochisme. D'une forme de narcissisme. Car il y a ces textes dont on se souvient tous. La stature d'écrivain. Mais qui sait le nombre de fois où ces phrases ont été tournées, ces mots rebattus, d'où a germé l'idée ? Combien de brouillons froissés, abandonnées ? Combien de vagues d'exaltation, quelque part entre l'enfer de la page blanche et la brutale libération des mots ? Je tiens quelque chose. Le fil d'une histoire que je ne lâcherai plus... Et puis un jour, il y a ce texte. Comment couper le cordon, savoir s'arrêter ? Un manuscrit a une existence propre. De l'excitation d'écrire à l'appréhension d'être lu. Hors sol. Le grand saut. Car quelle que soit l'expérience, le niveau de reconnaissance, in fine, il n'y a plus que les mots et le lecteur. Et le lien qui se crée ou non entre les deux.

  • Ce livre couvre une aire culturelle « turcopersane » allant de l'actuelle Turquie à l'Asie centrale, en passant par l'Iran, et réunit ainsi des mondes musulmans chiites comme sunnites, culturellement et politiquement pluriels (empire ou nation). La période considérée commence avec l'apparition du cinéma dans la région et s'achève à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment le cinéma s'est-il diffusé géographiquement à partir de son épicentre français et comment fut-il objet d'appropriation, tant par les gouvernements que par les spectateurs, les exploitants et les cinéastes des pays considérés ?
    À la lumière de ces questions, quatre thématiques se dessinent. La première concerne le rapport du religieux à l'image en Iran, à travers la miniature, la photographie et le film ; il s'agit alors de comprendre le dogme mais aussi les façons dont il a pu être détourné par de judicieux raisonnements théologiques et philosophiques, ou par une pratique populaire trop pressante pour être contenue. Le second thème s'intéresse à la propagande cinématographique et à la soumission du cinéma à l'État, avant la Première Guerre mondiale dans l'Empire ottoman, mais surtout dans les premières années du pouvoir kémaliste en Turquie. De l'autre côté de la chaîne de production cinématographique, et c'est la troisième thématique, l'ouvrage s'interroge sur les conditions de visionnage, les transferts culturels, les réappropriations et les réutilisations, voire les détournements que subissent les copies cinématographiques, en prenant de nouveau l'Iran comme cas d'étude. Enfin, dans le droit fil de l'analyse des pratiques culturelles se trouve une dernière thématique relative aux questions de négociations et de transactions qui s'établissent plus ou moins difficilement au sein d'un système de domination soviétique aux contraintes idéologiques fortes.
    Ces écrans d'Orient, riches et complexes, offrent une lecture passionnante de ce qui se joue dans les zones frontières, les périphéries géographiques ou sociales des anciens empires, où se superposent souverainetés politiques, influences culturelles et diverses logiques de domination, de négociation, d'innovation et de résistance.
    Cloé Drieu est historienne, chargée de recherche au CNRS, spécialiste du cinéma centrasiatique et de la Première Guerre mondiale dans la région. Ont collaboré à cet ouvrage : Chahryar Adle, Kaveh Askari, Gabrielle Chomentowski, Cloé Drieu, Anaita Khudonazar, Mustafa Özen et Ayse Toy Par.

  • La question sociale a effectué un retour en force au Maroc, dans les années 2000. Les acteurs ont eu tendance à l'exprimer en termes de revendications, que justifiaient les défaillances de l'État, et les chercheurs à la problématiser dans les canons de la sociologie de la mobilisation ou des politiques publiques. Mais la prise en compte de la pluralité des acteurs et de la diversité des dispositifs offre la possibilité d'une autre lecture qui remodèle les formes mêmes du social. Administrer des espaces, des catégories, des temporalités, des imaginaires ou des conflits revient à définir les liens sociaux, à façonner les appartenances, à faire jouer des médiations, à qualifier l'ordre établi. Du port de Casablanca aux maisons de jeunes de quartiers populaires, des transports urbains au système de subvention de la farine et du pain, du courtage de l'emploi domestique à la patrimonialisation d'une région marginalisée, de la gestion des terres collectives à l'aide aux mères célibataires, cet ouvrage démontre l'importance du gouvernement indirect du social, dont l'équivoque facilite compromis et bricolages et renforce la capacité d'adaptation du politique aux transformations de l'époque. S'inscrivant dans la continuité de deux titres précédents de la collection « Recherches internationales », consacrés à la privatisation des États à l'âge néolibéral et à l'État d'injustice au Maghreb, ces recherches inédites ouvrent de nouvelles perspectives à la sociologie historique du politique, bien au-delà du seul cas du Maroc. L'ouvrage a été préparé dans le cadre d'un séminaire de recherche du CRESC (Rabat, Faculté de gouvernance, sciences économiques et sociales, Université Mohamed VI Polytechnique), de 2012 à 2015, par une équipe de jeunes chercheurs - Ahmed Bendella, Yasmine Berriane, Leila Bouasria, Irene Capelli, Redouane Garfaoui, Nadia Hachimi Alaoui, Badiha Nahhass, Valentine Schehl -, sous la direction de Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI) et d'Irene Bono, maître de conférences à l'Université de Turin (Département Cultures, Politique, Société). Cet ouvrage a été publié avec le concours du CRESC.

  • Pionnière des « soulèvements arabes », la Tunisie est aujourd'hui le seul pays à poursuivre l'« expérience de démocratisation politique » entamée suite à la « révolution » de l'hiver 2010-2011. Les élections libres et concurrentielles de 2011 et de 2014 constituent un fait marquant de ce processus de changement. Proposant une lecture inédite de ces élections, de leurs enjeux et de leurs résultats, les auteurs de ce livre poursuivent une double ambition : proposer un ouvrage de référence sur les scrutins post-révolution et présenter une analyse des dynamiques sociales et politiques de la Tunisie contemporaine. L'originalité des analyses développées dans cet ouvrage est qu'elles mobilisent une approche interdisciplinaire, combinant, sociologie, géographie et science politique, et qu'elles s'appuient sur un riche matériau empirique permettant de contextualiser les comportements électoraux et cernant les clivages politiques et les fractures socio-territoriales au sein de la société tunisienne. Un autre apport important de cet ouvrage est de montrer qu'en faisant émerger la figure de l'électeur, les transformations politico-institutionnelles ouvertes par les « soulèvements arabes » suscitent non seulement un regain d'intérêt pour l'analyse des comportements électoraux, mais contribuent aussi à renouveler les questionnements et les analyses relatives aux processus électoraux dans les pays de la région. Alia Gana est sociologue, directrice de recherche au CNRS en affectation à l'IRMC, Tunis (USR 3077) et membre du LabEx DynamiTe. Gilles Van Hamme est professeur de géographie politique et économique à l'Université Libre de Bruxelles. Ont contribué à cet ouvrage : Néji ARGOUBI, Asma BAKLOUTI, Aymen BELHADJ, Maher BEN REBAH, Irène CARPENTIER, Alia GANA, Samiha HAMDI, Déborah PEREZ, Fathi REKIK, Gilles VAN HAMME, Sami Yassine TURKI.

  • Comment un mouvement religieux s'implante-t-il sur un territoire et le sacralise-t-il ? Ou, autrement dit, comment les individus, les groupes et les mouvements sacralisent-ils le territoire dans leurs pratiques et représentations sociales, politiques et religieuses ? Les terrains d'enquêtes de cet ouvrage se situent principalement en Afrique centrale et en particulier au Congo-Brazzaville. Les processus de constitution du sacré sont étudiés à travers différents phénomènes historiques ou plus contemporains. C'est le cas avec le matsuanisme au Congo, les images et les écrans modernes comme dispositifs des sociétés de l'éblouissement, la place du corps du roi dans la société bamiléké, l'implantation du prophétisme japonais Sukyo Mahikari en Afrique de l'Ouest. Les territoires du sacré sont encore abordés avec les pratiques de deuil au Cameroun, l'étude des métaphores nécrologiques issues des médias à Brazzaville, le tchikumbi et le sacré matrimonial ou bien les rites autour des restes de Pierre Savorgnan de Brazza au Congo. En explorant un certain nombre de territoires du sacré, ce livre souhaite donner à lire et à comprendre la prégnance du « religieux » dans les sociétés africaines contemporaines et dans les pratiques des acteurs sociaux et politiques. Textes réunis de : Abel Kouvouama, Ange Bergson Lendja Ngnemzue, Frédérique Louveau, Luc Ngwé, Régine Tchicaya-Oboa, Joseph Tonda, Martin Yaba, Patrice Yengo et Robert Ziavoula.

  • La BD a souvent mis en scène des croyances ou pratiques religieuses. Certains auteurs se contentent de faire écho à la culture ambiante. Mais d'autres nourrissent une réflexion sur la foi ou sur l'histoire des structures confessionnelles. D'autres enfin font oeuvre prosélyte, cherchent à convaincre par le biais des cases et des bulles. De tels liens suscitent de multiples interrogations. Quelles limites peuvent imposer aux dessinateurs et aux scénaristes les canons d'un culte ou un clergé ? Quelles solutions adoptent les auteurs pour faire entrer le spirituel dans la logique des strips et des planches ? Comment une « nouvelle BD », plus adulte et plus irrévérencieuse, renouvelle-t-elle le traitement des sujets religieux ? Cet ouvrage entend aborder de telles questions de la manière la plus large possible. On y évoquera en effet l'école franco-belge, mais aussi les comics, les mangas, et des productions moins connues, comme les BD arabes et turques, israéliennes, africaines. De même, diverses religions seront prises en compte : le christianisme, l'islam, le judaïsme, le bouddhisme, mais aussi un prophétisme africain comme le kimbanguisme. Philippe Delisle est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Jean Moulin de Lyon. Il a fondé et dirige la collection « Esprit BD », au sein de laquelle il a déjà publié plusieurs volumes sur la BD franco-belge.

  • Les temporalités constituent une entrée courante de l'approche des migrations internationales, tout en n'en demeurant bien souvent qu'une dimension implicite, voire impensée. Dans leur pluralité, les rythmes temporels scandent pourtant les transformations sociales à des échelles variables, et les historiens ne sont pas les seuls à pouvoir les intégrer à leur réflexion. À bien des égards, sociologues, géographes, anthropologues, et plus généralement l'ensemble des chercheurs en sciences sociales, incluent les temporalités dans leurs analyses des migrations et de leurs territoires. Pour en rendre compte, cet ouvrage propose d'observer des trajectoires collectives ou individuelles de migrants en Méditerranée, à différentes époques, en soulignant les jeux de temporalités dans lesquelles elles se déploient : celles des projets, de leur mise en oeuvre, des voyages et des traversées, des installations, des nostalgies et des retours réels ou fantasmés, des circulations et des visites familiales...

  • Les interprétations des bouleversements politiques que connaissent l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient depuis fin 2010 se sont multipliées aussi bien en France qu'à l'étranger, sans pour autant toujours en fixer le sens de manière éclairante. L'évolution actuelle de ces processus politiques en conflits militaires et confessionnels et la multiplication des acteurs ont eu pour conséquence d'obérer la compréhension des dynamiques politiques à l'oeuvre dans ces régions.
    Cet ouvrage s'attache à décrire ces dynamiques complexes en les inscrivant dans une temporalité plus large, en revenant sur les séquences fondatrices, pour mieux comprendre l'évolution de cet ensemble d'événements, appelé à l'origine « révolutions arabes » ou « printemps arabe », dont les contours, l'étendue et le sens sont loin d'être stabilisés. L'ouvrage met l'accent sur le cas syrien afin de donner à voir la transformation d'un conflit local, une révolte populaire contre un pouvoir contesté, dans le sillage des révolutions arabes, en un conflit à dimension mondiale qui échappe aux acteurs locaux et dont les effets se font ressentir jusqu'au coeur des capitales européennes. Il s'agit aussi de mesurer à travers le jeu des alliances entre les différents acteurs régionaux et internationaux toute l'ambiguïté de l'attitude des États occidentaux à l'égard de ces processus révolutionnaires. La parole est donnée à un acteur du conflit, Burhan Ghalioun, professeur émérite à l'Université de la Sorbonne Nouvelle -Paris 3, premier président du Conseil national syrien, à travers un témoignage qui dévoile de l'intérieur les vicissitudes de la révolution syrienne et les aléas de la diplomatie internationale.
    Ce livre rassemble des spécialistes venant d'horizons différents, politologues, sociologues et historiens, dont le terrain de recherche principal sinon exclusif est le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Il s'inscrit dans un effort de mise en perspective historique d'événements qui participent à la formation du monde arabe contemporain.

  • Les commémorations de la Première Guerre mondiale ont réveillé l'intérêt pour des pans négligés de l'histoire du XXe siècle. C'est ainsi que l'Allemagne missionnaire entre 1914 et 1939 a été redécouverte, comme cet ouvrage en témoigne. L'empire colonial allemand détruit, les missionnaires allemands qui y étaient installés durent céder la place à d'autres. Globalement, les deux tiers du personnel furent «éloignés». Mais l'effondrement des missions allemandes facilita l'émergence d'Églises autochtones enracinées dans leurs terroirs et leurs cultures. Ces communautés locales gardent non seulement le souvenir mais encore les héritages matériels et spirituels des missions allemandes. En passant par de profondes réorganisations, les relations internationales entre Églises du Sud et Églises allemandes se sont maintenues.
    Quelques exemples sont étudiés ici par des universitaires du Togo, du Cameroun et du Congo. Des chercheurs européens apportent un complément pour le Rwanda-Burundi, l'Afrique de l'Est, la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Chine ainsi que l'Australie. Un épilogue synthétique démontre la résilience des missions et des sciences missionnaires allemandes.

  • Au moment où ils accèdent à l'indépendance, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et du Maghreb établissent des relations diplomatiques avec Moscou. Certains, comme l'Éthiopie, entretenaient depuis longtemps déjà des liens étroits avec la Russie. Cependant, c'est surtout avec le mouvement de décolonisation que les pays communistes s'ouvrent à l'accueil massif et systématique d'étudiants maghrébins et subsahariens. Les trajectoires de formation de ces diplômés africains partis en URSS ou dans un autre pays de l'ancien bloc de l'Est ont été peu étudiées. En rendre compte, c'est notamment s'intéresser aux expériences diverses et contrastées d'étudiants formés non pas dans l'ancien pays colonisateur, comme cela était souvent le cas, mais dans un pays tiers qui suscitait chez eux à la fois admiration et méfiance, où ils ont connu pour les uns de fortes désillusions, pour d'autres « les meilleurs moments de leur vie ». C'est aussi étudier les cadres sociaux et politiques de leurs expériences, et prêter attention aux nombreux étudiants, partagés entre deux ou plusieurs mondes, et souvent confrontés aux soubresauts de l'histoire. À l'issue des études, les diplômés étaient immédiatement renvoyés dans leur pays. Mais les devenirs des étudiants et stagiaires africains formés dans les pays de l'ancien bloc socialiste n'ont pas eu la linéarité prévue par cette description formelle. Les parcours professionnels et sociaux, parfois politiques, sont autant le fruit d'arbitrages individuels que de mutations politiques : l'effondrement de l'URSS, mais aussi les changements politiques et économiques dans les pays d'origine.

  • Nos sociétés vivent de profondes mutations économiques et sociales. La famille n'échappe pas à ces transformations . Les rôles des parents ne s'apprennent plus essentiellement par modelage et transmission entre les générations, de valeurs ou de compétences éducatives. En conséquence, les parents éprouvent parfois un sentiment d'isolement et d'impuissance face à l'inconnu et la nouveauté.Souvent démunis, certains recherchent des points de repères, des informations, voire un accompagnement. Si les actions de soutien à la parentalité se multiplient, qu'en est-il du champ de l'éducation familiale ? Une connaissance plus fine des processus éducatifs mis en oeuvre dans les familles permet une meilleure approche des professionnels de l'éducation et de la santé. L'éducation touche plusieurs structures et il est important que toutes ces instances qui accompagnent l'enfant puissent obtenir des réponses à leurs questions notamment sur le champ des relations entre les parents et leur enfant.
    Quelles formations proposées aux professionnels et aux parents ? Quel support d'analyse le champ de l'éducation familiale peut-il apporter aux politiques sociales en direction des familles ? Cet ouvrage regroupe des articles de grands chercheurs et professionnels de terrain, tous spécialistes du domaine de l'éducation familiale au Québec, en France métropolitaine et dans la zone océan Indien : Réunion, Mayotte et l'île Maurice. Les thèmes abordés permettent d'obtenir des réponses sur cinq champs d'interventions :
    - L'étude des processus éducatifs mis en oeuvre par les parents en direction de leurs enfants :l'éducation familiale.
    - Les relations entre les différentes instances participant à l'éducation des enfants (structure d'accueil ou mode de garde, famille, école, institutions, etc.).
    - Les formations de parents et les interventions en direction des familles pour aider dans leur fonction éducative :soutien à la parentalité.
    - Les formations d'intervenants chargés de coopérer avec les familles.
    - L'analyse des politiques sociales en direction des familles .
    Thierry Malbert est Docteur en Anthropologie et Maître de Conférences en Sciences de /'é ducation à l'Université de La Réunion. Membreodu laboratoire /GARE - Institut de Coopération Austral en Recherche en Education -, il mène des recherches sur le champ de la parenté de /'éducat ion familiale et de la parentalité dans les sociétés de l'océan Indien. Ses travaux sur la famille en société créole et sur les interfaces des généalogies migrantes en indianocéanie ne manquent pas de révéler que les liens inter-culturels et inter-religieux dans le contexte de la pluralité sont nécessaires au maintien de la cohabitation des différences et de la paix sociale et politique.
    Développant des formations dans le champ de la médiation familiale et de l'accompagnement à l'insertion professionnelle, Thierry Malbert est aussi consultant à la COI - Commission de l'océan Indien.

  • 8 pages de cahier photo NB
    6 pages couleurs
    « Roms », « Tsiganes », « Nomades » : autant de mots équivoques par lesquels se reconduisent des malentendus qui se sont montrés meurtriers dans l'histoire. Au cours des XIXe et XXe siècles, sous l'effet de décisions politiques et d'institutions savantes, des classifications désignant des groupes « exotiques » jugés inaptes à la vie sociale ont fait de ceux-ci un problème. Sous le nom de « question rom », ce problème est devenu celui d'une vaste « minorité » à traiter à l'échelle européenne alors qu'un nouvel antitsiganisme se répand dans « l'Europe ouverte ». Le malentendu s'aggrave.
    Cet ouvrage dresse un état présent des connaissances sur le sort des Tsiganes en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet passé sous silence alors que d'importants travaux ont renouvelé les perspectives. On y passe ensuite au crible les catégories et représentations mobilisées à propos de cet « autre », afin de comprendre les ressorts sociaux, politiques et culturels de cette haine collective de moins en moins ambivalente, et les contradictions qu'elle révèle sur l'Europe comme système de valeurs et « civilisation ». Sciences humaines, droit, littératures, art, philologie et philosophie sont interrogés pour penser autrement les relations entre mondes tsiganes et non tsiganes, et la singularité des formes de vie.
    Ce livre est issu du colloque international Tsiganes, Nomades : un malentendu européen, qui s'est tenu à Paris et à Pau en octobre et novembre 2011. Il comprend trente-quatre contributions de disciplines différentes. Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l'Université Denis-Diderot (Paris 7, Cerilac), elle travaille sur les modes d'inscription et d'effacement de la violence historique et la teneur politique de l'art. Jean-Luc Poueyto est anthropologue du monde manouche, spécialiste de l'illettrisme et des relations entre écrit et oral ; membre de l'ITEM, il enseigne à l'Université de Pau.

  • L´analyse des politiques publiques en Afrique est encore embryonnaire. Cet ouvrage propose pour la première fois une étude empirique approfondie de la mise en forme et de la mise en oeuvre d´une politique publique de santé, dans trois pays sahéliens francophones. Il est aussi pionnier par sa combinaison de méthodes qualitatives (enquêtes de terrain intensives) et quantitatives, et par son comparatisme de proximité, qui associe études de cas, analyses des pratiques et descriptions des représentations des acteurs.
    Après 20 ans de paiement direct par les usagers des centres publics de santé en Afrique, de plus en plus de pays s´engagent dans des politiques de gratuité des soins en faveur de groupes vulnérables (femmes enceintes, enfants). Les effets positifs de ces exemptions de paiement sur la fréquentation des centres de santé ont été déjà soulignés. On trouvera plutôt ici une démonstration des nombreuses contradictions, incohérences, et limites de ces politiques, qui ont des effets négatifs sur la délivrance des soins. Une conclusion majeure en ressort : toute politique qui veut élargir l´accès aux soins doit aussi promouvoir une meilleure qualité des soins et lutter contre les dysfonctionnements des systèmes de santé.
    La marche aujourd´hui engagée vers une couverture universelle des soins devra désormais tenir compte des enseignements de cet ouvrage, situé au carrefour de l´anthropologie de la santé, de l´étude des politiques publiques, et de la santé publique.

  • Dès le début des années 1980, les auteurs posaient le problème du politique par le bas en Afrique. Ils soulignaient le rôle des "petits", des "sans importance", des "en bas du bas" dans l'invention de formes originales de l'Etat, alors même que prévalaient au sud du Sahara des situations autoritaires. Mais ils s'interdisaient aussi de postuler l'existence d'une "culture populaire", en reprenant à leur compte les critiques formulées à l'encontre de cette notion. Ils proposaient pour leur part une problématique de l'énonciation du politique, seule à même de restituer l'historicité du politique dans sa complexité et son ambivalence. Leurs analyses ont marqué le renouvellement des études africaines et ont reçu une large audience bien au-delà de ces dernières. Réunies en 1992 dans un volume qui fit date mais qui était épuisé depuis plusieurs années, elles sont aujourd'hui reprises, alors que de nombreux travaux redécouvrent la portée de l'approche du "politique par le bas" et la mettent en perspective avec les subaltern studies indiennes, l'Alltagsgeschichte allemande, la microstoria italienne ou l'historiographie marxiste anglaise. Dans cette nouvelle édition augmentée, une préface inédite montre en quoi elle demeure utile de pour comprendre le monde contemporain en dehors des facilités de pensée. A condition de voir qu'elle n'a jamais prétendu être une "école", mais un simple état d'esprit, une forme d'hétérodoxie par rapport aux courants établis des sciences sociales, une expression de cynisme heuristique vis-à-vis des croyances et des convenances académiques ou politiques.
    Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS (Science Po/ CERI, Paris). Achille Mbembe est directeur de recherche au Witwatersrand, Johannesburg). Comi Toulabor est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (CEAN/Institut d'études politiques de Bordeaux)

  • L'ouvrage que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) met à la disposition du public vient à point nommé. En traitant des sources de la croissance et du développement, il donne l'occasion de revisiter une problématique essentielle. Depuis sa création en mai 1975, en se fixant comme objectif de promouvoir la coopération et l'intégration en Afrique de l'Ouest, la CEDEAO a toujours situé l'accélération de la croissance au coeur de son action. Au moment où elle célèbre son quarantième anniversaire, l'occasion est propice à un bilan.
    Depuis le milieu des années 90, la situation globale de l'Afrique de l'Ouest s'améliore sur le plan économique, politique et social, même si elle demeure contrastée au niveau des États. Les indicateurs macroéconomiques témoignent d'un retour de la croissance et d'une meilleure maîtrise des déséquilibres. Puis, au début des années 2000, la région a amorcé un développement soutenu au rythme de 6 à 8 %. La conjugaison de facteurs positifs, comme l'abondance des matières premières et l'amélioration de la gestion macroéconomique et de la gouvernance, ont encouragé les investissements directs étrangers (IDE).
    Bien que substantiels, ces progrès s'avèrent toutefois insuffisants pour sortir la région de la pauvreté. Ce paradoxe appelle davantage de débats pour expliquer les échecs. Il devient impératif pour les parties prenantes d'avoir une meilleure connaissance des économies des États et de partager une vision commune sur les sources de la croissance économique.
    Les auteurs rappellent dans cet ouvrage l'importance des connaissances et des traditions endogènes présentes chez les peuples d'Afrique de l'Ouest. Ils soulignent la nécessité de développer l'entrepreneuriat et d'améliorer l'environnement interne et externe des États. Ils rappellent enfin le rôle de l'éducation et des facteurs culturels. Ce livre collectif, qui implique des chercheurs de divers horizons, permet ainsi d'approfondir des questions essentielles et de confronter des points de vue en matière de croissance et de développement. L'une de ses originalités est d'allier les aspects théoriques et pratiques ainsi que des analyses pluridisciplinaires, ce qui permet de mieux cerner les nombreux défis qui attendent aujourd'hui les pays de la CEDEAO. Extrait des préfaces

  • Cet ouvrage est une contribution aux efforts récents de renouvellement des regards sur un thème déjà bien documenté : l'islam au Sénégal. Il est ainsi reconsidéré, ici, dans une démarche d'observations multi-sites allant de l'économie à la politique, de la culture populaire aux enjeux éducatifs, des conjonctures internationales aux divers engagements citoyens.
    Il a été privilégié une approche axée sur les acteurs et leurs usages de l'islam, ouvrant ainsi à des entrées inédites par la marge, l'individu, la fête, le genre, l'art, le voyage, l'économie, les faits de gouvernance et les médias, et permettant d'envisager les discours et demandes d'islam dans un contexte de constante recomposition de la société sénégalaise. Ce ne sont pas seulement les regards sur l'islam qui changent, mais tout un contexte sociétal - du point de vue local, national et mondial.
    Les contributions de ce livre éclairent les divers changements socioreligieux et glissements paradigmatiques qui autorisent à penser un air de nouveau temps dans les rapports État, sociétés et islam au Sénégal.
    Un autre apport de cet ouvrage réside dans les interludes entre les chapitres, sous forme d'entretien, véritables analyses des différents discours et imaginaires d'islam, par trois intellectuels sénégalais Abdoul Aziz Kébé, Penda M'Bow et Ibrahima Thioub. Chacun apporte une touche singulière et de pertinentes observations sur l'état de l'islam au Sénégal, les quêtes et requêtes des jeunes musulmans pour trouver une place émancipatrice dans la société ; l'influence des mass médias sur les formes, les contenus et les dynamiques des engagements d'Islam au Sénégal ainsi que les références idéologiques diverses qui cohabitent dans la société et, surtout comment tout cela influe sur la production de connaissances sur l'Islam.
    Abdourahmane Seck est enseignant-chercheur à l'université Gaston Berger et chef de la section Centre d'étude des religions (CER) de l'UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication.
    Mayke Kaag est chercheur senior au Centre d'études africaines à Leiden aux Pays-Bas. Elle a dirigé le programme de recherche sur l'islam au Sénégal initié par le Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas et l'Ambassade du royaume des Pays-Bas à Dakar (2008-2011).
    Cheikh Guèye est chargé de prospective et stratégies au Secrétariat exécutif d'Enda Tiers Monde. Il a coordonné plusieurs équipes de recherche, entres autres avec les Nations Unies et le CODESRIA, sur l'articulation Territoires, Identités et Religions.
    Abdou Salam Fall est directeur de recherche des Universités. Il dirige le Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales à l'Institut fondamental d'Afrique noire (IFAN).

  • Les contributions de cet ouvrage ont été conduites selon une approche pluridisciplinaire, seule susceptible de traiter les processus complexes régissant les politiques de coopération. En effet, ces dernières supposent la prise en compte de multiples niveaux (multilatéral, bilatéral, local) et de jeux d'acteurs aux comportements et intérêts divergents.

  • Le Dossier Religiosités musulmanes dans le monde francophone dirigé par Rachid Id Yassine avec la contribution de Philippe Bourmaud, Marie-Laure Boursin, Mouhamadou Mansour Dia, Farid El Asri, Malika Hamidi, Marie Miran-Guyon, Nurudine Oyewolé, Abdoulaye Sounaye, Tristan Vigliano. On estime à près de 258 millions le nombre de musulmans vivant dans les pays francophones. S'ils reflètent la diversité et le dynamisme des communautés, ils partagent aussi une même langue, le français, qu'ils emploient dans l'expression de leur religiosité. La langue française sert au langage quotidien des fidèles, à la prise en charge des messages religieux, à leur questionnement comme à la formulation et la diffusion des discours publics d'acteurs organisés (conseils de cultes en Europe, communautés confrériques dans la diaspora, mouvements réformistes en Afrique etc.). Le français occupe donc une place importante dans les débats intellectuels, les reformulations du religieux et les négociations au coeur du champ islamique contemporain. Il est devenu le support de messages divers dans un espace linguistique traversé par des histoires communes, parfois conflictuelles. Langue de communication mais aussi outil de transmission, d'appropriation de concepts et de professions de foi, il se trouve au centre d'un vaste champ d'interactions. À travers une approche pluridisciplinaire et comparative, ce dossier cherche à mesurer et analyser les incidences des différents rapports à la langue française sur les religiosités musulmanes. Varia Massignon, l'Algérie et les Algériens (Maurice Borrmans) Chroniques La France face à la violence totale de Daech Quand l'Observatoire de la laïcité devient objet de controverse Lettre d'universitaires et chercheurs en soutien à Jean-Louis Bianco

  • Cet ouvrage jette les bases d'une réflexion sur l'histoire récente de l'édition et de la lecture dans les pays arabes, du Liban à l'Égypte, en passant par l'Irak, les pays du Golfe et le Yémen, avec une incursion au Maroc. Les contours des champs éditoriaux sont souvent différents d'un pays à l'autre, liés à l'ancienneté des traditions (au Liban ou en Égypte, par exemple) ou à leur caractère extrêmement récent (dans les pays du Golfe), mais aussi au développement économique accéléré par endroits (toujours dans les pays du Golfe) ou ralenti à cause des crises politiques et des guerres (Irak, Syrie, Yémen, Libye). Plusieurs contributions traitent ainsi du développement de l'édition dans ces différents contextes, d'autres abordent la question des pratiques de lecture, particulièrement au Liban, en Syrie et en Jordanie. Si les problèmes de distribution et la vigilance d'une censure sourcilleuse sont des entraves à l'édition et à la diffusion, le livre conserve cependant une forte valeur symbolique, à la fois comme vecteur de subversion et comme enjeu de politiques culturelles. Dans le domaine du livre arabe, les études transnationales s'imposent du fait de l'existence d'un marché du livre panarabe et de l'importance commerciale des foires du livre organisées dans les capitales arabes. Il faut ainsi relever le rôle de certains pays de la péninsule arabique dans la promotion de la littérature arabe ou le développement de programmes de traduction. La profusion littéraire actuelle, notamment dans le domaine du roman, et l'irruption de nouveaux acteurs dans les mondes de l'édition, attachés à diffuser une pensée critique et novatrice, sont deux notes d'espoir dans ce temps d'incertitude qui caractérise la région arabe. Charif Majdalani est professeur à l'université Saint-Joseph de Beyrouth, romancier et président de la Maison Internationale des Écrivains à Beyrouth. Il est l'auteur d'Histoire de la grande maison (Seuil, 2005), Caravansérail (Seuil, 2007), Nos si brèves années de gloire (Seuil, 2012) et Villa des femmes (Seuil, 2015). Franck Mermier, anthropologue, ancien directeur du Centre français d'études yéménites (Sanaa) et du département scientifique des études contemporaines à l'Institut français du Proche-Orient (Beyrouth), est actuellement directeur de recherche au CNRS, Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain. Il a notamment publié Le livre et la ville. Beyrouth et l'édition arabe (Actes Sud, 2005) et a dirigé avec Sabrina Mervin l'ouvrage Leaders et partisans au Liban (Karthala, 2012).

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