Presses Universitaires de France

  • Des vertus, on ne parle plus guère. Cela ne signifie pas que nous n'en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer. Mieux vaut enseigner les vertus, disait Spinoza, que condamner les vices : mieux vaut la joie que la tristesse, mieux vaut l'admiration que le mépris, mieux vaut l'exemple que la honte. De la politesse à l'amour, dix-huit chapitres sur les vertus, celles qui nous manquent parfois, celles qui nous éclairent. Il ne s'agit pas de donner des leçons de morale, mais d'aider chacun à devenir son propre maître et son unique juge. Il n'y a pas de bien en soi : le bien n'existe pas, il est à faire et c'est ce qu'on appelle les vertus.

  • Le "Tao te king" est attribué à Lao Tseu. Celui-ci aurait rencontré Confucius (550 à 479 av J. C.) contemporain d'Héraclite. Sage déjà vénéré au temps de Confucius, plus âgé que ce dernier, Lao Tseu serait contemporain de Pythagore. Le Tao-Te king, " Livre (king) de la Voie (Tao) et de la Vertu (Te) ", l'ouvrage fondateur du taoïsme philosophique, est attribué à Lao-tseu. Selon la légende, Lao-Tseu aurait rencontré Confucius et lui aurait tenu des propos obscurs, ce qui aurait fait dire à ce dernier que Lao-Tseu était " insaisissable comme un dragon ". Entre légende ou réalité, nul ne peut trancher. Mais reste un livre sacré, lui aussi sibyllin, que Marcel Conche, grand philosophe contemporain, a traduit et commenté pour nous, afin d'éclaircir la Voie taoïste de la sagesse en rapprochant la philosophie orientale, qui nous est souvent étrangère, de la philosophie des Antésocratiques, dont Lao-Tseu aurait été le contemporain. En guise d'introduction au texte intégral, Marcel Conche distingue et développe les principaux points de la philosophie taoïste, afin de baliser la lecture de ce texte ardu et essentiel de points de lumière indispensables à la compréhension du texte. Puis, au gré de réflexions, il s'ancre sur certaines notions qu'il développe, comme le rapport de la violence et de la civilisation, et compare aux autres points de vue philosophiques.M. Conche commente le sens du livre, la sagesse, comment l'acquérir selon Lao Tseu. Les éclaircissements apportés permettent enfin de comprendre et d'assimiler les principes de la philosophie taoïste, et font du Tao-Te king un livre accessible digne de figurer parmi les classiques de la philosophie antique. Le Tao-Te king enrichit la pensée occidentale de points de vue différents, d'un autre âge et d'une autre aire culturelle, qui peuvent nous aider à penser les problèmes de notre temps et de notre culture.

  • Ce texte, André Comte-Sponville l'a conçu quand il avait 26 ans et ne l'avait depuis jamais donné à publier. Il trouve donc seulement aujourd'hui la forme d'un livre, précédé d'une ample préface où l'auteur en restitue la génèse. L'oeuvre est une méditation de jeunesse. Elle se présente à bien des égards comme un exercice d'admiration (Montaigne et Pascal, Épicure et Lucrèce, Spinoza et Descartes, Marx et Freud...) mais relève aussi d'une déprise radicale d'avec la modernité littéraire et intellectuelle (Foucault, Deleuze, Barthes, Derrida...). Une douzaine de sections aborde quelques grands thèmes philosophiques, l'art, la liberté, la vérité, la religion..., dans un style libre et concis, proche de l'aphorisme qui fascinait déjà le jeune écrivain. Vingt-huit ans plus tard, l'auteur a à peine révisé son manuscrit. Il lui reconnaît un caractère certes juvénile et imparfait mais en endosse la paternité avec le regard mûr de l'homme accompli. "Il faut savoir penser contre son temps" : telle était déjà la ligne de conduite que s'était fixé l'écrivain au sortir de Normale Sup. En faisant paraître ce texte aujourd'hui, il n'y déroge pas.

  • "Il n'y a pas de philosophie de Wittgenstein. Il y a l'histoire d'un homme qui lutta pied à pied contre la folie et le suicide avec pour seules armes la logique et l'éthique. Cet homme , on l'a dépeint tantôt comme un monstre, tantôt comme un saint, tantôt comme un génie, tantôt comme un détraqué sexuel. A Vienne où il a passé sa jeunesse, comme à Cambridge où il a enseigné, il est vite devenu une légende. Les rumeurs les plus extravagantes ont circulé sur son compte : on prétendit même que sa grande oeuvre n'était pas le "Tractacus logico-philosophicus" mais le suicide de son ancien camarade de classe Adolf Hitler et de sa compagne, Eva Braun, dans leur bunker berlinois. Ce qui demeure certain, c'est qu'aucun philosophe n'aura mené avec un tel acharnement son enquête sur "le monde tel qu'il l'a trouvé", ni sur les fins ultimes de l'existence. Dans ce bref essai, R. J. tente "à la manière de Stefan Zweig parlant de Montaigne, de Nietzsche, de Freud, " de cerner la personnalité de Wittgenstein et de faire quelques pas en sa compagnie."

  • Dans la nuit du 9 au 10 août 1932, dans un bourg de Silésie, cinq membres de la SA assassinent brutalement un militant communiste. Les meurtriers sont condamnés à mort, mais leur peine est rapidement commuée par le gouvernement : Berlin a cédé à la pression du parti nazi, débordé par une base à laquelle les chefs se rallient. Cette commutation marque la fin de la République de Weimar : à l´état de droit va bientôt se substituer une légalité nouvelle, un droit de guerre et d´exception, dont les nazis se réclament pour maquiller leurs crimes en « exécutions » et présenter leurs meurtriers comme des « combattants ». À l´intérieur du parti nazi, cette affaire a révélé une dissension entre la base SA, tentée par la violence et le coup de force, et la hiérarchie, plus légaliste : ce contentieux sera tranché plus tard, lors de la nuit des longs couteaux.
    À partir d´un fait divers, ce livre invite à une histoire culturelle et politique de la République de Weimar et du parti national-socialiste.

  • Il fallait établir ce constat : avant d´être un problème individuel, le burn-out est d´abord une pathologie de civilisation. Marquée par l´accélération du temps, la soif de rentabilité, les tensions entre le dispositif technique et des humains déboussolés, la postmodernité est devenue un piège pour certaines personnes trop dévouées à un système dont elles cherchent en vain la reconnaissance. Mais ce piège n´est pas une fatalité. Face aux exigences de la civilisation postmoderne, on peut se demander comment transformer l´oeuvre au noir du burn-out afin qu´il devienne le théâtre d´une métamorphose, et que naisse de son expérience un être moins fidèle au système, mais en accord avec ses paysages intérieurs.

     

  • La première édition de cet ouvrage date de 1964. En 1963, j'avais lu les Essais pour la première fois... Je me proposais d'en extraire la philosophie que j'y pressentais et de l'exposer de manière à en montrer la cohérence. Je distinguai soigneusement la morale et la doctrine de la sagesse, ce que j'appellerais aujourd'hui l'éthique. Cette distinction essentielle fit beaucoup pour la clarté de l'exposé. On a cru que 'mon' Montaigne me ressemblait, que je l'avais bâti d'après moi-même. Il est difficile de se tromper plus complètement. Que l'on lise 'Existence et culpabilité', dans Orientation philosophique, et l'on verra quelle sorte d'homme j'étais à l'époque, et combien j'étais plus près de Pascal ou même de Jansénius que de Montaigne.

  • Quand IBM a cherché à introduire le mot « computer » en France, dans les années 1950, le philologue Jacques Perret a eu l'idée de remettre au goût du jour un vieux mot latin, « ordinateur », qui désignait au Moyen Âge une qualité que les Pères de l'Église attribuent à Dieu - Deus Ordinator - signifiant « Dieu ordonnateur ». Ce faisant, il a aussi bien cerné la compétence technique de ces nouvelles machines que leur vocation messianique. L'ordinateur ne peut pas être réduit à un simple outil. L'informatique irrigue la vie, à laquelle elle fournit un programme. Elle donne forme à la matière, à son niveau le plus élémentaire. Elle sculpte nos pensées et notre conscience. Aussi bien emporte-t-elle une nouvelle ontologie, une nouvelle politique et même une nouvelle spiritualité. En elle s'accomplit la promesse d'une réconciliation entre les mots et les choses, les vivants et les morts, les humains et les non-humains. Martin Heidegger affirmait à la fin de sa vie que seul un dieu pouvait désormais nous sauver. Mais c'est l'informatique qui sauvera le monde.

  • Le lotissement a été le grand rêve urbanistique de la seconde moitié du vingtième siècle. Le rêve d'une maison à soi, où reconstituer une vie qui rassemblerait tous les traits d'une Arcadie à la fois familiale et communautaire, fondée sur l'égalité et la propriété. Il n'en a rien été. Aujourd'hui, le lotissement pavillonnaire est devenu le repoussoir absolu - le lieu d'une vie où ne règneraient plus qu'ennui, vide et mauvais goût. En retraçant, par une multitude virtuose de moyens, l'histoire presque quotidienne d'un lotissement disparu, Fanny Taillandier dresse ainsi le portrait mi-grinçant, mi-ému, d'une utopie et du douloureux réveil qui a suivi son effondrement, en même temps que de ce qui, dans cet effondrement même, continue à nous séduire. Car, à travers cette histoire, c'est encore notre quête naïve d'un habitat idéal qui continue à se lire - quête qui se déplace désormais ailleurs, dans d'autres rêves, appelant d'autres déceptions.

  • Le 14 mai 2013, deux jeunes doctorants de la London School of Economics, Nick Srnicek et Alex Williams, publiaient, sur le site Critical Legal Thinking, un texte intitulé : « #ACCELERATE. Manifesto for an Accelerationist Politics ». Ils y défendaient une thèse iconoclaste : la gauche, si elle veut sortir du marasme dans laquelle elle se complaît désormais, doit repenser sa relation au futur, à la technologie, au travail et à l'économie. Plutôt que continuer à résister aux innovations qui ne cessent d'être produites dans tous les domaines, il est grand temps qu'elle apprenne à les embrasser si elle veut parvenir à dépasser un jour le capitalisme. Il faut accélérer plutôt que tenter de décélérer - car seule une accélération politique, technologique, scientifique et économique assez puissante pourrait nous donner les chances de réaliser une révolution qui ne soit pas réactionnaire et vouée à l'échec. La parution de ce texte a suscité un débat mondial, et a aussitôt fait de Srnicek et Williams les chefs de file de ce qui a été appelé « accélérationnisme » - le mouvement défendant le dépassement du capitalisme par le haut, plutôt que par le bas. D'Antonio Negri aux xénoféministes de Laboria Cuboniks, des chefs de file du Réalisme Spéculatif au critique culturel Mark Fisher, les critiques féroces et les salutations enthousiastes n'ont pas cessé de fuser. Il fallait que les lecteurs francophones puissent avoir accès aux principales pièces du dossier : voilà qui est fait.

  • Poursuivant le travail d'édition des manuscrits inédits de Louis Althusser, entamé avec succès par Initiation à la philosophie pour les non-philosophes et Être marxiste en philosophie, tous deux traduits dans plus de dix langues, les Presses universitaires de France publient Les Vaches noires, une auto-interview polémique rédigée en 1976, dans laquelle le philosophe revient sur sa relation chahutée avec le Parti communiste français, dont il fut longtemps un pilier intellectuel, quoique contesté. Mêlant considérations théoriques, polémiques politiques, observations de coulisses et confessions personnelles, cette réflexion sur les suites à donner au 22e congrès du Parti communiste français est l'un des textes les plus singuliers d'Althusser - et aussi, à de très nombreux égards, un de ceux dans lesquels il se met le plus à nu. À la fois critique sévère du Parti et défense inconditionnelle des idéaux qui y président, c'est surtout un texte qui dresse un programme d'une actualité surprenante quant à l'organisation de la lutte révolutionnaire au moment de son reflux. Tout ensemble document historique, politique, philosophique et biographique, Les Vaches noires mettent en pièces l'image, encore tenace, d'un Althusser dogmatique, pour restituer toute la souplesse, la complexité et l'inquiétude de sa pensée - celle d'un marxiste pour temps de crise, à l'instar du nôtre.

  • Pourquoi redonner vie à ce Lucrèce, si longtemps après qu´il ait vu le jour, en 1967, aux éditions Seghers ? Après la cessation d´activité des éditions Fides, il était devenu introuvable. Or, il reste, de l´avis général, la meilleure introduction à Lucrèce. De plus, le poème de Lucrèce est sans doute la meilleure façon d´entrer de plain-pied dans la philosophie, si du moins la philosophie est la « vraie philosophie » (orthè philosophia) dont parle Épicure : méditation non pas sur les objets culturels, créations de l´esprit de l´homme, mais sur ce qui s´offre à nous, que l´on a sous les yeux, qui nous entoure et nous transit - la Nature (phusis) infinie, omnienglobante. J´ajoute que j´ai eu plaisir à ajouter un avant-propos, où je me figure l´effroi de Pascal découvrant Lucrèce.
    M. C.

  • Pourquoi donc sommes-nous si accrochés à notre maigre « je » ? Pourquoi refusons-nous d'accepter les leçons les plus radicales de la neuroscience ou de la psychologie cognitive à propos de notre « identité » ou de ce que nous aimons à considérer comme notre « libre arbitre » ? Quel mal y aurait-il à accepter que nous soyons le résultat de déterminations qui nous dépassent - et que nos choix ne soient que des colifichets ayant pour seule fonction de nous rassurer ? Dans Lost Ego, François De Smet répond à toutes ces questions de la meilleure manière qui soit : en mettant le doigt sur les peurs qui continuent à nous voir nous accrocher à des reliques de notre « moi » en miettes et que nous refusons de regarder en face. Non, nous n'existons pas - mais c'est précisément parce que nous n'existons pas que nous pouvons trouver le moyen de vivre. Seuls, et surtout ensemble.

  • Après Initiation à la philosophie pour les non-philosophes (« Perspectives Critiques », 2014), les Presses universitaires de France, en collaboration avec l´Institut Mémoire de l´édition contemporaine, poursuivent le travail de publication des grands livres inédits de Louis Althusser. Être marxiste en philosophie, rédigé par Althusser en 1975, est constitué de vingt-six brefs chapitres, dans lesquels celui-ci tente de comprendre à nouveaux frais les liens qui existe entre la figure de Marx et la pratique de la philosophie. Qu´a à nous dire Marx sur cette pratique ? Est-il possible d´imaginer une philosophie qui soit purement marxiste ? Que signifie pratiquer la philosophie en tant que marxiste ? Quel horizon politique une philosophie marxiste peut-elle et doit-elle s´assigner ? Pourquoi se dire marxiste en philosophie aujourd´hui ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Althusser tente d´apporter une réponse dans ce livre, au fil d´un texte à la limpidité cristalline, à l´impeccable précision et à l´élégance supérieure. Il est accompagné d´une introduction de G. M. Goshgarian, spécialiste international de l´oeuvre d´Althusser, ainsi que d´un petit texte inédit, « Chacun peut-il philosopher ? », écrit en 1958, en réaction à la publication d´un pamphlet de Jean-François Revel, Pourquoi des philosophes ?.
    À l´heure où la pensée de Marx, comme celles des élèves d´Althusser, bénéficie d´une audience toujours plus importante, la publication d´Être marxiste en philosophie s´impose avec plus d´urgence que jamais comme une contribution à la résistance face à l´obscénité politique et économique de notre temps.

  • Pourquoi la philosophie ? Que chercher dans cette discipline ? Quel impact peut-elle avoir sur l´existence de celles et ceux qui la pratiquent ? Ce livre enlevé et ciselé, original et éclairant, prend le parti d´affirmer que la philosophie a des fonctions précises qui traversent son histoire et nourrissent ses désirs. Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir : telles sont les sept opérations philosophiques majeures, les sept stades de ces étranges jeux où s´affrontent et se révèlent la vie et la théorie.

  • A la question d'un journaliste : Montaigne est-il le précurseur de l'amoralisme contemporain ?, Marcel Conche répond ainsi : "Il convient de distinguer trois choses, l'éthique, les morales collectives, la morale universelle. L'éthique, ou sagesse pratique, est l'art de vivre heureux. Les morales collectives sont aussi diverses que les collectivités. La morale universelle est celle des droits de l'homme. Montaigne en est le précurseur, l'anticipateur, le héraut. Il heurte de front la morale collective de son temps par son affirmation des droits universels de l'homme. La morale universelle fixe la limite, la borne qu'il met à son septicisme. Que l'homme doive respecter l'homme, cela ne se discute pas. La morale n'exige pas le sacrifice. L'homme a le droit de songer à soi, de vivre pour soi. L'éthique de Montaigne est une éthique du bonheur."

  • « Ils ne savent pas ce qu'ils font » : telle est la définition la plus exacte que l'on puisse donner de la méconnaissance fondant toute idéologie. Une telle méconnaissance, pourtant, ne témoigne pas d'un aveuglement ou d'une ignorance. Au contraire, ...

  • "La réflexion sur la solitude me paraît liée à ce qu'il y a de plus profond dans le questionnement philosophique. C'est là que se nouent le problème du moi, de la personnalité, de la société, de la communion et de la connaissance. A ses confins, le thème de la solitude s'unit à celui de la mort." (Nicolas Berdiaeff, "Cinq méditations sur l'existence"). La solitude peut être vécue comme la condition d'une intégrité personnelle, la recherche de sa propre identité, la solitude est alors assimilée à la liberté. A l'inverse la solitude fait éprouver la vacuité et l'inanité de l'existence, on ne vit pas pour soi, on n'est pas à soi-même sa propre raison d'être. Etre seul c'est être exclu de la communauté.
    Une étude philosophique de la solitude nourrie de nombreuses références littéraires.

  • En sept courtes études, le livre se propose de repérer ce qui fait de l'oeuvre cinématographique de Joseph Mankiewicz un moment exemplaire de l'histoire du cinéma, entre construction classique des intrigues, séduction, spectacle, et modernité des clins d'oeil adressés aux spectateurs. L'esthétique singulière du cinéma des années 1950, les rapports compliqués du cinéaste avec son frère, la volonté d'établir une complicité avec le spectateur, sont autant d'éléments pris en compte pour parler de cette oeuvre. La Comtesse aux pieds nus, Ève ou Le Limier, devenus des films cultes, à la fois raffinés, élégants, et très ironiques, y sont analysés et mis ainsi en perspective.

  • En quatrième vitesse, Vera Cruz, Qu´est-il arrivé à Baby Jane ?, Les Douze Salopards,... Tour à tour salués pour leur audace et contestés pour leur violence, les films de Robert Aldrich ont marqué leur époque. Mais au-delà de sa manière unique de dire les choses et de donner à voir, Aldrich s´est révélé un moraliste intègre, qui sut interroger l´homme dans son rapport à autrui comme à lui-même, doublé d´un cinéaste engagé qui, de l´intérieur même du système hollywoodien, mit en débat quelques-unes des valeurs les mieux accrochées de l´American way of life.
    William Bourton, journaliste et essayiste, auteur, aux PUF, d´un étude remarquée sur le western, nous livre une passionnante étude critique sur Aldrich, qui peut également se lire comme une réflexion sur l´engagement, dès lors que son oeuvre témoigne philosophiquement de son époque.

  • Récit de la déchéance d'une star du cinéma muet, fragments d'une confession de la "plus sublime des flappers" (une flapper étant une "garçonne un peu provocatrice des années 1920"), Louise Brooks... Mais récit inventé, dont le départ est un projet de conférence sur Louise Brooks : la vie de l'actrice, les sentiments qu'elle inspire à l'auteur, la fascination et même l'emprise qu'elle exerce sur lui, à tel point qu'il la considère comme la figure la plus accomplie du nihilisme érotique. A travers son égérie, R. Jaccard "se raconte", dans un style élégant, léger, mais toujours teinté d'un soupçon de distance au monde et à soi-même.

  • En analysant le phénomène de la croyance, cet essai tente d´élucider l´origine des religions et des idéologies. Alors que la vie est à elle-même son propre sens, pourquoi cherche-t-on à lui assigner un but pour lui reconnaître un sens ? Un tel but ne peut jamais être qu´un mythe, une fiction ou un fantasme. Aussi tous les fanatismes consistent-ils à assujettir ou sacrifier toute réalité à ce fantasme. En examinant le processus de la croyance, cet essai se présente comme une enquête sur le sens de la vie.

  • Recueil de textes (22 textes) d'humeur autour du cinéma et de Serge Daney, chroniques publiées dans Libération, 17 textes sont des dialogues la plupart inédits et inventés entre Louis Skorecki et Serge Daney

  • Célèbre pour l'échec tragique de ses fiançailles avec Régine Olsen (certains parlent même d'une histoire d'amour à l'égal de Dante et Béatrice, de Roméo et Juliette ou d'Abélard et Héloïse) la vie de Kierkegaard a peu suscité de commentaires quant à son rapport exceptionnel à l'écriture : "pas un jour sans une ligne" disait-il. On recense 34 ouvrages et une masse considérable de notes constituant 13 volumes de Papiers dont on a tiré un Journal.... Pourquoi l'écriture occupe-t-elle tant de place dans sa vie ? Pourquoi a-t-il écrit autant ? Quel est le sens de cette "hypergraphie" ? Telles sont les questions qui jalonnent cette biographie, méditation philosophique et interrogation psychanalytique sur le drame personnel du célèbre "solitaire de Copenhague".
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