Chantal Van Den Heuvel

  • Au début des années 1960, Bruxelles est une ville de province dont les vieilles pierres conservent l'empreinte des dominations passées : le baroque espagnol puis autrichien ainsi que le néoclassicisme français. Autour du pentagone, les communes ont encore une atmosphère villageoise. En lisière de la forêt de Soignes, Boitsfort, Uccle ou Woluwe balancent entre ville et campagne. À Anderlecht, les vaches paissent dans les prairies à un jet de pierre de la maison d'Erasme. Les rues s'égaient des kermesses, des courses cyclistes et chaque commune a sa fanfare.
    À chaque quartier sa baraque à frites ; le dimanche, on se rend en famille savourer tartines au fromage blanc, gueuze et cochonnailles dans les « laiteries » des faubourgs.
    Mais d'année en année, les traces de la ruralité s'effacent au profit d'une urbanisation fulgurante. Les tours de bureaux, les projets « futuristes » poussent comme des champignons jusqu'au coeur historique de la ville. Bruxelles, villecarrefour depuis sa naissance il y a plus de mille ans, amorce sa mue vers son destin de capitale de l'Europe...

  • Un refuge pour vivre et créer.

    Les frasques de George Sand sont fameuses : ses liaisons hors mariages, son rejet de la bienséance hypocrite, son accoutrement masculin, son retentissant et passionné combat en faveur de l'émancipation et des droits de la femme... L'autrice fait parler d'elle, résonner sa voix et, en s'adressant par l'écriture au monde, elle est aussi et avant tout célébrée pour son oeuvre prolifique. Dans ses textes, la campagne berrichonne a une place primordiale. Ses livres décrivent l'atmosphère campagnarde d'un monde qui n'existe plus mais qui fut le sien. George Sand, si elle a fréquenté Paris, a passé la majorité de son existence dans sa demeure de Nohant. Ce domaine familial, où elle a grandi et vécu à partir de ses quatre ans, lui a donné l'amour des grands espaces et de la liberté. C'est dans cette maison qu'elle s'est passionnée pour les histoires, c'est dans cette maison qu'elle a fait son éducation mondaine et paysanne. C'est là-bas qu'elle a vu mourir tant de ses proches, et c'est là-bas qu'elle-même, elle mourra. Lieu isolé, paradis rupestre, cette bâtisse accueillera Liszt, Balzac, Delacroix, Flaubert ou même Chopin pendant presque dix ans. Nohant est, pour George Sand et ses invités, un lieu où peut fleurir la créativité.

    Dans un album qui revient sur l'existence de la célèbre autrice, Chantal Van den Heuvel et Nina Jacqmin insèrent en toute subtilité un second personnage principal : le domaine de Nohant. Témoin essentiel de l'existence de tant d'artistes, ses murs contiennent l'écho de voix qui continuent à passionner les esprits du monde entier.

    Un album réalisé en partenariat avec Le Centre des Monuments Nationaux.

  • 1910. Iasnaïa Poliana, le vaste domaine des Tolstoï dans la campagne au sud de Moscou.
    Une femme d'âge mûr, Sofia Tolstoï, traverse en coup de vent une enfilade de pièces, serrant dans son poing un document. Dans sa course, elle tombe sur un cercle de pénitents en train de se flageller. Dehors, elle s'étrangle en découvrant un groupe d'hommes et de femmes nus qui s'avance, les bras levés en incantation vers le ciel.
    Dans une dépendance du domaine, un colosse à longue barbe blanche coud lui-même ses bottes. Sofia surgit. Imperturbable, Léon Nikolaïevitch Tolstoï écoute la longue diatribe de sa femme qui l'accuse de la déshériter.
    Ainsi donc il a cédé tous ses droits d'auteur au peuple russe ! Elle qui a porté leurs 13 enfants ! Elle qui a recopié des milliers de pages de manuscrits pour lui !
    Tolstoï s'empare d'un marteau et le lève vers elle alors qu'elle lui reproche d'être excommunié par la sainte Mère l'Eglise orthodoxe, jetant l'opprobre sur toute la famille, parce qu'il vénère des idoles païennes comme Krishna, Bouddha, ainsi qu'un Christ qui ne serait pas le fils de Dieu !
    Sofia s'empare alors d'une lettre sur son bureau : « Et ce Gandhi qui t'écrit. Encore un de tes adeptes de la théorie de la non-violence !? ». Bouleversé, Tolstoi tombe à genoux et lui demande pardon.
    Il dit qu'il va s'en aller, il l'aime mais il veut quitter cet enfer à deux...

  • Une romancière de légende se raconte...

    Décembre 1926. Agatha Christie, alors écrivaine à succès, disparaît sans laisser de traces. Toute la presse britannique s'empare du drame et une véritable enquête, digne de ses meilleurs romans, est menée pour la retrouver. Suicide d'une femme délaissée, meurtre commandité par son époux infidèle ou coup de publicité d'une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ? Les hypothèses ne manquent pas pour élucider l'affaire et surtout tenter de résoudre l'énigme Agatha Christie...

    Romancière de génie, femme libre et indépendante, le personnage d'Agatha Christie n'a cessé de fasciner, tant par son oeuvre que par ce qu'elle a incarné pour la société anglaise et pour son époque. Réalisé par Chantal van den Heuvel et Nina Jacqmin, ce bel ouvrage, construit comme une enquête de la romancière, nous raconte autant le destin d'une femme d'exception qu' il est une ode à l'écriture et à la capacité de créer. Les autrices se sont davantage attachées à l'Agatha intime plutôt qu'à la fabuleuse production littéraire de la reine du crime. Une Agatha dont le riche imaginaire, qui puise ses racines dans une enfance pleine de fantaisie, lui a permis d'affronter le réel, les pertes qu'inflige la vie, les amours trahies. Car derrière l'image « so british » d'une respectable lady se cachait sans doute une petite fille qui n'a pas voulu grandir. Et s'il était là, le mystère de Dame Agatha Christie et de sa prodigieuse créativité ?

  • Louise, Tu étais la beauté, l'esprit, la grâce incarnés. Et ton jeu était sublime.
    Pourtant, un seul film, Loulou, aura marqué ta carrière.
    Hollywood, « l'inhumaine usine à films », t'a très vite blacklistée.
    Parce que tu en refusais les règles ? Sans doutes...
    Mais aussi, tu disais de toi-même : « Je suis le poignard de ma propre plaie ».

    Pourquoi, Louise ?

  • Un souffle porte Madeleine qui a tout juste 18 ans. Ce souffle, c'est celui de l'Esprit Saint. Il va inspirer à la jeune fille une vocation impérieuse : «Discerner la ligne de l'élan créateur chez un être et la suivre. » Sa vocation fera de Madeleine la fondatrice d'une communauté apostolique et l'initiatrice d'une nouvelle façon d'enseigner. De la France à la Côte d'Ivoire, en passant par la Corée du Sud, l'élan créateur de Madeleine Daniélou se transmet et il conduit toujours des générations entières de jeunes à l'éducation par l'esprit. Madeleine Daniélou, agrégée de lettres, mère de famille, crée une École Normale Libre à Paris en 1907, guidée par une intuition toujours d'actualité : "Il faudrait fonder des collèges où les valeurs chrétiennes et les valeurs intellectuelles soient unies." Ses livres, Action et Inspiration en 1934 et L'éducation selon l'Esprit en 1939 donnent les lignes forces de son inspiration.

  • Flora, la quarantaine, vient de divorcer avec pertes et fracas après 20 ans de mariage. Pour remonter la pente, elle peut compter sur le soutien de ses copines, Roxane (baba cool fan de jardinage), Léa (carreer woman infatigable) et aussi son vieux voisin, Vénérable. Comme ses amies, Flora voudrait trouver l'âme soeur, mais ce n'est pas si simple. Flora fait quelques rencontres prometteuses, mais une fois les 1ers moments idylliques passés, ses amoureux s'évanouissent dans la nature.

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