François Le Ménahèze

  • Dans le tourbillon de mesures technocratiques et démagogiques liée à la « politique scolaire », il fallait la lucidité de François Le Ménahèze - instituteur et directeur d'école publique, praticien-chercheur du mouvement Freinet - pour nous rappeler au devoir de résistance. Résistance à la dictature du contrôle de conformité.

    Résistance aux injonctions de circonstance. Résistance à la pédagogie paresseuse de la sélection. Résistance à l'individualisme et à la concurrence.

    Ce qui fait de l'enseignant un homme debout, un véritable « instituteur » qui « institue l'humanité dans l'homme », requiert une éthique exigeante, qui désobéit à ce qui dégrade l'entreprise éducative.

  • En matière de réflexion esthétique et littéraire, les Éléments de littérature publiés en 1787, constituent la somme la plus achevée que nous ait livrée le XVIIIe siècle. L'ouvrage se présente à la façon d'un dictionnaire : 192 entrées
    thématiques passent en revue les catégories essentielles de l'analyse littéraire, depuis abondance jusqu'à vraisemblance, en passant par comédie, dénouement, pastiche ou traduction. Cet ensemble sonne le glas de la poétique classique : il y est question, non plus de belles-lettres, mais de littérature et Marmontel est l'un des premiers à employer ce terme dans l'acception que nous connaissons aujourd'hui.
    Le changement est considérable : à un univers encadré par des règles se substitue une production présentée dans sa diversité historique et géographique : Marmontel, pétri de culture classique, innove en évoquant la littérature du Moyen Age, ou en citant les poètes allemands, anglais, italiens. Compulsés par des générations d'élèves, d'étudiants, d'amateurs et d'écrivains, les Éléments de littérature n'ont pas été réédités depuis près de 150 ans. Ils constituent pourtant un instrument irremplaçable pour lire et comprendre la production littéraire du XVIIIe siècle et sont un jalon
    essentiel de la réflexion sur la littérature entre Boileau et Hugo.

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