Jean-Philippe Pierron

  • Notre culture occidentale moderne s'est évertuée à effacer nos liens à la nature, à nos milieux de vie, à des animaux, des arbres, une rivière ou une montagne. Nous en avons dénié l'importance mais ils resurgissent à la moindre occasion sans même que nous nous en rendions compte. « Quel temps fait-il ? » devient ainsi «la» question fondamentale qui prouve notre attachement inconscient au monde et l'importance qu'a le ciel sur nos climats intérieurs. Jean-Philippe Pierron nous emmène sur la piste philosophique de quelques personnages historiques et grands penseurs afin de comprendre comment ils ont pu, eux, prendre conscience de l'importance de ces liens et les intégrer dans leurs systèmes philosophiques.

  • La philosophie du soin, que l'on parle aujourd'hui de care, d'attention ou de sollicitude, est maintenant bien installée dans le paysage intellectuel. À tel point que parler de moment du soin, à l'intersection entre philosophie, sciences humaines et sociales, arts et politiques, est devenu un point d'accord. Cet ouvrage, en s'installant au coeur d'une philosophie du soin, cherche à en tirer les conséquences dans quatre champs explorés singulièrement : le travail, le numérique, l'architecture et l'écologie.En quoi penser et agir en termes de soin a-t-il des effets sur notre manière d'éclairer ce qui s'engage dans les métiers et les professions dans une philosophie du travail ? Quels aspects du soin le numérique, de la robotique à l'intelligence artificielle et aux logiciels, vient-il soutenir, déplacer ou abîmer ? Comment le soin s'explicite dans des manières spécifiques de ménager l'espace, dans les questions d'architecture et d'urbanisme ? Enfin, à quel point d'intersection, entre santé et environnement, le soin permet-il d'accompagner la transition écologique ?

  • Gaston Bachelard, le facteur bourguignon qui deviendra professeur, a une étrange passion pour le Feu. Est-ce science, psychologie, poésie ?

  • La pandémie de la covid-19 a été l'occasion de revisiter l'intérêt, la force critique et la portée d'étayage des acteurs de l'éthique médicale, au sens large, dans sa dimension clinique comme dans sa dimension d'éthique de la recherche. Une crise offre la douloureuse opportunité de révisiter les grands principes éthiques et l'actualité de l'éthique au chevet du malade. Autour des grands domaines que sont le système de soin, l'éthique en contexte, la question des personnes vulnérables (personnes âgées, en réanimation, pédiatrie), les relations entre santé et environnement et des soins du corps des défunts, cet ouvrage se propose de mobiliser des soignants et des auteurs de SHS engagés autour de l'Espace de réflexion éthique de Bourgogne Franche Comté, qui furent biographiquement et intellectuellement confrontés à l'irruption de cette crise

  • L'auteur vous embarque dans son aventure familiale à la découverte de solutions écologiques concrètes et astucieuses pour améliorer le quotidien de sa famille (santé, alimentation, bien être, produits toxiques et alternatives pour le corps, le ménage, le jardinage, le mobilier, ...) tout en découvrant qu'il fait des économies. Exemple d'un passage heureux, à beaucoup de points de vue, vers l'écologie.
    Un petit livret idéal pour ceux qui souhaitent découvrir des actes écologiques et économiques concrets pour leur vie quotidienne. Si vous êtes débutant de l'écologie, ce livret est pour vous ! Et si vous êtes un écolo averti, alors vous avez là un outil pédagogique directement en lien avec le quotidien de chacun et très digeste par son petit volume et un discours sans blabla.

  • Comment soigne-t-on aujourd'hui les personnes malades ? Ces dernières années, la médecine a fait des progrès énormes.
    Les soins que l'on apporte aux patients sont de plus en plus savants et techniques. Peut-on pour autant rabattre l'épreuve de ceux qui souffrent à une simple série de " signes cliniques ", seuls censés être objectifs, neutres et rationnels ? Quelle est la place du malade au sein de l'hôpital ? En analysant des situations délicates et complexes (cancer, fin de vie...), Jean-Philippe Pierron s'interroge sur la signification des soins que la médecine offre aux personnes qui souffrent.
    L'homme malade a besoin d'être reconnu et cette reconnaissance exige du temps. Prendre soin de lui, le soigner, c'est l'accompagner au quotidien : c'est donc et tout d'abord prendre en compte l'extrême vulnérabilité dans laquelle nous plonge la maladie.

  • Paul Ricoeur n'a cessé de dialoguer avec les grands courants de pensée de son temps, de notre temps; il reste notre contemporain. À ce titre, exposer sa philosophie, c'est nécessairement penser de conserve avec lui. Les dialogues auxquels elle nous invite ont pour matière les grandes questions d'aujourd'hui : l'épistémologie des sciences historiques, l'identité narrative, la poétique, la métaphore vive, la sagesse pratique, la dialectique de la morale et de l'éthique, l'herméneutique juridique, etc. Tous, ils prennent leur racine commune dans une pensée née au croisement de la philosophie réflexive, de la phénoménologie et de l'herméneutique. Il faut prendre le temps de déchiffrer le monde comme on déchiffre un texte, quoiqu'il faille compter avec les résistances vives qui émergent dans le monde contre l'entreprise de narration. Ricoeur nous amène ainsi à dépasser l'opposition dylthéenne entre l'explication et la compréhension pour réinstaller celle-là au coeur de celle-ci.

  • Canalisée, maîtrisée, distribuée, l'eau nous apparaît désormais facile, à portée de robinet.
    Les guerres de l'eau qui sévissent pourtant régulièrement, et la soif qui frappe encore trop durement une grande partie de la population mondiale, nous semblent lointaines. Quant à ces temps archaïques où chaque rivière, chaque source, chaque nappe phréatique était habitée par une nymphe, nous les avons oubliés.
    Et pourtant... Du philosophe présocratique Thalès de Millet qui, affirmant que « tout est eau », faisait d'elle le principe de toute chose, en passant par le chimiste Lavoisier, qui, au XVIII e siècle, désenchantera l'eau pour y découvrir un composé chimique constitué d'hydrogène et d'oxygène, pour en arriver au moment écologique contemporain, toute une histoire se déploie. Et pas des moindres :
    L'histoire de l'eau est avant tout notre histoire. Elle nous rappelle qu'avant d'être un « bien », l'eau est un « commun » qui nous relie au vivant, à la genèse du cosmos.
    À l'heure où la préservation de cette ressource essentielle relève d'une urgence, écrire cette histoire est un geste qui se veut autant philosophique et politique que poétique. Car pour changer les pratiques, ne nous faut-il pas dépasser le simple rapport utilitaire et produire un nouvel imaginaire ?

  • Le livre de Jean-Philippe Pierron exploite, sans mépris aucun, mais avec humour, les images et figures qui marquent notre époque : l'air du temps. La mythopée (de mythologie et canopée) ne désigne en effet rien d'autre que « cette épaisseur feuilletée d'images qui fait la vie d'une culture », comme le précise l'auteur, ses capacités créatrices mais aussi sa mémoire et ses attentes. L'auteur dépeint ainsi une collection de miniatures tirées du quotidien, qui témoigne de la dynamique poétique de ce début du XXIe siècle : le légume bio, le chèque-cadeau, le serveur vocal, le trader, le Burn out, les aidants naturels, l'indignation, le bonobo, le vivre ensemble... et bien d'autres.

  • L'imagination sa juste place dans une philosophie de l'action. L'imagination est le médiateur de la créativité. Elle est la faculté du possible pratique en nous ancrant poétiquement au monde. Les images fournissent un cadre herméneutique pour l'agir.
    Elles augmentent notre intelligence du réel et testent notre capacité a nous investir. En ces termes dominés par la rationalité instrumentale et le contrôle, voire l'évaluation tous azimuts du vécu, reconnaître la place des puissances de l'imagination est devenu tâche urgente pour habiter autrement notre monde !

  • « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille »... on connaît la chanson !

    Tout comme est familier l'incomparable air de famille, cette étrange ressemblance qui fait que ces autres sont aussi les miens...

    C'est vrai. Alors, la famille serait subie comme un destin indépassable. Est-ce aussi sûr pourtant ?

    L'expérience de l'adoption n'affirme-t-elle pas, haut et fort, que la famille est choisie ?

    Qu'il n'y a pas de parents naturels ?

    Que toute naissance est une reconnaissance ?

  • "Philosophes et psychiatres nourrissent des capillarités secrètes et des questionnements communs. Souvent, la méditation du philosophe se met à l'école de ces situations et de ces visages de l'humain malade qui habitent des masques que l'on croit inhabitables, « horla », et que lui rapporte le psychiatre. Sous le souci de biologiser la maladie mentale, le savoir et le savoir-faire de la psychiatrie font le pari de l'humanité et de la nécessité de la relation..."

  • Ce livre va prendre sa place et sa part dans le débat contemporain qui oppose les tenants de la famille classique ou traditionnelle à ceux qui affirment la disparition de la famille normale, arguant que toute famille est une construction sociale et donc que toutes les compositions familiales se valent. A sa manière, il prolonge donc le débat qui a été engagé en France lors du projet de loi sur le mariage dit " mariage pour tous ", mais aussi à toutes les questions qui se posent aujourd'hui autour des enjeux familiaux : le débat sur l'adoption et l'accès aux origines ; la place et le rôle de la biologie dans la référence à l'aide médicale à la procréation pour définir ce qu'est une famille naturelle ; l'intérêt inédit pour la généalogie et les histoires familiales ; le statut des tiers d'engendrement ( mère porteuse, donneur de gamète) et des tiers éducatifs (beaux-parents) ; la définition de ce qui fait qu'une famille est une famille lorsque les familles recomposées, monoparentales ou bien encore homosexuelles semblent rendre difficile une réponse à cette question.

    Le sens de la famille, disait-on autrefois, on l'a ou on ne l'a pas. Et on le brandissait comme un étendard. Le blason familial était suivi de son cortège d'obligations à honorer pour être respectables sinon respectés, de disciplines des corps, et d'innombrables normes invitant à s'y conformer. Il justifiait des rapports de dominations entre sexes ou entre générations. Il cautionnait l'idée qu'espace privé séparé de l'espace public, il était évidemment promoteur de solidarité et de justice naturelle dans la " cellule familiale ". Ces idées ont fait long feu.
    On n'a pas une famille comme on possède un patrimoine. Aussi, est-ce au moment où le sens de l'honneur familial s'étiole, désuet et archaïque, qu'il importe de le revisiter. Le sens de la famille, plutôt qu'un programme à honorer, n'est-il pas un processus à déployer ? Si on ne choisit pas sa famille n'apprend-on pas à y consentir dans un long processus, parfois douloureux mais qui peut aussi être joyeux ou tendre ? Et si le sens de la famille était le nom donné à ce consentement ?
    Il faut toutes ces questions pour retrouver la riche palette de ce que chaque famille appelle à vivre. Porteuse d'évaluations fortes, n'est-elle pas, à chaque fois, une petite école des capacités qui ne prétend pas, pour autant être donneuse de leçons ?

  • « Suis-je le gardien de mon frère ? » À partir de ce verset de l'Ancien Testament, cinq intellectuels interrogent tour à tour les rapports que l'être humain entretient avec ses semblables : une lecture plurielle consacrée à la solidarité et à la responsabilité, où se confrontent les interprétations des trois grandes religions monothéistes et de la philosophie contemporaine. Conçu à partir d'un événement organisé par la Villa Gillet dans le cadre du festival « Mode d'emploi », en novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris, ce livre propose une belle réflexion polyphonique.

  • Il faut repenser l'éducation en proposant des renouvellements paradigmatiques ainsi que des préconisations éducatives qui se doivent de dépasser l'éducation à l'environnement ou l'éducation au développement durable).
    L'entrée dans l'Anthropocène amène des questions sans précédent, notamment celle de la fin possible de l'espèce humaine. C'est sur l'existence même d'un avenir possible que porte l'incertitude contemporaine.
    Ce qui pouvait avoir de la valeur il y a quelques décennies peut devenir obsolète à la lumière de la conscience de l'entrée dans l'Anthropocène. Un chantier de définition de ce qu'est éduquer à l'époque de l'Anthropocène est à entreprendre.
    L'éducation est le moyen politique par excellence des changements durables du moyen et du long terme.

  • Cet ouvrage s'adresse à l'ensemble des acteurs du travail du soin. Il vise à repenser dans une perspective interdisciplinaire et interprofessionnelle le concept fondamental de travail à l'aune de sa spécificité dans les services de soins.
    Le travail du soin ne repose pas que sur des compétences certifiées ou des actes techniques. Un regard, un geste, une présence, une écoute... : il tient pour beaucoup à ce qui ne s'inscrit pas dans les tableaux de bord. Ces dernières années, les transformations organisationnelles ont grandement modifié, voire altéré, les conditions dans lesquelles les soins sont apportés. Indicateurs de qualité, mesure de la rentabilité, cotation des actes : tout le travail du soin doit pouvoir être passé à la toise des managers. Comment expliquer que l'attention à l'autre fasse l'objet d'une telle déconsidération institutionnelle ? Comment prendre soin du travail alors qu'il suscite fatigue de la compassion voire épuisement professionnel ?

    Les auteurs, chercheurs en sciences humaines et sociales, soignants, personnes atteintes de maladies rares, étudient ces questions en interrogeant les conditions de possibilité du travail du soin. Ils analysent en particulier la valeur intangible de la relation dans le contexte d'organisations en tension. Les tensions découlent des rapports de pouvoir, des dispositifs de rationalisation et d'une certaine idée du management. Ils questionnent aussi la valeur travail, si difficile à juger lorsque l'essentiel de la pratique est invisible. Peut-être a-t-on pensé un peu vite que, comme elle n'était pas mesurée, elle ne comptait pas. Il s'agit alors de voir comment prendre en compte cette part impalpable du travail du soin afin de prendre soin du travail et, au-delà, de la qualité des soins et de la relation.

    Cet ouvrage s'adresse à l'ensemble des acteurs du travail du soin. Il vise à repenser dans une perspective interdisciplinaire et interprofessionnelle le concept fondamental de travail à l'aune de sa spécificité dans les services de soins.

  • L'éthique des vertus met l'accent sur les représentations et les affects qui poussent les personnes à agir, au lieu de se focaliser sur les normes et de se borner à énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où les individus comme les États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie. Quel processus de transformation de soi permet d'avoir du plaisir à consommer autrement et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? Celle-ci reposant autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie, il importe aussi de se demander comment articuler le plan individuel et le plan collectif.
    Enfin, faut-il penser que l'éthique a une dimension universaliste ou souscrire à une approche plus particulariste et contextualisée de la morale ? Telles sont les questions qui réunissent dans ce volume des chercheurs issus de disciplines différentes.

  • Essais sur l'accompagnement des mourants, dans le contexte des soins palliatifs, à la lumière de l'approche de la mort par Jankélévitch.

  • Réfugiés climatiques, victimes de catastrophes industrielles, minorités ethniques expulsées, paysans chassés de leurs terres, quartiers pauvres dévastés par des catastrophes naturelles, populations contaminées par des pollutions diverses... Une inégale vulnérabilité des peuples, une inégale distribution des facteurs de danger et des menaces conduisent à s'interroger sur la « justice environnementale » et l'équité sociale. Entre éthique environnementale, défense des droits des peuples et des minorités, etc., cet ouvrage analyse les formes de gouvernement des hommes et de l'environnement.

  • La maladie d'Alzheimer inquiète, angoisse, bouleverse.
    Elle remet en question l'identité personnelle et notamment l'autonomie, altérant l'existence en termes de choix, de relation à l'autre, d'expression de la volonté et de la pensée. Elle impose aux sujets malades de nouvelles règles de décision ; elle demande une adaptation du milieu et des autres à ce nouveau mode d'être. Ce livre réunit les interrogations de différents acteurs (médecin, cadre infirmier, psychologue, sociologue, philosophe, juriste) sur celte question difficile et les problèmes qui en découlent.
    Quelle représentation se fait-on de la maladie ? Que va susciter son annonce ? Quelle place nos sociétés, nos institutions, nos prévisions de santé publique peuvent-elles accorder au statut de la personne dite " démente " ? Que peut être l'accompagnement d'un patient dont on pense qu'il est " déchu " de son identité et d'une partie de ses droits ? L'enjeu de celte réflexion pluridisciplinaire est d'une part épistémologique, en exposant l'écart existant entre l'image de la maladie, sa conception scientifique, la réalité vécue, et d'autre part éthique, en invitant à ne pas confondre entrée dans la dépendance et perte d'autonomie.
    Cet ouvrage défend le principe d'un respect de l'autonomie propre à motiver soignants et " aidants " vers plus d'écoute, de confiance, de nuances, d'échanges, de compréhension et de sollicitude.

  • Médecine, langage et narration Nouv.

    Prendre soin du langage qui raconte le soin c'est encore soigner. C'est soigner les corps blessés, soigner les âmes meurtries. C'est aussi prendre soin des soignants eux-mêmes. Il ne s'agit pas d'un manuel pour « bien vivre » malgré la maladie, mais plutôt d'un recueil d'expériences multiples rapportées par des professionnels d'horizons divers lors de deux colloques. Il porte pour les soignants sur les façons de dire « la vérité au malade » et pour les soignés d'entendre cette « vérité ». Il rappelle que la médecine n'est pas seulement une suite de gestes techniques, mais aussi une posture d'écoute et d'attention. Il souligne précisément l'intérêt et la portée de la médecine narrative. La parole du malade est forte et ouverte à l'extériorité. Elle l'accompagne dans son parcours de soin. Le récit n'est pas qu'un élément diagnostic ! Il ouvre une constellation biographique là où l'on tend à réduire la maladie au biologique et au fonctionnel.

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