Souleymane Bachir Diagne

  • Considéré comme l'un des penseurs importants de notre époque, Souleymane Bachir Diagne retrace dans cet ouvrage son parcours de jeune Sénégalais élevé dans la tradition d'un islam soufi et lettré, devenu philosophe et aujourd'hui professeur à l'université de Columbia. Une vie entre Saint-Louis-du-Sénégal, Ziguinchor, Dakar, Paris, Chicago, New York, lieux qui ont formé cet homme de trois continents, le rendant sensible aux richesses de chacune des cultures propres aux pays qui l'ont accueilli.

    Souleymane Bachir Diagne - maintenant spécialiste de domaines aussi différents que la philosophie dans le monde islamique, l'histoire de la logique algébrique ou encore les philosophies africaines - présente les êtres qui ont été décisifs dans la construction de sa trajectoire intellectuelle. Il revient sur ses rencontres avec Louis Althusser et Jacques Derrida, ses maîtres rue d'Ulm, Jean-Toussaint Desanti, Léopold Sédar Senghor, Paulin Hountondji, Ngugi wa Thiong'o et d'autres qui l'ont fortement influencé. Le « fagot de mémoire » de cet homme qui vit entre différentes langues et cultures, chantre d'un universel de traduction, partisan d'un islam des Lumières, nous propose ici une stimulante réflexion sur notre monde qui offre tant de passerelles.

  • - Le petit texte d'un grand philosophe africain et universitaire aux Etats-Unis.
    - Un traité sur l'analyse très pertinente de Senghor sur l'art africain et ce qui reste quand les dieux ont quitté les masques et les fétiches.
    - Le premier titre d'une nouvelle collection de poche, "Pétite", qui revisite de façon les "classiques" de Riveneuve avec la valeur ajoutée d'une artiste-graphiste France Dumas.

  • Le grand retour de Bergson, à l'orée du XXIe siècle, s'est accompagné d'un regain d'intérêt pour son influence exercée en dehors de France, jusqu'en Inde et en Afrique, comme en témoignent deux figures majeures de la lutte anticoloniale, le musulman Mohamed Iqbal et le catholique Léopold Sédar Senghor. À la fois poètes, penseurs et hommes d'État, tous deux ont joué un rôle intellectuel et politique essentiel dans l'indépendance de leur pays, et trouvé dans le bergsonisme de quoi nourrir leur philosophie : celle d'une reconstruction de la pensée religieuse de l'islam pour le premier, d'une désaliénation du devenir africain pour le second.
    À la croisée des études bergsoniennes et de la pensée postcoloniale, le philosophe Souleymane Bachir Diagne offre un éclairage inédit sur la réception et le devenir des notions d'élan vital, de nouveauté, de durée ou encore d'intuition dans la pensée de Senghor et de Iqbal.

  • Les religions révélées peuvent-elles admettre en leur sein les questionnements des philosophes, ces esprits libres qui placent la recherche de la vérité avant les préjugés et les conformismes ? Selon Souleymane Bachir Diagne, cette présence est non seulement possible mais souhaitable, et l'islam ne fait pas exception puisqu'il a connu durant son histoire, au plus haut point, cette ouverture de pensée : voilà ce que souligne, avec force, cet essai limpide.C'est en repérant, dès la mort de Mohammed, la présence de certaines questions d'ordre philosophique liées à sa succession, que l'auteur rappelle la place qu'a occupée la philosophie tout au long des siècles, à la fois par les contacts avec d'autres pensées au fil des siècles (Plotin, Platon, Aristote, Nietzsche, Bergson...), et à travers des penseurs essentiels comme Avicenne, Averroès, Ghazali. Il mène aussi une réflexion personnelle sur le mouvement d'ouverture de l'islam, dans ses dimensions contemporaines et ses aspects politiques futurs. Penser le Coran à l'intérieur du mouvement de la vie lui apparaît comme une nécessité.Alors que s'intensifient les risques de conflit et les tentations de repli, Souleymane Bachir Diagne donne, avec cet ouvrage, une leçon d'espérance et de raison..En 2010, le Nouvel Observateur a inclus Souleymane Bachir Diagne parmi les 50 penseurs de notre temps.

  • Partant de ce fait que la philosophie africaine connaît aujourd'hui un important développement et fait l'objet de nombreuses publications, l'auteur examine le champ de questions et l'espace de débat que constitue l'activité philosophique en Afrique pour présenter ici à la fois un « précis » de cette activité et un exposé de ses propres réflexions sur les thèmes les plus importants autour desquels elle s'organise . L'on peut considérer en effet, constate-t-il, que pour l'essentiel quatre grandes questions constituent les enjeux majeurs de la réflexion philosophique africaine : premièrement celle de l'ontologie en relation avec les religions et l'esthétique, deuxièmement celle du temps - plus particulièrement de l'avenir et de la prospective -, troisièmement celle de l'oralité et des implications de sa transcription/traduction, quatrièmement enfin celle, politique, des socialismes. Ces grandes questions posent aussi celle, fondamentale, et qui les traverse, des langues et de la traduction.

  • « Ce livre aurait pu avoir pour titre L'islam expliqué à ma filleule. Elsa, ma filleule, a été élevée dans une ignorance totale de la religion. Je la revois toute petite m'observant en train d'accomplir les gestes de la prière musulmane en psalmodiant des paroles en une langue obscure, et ne comprenant pas que je ne m'interrompe pas pour répondre à ses questions. Elsa est aujourd'hui une jeune femme à qui j'ai envie aussi d'expliquer, en ces temps où autour d'elle le mot "islam" est associé trop souvent à la violence et à la guerre, ce qu'avoir grandi dans cette religion et la vivre signifient pour moi. Lui expliquer ce que j'en ai appris de mon maître qui était d'abord mon père et ce que j'essaie d'en enseigner aujourd'hui, à mes enfants, à d'autres musulmans, mais aussi à mes étudiants de Columbia University, dans les séminaires académiques où je les initie à la lecture du Coran ou à la nature du mysticisme islamique appelé soufisme.

    Justement, l'ordre soufi dans lequel j'effectue le parcours qui est le mien, et qui s'appelle la Tijaniya, est, comme d'autres ordres confrériques, la méditation sur le modèle que constitue pour le musulman le prophète Mohammed et l'action de se réaliser soi-même en se conformant à ce modèle. Une prière qui est au cour de la Tijaniya dit du prophète "qu'il assiste la vérité par la vérité". Sous cette expression, j'explique à Elsa, autour de questions à propos du Coran, du soufisme, du pluralisme, de la tolérance, ce que mon expérience m'enseigne de cette vérité à laquelle l'on ne parvient que par ce qui est de même nature qu'elle. » L'itinéraire spirituel de Souleymane Bachir Diagne, philosophe et historien de la logique mathématique, penseur important de notre temps, un voyage en islam où la foi n'exclut pas la raison, où la croyance repose sur la tolérance. Une leçon d'humanisme.

  • L'islam est-il une religion différente des autres, arc-boutée sur un texte provenant directement de Dieu, une théologie éminemment politique qui tolère la violence ? Ou bien l'opinion dominante est-elle tout simplement devenue islamophobe, incapable de voir dans cette tradition religieuse la rationalité, la spiritualité et la liberté de penser et de pratiquer qui s'y trouvent ?
    Opposés sur presque tous ces points, Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne discutent les extraits du Coran qu'ils connaissent tous deux en arabe, l'histoire de l'expansion de l'islam et son entrée dans la modernité. Ils n'éludent aucune question, de l'islamisme à la place des femmes, en passant par la question du djihad et le rapport aux autres religions.
    Un débat au sommet, érudit et vivant, sur le sujet le plus polémique de notre époque.

  • C'est dans la conjoncture de l'après Deuxième Guerre mondiale et de la conférence de Bandung (1955) qu'émerge le paradigme postcolonial, courant d'idées qui accompagne l'entrée sur la scène internationale des pays décolonisés dits du « Tiers Monde ». Dans leurs critiques de la domination occidentale, le ou les postcolonialisme(s) ont mis en avant la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation. Progressivement, une théorie plus radicale s'est imposée : la « pensée décoloniale », qui fait remonter à la découverte des Amériques, en 1492, la mise en oeuvre d'une nouvelle formule de domina¬tion sociale et d'exploitation économique, désormais indexée sur la notion de race.À partir de leurs itinéraires respectifs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne et l'anthropologue Jean-Loup Amselle dialoguent sur des questions cruciales qui engagent les rapports entre l'Afrique et l'Occident : l'universalisme, les spécificités culturelles et linguistiques africaines, le soufisme ouest-africain, le panafricanisme.Ces échanges reposent sur la conviction partagée que toutes les entreprises qui visent à établir une communication entre les différentes cultures humaines de notre planète sont salutaires, car elles permettront d'abattre les barrières réelles ou imaginaires qui fragmentent notre monde.

  • « Suis-je le gardien de mon frère ? » À partir de ce verset de l'Ancien Testament, cinq intellectuels interrogent tour à tour les rapports que l'être humain entretient avec ses semblables : une lecture plurielle consacrée à la solidarité et à la responsabilité, où se confrontent les interprétations des trois grandes religions monothéistes et de la philosophie contemporaine. Conçu à partir d'un événement organisé par la Villa Gillet dans le cadre du festival « Mode d'emploi », en novembre 2015, quelques jours après les attentats de Paris, ce livre propose une belle réflexion polyphonique.

  • Deux penseurs entrent en dialogue. Pour relever ensemble un même pari. Afin de dire symphoniquement le pourquoi et le comment de l'embrasement de la violence religieuse à l'échelle planétaire.
    Qu'en est-il du christianisme et de l'islam, de leurs théologies et de leurs histoires au regard de la philosophie, née en Grèce ? La rencontre, nouée au Moyen Âge, est-elle devenue impossible aujourd'hui ? Comment peut-on et doit-on philosopher en islam et en christianisme pour le bénéfice d'une mutuelle compréhension ? Une religion sans philosophie ne risque-t-elle pas l'irrationalisme jusqu'au fanatisme ? Une philosophie sans religion ne risque-t-elle pas le rationalisme jusqu'à l'aveuglement ?
    Pour lutter contre ces deux écueils et transcender l'affrontement des croyances, ces deux philosophes de renom et de la même génération, l'un catholique, l'autre musulman, Philippe Capelle-Dumont et Souleymane Bachir Diagne, nous font partager ici leur science, leur passion et leur appel à la paix, sous la houlette de Damien Le Guay, lui-même philosophe, attentif aux signes du temps présent.
    Un livre pour apprendre et enfin savoir. Un vibrant plaidoyer contre la tentation identitaire et conflictuelle.
    Un ouvrage salutaire à lire, à méditer et à transmettre.

    Philippe Capelle-Dumont enseigne à l'université de Strasbourg et à l'Institut catholique de Paris. Souleymane Bachir Diagne enseigne à l'université de Columbia, à New York. Chacun d'eux est l'auteur d'une oeuvre fondamentale reconnue internationalement. L'essayiste Damien Le Guay a animé et recueilli leurs entretiens.

  • Religion et ritualité Nouv.

    Religion et ritualité réunit des contributions présentées lors du quatrième congrès de la Société francophone de philosophie de la religion organisé à l'université Columbia (New York), en septembre 2019. En ce temps où, comme dit Charles Taylor, la religion est de plus en plus une option parmi celles qui s'offrent au libre choix de l'individu, il se manifeste chez beaucoup une attirance pour une spiritualité dégagée de tout rituel, ne se soutenant que d'elle-même. Croisant ici diverses approches de la ritualité, pensée comme rythme, gestualité, esthétique, performativité, ou encore exode, ces différents essais proposent des réponses à cette notion moderne d'un religieux sans religion.

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