Acratie

  • Où va le féminisme ?

    Vanina

    • Acratie
    • 2 Juillet 2020

    « Pas de révolution sociale sans libération des femmes, pas de libération des femmes sans révolution sociale ! » Dans l´après-68, on cherchait un changement radical de société par la lutte des classes et la lutte contre la domination masculine. Mais la fin des Trente Glorieuses et du bloc soviétique, la propagande « libérale » et le postmodernisme ont fait oublier le désir de révolution. L´Université s´est emparée des questions du genre et des minorités. Le féminisme a évolué vers une demande d´intégration émanant surtout de femmes des classes moyennes et supérieures - et passant par la suppression des inégalités salariales avec les hommes et par une répression accrue des violences masculines. L´exploitation de classe a été reléguée derrière une foule d´oppressions à déconstruire individuellement dans la société existante. S´émanciper du système capitaliste et patriarcal implique pourtant toujours de concrétiser ce projet collectif : la révolution sociale !

  • La crise sanitaire et économique actuelle s'inscrit dans une longue succession de catastrophes. Tout indique que cela va continuer tant que durera le règne des possédants. Ce règne s'appuie sur la contrainte imposée à l'immense majorité des personnes vivant sur cette planète de n'exister que comme des marchandises à vendre. Et l'existence de la plupart des gens n'a donc de valeur qu'en tant que marchandise.
    Le livre s'ouvre sur un récit-analyse du mouvement des Gilets jaunes, prélude à une réflexion plus générale sur le cycle international actuel. La deuxième partie dresse un tableau des transformations rapides des Etats et des démocraties dans ce contexte de crise économique, pandémique, sociale. La dernière partie s'arrête sur le bilan des soulèvements récents afin de questionner les possibilités révolutionnaires ouvertes.

  • Ce sont plusieurs milliers d'internationalistes de toutes nationalités qui partirent combattre les islamistes de Daech dans le nord de la Syrie, au Rojava, aux côtés des forces révolutionnaires Kurdes. L'auteur de ce livre, un français, fut l'un d'entre eux. Ce qu'il raconte de son expérience pendant les années de guerre est toujours mis en relation avec la géopolitique de cette partie du Moyen-Orient dont il est un fin connaisseur.
    L'ouvrage est un plaidoyer pour le Rojava. Un Rojava qui, malgré l'hostilité déclarée des Etats de la région et bien au-delà, tente de construire une organisation sociale basée sur l'égalité, en particulier entre les hommes et les femmes.
    Il ne s'agit pas de l'analyse froide et distante d'un universitaire « neutre » ou aux motivations cachées : il a combattu dans les YPG par le passé, et est solidaire du projet politique basé sur le municipalisme libertaire. C'est de ce point de vue que ces textes ont été écrits. Pourtant, prendre parti n'est en rien pour lui synonyme d'aveuglement, et il se tient à distance de tous ceux pour qui un soutien signifierait inconditionnalité et récit hagiographique. Il s'en prend également , et avec preuves et témoignages à l'appui, à un certain nombre de mensonges répandus, en particulier par le gouvernement turc mais aussi par les grande puissance impérialistes et une certaine presse, tendant à faire passer l'expérience sociale kurde pour une infâme dictature.
    L'objectivité n'exclut en rien le positionnement politique ; elle en est la condition.

  • Au cours des années 70, les femmes en mouvement ont ébranlé les fondements de la société française en luttant pour arracher au pouvoir le droit à disposer de leur corps. Car, ce faisant, elles ont contesté le rôle de l'idéologie et des institutions patriarcales - l'Etat (avec l'école, la justice, l'armée) et l'Eglise, mais aussi le couple et la famille - dans la division sexuelle du travail. Malheureusement, la parole féministe s'est ensuite réduite peu à peu aux espaces d'universitaires travaillant sur le genre et de quelques groupes militants.
    Jusqu'à l'automne dernier, où une forte protestation contre le harcèlement sexuel que subissent au quotidien les femmes dans leur activité professionnelle et dans la rue est partie des Etats-Unis pour se propager en France par le biais des médias et des réseaux sociaux, replaçant sur le devant de la scène la question de la domination masculine.
    On a notamment pu constater que cette dénonciation n'était pas portée par une mobilisation militante sur des mots d'ordre précis, mais traduisait un ras-le-bol des agressions sexuelles et sexistes exprimé de façon spontanée. Et qu'elle était centrée sur les agressions dans l'espace public - un choix a priori étonnant, puisque c'est dans l'espace privé que se déroulent pour la plupart les actes les plus graves (les viols et les « féminicides »)...
    Ce livre tente de préciser, à sa modeste mesure, ce qui se joue aujourd'hui sur le plan social dans les pays occidentaux : la revendication, émanant surtout de femmes appartenant aux classes moyennes et supérieures, d'une meilleure intégration dans la société existante - par l'obtention d'une égalité salariale avec les hommes et par une répression accentuée des violences sexuelles. Mais ce livre défend un point de vue opposé : s'il faut bien sûr combattre toutes les discriminations et toutes les violences, il ne faut pas oublier que celles-ci découlent des rôles sociaux imposés dès la naissance aux deux sexes par le système patriarcal, pour le plus grand profit du système capitaliste. Et donc viser la disparition de l'oppression féminine et de l'exploitation économique plutôt que leur renforcement.

  • Paru en 1973 cet ouvrage qui fit scandale scelle l'irruption de l'homosexualité dans la société française. Très vite interdit et détruit pour atteinte aux bonnes moeurs il est devenu un marqueur incontournable dans l'histoire des luttes homosexuelles. A la fois document historique et élément de réflexion pour le présent il donne un éclairage sur ce que peut être une affirmation homosexuelle qui ne se coule pas dans le moule des conventions sociales dominantes.

    Des homosexuel/les mettent en question toutes les formes de production désirante. Le temps est révolu de ces génies homosexuels qui s'employaient à séparer et à détourner leur création de leur homosexualité, s'efforçant de masquer que la racine même de leur élan créateur s'originait dans leur rupture sexuelle avec l'ordre établi.

    Mai 1968 nous a appris à lire sur les murs et depuis, on a commencé à déchiffrer les graffitis dans les prisons, les asiles et aujourd'hui dans les pissotières. C'est tout un « nouvel esprit scientifique » qui est à refaire !

    Un collectif d'homosexuel-les s'interroge ici sur la drague, la masturbation, les travestis, le scoutisme, les jardins, les mouvements militants.



    Participèrent notamment : Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean Genet, Felix Guattari, Daniel Guérin, Guy Hocquenghem, Jean-Paul Sartre, J.-J. Lebel.

    Préface de la nouvelle édition : J.-J. Lebel et J.-P. Duteuil

  • La Bande de Gaza n'est pas située sur la Lune. Elle commence à 60 Km de Tel-Aviv, la ville occidentale, vitrine de l'occupant. Qui se soucie des deux millions de Palestinien- ne-s enfermé-e-s depuis 10 ans sur un minuscule territoire ? Pas la grande majorité des médias qui ignorent la bande de Gaza et contribuent souvent à la diffamer : « terroristes », « intégristes », « liste noire » ...

    Comment est-il possible qu'après 3 grands massacres (Plomb Durci 2008-9, Piliers de la Défense 2012, Bordure Protectrice 2014) qui ont tué plus de 4000 personnes, en ont laissé handicapées plusieurs milliers, ont rendu inhabitables des quartiers ou des villages en provoquant l'exode de toute la population et ont pulvérisé en priorité l'appareil productif pour tenter de transformer définitivement les Gazaouis en assistés, tout continue comme avant ? Le blocus de Gaza est un crime ignoble. Gaza est une société normale dans une situation totalement anormale.
    Nous avons pu séjourner à Gaza du 23 mai au 9 juin 2016 dans le cadre de la deuxième mission « Éducation et partage solidaire ». Notre tâche essentielle a été de recueillir un maximum d'informations et de témoignages dans tous les domaines : la vie quotidienne, les associations, les partis politiques, la religion, les agriculteurs, les pêcheurs, la société civile, la jeunesse, les Bédouins, le système éducatif... Auprès de nos amis proches, nous avons recensé les besoins les plus urgents en matière de collaboration ou de solidarité.

  • Les « syndicats contre la révolution » forment un tout composite constitué d'articles du plus radical des surréalistes, Benjamin Péret, parus dans Le Libertaire, en 1952, et d'un important envoi critique de Georges Munis écrit en 1960 après sa sortie de prison, en Espagne, où il avait été arrêté pour ses activités révolutionnaires clandestines. Le tout empruntant le titre d'un des articles de Péret.

    Le « Déhonneur des poètes» , un classique écrit à Mexico en 1945 est une riposte cinglante à l'infâme anthologie patriotarde et bien pensante intitulée L'Honneur des poètes, publiée clandestinement en 1943 sous l'égide de Pierre Seghers et de Paul Eluard. «L'honneur de ces «poètes» consiste à cesser d'être des poètes pour devenir des agents de publicité. [...] La poésie n'a pas à intervenir dans le débat autrement que par son action propre, par sa signification culturelle même, quitte aux poètes à participer en tant que révolutionnaires à la déroute de l'adversaire nazi par des méthodes révolutionnaires» résume en substance Péret.

    Publier dans le même livre Le déshonneur des poètes et Les syndicats contre la révolution, c'est affirmer haut et fort qu'il n'y a pas deux Péret : le poète et le révolutionnaire.

    « Comme poète, Benjamin Péret est parmi les premiers surréalistes, comme révolutionnaire, parmi les premiers communistes?; révolutionnaire il était le contraire d'un politicien, poète l'opposé d'un littérateur !» a dit de lui G.Munis.

    Et de fait, les deux textes intitulés Les syndicats contre la révolution sont le fruit d'un travail et d'un échange entre deux hommes qui participèrent ensemble à bien des combats contre les horreurs de ce milieu du XXe siècle : les guerres, le fascisme, le stalinisme, le colonialisme et les impostures réformistes et social-démocrates.

    Il ne saurait exister de pensée et/ou de poésie révolutionnaires dignes de ce nom qui n'aillent à contre-courant de toutes les idéologies dominantes et idées reçues.

  • Ce livre ne plaira pas aux sionistes. Il nomme ce qui est à l'oeuvre : occupation, colonisation, racisme, apartheid, crimes de guerre et contre l'humanité. Il conteste aux sionistes le droit de parler au nom des juifs. Il démonte le « roman national » qui justifie le nettoyage ethnique de 1948. Il refuse cette manipulation de l'histoire, de la mémoire et des identités juives. Il qualifie d'obscène l'instrumentalisation de l'antisémitisme par les soutiens d'un gouvernement qui est aujourd'hui clairement d'extrême droite. Il ne plaira pas non plus à ceux qui pensent que la seule issue est que les Israéliens disparaissent. On ne répare pas un nettoyage ethnique par un autre nettoyage. Il ne plaira aux nostalgiques des « deux États vivant côte à côte ». Les accords d'Oslo ont été une illusion permettant à la politique coloniale d'avancer sans obstacle. Il dit que face à l'apartheid, soutenir les droits des Palestiniens est l'affaire de toute l'humanité pour un monde égalitaire et solidaire.

  • L'ensemble des ouvrages parus sur mai 68 s'accordent pour souligner l'importance de ce qui s'est passé à l'université de Nanterre au cours des mois et des années qui ont précédé les événements à proprement dits. L'occupation du bâtiment des filles à la cité-U pour la libre circulation ; l'altercation entre Cohn-Bendit et le ministre de la jeunesse et des sports, François Missoffe ; L'occupation de la tour administrative le soir du 22 mars 1968.

  • L'objectif de cet ouvrage est de comprendre pourquoi l'extreme droite a fait ces dernieres annees un tonitruant retour au premier plan de la scène politique en Europe et particulierement en France. Sa dynamique est-elle similaire au fascisme des annees 1930 ? Apres avoir etudié le fascisme historique, nous proposons d'analyser son renouveau ideologique, ainsi que son rapport au localisme et a l'international.
    Dans une perspective de synthese, avec un langage simple et claire, cet ouvrage entend offrir une analyse materialiste pensant en termes de classes sociales le nationalisme et l'extreme droite.

  • Le sionisme en questions

    Pierre Stambul

    • Acratie
    • 29 Septembre 2014

    La guerre qu'Israël mène contre le peuple palestinien avec son cortège de nettoyages ethniques et de crimes de guerre n'a commencé ni en 1967, ni même en 1948. Elle remonte au début du XXe siècle quand les sionistes ont commencé leur conquête coloniale. Les « solutions » comme les accords d'Oslo qui ont voulu éviter d'aborder les questions vives (occupation, colonisation, apartheid, racisme .) ont définitivement échoué. Il est clair aujourd'hui qu'il s'agissait alors d'une grande illusion.

    La question du sionisme est centrale comme l'était celle de l'apartheid quand il a fallu imaginer un autre avenir pour l'Afrique du Sud.

    Le sionisme est à la fois une fausse réponse à l'antisémitisme, un nationalisme, un colonialisme et une manipulation de l'histoire, de la mémoire et des identités juives. Il est aussi une idéologie prétendant transformer les anciens parias de l'Europe jugés inassimilables en colons européens en Asie.

    Parce qu'il a gommé les différences idéologiques, le sionisme a abouti au gouvernement de type OAS qui gouverne aujourd'hui Israël.

    Cette idéologie n'est pas seulement criminelle pour les Palestiniens, elle n'offre aucune issue pour les Juifs qu'elle met sciemment en danger et qu'elle voudrait pousser à être traitres ou complices.

    Sans dépassement ou rupture avec le sionisme, aucune paix juste n'est envisageable.

  • Aujourd'hui, il ne s'agit plus de faire la guerre a` une loi mais aux patrons. Malgre´ les ge´ne´rations qu'il a forme´es aux masques de plonge´e et au caillassage, le mouvement contre la loi Travail laisse devant lui un boulevard aux attaques capitalistes.
    Apre`s la petite guerre de mouvement dans la rue, c'est au tour de la guerre de position.
    Une guerre de position dans laquelle on ne pourra pas se laisser enfermer.
    C'est a`nous d'imaginer la suite, le champ est libre.

  • En 2016, le nombre des travailleurs migrants ayant quitté la campagne pour être embauchés en ville, le plus souvent dans une précarité semi-légale, était estimé à 281 millions. Ce phénomène a été le plus fort dans le Delta de la Rivière des Perles (Guangdong) dont l'industrialisation a été le terreau de luttes ouvrières, y compris dans les usines les plus modernes de l' « atelier du monde ».
    Ce sont ces luttes qui sont le sujet de Chine en grève, recueil d'entretiens avec des ouvrières et des ouvriers relatant leurs luttes entre 2002 et 2010.
    La parole est prise par ceux qui luttent dans un décor dantesque et dont la compréhension de leur condition s'élabore collectivement. Comment est organisée l'usine, quelles sont les périodes les plus favorables pour désorganiser la production, comment minimiser les effets de la répression, voilà entre autres choses ce qu'apprennent les ouvriers à l'école pratique de la lutte autonome.
    Les auteurs s'informent dans chaque entretien de la composition de classe des différentes usines, de l'organisation des ateliers, des salaires pratiqués, des marchandises produites, de l'origine des capitaux et de la direction. Ceci est l'occasion pour les ouvriers de formaliser leurs réflexions sur leurs luttes et sur le système de production en partant de la réalité de l'usine. Au lecteur, l'assemblage des différents récits permet de se familiariser avec une réalité ouvrière diverse loin des images d'Épinal. Les témoignages de ces prolétaires qui ont compris, à l'autre bout du mone, qu'ils ne devaient compter que sur leurs propres forces sont une bouffée d'air frais pour les tenants de l'autonomie ouvrière.

  • De la fin du XIXe siècle au génocide, les bourgades juives d'Europe orientale sont frappées de plein fouet par la modernisation industrielle, l'explosion de l'antisémitisme et l'émigration (4 millions de Juifs fuient vers l'Europe de l'Ouest et l'Amérique). C'est dans ce contexte qu'est fondé à Vilnius, en 1897, le BUND, UNION GÉNÉRALE JUIVE DES TRAVAILLEURS DE LITUANIE, DE POLOGNE ET DE RUSSIE. Social-démocrate, le Bund est combattu par les communistes bolcheviques et ses cadres seront éliminés sous Staline. Partisan de la doïkeyt (en yiddish l'«icitude», c'est-à-dire le refus de fuir) et d'une autonomie culturelle en Russie et en Pologne, le Bund s'oppose à l'émigration et à l'implantation juives en Palestine prônées par les militants sionistes. Ce puissant mouvement politique n'a pas survécu à l'extermination de sa base sociale par l'Allemagne nazie et ses alliés.

  • Trois quarts de siècle se sont écoulés depuis ce jour de février 1939 où un jeune adolescent se voyait contraint de franchir les Pyrénées pour chercher refuge en France.

    Ilfallaitcertainementunsacrécouragepour prêterappui aux fugitifs dans la France de Vichy quand on n'a que 16 ou 17 ans, ou pour rejoindre le maquis sous le nom de guerre de « Robert Sans » quand on est à peine plus âgé, ou encore pour pénétrer en Espagne, peu après, l'arme au poing avec un commando qui essuya lefeux des forces franquistes. C'est encore du courage dont il faudra faire preuve pour s'engager dans la lutte antifranquiste au cours des années soixante quand les jeunes libertaires de la FIJL entreprirent un harcèlement direct de la dictature, ou pour traverser maintes fois la frontière espagnole dans les années soixante-dix afin de « faire passer » des camarades qui fuyaient la répression. L'une des qualités des récits de vie, tels que celui que nous offre Melich, est qu'ils nous permettent d'accéder à des ré lités sociales qui échappent généralement au regard des historiens de profession même lorsque ceux-ci s'écartent de « la grande histoire » et s'intéressent à celle des mentalités ou des modes de vie.

  • Population parlant une langue issue du latin, qui évolue au carrefour des mondes grec, albanais et slave, et qui fut longtemps marquée par le nomadisme pastoral, les Aroumains représentent de nos jours un véritable casse-tête identitaire qui court-circuite la logique des États nations balkaniques. Leur histoire et un éclairage anthropologique, géographique et linguistique de leur particularisme.
    « Barbares de l'intérieur » aux yeux des Byzantins puis interlocuteurs respectés des Ottomans, les Aroumains se sont retrouvés en bien mauvaise posture dans la compétition nationale initiée au milieu du xixe siècle. L'aventure nationale que certains ont tentée avec l'appui de la lointaine Roumanie à partir de 1864 fera long feu. Entrés tard dans l'histoire, puisque leur présence est attestée pour la première fois en 984, ils en sortiront brusquement en 1913, lors de la partition de la Turquie européenne.
    Mais leur histoire ne s'arrête pas là. En effet, cette vieille population balkanique revient à la fin des années 1980 sur le devant de la scène à travers des revendications culturelles et linguistiques. Les résultats obtenus depuis sont cependant trop modestes pour être concluants. Plutôt que de dresser la chronique d'une défaite annoncée, le livre consacré par N. Trifon au parcours des Aroumains dans l'histoire commune des Balkans cherchent à établir la généalogie d'un défi. Ces communautés, qui se sont singularisées dans la région par leur langue et leur profil socio-économique, leur mobilité et leur dynamisme, n'ont pourtant guère cherché à se fondre dans une nation à part. Plus étrange encore dans le contexte balkanique, leurs membres n'ont pas hésité à investir les nations des autres sans pour autant renoncer à cultiver leur différence. Et, de nos jours encore, cette différence dérange en raison du casse-tête identitaire qu'elle alimente.
    Cet ouvrage est une réédition revue et augmentée de celui paru en 2005 aux Éditions Acratie.

  • " Plus de quatre-vingt-dix pour cent du trafic mondial de marchandises s'effectue sur les mers..." A l'heure où ils caressent l'espoir d'une croissance adossée aux "marchés verts", les capitalistes entendent faire de l'espace maritime leur nouvel alibi écologique.
    En Europe, l'engorgement des voies rapides ralentit les flux de marchandises et engloutit une part de la plus-value. A eux seuls les prochains couloirs à grande vitesse ne suffiront pas à combler ce manque à gagner. A fortiori quand les populations des régions concernées comme les salariés impliqués dans ces projets en ont déjà saisi l'imposture. De multiples actions de résistance se font jour au fil de ces tracés, que ces derniers soient hypothétiques ou avérés.
    C'est donc vers la mer, redevenue un territoire à conquérir, que se tournent aujourd'hui les instances de l'Union européenne. La commission de Bruxelles présente les autoroutes de la mer et autres bateaux à grande vitesse comme les prochains outils d'un " transport écologique au service du développement durable ". Mais, par-delà les annonces, que dissimulent en réalité ces projets auxquels souscrivent avec enthousiasme nombre d'écologistes officiels ? C'est ce que les auteurs de ce texte ont tenté de comprendre, en parlant du doigt quelques-unes des fausses alternatives et des vraies illusions particulières à la période qui s'ouvre devant nous.

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