Littérature générale

  • Dans un jardin un peu à l'abandon, fleurs et mauvaises herbes vivent tant bien que mal ensemble. Arrive Pissenlit et voilà un envahisseur de trop. Rose, se targuant d'être la fleur la plus belle du jardin, l'accueille avec mépris et lui demande de déguerpir. A ses yeux et à ceux des autres fleurs, les herbes comme Pissenlit ne peuvent être que mauvaises.
    Comment va réagir Pissenlit ? Que vont faire les autres herbes face aux menaces de Rose et des fleurs ?

  • Dans ce petit bar, tenu par Maurice l'ancien taulard, debout derrière son comptoir, torchon sur l'épaule du matin au soir, on se demande c'que peut entendre le type au taxiphone entre la musique crachotante qui sort du vieil électrophone, et les conférences pathétiques du vieux Georges sur la politique, les rouges qui viendront tout changer, surtout ceux qui coulent dans l'gosier. Dans un coin, y'a la vieille Marlène qui permet de cracher sa haine. Les soirs de paye, c'est l'défilé entre prolétaires du quartier, sauf le Lulu qui aime pas bien ça, qui préfère rentrer chez soi. Il paraît d'après l'gros Dédé qu'il serait un p'tit peu pédé. Après, c'est l'heure de la tournée, histoire de se rincer l'gosier, Lulu qui revient pour trinquer à la santé de l'amitié, à la santé d'un tas d'conneries qui les mènent bien après minuit. Chanter ce qu'ils ont sur le bide et s'embrasser les yeux humides.


    1981. la gauche arrive au pouvoir. Deux ans d'espoir, de fêtes et puis le désenchantement qui s'installe. Quelque part dans un quartier d'une ville de bord de mer, le bar de Maurice. Les habitués viennent y cracher leurs désillusions et se fondre dans l'atmosphère chaleureuse. Tous ont appris à nager, mais voilà que maintenant ils n'arrivent plus à maintenir la tête hors de l'eau. des oubliés de l'Histoire sur lesquels l'auteur porte un regard bienveillant mais lucide.

  • Les personnages de ce livre tentent, pour le meilleur et pour le pire, de partager ce petit bout de planète qu'on appelle la terre. Ils n'ont pas toujours de papiers, et pourtant ils existent, et se croisent.

  • Je ne me suis rendu compte de son existence que lorsque je l'ai vu, un midi, au milieu du carrefour près de l'usine, alors que je m'apprêtais à aller bosser.
    Il était au centre du trafic, frôlé de près par des camions plus ou moins gros, plus ou moins rapides, en train de s'escrimer à soulever une plaque de taule et à la replacer dans un caddie duquel elle était tombée. je ne sais pas pourquoi, je ne l'avais jamais vu auparavant. peut-être a-t-il toujours fait partie des fantômes que nous croisons sans voir lorsque nous quittons rapidement l'usine et traversons ce qui s'appelle le vieux bourg.
    Depuis, c'est comme si je ne voyais plus que lui. sans doute parce que sa pauvreté et les galères qu'il doit supporter accentuent ma culpabilité à ne rien faire pour lui. mais aussi parce que sa présence me montre du doigt ce vieux bourg qui jouxte l'usine et que je ne voyais plus. je n'y prêtais plus attention, parce qu'il faisait partie du quotidien et de l'usine même. pourtant, le vieux bourg est là, et encore là.

  • Tais-toi !

    Amélie Billon

    A l'époque de l'enfant roi, on ne s'occupe pas des désirs de l'autre. Chacun vit sa vie sous le même toit et aucune communication n'est possible. Une petite fille cherche par tous les moyens à attirer l'attention de ses parents ainsi que des adultes en général et à entamer le dialogue. Elle se met à sauter, à bouger puis, au vu du peu de résultat, se tait, sans plus de succès. Sa souffrance s'exprime enfin par un grand cri que ses parents ne comprennent pas mais qui la libère.
    Gaëlle Boulanger a choisi de représenter une enfant affublée d'un costume de petit soldat tel que ses parents veulent la voir. Elle utilise le concept de "cadre", au sens propre comme au figuré, pour montrer le bouillonnement intérieur de l'enfant.

  • Dans ce roman, Thierry Périssé raconte l'histoire d'Olivia, une femme issue d'un milieu populaire. Vivant avec un homme dont elle a deux enfants et qui ne la comprend pas, elle se débat dans les affres de l'humiliation et fait tout pour s'en sortir. Sa rencontre avec Pierre, dessinateur, lui ouvre des horizons qu'elle n'imaginait pas.

  • Poings de suture

    Michel Lecorre

    Thomas entretient une amitié sincère avec Aïcha, son ancienne professeure de lettres, mais il est loin de se douter que cette relation a blessé, année après année, Bilal, son fils unique. Alors, entre les deux jeunes gens de dix-sept ans, un lent processus destructeur se met sournoisement en marche. L'arrivée soudaine d'un expatrié de Thaïlande, Torsten, bouleverse leur vie. Poings de suture est un roman pudique, dur, touchant, où les personnages se défient, puis se rapprochent à travers la boxe, la maladie et la mort.

  • Il était une fois Arsène.
    Arsène est un âne, non qu'il soit plus bête qu'un autre, mais c'est un âne, un vrai : oreilles, pattes, poils, queue. Et le reste.
    Tous les matins, il mène la charrette du laitier.
    Vie simple. Vie de labeur au fil monotone des jours. Ni gaieté, ni tristesse. La vie quoi !
    Cela aurait pu durer le temps que dure la vie d'un âne, si Arsène n'eut pas surpris un conciliabule entre son maître et un boucher de la cité voisine. Son maître, éméché, parlait haut ; nul besoin d'avoir de grandes oreilles pour l'entendre. A l'en croire, il voulait changer Arsène en saucisson. En saucisson d'âne.
    Pour Arsène, pas question de garnir l'assiette d'un quelconque quidam. Une vie d'honnête travail pour finir en saucisson ? Non ! Mille fois non ! S'enfuir, quitter ce monde ingrat, mais où aller ?
    Pourtant, sa décision est vite prise.
    Et voilà Arsène cheminant sur les routes de campagne en plein hiver se découvrant des amis qui finissent par le suivre dans son désir d'indépendance. Bientôt tous les animaux du pays, domestiques et sauvages, entament une véritable révolution : mettre un terme au joug des maîtres. Mais eux ne l'entendent pas de cette oreille. Une terrible guerre mondiale commence sous les yeux désolés d'Arsène. Jamais il n'aurait pensé que son acte libérateur mènerait le monde si loin. Les bêtes auront-elles le dessus ? Les hommes seront-ils tous contre elles ?

  • Il n'est pas encore né, que dans son crâne une " espèce de pâte grise " rayonne de manière extraordinaire.
    Son cerveau se développe alors sans tenir compte de l'évolution de son corps. Pourquoi ? Parce que neuf mois plus tôt il y a eu un petit boum dans la région. Rien d'officiel, rien d'alarmant. Un tout petit boum dans un tout petit tuyau dans une toute petite usine nucléaire d'un tout petit village des environs.
    Dès sa naissance, il comprend tout, perçoit tout. Il observe ses parents et le monde, en tire des conclusions sans concessions.
    Et pourtant, alors que la douleur le dévore, il cherche l'amour et l'absolu. Dans ce roman, Thierry Maricourt nous livre, à travers les mémoires de ce nouveau-né au QI exceptionnel, un réquisitoire poétique et philosophique contre notre société.

  • La famille Zépadbol et son quartier sont victimes d'une tragédie : la destruction des tours les unes après les autres au profit d'une rénovation urbaine qui exclut les plus pauvres.
    Quand il apprend que la Ville a un projet de grande ampleur pour son quartier, le père se réjouit. Mais très vite, c'est la désillusion. La mère, au moment de quitter l'immeuble, ressent un épouvantable déchirement car, comme pour toutes les mères au foyer, c'est son univers qui s'effondre. Nassim, le fils, aspire à autre chose, nais sait bien que le quartier, les potes et les habitudes sont ancrées dans sa vie.
    Alliant poésie, nostalgie, punch et humour, Fred Morisse nous rappelle que des liens se tissent malgré tout dans ces univers de béton.

empty