Langue française

  • Pierre Besnard (1886-1947) fut un anarchosyndicaliste infatigable. Cofondateur de la CGT-SR ainsi que de la branche française de la CNT, cet employé des chemins de fer s'acharna toute sa vie à faire entendre ses convictions. Refusant l'étatisation, il était néanmoins conscient de la nécessité d'organiser la société de demain.

    S'il est facile de détruire l'ancien monde, il est beaucoup moins aisé d'en imaginer un nouveau qui bannisse toute relation de pouvoir. Sans pour autant prétendre à la planification, Pierre Besnard s'essaye en 1934 à un exercice aussi délicat que nécessaire : proposer un modèle d'organisation pour une société anarchiste.

  • Tokyo, 1911. Une anarchiste écrit ses derniers mots dans une prison pour femme. Sugako Kanno (1881-1911), condamnée à mort avec vingt-quatre compagnons, nous laisse un témoignage vibrant entre nostalgie et espoir. Libre, féministe, anti-autoritaire, elle mène son combat dans un Japon qui ressert ses griffes sur le mouvement anarchiste.

    Plus qu'une découverte de ses textes, Aurélien Roulland nous fait voyager au côté de cette militante intrépide, entre les grands moments de sa vie et les désenchantements, toujours guidée par des convictions indéfectibles, même face à la mort.

  • L'ouvrage s'attache à deux individualités et à un événement collectif majeur qui, à distance, les a fait se rencontrer. Ni les personnalités de Rimbaud et d'Andrieu ne sont comparables - encore moins leur oeuvre et leur retentissement - ni leur rencontre ne reflète exactement l'importance de la Commune de Paris dans la longue histoire de l'émancipation humaine. L'examen de leurs relations, à la fois interpersonnelles et avec ce qui s'était déroulé sous leurs yeux ou s'y prolongeait encore, permet cependant de saisir quelques aspects méconnus, sinon ignorés, de ce moment révolutionnaire, ainsi que des mois et des années qui l'ont précédé et suivi.

  • Florence Belenfant propose ici la seconde édition de sa pièce de théâtre joyeuse et stimulante mettant en scène Louise Michel et un Zouave pontifical. La Commune de Paris dure depuis un mois et demi et subit déjà de graves revers militaires. Dans la nuit du 29 avril 1871, les fédérés assiégés évacuent le Fort d´Issy, l´un des points clefs de la défense de Paris. Quelques récalcitrants restent pour garder les lieux et les alentours. Dans une tranchée devant la gare de Clamart à quelques encablures de l´armée versaillaise, Louise Michel veille toute la nuit, seule avec un Zouave pontifical rallié à la Commune et qui était dans le même bataillon que Victorine Brocher. Il s´agit ici d´aborder la grande Histoire par le petit bout de la lorgnette. Cette fiction recrée la nuit de veille entre la mythique Louise Michel et le héros anonyme africain. Il fut l´un des étrangers morts pour défendre la Commune de Paris. Les paroles de Louise sont extraites de ses écrits.

  • Gabrielle Petit vécut de 1860 à 1952.
    Militante infatigable, conférencière reconnue et admirée en son temps, son nom est presque inconnu aujourd'hui, comme d'ailleurs celui de tant d'autres femmes, militantes féministes. Jean Maitron, dans son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, évoque l'engagement libertaire et féministe de Gabrielle Petit, cependant l'article n'est guère complet et on trouvera dans le texte de Madeleine Laude de quoi nourrir sa curiosité.
    Gabrielle Petit a dirigé le journal La Femme affranchie de 1904 à 1913, puis, une nouvelle fois, en 1930. Parmi les nombreux thèmes développés, La Femme affranchie a consacré quantité d'articles à la dénonciation de la prostitution. Gabrielle Petit est au rendez-vous du syndicalisme et du féminisme. Elle est dans l'histoire et les combats de son temps - et du nôtre -, car le combat pour l'" affranchissement " est toujours d'actualité.
    La place de la femme n'est-elle pas toujours et encore inférieure...

  • L'ouvrage de maurice rajsfus a pour qualité essentielle de dresser, à partir de ses activités répressives quotidiennes, le portrait type du policier français.
    Pour faire respecter " l'ordre ", ce dernier se doit avant tout d'être craint. donc, d'être violent et d'employer un langage vulgaire. son cousin germain, le gendarme mobile, a sa propre méthode pour faire peur à ses cibles potentielles : il se déguise en " robocop ". véritable " père fouettard " de l'ère moderne, pauvre vestige du fantasme d'un guerrier viril et dégagé de tout sentiment humain, il n'existe que pour punir.
    Bien à l'aise dans leur rôle répressif, les policiers et leurs aides ont dans le collimateur tous les individus qui croient à la liberté d'expression et à elle de circuler librement, bref d'exister. et malheureusement, dans beaucoup d'autres cas, le simple droit de survivre, pour les exclus que sont les sans-papiers, les sdf, les chômeurs et autres précaires. face à ces " agents du désordre ", les policiers ne respectent qu'un seul principe, le leur : celui du plus fort.
    Le policier n'a pas d'amis. pour lui, le civil est " forcément " suspect. aurait pu écrire marguerite duras...

  • Kropotkine, l'un des principaux théoriciens du mouvement libertaire, adopta, en 1916, une position de soutien à l'Union sacrée et signa un manifeste qualifié, à tort, de « Manifeste des Seize ». Ce ralliement de Kropotkine suscita un réel émoi dans le mouvement libertaire international, par tradition antimilitariste et opposé aux guerres. On s'est souvent interrogé sur les raisons du vieux révolutionnaire. Un siècle après le début de la guerre, il est temps de comprendre les raisons qui ont poussé l'anarchiste russe à faire ce choix.

  • Les nucléocrates ont trouvé la solution pour les déchets radioactifs : les enfouir et les refourguer aux générations futures. Pour sa poubelle nucléaire, l'État a choisi une région rurale en voie de désertification, pensant éviter ainsi toute résistance d'envergure. Mais paysans, habitants et soutiens extérieurs se sont insurgés. Ce livre retrace la lutte contre le projet Cigéo à Bure : quels sont les différents collectifs qui se coordonnent sur le terrain, rapporte de nombreux témoignages, montre les enjeux.

    Gagner à Bure, c'est contraindre la filière nucléaire à s'arrêter, l'État à reculer.

  • Sommes-nous jamais sortis de la barbarie ? Le Barbare moderne pourrait être comparé à ce mafieux qui a changé de manières mais sans modifier ses habitudes.
    La petit prédateur a pris de la hauteur. Il s'est investi en politique. Habitué à traiter avec férocité ceux qui, jadis, se risquaient à résister, notre Barbare contemporain ne peut toujours pas se départir de cette brutalité qui fait partie de sa nature profonde. Attitude nécessaire pour mieux terroriser les faibles d'esprit. Tout naturellement, le Barbare a fait des émules. On les trouve sur tous les chemins de traverse.
    Ils se manifestent sur le lieu de travail, estimant que l'exploitation rationnelle consentie est bien plus efficace que la simple résignation enseignée par les Eglises. Le Barbare est à nos portes. Il ne cesse de nous surveiller. Notre voisin est peut-être l'un de ces mercenaires qui n'a rien à refuser à la police. Avec la multiplication des bénévoles en répression, le Barbare en chef peut estimer avoir de beaux jours devant lui...

  • Anarphorismes

    Andersen Sven

    Le présent recueil est composé d'aphorismes libertaires ou maximes liberta-rationalistes, qui concernent en majorité l'éconophobie, la théophobie et la cléricophobie.

    " Ces phobies, des vérités révélées, m'inspirent énormément, un peu comme Joe Dalton est obsédé par le grand couillon de Lucky Luke. Nous, anarchistes, lutterons évidemment toujours contre l'art de (ne) guère rire, les esprits de sérieux et nous refuserons plus que jamais à servir de chair à canon, chair à boxon et chair à patron, selon une trilogie classique, notre trinité à nous. Pas besoin de conciles et d'excommunications pour ce faire. "

  • Qui était Kate Austin ? Pour la présenter on peut commencer par citer ce que disait d'elle Emma Goldman :

    " Ses écrits révélaient une penseuse logique, bien informée, à la fibre révolutionnaire, et ses lettres un être sensible et affectueux. Kate, la voix la plus audacieuse, la plus courageuse des femmes d'Amérique ! Elle aimait la vie, et son âme s'enflammait pour l'opprimé, le souffrant, et le pauvre. Sa mort a été la perte non seulement d'une camarade, mais aussi d'une amie précieuse. Kate n'était pas seulement l'anarchiste, la rebelle, la penseuse, l'écrivaine ; elle était pour moi une mère, une amie vers qui je pouvais aller trouver le repos et la paix lors que j'étais fatiguée et lasse des dures batailles. "

  • Ce livre identifie les enjeux intellectuels d'une nouvelle politique d'émancipation au XXIe siècle. L'auteur, anarchiste de fraîche date, s'inspire du patrimoine libertaire selon une approche iconoclaste, interrogeant tour à tour les auteurs critiques des XIXe et XXe siècles, avec la volonté de les actualiser et de les replacer dans les problémaiques actuelles : Proudhon, Stirner, Marx, Bakounine, Luxemburg, Dewey, Levinas, Guérin, Debord, Gorz, Chomsky, Bourdieu, Boltanski, Michéa, Holloway, Onfray, les auteurs de la décroissance ou ceux du post-anarchisme. L'ouvrage conclue sur une réflexion quant à l'actualité d'une Fédération anarchiste aujourd'hui.

  • Par ce titre Pérégrinations pédagogiques Hugues Lenoir tenait à rendre hommage à Flora Tristan qui publia le récit de son voyage au Pérou titré Pérégrinations d'une paria. Mais, il souhaite surtout rappeler que pour répandre ses idées socialistes et féministes, Flora s'engagea dans un tour de France à la rencontre des ouvriers et des ouvrières en 1843. Comme, elle, il poursuit son voyage en pédagogie émancipatrice. Il consacre la première partie de cet ouvrage à un précurseur des pédagogies modernes, disciple de Jean-Jacques Rousseau, Johann Heinrich Pestalozzi, auquel les pédagogues libertaires doivent (peut-être) quelques-unes de leurs idées.

    Il poursuit son chemin en brossant une rapide synthèse de l'émergence et de la permanence du souci d'éduquer que partagèrent les militants libertaires et leurs organisations, du milieu du XIXe siècle au premier tiers du XXe, durant la Révolution espagnole.

    Enfin, l'auteur poursuit sa promenade en éducation libertaire en analysant et commentant, avec un regard contemporain, la conférence donnée sur ce thème en 1900 par le militant anarchiste hollandais Ferdinand Domela Niewenhuis dont le texte est reproduit in extenso en fin d'ouvrage.

  • L'affaire est connue et tout le monde sait que les deux anarchistes électrocutés étaient innocents. Le rappel des faits ne constitue donc qu'une petite partie de l'ouvrage, qui s'attarde particulièrement sur le contexte politique, lequel explique nettement et le pourquoi des arrestations et la condamnation à la peine capitale. Le second texte, signé Ronald Creagh, analyse les tenants et les aboutissants d'un 'mythe' comparable aux Etats-Unis à l'affaire Dreyfus et dont le retentissement fut mondial. En effet, les livres sur l'affaire se sont multipliés, une chanson de Joan Baez fut hyper-populaire, etc. Sacco et Vanzetti furent finalement réhabilités par le gouverneur du Massachussetts (où eu lieu le procès) en 1977, soit 50 ans après leur exécution...

  • Dix ans déjà; dix ans seulement dix ans de révoltes, de combats et d'espoirs.
    Selon les cas, parfois mais trop euphorisants et la plus part du temps, si terrifiants et révoltants. luttes trop souvent abandonnées par la résignation, la lassitude et l'écrase du retour d'une droite pure et dur de l'ordre moral, de l'obscurantisme religieux de la prégnance du libéralisme et de l'absence d'utopies. un site juridique indique sur internet que depuis vingt ans, plus de 300 lois et décrets liberticides ont été prononcés, nos espaces de liberté n'ont fait que de jour enjour, s'amenuiser.
    Après ce tour d'horizon, il est difficile de rester optimistes. mais, fort de leur utopiste on sort de cet ouvrage, avec la conviction que les anarchistes-qui ne se sont jamais iassés dans le passé et ne se lasseront jamais dans l'avenir de se battre pour le droit de vivre dignement, de jouir et de choisire la société qu'ils et elles désirent continueront à le faire "joyeux et c'est pour ça que. sommes et resterons toujours debout ".

  • L'anarcho-syndicalisme n'est pas un mouvement sans doctrine.
    Il constitue dans une large mesure un retour aux principes bakouniniens. Force importante entre les deux guerres. sa disparition de la scène internationale n'est pas tant due à son incapacité à s'adapter à l'évolution de la société capitaliste qu'à son extermination physique par le fascisme et le stalinisme. La modernité fournit des atouts considérables au mouvement s'il se montre capable d'en tirer parti.
    Cela implique. là encore. l'exigence d'une réflexion nouvelle sur la notion de travail productif. qui ne peut plus se limiter aux critères élaborés par les penseurs socialistes du siècle dernier. et sur la fonction du travail dans la société d'aujourd'hui.

  • Dans Rita et Hilario, Yves Lopez rend un vibrant hommage à l'anarchisme de son père, combattant de la guerre d'Espagne (1936-1939), nous faisant vivre, grâce à un récit autobiographique empathique et attachant, l'exil de tant de compagnons et le destin de leur famille.

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