Littérature générale

  • Florence Belenfant propose ici la seconde édition de sa pièce de théâtre joyeuse et stimulante mettant en scène Louise Michel et un Zouave pontifical. La Commune de Paris dure depuis un mois et demi et subit déjà de graves revers militaires. Dans la nuit du 29 avril 1871, les fédérés assiégés évacuent le Fort d´Issy, l´un des points clefs de la défense de Paris. Quelques récalcitrants restent pour garder les lieux et les alentours. Dans une tranchée devant la gare de Clamart à quelques encablures de l´armée versaillaise, Louise Michel veille toute la nuit, seule avec un Zouave pontifical rallié à la Commune et qui était dans le même bataillon que Victorine Brocher. Il s´agit ici d´aborder la grande Histoire par le petit bout de la lorgnette. Cette fiction recrée la nuit de veille entre la mythique Louise Michel et le héros anonyme africain. Il fut l´un des étrangers morts pour défendre la Commune de Paris. Les paroles de Louise sont extraites de ses écrits.

  • Gabrielle Petit vécut de 1860 à 1952.
    Militante infatigable, conférencière reconnue et admirée en son temps, son nom est presque inconnu aujourd'hui, comme d'ailleurs celui de tant d'autres femmes, militantes féministes. Jean Maitron, dans son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, évoque l'engagement libertaire et féministe de Gabrielle Petit, cependant l'article n'est guère complet et on trouvera dans le texte de Madeleine Laude de quoi nourrir sa curiosité.
    Gabrielle Petit a dirigé le journal La Femme affranchie de 1904 à 1913, puis, une nouvelle fois, en 1930. Parmi les nombreux thèmes développés, La Femme affranchie a consacré quantité d'articles à la dénonciation de la prostitution. Gabrielle Petit est au rendez-vous du syndicalisme et du féminisme. Elle est dans l'histoire et les combats de son temps - et du nôtre -, car le combat pour l'" affranchissement " est toujours d'actualité.
    La place de la femme n'est-elle pas toujours et encore inférieure...

  • Dans Rita et Hilario, Yves Lopez rend un vibrant hommage à l'anarchisme de son père, combattant de la guerre d'Espagne (1936-1939), nous faisant vivre, grâce à un récit autobiographique empathique et attachant, l'exil de tant de compagnons et le destin de leur famille.

  • Ce roman est le journal d'un chômeur ordinaire, vivant dans une cité quelconque et galérant comme tout un chacun. Pas d'envolée lyrique mais un style décapant pour parler du quotidien des « jeunes des cités », comme on dit. Et puis, les galères, les embrouilles, les disparitions.
    Tout cela le temps d'une semaine dont le problème principal « c'est que quand c'est fini, ben ça recommence ».

    Le chagrin, que l'on appelle aussi le travail, est la toile de fond de ce roman rageur, à placer entre toutes les mains.

  • Patrick Schindler a choisi d'attaquer les clichés, les a priori, les fantasmes, voire les mensonges publiés au sujet du poète. Le but de cet essai est d'essayer de savoir pourquoi l'adolescent, qui rassemblait tous les ingrédients de l'anarchie, s'écarta de la lutte sociale, de l'amour et enfin de la poésie, pour plonger dans un individualisme itinérant. Si cette humble participation à son histoire pouvait donner aux êtres épris de liberté l'envie d'enfiler à leur tour ses souliers blessés, un pied près de leur coeur, afin de suivre Rimbaud sur ses traces remplies d'anarchie ! Qu'il les entraîne encore et toujours vers les affres les plus profonds de la création poétique, vers la jouissance, vers l'impossible, et qu'on laisse enfin le Rimbaud, qui voulait "définitivement devenir un autre", le rester ! Arthur Rimbaud, l'anarchiste inachevé, oui... Car, cent vingt ans plus tard, il remue encore !...

  • Douleurs subies par la population que ses pratiques de solidarité et de rébellion, porteuses d'espoirs. Ils reflètent les dangers qui menacent la planète :
    Totalitarisme économique, destruction de l'environnement, paupérisation... Surtout, ils laissent percevoir les frémissements d'une civilisation basée sur la négation de la société marchande : la culture indigène.
    Partout présente, dans les villages et les quartiers, dans les communautés zapatistes et l'Oaxaca, elle pratique la démocratie directe, les décisions au consensus, la communalité, qui renvoient les manoeuvres particiaires dans les poubelles de l'Histoire. L'ouvrage se termine par l'analyse du 2e congrès de l'Assemblée populaire des peuples de l'Oaxaca (AP.PO), où s'affrontèrent visions verticale et horizontale de cet extraordinaire mouvement social.
    La magnifique intervention des jeunes libertaires de VOCAL (Voix oaxéquègnes construisant l'autonomie et la liberté) illustre les espoirs en un "bouleversement social véritable et profond de notre société".

  • Il n'est pas rare que les dominants, ceux de la France d'en haut, puissent éprouver une joie malsaine lorsqu'ils imposent leur lourde supériorité à ceux qui seraient issus de la France dite d'en bas.
    C'est dans l'ordre des choses, estiment-ils, car il faut à la tête du pays, ou de l'entreprise, des êtres déterminés sans qui les diverses institutions ne pourraient fonctionner de façon cohérente. Combien de fois a-t-on pu entendre cette fausse vérité première : "L'exercice du pouvoir est solitaire !" En fait, ceux qui désirent affirmer leur domination n'ont que faire des avis et des conseils.
    Si les classes considérées comme inférieures pouvaient s'inquiéter de l'organisation de la cité, ce serait le monde à l'envers. Il est vrai que, dans l'esprit étroit des dominants, les décisions ne peuvent appartenir qu'à ceux qui auraient été formés à cette fin. Il n'est que temps d'en finir avec cette fatalité qui transforme les partageux en "damnés de la terre ". Après A vos ordres ? Jamais plus ! et L'Intelligence du barbare, Maurice Rajsfus nous offre ici le troisième et dernier volet de sa réflexion autour de la domination sociale.

  • ÊTRE gouverné c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, régle-menté, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est, sous prétexte d'utilité publique, et au nom de l'intérêt général, être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, contusionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu'il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République ! " Pierre-Joseph Proudhon, Idée générale de la révolution au XIXe siècle.

  • La majorité des femmes et des hommes ne sont pas des personnes prostituées, ni des prostitueurs ni des proxénètes.
    Cette brochure vise la prise de conscience que nous sommes toutes et tous " prostituables " : - toutes et tous, nous sommes potentiellement des proies pour les trafiquants de personnes humaines et pour les lobbys mafieux ; - toutes et tous, nous sommes potentiellement des cibles pour devenir des clients de la consommation de sexe, avec le manteau habile de l'argument de la libération sexuelle ; - toutes et tous, nous sommes à la fois des proies et des candidats à devenir marchands ou trafiquants, pour qui tout s'achète et tout se vend, pour qui tout est commerce juteux.
    Nous espérons que cette brochure contribuera à la construction de l'émancipation de toutes et de tous et à l'élaboration de la société sans domination à laquelle aspirent toutes et tous les anarchistes.

  • Dans une recherche, il faut pouvoir faire un tour de table et laisser toutes les opinions s'exprimer avant de tenter une synthèse...
    Pour amorcer un débat, il faut que chacun ait la possibilité de dire des bêtises avant d'approcher, dans l'élaboration collective, une part de vérité relative et momentanée...
    C'est un peu la démarche, le chemin que veut tracer cette nouvelle collection : Du charbon pour les braises - Réflexions croisées sur...
    Vous y lirez des textes qui vous exaspéreront et d'autres qui vous caresseront dans le sens du poil...
    En espérant que, sur la ligne d'arrivée, chacun y trouvera son miel. Nous commençons cette aventure par deux thèmes à la fois incontournables et inséparables : le travail et les retraites. De l'anarcho-syndicalisme de classe à la critique situationniste du rôle idéologique du travail salarié, vous y trouverez des réflexions antagonistes, polémiques, contradictoires, antinomiques, incompatibles... et complémentaires ! Ces brochures rassemblent plusieurs voix, plusieurs langues.
    Elles abordent la même problématique sous plusieurs angles. Elles ne prétendent pas à la Vérité. Elles ne proposent aucune solution miracle. Ce sont, avant tout, des outils de réflexion et de débats ; autant d'invitations à confronter un essentiel libertaire, et donc forcément pluraliste, à la complexité du réel. Aux lecteurs et à leurs organisations de s'en saisir, d'en tracer les synthèses et de les faire vivre au sein du mouvement social pour une société enfin débarrassée du pouvoir et de l'exploitation.

  • Texte est une relecture critique du Programme d'enseignement de l'association fraternelle des instituteurs et institutrices et professeurs socialistes de 1849. II se propose de faire émerger de ce « manifeste » fondateur quelques éléments qui viendront ultérieurement alimenter le discours et les pratiques pédagogiques des libertaires.
    Le second texte décrit une expérience contemporaine et locale d'éducation née à la marge de l'éducation populaire officielle, tout en s'inscrivant dans une tradition historique et sociale revendiquée, celle la Dionyversité ou université populaire de Saint-Denis (93). Elle se réclame d'un projet politique, social et éducationniste explicite, à visée émancipatrice, dans un cadre autonome se revendiquant clairement de la capacité politique des classes ouvrières.

  • Barcelone

    Miranda Caserio

    La rumeur enflait à mesure qu'il approchait de la Catalogne. L'euphorie collective aussi.
    L'acharnement et la fureur des résistants étaient tels que les jeunes recrues continentales se faisaient éventrer en tremblant. Le nombre et la technologie n'y faisaient rien. La puissance de la conviction était décisive. Les jeunes soldats se battaient pour un salaire, quelquefois par conviction molle. Les résistants se battaient pour la cause, jusqu'à la mort. Hier, un jeune homme de seize ans, ceinturé de dynamite, s'était fait explosé au milieu des lignes ennemies après s'être fait passé pour un infirmier.
    Aujourd'hui, c'était une femme qui avait surpris un soldat, couteau au poing et la rage dans les yeux. Au milieu d'un petit village, l'autre ne s'était pas méfié. Elle l'avait égorgé. Comme ses compagnons, elle savait que la Révolution ne se fait pas la fleur au fusil.

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