Retz

  • Cet essai, publié initialement en anglais et en italien est le prolongement de conférences données à l'université de Bologne durant le printemps 2000. Bruner étudie ici les usages cognitifs du récit. Non pas en tant que création littéraire et artistique, mais bien en tant que mode de pensée permettant de mettre en forme l'expérience humaine et de la transmettre comme culture, de donner du sens aux actions humaines, de les valoriser comme modèles ou contre-modèles... Pour développer son analyse, il passe en revue trois domaines où les récits occupent une place tout à fait centrale : la littérature (fiction et autobiographies), le droit et la vie quotidienne. Il émaille son propos de références puisées dans le patrimoine littéraire mondial et d'analyses de cas développées par la recherche en sciences humaines. La capacité de l'auteur à mobiliser des ressources savantes si différentes et à les mettre en résonance est tout à fait impressionnante. En interrogeant les formes et les usages du mode narratif, Bruner veut nous faire prendre conscience des dimensions culturelles de nos discours sur le monde, sur le passé ou l'avenir, sur les autres ou nous-mêmes. Il porte un nouveau regard, stimulant et profond, sur notre condition d'êtres éminemment culturels.

  • Dans cet ouvrage, Howard Gardner étudie la formation de la pensée chez l'enfant avant l'entrée à l'école, et les causes des difficultés de compréhension rencontrées lors de la scolarité, puis à l'âge adulte. Selon Gardner, l'évolution de l'enfant vers une pensée rationnelle, experte dans les champs de la pratique et du savoir, n'est pas un chemin rectiligne, comme on a pu le croire à la suite de Piaget.
    En réalité, l'enfant construit très précocement des "théories intuitives" sur le monde physique, le monde vivant, le monde des idées et des hommes. Acquises au contact de l'expérience, sans le soutien de l'école, ces théories sont profondément ancrées quelles que soient leur rationalité et leur valeur explicative. Mais, bien qu'elles comportent des erreurs de conception et des stéréotypes culturels, elles manifestent l'aptitude du tout jeune enfant à penser le monde, aussi bien qu'à parler ou à marcher.
    Et dans bien des situations de la vie courante, on constate que l'adulte raisonne encore comme s'il avait cinq ans... Si l'enseignant veut parvenir à remplacer ces formes précoces de compréhension, acquises avant l'école, par des formes disciplinaires plus scientifiques et opératoires, il importe : que la force de ces théories enfantines soit pleinement reconnue ; que des contextes d'apprentissage mettant en jeu l'expérience concrète de l'enfant soient promus dans et autour de l'école ; enfin, que les pédagogies de la coopération et du projet soient mises en oeuvre de façon renouvelée.
    Les institutions scolaires sont donc invitées à se réformer pour enseigner aux jeunes en mobilisant toute leur intelligence.

  • Ce livre propose une vision profondément renouvelée et stimulante d'une question à la fois classique et âprement discutée : l'apprentissage de la lecture. Sans rechigner à opérer les mises au point qui s'imposent, l'auteur ne veut pas ajouter à la controverse ; son intention est d'en saisir tous les fils pour mieux la dépasser. Il dégage les apports des trois grands courants de la recherche psycho-cognitive (psycholinguistique, psychologie cognitive et psychologie culturelle) et présente une synthèse inédite qui fait toujours référence en la matière. Il s'attache en particulier à identifier les processus de la lecture et les compétences psycho-cognitives mises en jeu par elle. Une carte des différents types de savoir-lire et des différents stades qui les caractérisent est ainsi dessinée : elle permet aux pédagogues de se repérer dans le maquis des facteurs déterminant l'apprentissage. Enfin, l'auteur s'appuie sur les résultats des recherches qu'il a menées pour dresser le portrait du bon apprenti lecteur et, par contraste, de l'apprenti lecteur « fragile ». D'une lecture aisée, ce livre s'adresse notamment aux enseignants et aux formateurs d'enseignements de l'école primaire, aux étudiants en master, aux enseignants spécialisés et aux psychologues scolaires, comme à toute personne intéressée par les enjeux de l'apprentissage de la lecture.

  • A travers ce livre, Jerome Bruner nous permet de l'accompagner dans l'observation des jeunes enfants qui apprennent à parler dans leur cadre familial. La clarté de son expression nous rend compréhensible un processus aussi complexe que l'acquisition du langage. Pour tous ceux qui souhaitent mieux comprendre comment et pourquoi le jeune enfant apprend à communiquer et à organiser sa représentation du monde, ce livre pionnier a apporté des éclaircissements fondamentaux qui ont bouleversé les idées reçues.

  • On croit souvent que les enfants apprennent à parler vers 18 mois, quand ils prononcent leurs premiers mots. Mais les recherches en psychologie montrent que l'acquisition du langage débute bien plus tôt Des études expérimentales sur le foetus ont montré que, dans le ventre de sa mère, l'enfant reconnaît déjà sa voix. Il parvient même à discerner les caractéristiques de sa langue maternelle. Dans les premiers mois après la naissance, le bébé va apprendre à discriminer la prosodie, puis les séquences importantes d'une phrase (syllabes mots, intonations pertinentes). De nombreux éléments se mettent en place avant qu'il ne se mette à parler vraiment. Ce livre est le fruit d'une collaboration entre une psycholinguiste éminente et sa fille. Elles ont conçu cet ouvrage pour interroger les conceptions les plus répandues sur les apprentissages linguistiques de la naissance à l'adolescence, en les confrontant aux découvertes récentes de la recherche. Il en ressort un tableau extrêmement riche et novateur de l'acquisition du langage qui prend en compte l'ensemble des processus en jeu, depuis le traitement foetal de la parole jusqu'au développement de la grammaire chez l'enfant et aux performances linguistiques extrêmement complexes de l'adolescent. Leur approche, pleine de nuances et d'ouverture d'esprit, permet au lecteur d'avoir une vision plus fine et plus subtile des nombreux chemins qui mènent au langage.

  • Cet ouvrage propose une approche socio-historique pour décrire la " forme scolaire " par laquelle un enfant devient élève.
    La première partie donne des repères historiques pour montrer comment coévoluent dans le temps les dispositifs pédagogiques et les rapports au savoir. La deuxième partie montre que la rencontre avec les savoirs s'effectue d'abord avec les autres. L'apprentissage se réalise dans un milieu-classe, à travers une expérience collective et partagée avant de devenir une construction individuelle. La troisième partie pose la question de l'apprentissage premier de l'écriture dans ses rapports aux activités graphiques traditionnelles.
    Elle montre l'influence des dispositifs pédagogiques sur la construction du rapport au savoir par les élèves, et le sens qu'ils donnent à leur activité. Au total, cet ouvrage apporte un nouveau point de vue sur la socialisation scolaire et l'apprentissage à l'école maternelle. Il montre en quoi les contraintes organisationnelles, loin d'être des obstacles pour les élèves, peuvent constituer des ressources pour enseigner, apprendre et se construire comme élève et comme personne.
    Ce livre s'adresse aux enseignants des écoles, débutants ou confirmés, aux formateurs d'enseignants ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à l'apprentissage scolaire.


  • les enfants d'âge préscolaire comprennent, dans une certaine mesure, la perception, le désir et l'émotion, et sont capables d'utiliser ce qu'ils comprennent pour prédire ce que les gens vont faire.
    plus tard, ils acquièrent quelque idée de ce que sont le savoir et la croyance. vers la fin de ces années qui précèdent l'entrée à l'école, les enfants acquièrent la compréhension essentielle des fausses croyances et ils reconnaissent que les gens agissent dans le monde tel qu'il se le représentent, même lorsque cette représentation est erronée. chaque enfant parvient à comprendre tout cela à son rythme, légèrement différent de celui des autres, mais il existe une évidente uniformité au sein même de cette apparente diversité.
    même si tout au long de leurs années d'école, puis à l'âge adulte, ils en apprendront bien davantage, il est légitime de dire qu'à l'âge de cinq ans, les enfants ont découvert l'esprit. en quoi cette découverte de la pensée d'autrui prépare-t-elle les enfants à apprendre à l'école ? comment les enseignants peuvent-ils prendre en compte, dans leurs modes d'enseignement, cette aptitude des enfants à se figurer la pensée et l'intentionnalité ? après avoir retracé, au fil de l'ouvrage, les étapes du développement de la découverte de l'esprit par les jeunes enfants, l'auteure montre en quoi cette compréhension de l'esprit, acquise durant les années préscolaires, sous-tend par la suite toutes leurs interactions sociales et comment elle constitue le fondement de leurs activités cognitives, notamment dans le cadre scolaire.


  • Les problèmes actuels de l'éducation ne peuvent trouver de solutions qu'en étant pensés à partir d'une approche globale. Tel est le message de J. Bruner qui, dans ce livre majeur, rapproche et confronte les travaux et problématiques de nombreux auteurs et courants de recherche contemporains (en psychologie, linguistique, philosophie, sociologie, littérature, etc.). Il apparaît ainsi que l'éducation n'est pas seulement un travail technique portant sur le traitement correct de l'information ; qu'elle n'est pas non plus l'application mécanique à la classe de " théories de l'apprentissage " ; enfin, qu'elle ne saurait pas davantage être définie comme l'art de bien utiliser les examens dans chaque discipline scolaire. L'éducation est la tentative complexe d'adapter une culture aux besoins de ses membres et d'adapter ces membres et leur manière d'apprendre aux besoins de la culture. J. Bruner plaide donc pour un changement de modèle et pour une profonde réforme de la culture scolaire : - il faut favoriser la découverte socialisée des savoirs en instaurant des " communautés d'apprenants " au sein desquelles l'aide mutuelle joue pleinement son rôle éducatif ; - l'Ecole doit mieux utiliser les récits qui, dans la culture humaine sont le principal support de la construction et de la transmission du sens.

  • L'école doit prendre en charge l'apprentissage de la langue orale de façon explicite. Maîtriser la langue orale est à la fois une finalité en soi et un préalable pour entrer en langue écrite. La langue orale est, par ailleurs, l'outil de socialisation par excellence, des enfants. L'évolution de nos modes de vie génère une fragilité dans sa transmission, obligeant l'école à investir ce champ.

    Riche d'une interaction entre terrain et recherche scientifique, cet ouvrage part des difficultés observées dans la transmission de la langue orale à l'école et propose d'asseoir l'enseignement de celle-ci en changeant de paradigme : l'enseignant doit se penser avant tout comme « passeur » de pratiques langagières ritualisées avec les élèves.

    Sont ainsi passés en revue, au fil des chapitres, les différents prototypes langagiers (gabarits articulatoires, lexicaux et énonciatifs) que l'enfant doit acquérir au fil des ans pour parvenir à des compétences assurées dans l'expression orale.
    Pour chacun des chapitres, les auteures proposent une approche théorique et quelques pistes d'activités dont il convient de réinvestir la fonction patrimoniale (chant, contes, narration, récitation par coeur...).

    L'ouvrage mène le lecteur de la prise en compte des gestes articulatoires jusqu'à celle de la pratique narrative.

    Les échanges et les rencontres que les auteures ont pu faire lors de leurs interventions en formation continue ont permis de confronter les références aux difficultés rencontrées en classe par les enseignants et de proposer ici un cadre théorique qui amorce des outils pratiques à venir.

  • Lev Vygotski (1896-1934), chercheur russe spécialiste de culture et d'éducation se place à côté de Piaget, de Wallon ou de Bruner dans le panthéon des psychologues de l'éducation du XXe siècle. Il est l'initiateur du « socio-constructivisme ».
    Mais les thèses de Vygotski sont très souvent, en France notamment, citées de façon très vulgarisée. Le présent ouvrage, rédigé par les meilleurs spécialistes internationaux, entend faire le point sur les principaux concepts développés par Vygotski sur l'apprentissage et l'enseignement.

    Comment interpréter les concepts de médiation ou de zone de développement proximal ? Comment les penser et les mettre en oeuvre dans une visée d'évaluation dynamique ? Quels processus médiateurs convient-il d'étudier pour mieux connaître, voire pour transformer, les relations entre origine sociale - ou milieux socio-économiques - et socialisation cognitive et apprentissages ?

    Telles sont quelques unes des questions auxquelles les auteurs de cet ouvrage s'efforcent de confronter les apports de l'oeuvre de Vygotski à des travaux scientifiques récents portant sur les enjeux sociaux et éducatifs majeurs.

  • Les débats récurrents autour de la lecture et de son apprentissage ont tous comme arrière-fond l'obligation de savoir lire. Or, dire que la lecture est fonctionnellement nécessaire dans la scolarité et dans la vie sociale fait oublier que son apprentissage est imposé par l'institution. L'objectif final étant fixé par les textes, la seule question des enseignants est pratique : comment faire ?

    À l'heure où les nouvelles technologies sont en train de transformer toutes les relations à l'écrit, les enseignants d'aujourd'hui et de demain devront inventer de nouvelles manières de faire lire et écrire, de construire et penser la relation à l'écrit des jeunes générations.

    Cette situation n'est pas inédite.

    Comment les maîtres ont-ils inventé et transformé les pédagogies de la lecture scolaire à d'autres époques de bouleversements culturels et sociaux ?
    Comment ont-ils élaboré, au fil du temps, ces routines collectives qui sont devenues l'expérience partagée des générations passées et présentes ?
    Pourquoi ont-ils été longtemps indifférents à des problèmes devenus un souci obsédant pour les générations suivantes ?
    Quel rapport établir entre les « révolutions de la lecture » au fil des siècles et les innovations pédagogiques du côté des méthodes d'enseignement de la lecture ?

    Autant de questions qui interpellent tout éducateur responsable, mais dont les réponses seront apportées par les jeunes enseignants qui « reprennent le flambeau » et qui auront, forcément, à être aussi inventifs que les générations antérieures.

    Une histoire passionnante sur les attentes de la société en matière de lecture.

  • Un ouvrage incontournable et toujours de référence, même 10 ans après sa première publication, pour tous ceux que cet apprentissage questionne.
    Même après l'apaisement des querelles sur les méthodes de lecture, les approches divergentes autour du lire/écrire continuent à interroger et parfois à susciter encore des polémiques. Or ce sont bien souvent les conceptions de cet apprentissage qui divergent.



    Cet ouvrage a le mérite de montrer la vitalité et la richesse du courant de recherche qui propose une conception langagière et culturelle de la lecture et de son acquisition. Commencer à devenir lecteur c'est, pour l'essentiel, comprendre l'écriture et la lecture. C'est ainsi se poser trois questions fondamentales :

    -Pourquoi lire et apprendre à lire ?
    -Comment fonctionne le code de l'écrit ?
    -Que faire pour lire ?


    Les contributions réunies dans ce livre mettent en évidence que l'entrée en lecture et en écriture de l'enfant de cinq à sept ans et sa maîtrise du savoir-lire engagent de multiples compétences qui mêlent le culturel, le langagier et le métalinguistique.



    Elles montrent également la nature complexe et interactive du savoir-lire de base. Le jeune enfant débutant doit combiner des opérations complexes et de niveau fort différent : il lui faut en même temps et en interaction, décoder des mots et questionner-explorer le contenu des énoncés écrits. L'ensemble des recherches présentées ici permet d'éclairer la pédagogie de la lecture-écriture.

  • Pour en finir avec la " guerre des méthodes ", alimentée par une opposition stérile et désuète entre " globale " et " syllabique ", l'auteur propose de se pencher sérieusement sur la question de l'apprentissage de la lecture.
    Cette question ne concerne pas seulement les enseignants et les élèves dans leurs pratiques en classe, mais aussi les chercheurs qui, depuis des décennies, mènent des travaux scientifiques sur l'entrée dans l'Écrit (lecture-écriture). Pour éclairer le " débat ", l'auteur dresse tout d'abord un bilan historique des méthodes, remontant à leur source et mettant en relief les principes pédagogiques qui les distinguent les unes des autres.
    Il montre ainsi que de nombreux facteurs externes agissent sur leur efficacité. Les tenir pour seules responsables de la réussite ou de l'échec des apprentis lecteurs relève donc d'un simplisme mal venu. Ensuite, Gérard Chauveau s'attache à décrire le savoir-lire, vu du côté de l'élève. Il analyse comment l'enfant devient lecteur et décrit l'ensemble des compétences en jeu dans cet apprentissage de l'Écrit.
    Enfin, il s'intéresse aux pratiques des maîtres. L'apprentissage de l'Écrit n'est vraiment efficace que s'il se fonde sur des techniques variées d'enseignement de la lecture, mettant en oeuvre toutes les compétences à travailler. Par delà les méthodes, le rôle du maître et de sa pédagogie quotidienne est donc fondamental. Et, sur cette base, l'auteur donne des clés pour élaborer des méthodes d'apprentissage pour aujourd'hui et pour demain.
    S'adressant aux futurs et jeunes enseignants mais aussi à toute personne désireuse de comprendre les mécanismes du savoir-lire, cet ouvrage est une introduction didactique à la question de l'apprentissage de la lecture.

  • Quel est l'influence de la culture écrite sur notre manière de penser le monde (la science) et la pensée (la psychologie) ?
    Quel rôle l'écrit a-t-il joué dans le développement de notre compréhension du langage, de la nature et de nous-mêmes ? Dans ce tour d'horizon historique et développemental, David Olson adopte une nouvelle perspective. Inversant la thèse traditionnelle concernant la relation entre l'oral et l'écrit, il affirme que l'écrit constitue un important modèle de la façon dont nous pensons l'oral ; notre conscience du langage est structurée pas notre système de l'écrit.

    En outre, l'écrit fournit les modèles dominants pour penser la nature et l'esprit. Notre compréhension du monde (notre science) et notre compréhension de nous-mêmes (notre psychologie) sont des conséquences de nos façons de créer et d'interpréter les textes écrits.

    Cet ouvrage novateur s'appuie sur les dernières avancées en histoire, anthropologie, linguistique et psychologie.

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