Anne Sinclair

  • « Nous, Français, on est très intelligents, et on ne nous la fait pas, avons-nous proclamé ! Et pourtant, la guerre est arrivée jusqu'à nous, en s'imposant d'un coup, il y a deux semaines, telle la brutale percée des Ardennes. Le corona-Guderian a déferlé sans crier gare. » Anne Sinclair

  • Début 1981 : Reagan vient d'écraser Carter, Khomeiny libère les otages américains, tous les augures s'accordent à donner Giscard vainqueur. La télévision bat la campagne, et David, qui aura vingt ans en l'an 2000, bredouille ses premières onomatopées. A tout hasard, sa mère, Anne Sinclair, ouvre un cahier. Fin 1981 : les journaux évoquent l'année-choc, l'attentat contre Sadate, les chars en Pologne, les grands chambardements de la télévision, le triomphe d'Yves Montand à l'Olympia, et François Mitterrand au Panthéon. Anne Sinclair a vécu tous ces grands moments. En journaliste, en femme, en mère, avant de paraître chaque jour, à l'heure du repas, sur le petit écran. Entre-temps, son fils a appris à faire des phrases ; et le cahier commencé à l'aube de cette année particulière a suivi leurs deux vies. Le voici : spontané, drôle, ému, lucide. Témoin du temps qui passe, de la France qui bouge, de la télé qui s'agite, d'un enfant qui s'éveille et rapetisse tout le reste. Une année particulière peut-être. Une année de communion sûrement, avec beaucoup de femmes qui, comme Anne Sinclair, refusent de choisir et acceptent les risques d'une vie éclatée.

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