• Avant ? Justement j'y étais ! Je vais vous raconter...
    « Dix Grands-Papas Ronchons ne cessent de dire à Petite Poucette, chômeuse ou stagiaire qui paiera longtemps pour ces retraités : "C'était mieux avant." Or, cela tombe bien, avant, justement, j'y étais. Je peux dresser un bilan d'expert. Qui commence ainsi : avant, nous gouvernaient Franco, Hitler, Mussolini, Staline, Mao... rien que des braves gens ; avant, guerres et crimes d'état laissèrent derrière eux des dizaines de millions de morts. Longue, la suite de ces réjouissances vous édifiera. »
    Michel Serres

  • Qui est le dieu des chrétiens ? Quelles en sont les caractéristiques ? Quelle en est la singularité ?

    À ce sujet vaste et quelque peu intimidant, le philosophe Rémi Brague répond en sept chapitres concis, informés, stimulants. Que Dieu soit bien au-delà des représentations que l'on s'en fait, c'est une affaire entendue, mais cela ne justifie pas pour autant les approximations et les confusions qui sont de mise aujourd'hui dès qu'on aborde les questions religieuses.

    Car tout le monde ne se fait pas de Dieu la même idée, et celle que s'en font les chrétiens est, au fond, plutôt surprenante.

    Qui est alors ce dieu et qu'en pouvons-nous connaître ?

    Il est un, mais pas de n'importe quelle façon ; il est père, mais non pas mâle ; il a parlé, mais pas pour nous demander quoi que ce soit ; il pardonne, mais sans ignorer la décision de notre liberté.

    Au terme de cette enquête, le lecteur pourra accepter ou refuser le dieu des chrétiens ; dans les deux cas, il le fera en connaissance de cause.

  • On n'est pas encore dans l'indifférence des sexes mais on est en train de chausser des bottes de sept lieues pour y parvenir.

  • A l'heure où se dessinent les questions qui feront la campagne de 2007, voilà un livre qui prend de la hauteur tout en apportant des solutions concrètes.
    Il repose sur une conviction forte : la crise identitaire que traverse la France n'est pas la sanction de son retard à s'adapter au monde moderne, mais le signe d'un affrontement inédit dans son histoire entre deux systèmes de valeur, l'un fondé sur l'inégalité, l'autre sur l'égalité. Comprise dans un sens très large, cette notion d'inégalité désigne le dispositif qui permet aux pays développés de garantir leur avance sur le reste du monde.
    Elle renvoie aussi, au sein de ces mêmes pays, au choix consensuel d'un libre-échange porteur de délitement social, à l'accroissement de l'écart entre les élites et les classes populaires ou encore à l'incapacité de l'école à corriger les inégalités de départ. De ce système formidablement protecteur des positions acquises, les Français ne veulent pas. Eux que l'on dit versatiles et individualistes, ils manifestent à longueur d'élections une constance absolue dans leur choix que seuls les responsables politiques réussissent à ne pas voir envers et contre tout, ils disent leur préférence pour l'égalité, que l'on découvre, par exemple, dans leur obstination à vouloir assimiler les immigrés.
    Savoir si les Français ont raison ou non de tenir à cette " exception " dépasse le cadre de nos frontières : le monde a besoin de l'égalité pour organiser la montée en puissance des pays émergents, gérer la crise de l'islam ainsi que le déclin programmé de la puissance américaine, et limiter la fragmentation interne des sociétés occidentales. A rebours des théories du déclin et de la vaine opposition entre "social " et " libéral ", cet essai, original et stimulant, pose une question interdite : et si les Français avaient raison ?

  • Depuis 40 ans, la France accueille chaque année des milliers de migrants, au titre du travail, du droit d'asile ou de l'immigration familiale, et ce sans toujours proposer le minimum nécessaire à leur intégration : un emploi et un logement.
    Les élites françaises et les milieux privilégiés encouragent cette ouverture au nom de la libre circulation et des droits de l'homme. N'est-il pas acquis, une fois pour toutes, que l'immigration est un facteur de modernité, de diversité culturelle ? Or, dans le même temps, la " France d'en-haut " se voit préservée dans sa quiétude du fait de la ghettoïsation des migrants et de leurs descendants. Les bons sentiments, oui ; la promiscuité, non...
    Le résultat est là : 630 cités sont aujourd'hui " sensibles " (elles étaient une centaine en 1990). Ce principe d'" ouverture excluante " installe peu à peu une sorte d'apartheid français, un climat de déchirement, dont les événements de l'automne 2005 n'ont été que les prémices. L'immigration qui aurait dû être " une chance pour la France " se referme sur elle comme un piège... Dans le même temps, une partie de la jeunesse des pays pauvres, poussée par la détresse, trompée par des filières criminelles, s'abandonne à l'illusion de l'émigration à tout prix.
    Comment sortir de ce chaos ? Comment réconcilier la France avec son immigration ? Ce livre repose sur la conviction que la fatalité n'existe pas. A condition d'affronter enfin les questions qui fâchent : existe-t-il un seuil au-delà duquel un pays ne parvient plus à intégrer de nouveaux arrivants ? Quel avenir pour l'immigration " choisie " ? Le co-développement, mythe ou réalité ? Entre le dogme irrecevable de " l'immigration zéro " et l'ouverture générale des frontières, il y a place pour une troisième voie.
    Les années à venir seront cruciales.

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