• André Stanguennec a produit ces textes, poèmes et illustrations entre 1959 et 1965, pendant ses années d'étudiant en philosophie à l'Université de Rennes. Il s'agit des bonheurs et des malheurs vécus dans cette ville, ainsi que dans d'autres villes et ports de cette Bretagne dont l'auteur est originaire. Amours heureux et malheureux, pauvreté, prostitution et révolte sociale sont évoqués ici par l'écriture et le dessin d'un jeune auteur enthousiasmé par Baudelaire, Éluard, Artaud, Lorca et Rodin et qui, plus tard, philosophe et peintre lui-même, ne cessera d'approfondir les rapports entre pensée, poésie et peinture.

  • Cette étude méthodologique de l'ensemble des critiques hégéliennes de Kant a pour enjeu un retour critique aux interprétations de ce passage centrées sur l'idée d'une continuité idéaliste ou métaphysique.

  • Ce livre entend compléter les analyses phénoménologiques des Horreurs du monde (2009) qui concernaient essentiellement l'univers « humain » sous son aspect affectif, esthétique et historique. Complémentairement, il s'agit ici de l'univers « naturel » envisagé sous l'aspect des transformations tant pratiques que théoriques que l'homme lui a fait subir. Sont considérées successivement, d'abord, l'humanisation comme devenir humain de la nature, dans la perspective d'une humanisation évolutive de la nature et de l'accès humain à la fonction symbolique ; puis, l'humanisation technique de la nature, où les analyses métaphysiques de Bergson, ontologiques de Heidegger, sociales et économiques de Marx sont mises à contribution et évaluées ; enfin, l'humanisation morale et juridique de la nature, est abordée en partant de la lecture par Patrick Tort de « l'effet réversif » de l'évolution attribué à la théorie morale de Darwin, pour en venir à l'éthique de la responsabilité humaine relative à l'environnement (Hans Jonas) et au passage de l'humanisation morale à l'humanisation juridique de la nature dans les diverses théories « écologiques » qui font l'objet de nouvelles analyses critiques. L'hypohèse d'une interprétation unitaire et globale de ces trois dimensions de l'humanisation de la nature est proposée en conclusion.

  • Phénoménologiquement, l´horreur est une émotion aussi fondamentale que l´angoisse ou la joie dans notre rapport au monde. Pourtant, en dehors de quelques notations précieuses de Sartre, elle n´a jamais fait l´objet d´une recherche phénoménologique approfondie. Ce livre veut donc combler une importante lacune. Mais il entend aussi montrer que, au-delà de ses caractères invariants, l´horreur étant par essence une émotion au sein d´une histoire individuelle ou collective, elle a fait en Europe l´objet d´expériences psychiques, politiques et esthétiques successives, relatives à des « formes culturelles » (Cassirer) et à des « métaphores absolues » (Blumenberg) chaque fois différentes. Leur analyse peut nous mener à la compréhension des horreurs du monde présent, ainsi qu´à la perspective problématique de leur dépassement, en fonction de diverses hypothèses théoriques tant métaphysiques que juridiques ou esthétiques, analysées et évaluées au fil de la question : « Passée l´horreur, l´aurore ? »

  • Monsieur Néant, alias Professeur Némo, historien et critique d'art, et Madame Milie, Conservatrice du grand Musée, sont les deux principaux personnages de ce dialogue autour de l'Histoire de la peinture européenne, à chaque époque de laquelle ils empruntent les figures et les propos de couples célèbres.
    Tout cela est scandé en quatre actes de théâtre, par les jeux de mots de Némo : (I) L'âme hors de l'art ; (II) L'amor de l'art ; (III) Là ! Mords ! De l'art ! ; (IV) La mort de l'art. Mais le dernier acte se clôt tragiquement dans un non-art explosif.


    Philosophe, André Stanguennec a publié plusieurs ouvrages consacrés à l'art, à la peinture et à la poésie : Mallarmé et l'éthique de la poésie, Vrin, 1992 ; La morale des lettres, Vrin, 2005 ; Peinture et philosophie, Presses Universitaires de Rennes, 2011 ; Mallarmé. Un théâtre de l'esprit, Champion, 2017 ; Arts et sciences du romantisme allemand, Presses Universitaires de Rennes, 2018 ; Novalis-Mallarmé. Une confrontation, Champion, à paraître en 2020.

  • La philosophie de Nietzsche est une philosophie perspectiviste. Elle l'est, d'abord, par son contenu interprétatif, puisque les volontés de puissance qui constituent indéfiniment les significations du monde, sont des centres d'interprétation et que ces interprétations centrées sont autant de perspectives qui s'affrontent les unes les autres. Mais elle l'est, aussi, en ce qu'elle s'offre elle-même, conformément à son perspectivisme assumé, à une multiplicité de commentaires, tous légitimes à condition de s'ouvrir, de manière forte, aux autres, et de les laisser se déployer pour les dépasser dans le jeu indéfini des herméneutiques. Ce livre sur la philosophie de Nietzsche part d'une hypothèse selon laquelle la perspective d'interprétation morale de cette philosophie est sans doute celle qui permet le mieux, d'une part, de rendre compte de son développement et de sa méthode propre et, d'autre part, de s'ouvrir aux autres perspectives interprétatives sur elle, en les comprenant sans les réduire, tout en les subordonnant ou hiérarchisant de façon rigoureuse. Ayant d'abord mis à l'épreuve cette hypothèse du point de vue d'une lecture interne de la genèse et la structure méthodique du questionnement de la morale par Nietzsche dans nos deux premières parties, notre propos est ensuite d'entendre « le questionnement moral de Nietzsche » au sens d'un génitif objectif de l'expression, par suite de reconstruire, dans notre troisième partie, « trois mises en questions morales de Nietzsche », pouvant émaner de trois perspectives philosophiques majeures sur le problème moral : kantisme, fichtéanisme (auquel le questionnement weilien est largement associé), matérialisme. La meilleure manière de présenter ces mises en questions nous a semblé consister dans l'introduction d'une sorte de dialogue entre des pensées philosophiques toujours vivantes, de sorte que cette troisième partie se termine par un essai d'envisager comment et jusqu'où Nietzsche aurait pu répondre à ces objections tant supposées que réelles.

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