Langue française

  • Un bon libertaire a trois positions dans la vie. Une position debout pour se battre, manifester, aller de l'avant. Une position couchée pour que le corps exulte. Une position assise, pour la tortore, la jaffe, la bouffe, la ripaille, le casse-croûte, etc.

    Benoist Rey est un cuisinier autodidacte qui « fait » sa cuisine depuis quarante ans. Simple, sans apprêt, avec de bons produits, à la portée de tous. C'est un livre de recettes-souvenirs. Un livre où il fait faim et soif.

    À votre santé !


  • en avril 1961, paraissait, aux éditions de minuit, " les égorgeurs " ce livre, salué unanimement par la critique (" le monde ", " le canard enchaîné ", " le monde libertaire ".
    ) fut saisi quelques jours après sa sortie. depuis lors, hormis l'écriture de quelques petits textes, benoist rey était resté silencieux. avec ce livre il reprend la parole, se raconte et raconte. son milieu familial. terrible ! ses débuts d'apprenti imprimeur. son cheminement vers une conscience politique de gauche. l'emprise du parti communiste sur la classe ouvrière. la guerre d'algérie oú il partira comme conscrit.
    son refus de porter les armes. les horreurs qu'il sera amené à voir en tant qu'infirmier affecté dans un commando de choc. le retour à paris et la confrontation au silence des pantoufles et à la lâcheté de ceux qui savaient. la dénonciation de l'intolérable dans " les égorgeurs ". une réinsertion difficile dans " la norme ". un engagement politique se construisant au fil de rencontres de toutes sortes.
    avec sartre, simone de beauvoir, guy debord, félix guattari, michel foucault. mai 1968. l'espérance d'un printemps trop bref. la reprise en main politique et syndicale de la révolte de la jeunesse. les grandes luttes de l'après 68 tentant désespérément de renverser la vapeur. une arrivée toute de hasard en ariège. a travers l'histoire de sa vie benoist rey nous brosse un tableau à nul autre pareil de la vie politique et sociale en france de 1938 à 1972, et c'est peu dire qu'il comble certains trous de la mémoire collective.
    mais ce livre ne se résume pas à cela ! ecrit dans une langue simple, alerte, dense, sans fioriture, dépouillée de tout artifice, constamment arrimée à l'essentiel. , c'est également une oeuvre littéraire d'une qualité telle qu'on imagine mal qu'il ne reste pas. dans notre mémoire !.

  • En avril 1961, paraissait, aux Éditions de Minuit, " Les égorgeurs ".
    Ce livre, salué unanimement par la critique (Le Monde, le Canard Enchaîné, le Monde Libertaire...) fut saisi quelques jours après sa sortie. En ce temps là, il ne faisait pas bon dénoncer les soudards (engagés et appelés) de l'armée française qui torturaient, violaient, assassinaient, allégrement en Algérie ! En février 2006, soit après 45 ans de quasi silence, Benoist Rey retrouvait le chemin de l'écriture avec Les trous de mémoire.
    Avec toujours la même vigueur et le même sens de l'essentiel, il nous brossait un tableau à nul autre pareil de la vie politique et sociale en France de 1938 à 1972. L'emprise du Parti Communiste sur la classe ouvrière. Les horreurs qu'il sera amené à côtoyer en tant qu'appelé envoyé dans les commandos de choc, comme infirmier car ayant refusé de tirer. Le retour à Paris. La confrontation à la lâcheté de ceux qui savaient.
    Un engagement politique se construisant au fil de rencontres avec des Sartre, Simone de Beauvoir, Guy Debord, Félix Guattari, Michel Foucault... Mai 68. La reprise en main politique et syndicale de la révolte de la jeunesse... Avec Les trous de mémoire, suite, Benoist Rey poursuit son récit. Une arrivée toute de hasard en Ariège dans un hameau du bout du monde. La méfiance narquoise des " purs porcs " à l'encontre des " zippis " soixante-huitards.
    Même pas la moitié de trois sous et beaucoup d'huile de coude pour retaper des ruines. Y installer une auberge. Une salle de spectacle. Une imprimerie. Une piscine associative. Un voyage " pèlerinage " en Algérie, avec son fils. Retour en Ariège. Des rencontres innombrables. Avec des gens " ordinaires " tous plus truculents les uns que les autres. Avec des " personnalités " de toutes sortes, dont Olivenstein.
    L'accueil, en toute liberté, de toxicos qui durera plusieurs années jusqu'à un couteau sous la gorge. Cent mille et unes petites et grandes luttes de toutes sortes s'égrenant à la grande horloge de la vie... Dans ce livre, à travers l'histoire de sa vie, Benoist Rey nous raconte, en fait, l'histoire d'une génération qui n'a jamais renoncé à changer les choses et la vie. Mais, ce livre ne se résume pas à cela : écrit dans une langue simple, alerte, dense, dépouillée de toute fioriture et de tout artifice, c'est également un bonheur littéraire rare.
    De ceux qui restent dans la mémoire !

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