• "« Aujourd'hui, nous n'avions plus personne à nous disputer, ma soeur et moi, rien à nous jalouser. Nous régnions sur un champ de bataille déserté, étonnées toutes deux de survivre, se demandant même si c'était là un cadeau. Oui, ils nous avaient fait un sale coup, les frères, en nous lâchant si tôt, si peu armées. Nous n'avions plus aucune protection contre nous-mêmes... ». En 2013, suite à la mort de son frère Laurent, Catherine Terzieff se consacre à l'écriture. Ce récit nous plonge au coeur de cette Tribu familiale vouée toute entière aux Arts, dont le père, immigré russe de Roumanie, élève de Bourdelle puis de Zadkine, incarne le chef en titre. De l'atelier d'artiste du 15eme arrondissement parisien au Lucernaire, « antre » théâtral de Laurent, en passant par le château familial du Sud-Ouest, c'est un véritable souffle épique et créatif qui traverse et transcende cette famille si particulière. - - "

  • J'ai longtemps cru que mon frère Laurent Terzieff déjouerait la mort, et puis un jour, après le décès de notre soeur ainée, j'ai compris que lui aussi s'en irait. A force de penser sa vie, il oubliait de la vivre et après la disparition de Pascale sa complice, il accepta sa mort au point d'aller au-devant d'elle.

    Ce récit volontairement achronique de ses six dernières années pendant lesquelles je l'ai accompagné entrecroise des souvenirs plus anciens, des moments de bonheur autant que des zones sombres.

    Personne ne fut plus soucieux que Laurent de donner sens à sa vie, de la sculpter comme une oeuvre en soi et de transcender l'ordinaire des hommes. Lui qui tout en travaillant, révisait sa vie et se préparait à la quitter, lui qui si souvent répétait le poème d'Oscar Milosz : « Il faut vivre, vivre, rien que vivre ... » C.T.

    Catherine Terzieff est réalisatrice de documentaires sur les femmes et leur combat, le monde du travail, l'architecture, les arts plastique et par ailleurs, critique d'art (Beaux Art, L'Art vivant, Muséart, 7 à Paris...)

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