• « Dès qu'un homme a eu la criminelle ingéniosité de tirer profit du travail de son semblable, de ce jour, l'exploité a, d'instinct, cherché à donner moins que n'exigeait son patron. Ce faisant, cet exploité a fait du sabotage, manifestant ainsi, sans le savoir, l'antagonisme irréductible qui dresse l'un contre l'autre, le capital et le travail ».

    Émile Pouget (1860-1931), anarchiste et syndicaliste révolutionnaire, secrétaire adjoint de la Confédération générale du travail, livre un manuel subversif de résistance à l'exploitation capitaliste, fondé sur le principe : « À mauvaise paye, mauvais travail ! ».

  • Pour les ouvriers dont le travail est exploité, « saboter », c'est enrayer la machine de production. Syndicaliste militant et cofondateur de la Confédération générale du travail, Émile Pouget (1860-1931), publie vers 1911-1912 un véritable manuel de résistance. Subversif, méthodique, il expose avec humour la théorie et la pratique du sabotage, du « vas-y mollo » à la grève du zèle, en passant par toutes les manières de ruiner l'image d'un patron... Car saboter n'implique pas forcément détruire. Étymologiquement, c'est « travailler comme à coup de sabot », faire du mauvais travail.

    Si, comme on nous le dit, le travail est une marchandise, alors pour avoir du travail de qualité, il faut que les patrons y mettent le prix : « À mauvaise paye, mauvais travail ! »

  • Véritable manifeste de l'anarcho-syndicalisme, L'Action directe d'Emile Pouget, publiée vers 1904, est un appel à l'union et à la lutte des travailleurs contre l'exploitation capitaliste. Rejetant tout transfert de pouvoir à une quelconque autorité, à un quelconque parti, l'auteur les invite à s'organiser eux-mêmes pour résister et renverser la minorité possédante qui les « emploie ». Car c'est sur le terrain même de l'exploitation - dans les usines, dans les ateliers, dans les bureaux - que doit se conduire la révolution sociale. Ce n'est que par un combat direct et quotidien, un combat de détails d'abord mais visant à la transformation radicale du système de production par l'abolition du salariat, que les travailleurs pourront enfin se réapproprier leur travail et n'être plus les instruments de l'enrichissement personnel de quelques-uns. Le Sabotage, paru vers 1910, constitue en quelque sorte le prolongement par l'exemple de l'appel lancé dans L'Action directe. Car il est une des formes (avec, entre autres, le boycott et la grève) que celle-ci peut prendre. Emile Pouget nous en retrace l'histoire et, à travers de nombreux exemples pris en Europe et aux Etats-Unis, nous indique les diverses manières de l'appliquer selon les situations. Reprenant l'idée capitaliste selon laquelle le travail n'est qu'une marchandise, cette méthode de résistance se fonde sur un principe simple : « A mauvaise paye, mauvais travail ! » Elle consiste alors à agir sur la production, en ralentissant son rythme ou en influant sur sa qualité, pour toucher le patronat là où c'est le plus douloureux pour lui : ses bénéfices.

  • La renommée de ce fameux périodique est due au style très coloré, et fort violent, utilisant un argot parisien plein de verve, de son rédacteur quasi unique, Émile Pouget - un des fondateurs de la CGT. Sa (re)lecture chronologique illustre l'évolution de l'anarchisme français vers le syndicalisme, à travers les événements qui secouèrent le pays : le boulangisme, le scandale de Panama, les attentats à la dynamite et l'affaire Dreyfus. Le Père Peinard constitue aussi un témoignage de première main sur la condition des ouvriers de l'époque, ainsi que sur leurs luttes contre les 'capitalos' et les 'vautours', les 'endormeurs' et les 'ratichons', les 'sergots' et les 'galonnards', sans oublier les 'bouffe-galette' du 'Palais-Bourbeux'.


  • la renommée de ce fameux périodique va au-delà des milieux anarchistes.
    il la doit à son style très coloré, et fort violent, utilisant un argot parisien plein de verve, dont il constitue un précieux conservatoire. il faut cependant distinguer entre le vrai langage populaire de ces années et les créations de son rédacteur quasi unique, emile pouget - un des fondateurs de la cgt. sa (re)lecture, ici proposée en chronologie, illustre ainsi l'évolution de l'anarchisme français vers le syndicalisme, à travers des événements comme le boulangisme, le scandale de panama, les attentats à la dynamite et l'affaire dreyfus.
    avec ses nombreux échos d'entreprises, le père peinard constitue aussi un témoignage de première main sur la condition des ouvriers de l'époque, ainsi que sur leurs luttes contre les " capitalos " et les " vautours ", les " endormeurs " et les " ratichons ", les " sergots " et les " galonnards ", sans oublier les " bouffe-galette " du " palais-bourbeux ". mais là aussi il faut faire la part des exagérations de pouget quant à la combativité de la classe ouvrière et à l'ampleur de ses combats.


  • La Confédération générale du travail / Émile Pouget Date de l'édition originale : 1908 Sujet de l'ouvrage : Confédération générale du travail (France) Collection : Bibliothèque du mouvement socialiste ; 2 Ce livre est la reproduction fidèle d'une oeuvre publiée avant 1920 et fait partie d'une collection de livres réimprimés à la demande éditée par Hachette Livre, dans le cadre d'un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France, offrant l'opportunité d'accéder à des ouvrages anciens et souvent rares issus des fonds patrimoniaux de la BnF.
    Les oeuvres faisant partie de cette collection ont été numérisées par la BnF et sont présentes sur Gallica, sa bibliothèque numérique.

    En entreprenant de redonner vie à ces ouvrages au travers d'une collection de livres réimprimés à la demande, nous leur donnons la possibilité de rencontrer un public élargi et participons à la transmission de connaissances et de savoirs parfois difficilement accessibles.
    Nous avons cherché à concilier la reproduction fidèle d'un livre ancien à partir de sa version numérisée avec le souci d'un confort de lecture optimal. Nous espérons que les ouvrages de cette nouvelle collection vous apporteront entière satisfaction.

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

  • Le Père Peinard, virulent hebdomadaire publié par Émile Pouget en 1889, est vite devenu une référence incontournable de l'argot. La présente édition critique annotée du texte intégral des 23 premiers numéros, écrits dans la «langue du populo», témoigne de l'esprit et du style libertaires de leur rédacteur.

  • L'action directe, c'est la libération des foules humaines, c'est leur montée vers la conscience.
    C'est l'appel à tous pour participer à l'oeuvre commune : chacun est invité à ne plus être un zéro humain ; chacun est incité à ne plus subir passivement les fatalités sociales. L'action directe clôt le cycle des miracles - miracles du ciel, miracles de l'Etat. En opposition aux espoirs en les " providences ", de quelque espèce que ce soit, elle proclame la mise en pratique de la maxime : le salut est en nous.
    Les quatre brochures que nous reproduisons ici contiennent l'essentiel de la conception du syndicalisme révolutionnaire. Ces essais sont complétés par trois textes relatifs à la campagne pour la journée de huit heures lancée en 1904. Indispensables pour connaître le " moment révolutionnaire " du syndicalisme français, ces manuels de la révolte ouvrière sont aussi source d'inspiration pour tous ceux qui ne peuvent se résigner à un " ordre " social aussi intolérable aujourd'hui qu'il l'était voilà cent ans.

  • En mars 1892, l'anarchiste Ravachol fait exploser un immeuble parisien boulevard Saint-Germain. Ce n'est certes pas le premier attentat anarchiste en France, mais il inaugure une vaste série qui, en décembre 1893, touche directement le pouvoir politique : une bombe est jetée par Auguste Vaillant au sein de l'Assemblée en pleine séance des députés. Ainsi pris pour cible, le gouvernement fait alors adopter immédiatement deux lois graves, qui remettent profondément en question les libertés acquises : la première de ces lois concerne la presse et condamne d'emprisonnement toute déclaration considérée comme une apologie des attentats ou une provocation à en commettre, même lorsque cette provocation n'est pas suivie d'effet ; la deuxième loi définit toute « entente établie dans le but de préparer ou de commettre des crimes contre les personnes ou les propriétés » comme une association de malfaiteurs, condamnable des travaux forcés et de la relégation. Mais les attentats continuèrent et, en juillet 1894, le président de la République lui-même, Sadi Carnot, est assassiné. Une troisième loi est alors aussitôt votée, renforçant encore la répression contre toute forme de propagande anarchiste. Ce sont ces trois lois que les anarchistes et, plus largement, les socialistes révolutionnaires désignèrent sous le terme de « lois scélérates ».

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