Langue française

  • Cet ouvrage constitue une réédition des écrits d'usine de l'auteur (Putain d'usine, L'Insomniaque, 2002), revue et augmentée de la chronique Après la catastrophe (L'Insomniaque, 2002) et de l'épilogue industriel Plan social (inédit).

    " Tous les jours pareils. J'arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons - et des collègues que, certains jours, on n'a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s'habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu'elle délocalise, qu'elle restructure, qu'elle augmente sa productivité, qu'elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu'il n'y ait plus ce travail, qu'on soit libres. Libres, mais avec d'autres soucis.
    Personne ne parle de ce malaise qui touche les ouvriers qui ont dépassé la quarantaine et qui ne sont plus motivés par un travail trop longtemps subi. Qu'il a fallu garder parce qu'il y avait la crise, le chômage. Une garantie pour pouvoir continuer de consommer à défaut de vivre.
    On a remplacé l'équipe d'après-midi, bienheureuse de quitter l'atelier. C'est notre tour, maintenant, pour huit heures. On est installés, dans le réfectoire, autour des tasses de café. Les cuillères tournent mollement, on a tous le même état d'esprit et aussi, déjà, la fatigue devant cette nuit qui va être longue. "

  • Pendant dix ans (2005-2015), chaque mois, Jean-Pierre Levaray a animé la chronique « Je vous écris de l'usine » dans le mensuel CQFD. Il a raconté les heurs et malheurs de la classe ouvrière, sa classe. Les luttes et les espoirs, les joies et les peines, les travers et la résignation, parfois. Ce texte vient d'en bas. Il en a le goût et l'odeur. Ode à l'écriture prolétarienne.

  • 2003 ! Une année quand même pas tout à fait ordinaire que cela.
    Avec une énorme mobilisation sociale au printemps. Pour défendre le système des retraites par répartition et s'opposer à la casse des services publics. Avec des manifs hardi tiens bon et des grèves comme s'il en pleuvait. Avec la défaite, au bout. Les poings serrés de rage. Le coeur submergé de révolte contre le gouvernement, le patronat, les directions syndicales... Mais une année comme toutes les autres, malgré tout ! Avec ce putain de quotidien.
    Au boulot ou ailleurs. Cette usure de tous les instants. Mais avec également quelques petits perce-neige têtus de résistances de tous ordres venant tarauder le grand manteau blanc de l'hiver salarial et jeter quelques traits de lumière dans la grande nuit de la marchandisation des choses de la vie. Jean-Pierre Levaray, ouvrier d'usine, nous conte tout cela via le journal qu'il a tenu cette année là. Toutes ces petites grandes choses et ces grandes petites choses qui émaillent chaque jour la vie du peuple travailleur.
    Et c'est peu dire que c'est poignant d'authenticité et de dignité. Car, sans cesse au carrefour de la révolte et de la résignation. A la frontière entre espérance et désespérance. Au coeur de la condition ouvrière tout simplement !

  • De jeunes cheminots en 1940 se retrouvent confrontés à l'invasion allemande en France. Que faire ? Un court récit de résistance aux échos actuels multiples.

  • Le Havre la rebelle est un ouvrage collectif coédité par Libertalia et l'union locale CGT du Havre.
    Hommage à celles et ceux qui font et ont fait la ville, ce livre offre un point de vue alternatif aux festivités d'anniversaire organisées par le maire (et Premier ministre) à l'occasion des cinq cents ans de la ville.
    Il y est question de musique, de luttes sociales, de cinéma et de littérature. Il y est surtout question de résistances et d'insoumission.

  • Découvrez Tue ton patron, saison 2, le livre de Jean-Pierre Levaray. On a tous rêvé, un jour, une nuit, de se débarrasser de son patron. Mais ce n'est pas si facile. Alors, si on s'y mettait tous ensemble ? C'est ce que les ouvriers d'une usine fabriquant des composants électroniques pour le secteur automobile mettent en oeuvre lorsque le patron veut fermer la boîte. Cela se passe très vite, en quelques heures, à la faveur d'une réunion pour annoncer les licenciements. Mais pour que ce soit rapide et efficace, il faut avoir tout bien préparé. Tue ton patron, premier du genre, racontait l'acte individuel d'un chômeur. Pour ce deuxième opus, c'est le "tous ensemble" qui prévaut. Plus efficace ? Moins noir ? A voir et à lire. Imaginez un monde sans patron...

  • Tuer le temps... Une usine où l'on attend le grand licenciement, sous la menace de la grande explosion - et vice versa... Une usine de produits chimiques, similaire à celle d'AZF - dont la désintégration ensanglanta et dévasta Toulouse en septembre 2001 - et appartenant à la même sinistre multinationale... C'est sans fioritures que l'auteur narre avec force le quotidien d'une classe ouvrière qui, loin d'être allée au paradis, se morfond dans un purgatoire oublié. Englués dans la grisaille, confrontés au mépris et à la morgue des décideurs et gestionnaires, les prisonniers du boulot oscillent entre les tentations de la révolte et les affres de la résignation...


  • c'est bien au " chagrin " que vont encore les ouvriers, ces invisibles qui forment en france une classe fantôme plus que jamais méprisée par la sphère politico-médiatique, plus que jamais brimée par les puissances économiques et judiciaires.
    ceux, par exemple, qui triment pour la nocive industrie chimique dans des ateliers qui se délabrent sur des machines qui se détraquent, en attendant délocalisations et licenciements collectifs. après putain d'usine, jean-pierre levaray nous invite à une nouvelle visite impromptue au coeur de l'une des mégamachines qui régentent et broient nos existences. il nous écrit de l'usine oú il gagne son pain depuis trente ans.
    ces deux douzaines d'historiettes vécues exposent sans vains larmoiements l'angoisse et la douleur, le désarroi et la colère de salariés auxquels il ne restera bientôt que les yeux pour pleurer.

  • " du parti des myosotis " relève le défi de faire exister après sa mort un être dont la vie a été marquée au sceau du silence et de l'absence.
    " taiseux " depuis toujours, marceau levaray est devenu dans les dernières années de sa vie, sous l'effet des différentes maladies dont il souffre, carrément autiste. et devant la perspective de sa disparition, son fils se rend compte, effaré, qu'il ne sait presque rien du passé de son père. nous sortons un peu sonnés de la lecture de ce petit livre, car il nous fait vertigineusement entrevoir l'existence de ceux qui ne défrayent jamais la chronique, ceux auxquels ne s'intéresse aucun romancier, aucun cinéaste, aucun journaliste ou chroniqueur...

    />

  • Je ne me suis rendu compte de son existence que lorsque je l'ai vu, un midi, au milieu du carrefour près de l'usine, alors que je m'apprêtais à aller bosser.
    Il était au centre du trafic, frôlé de près par des camions plus ou moins gros, plus ou moins rapides, en train de s'escrimer à soulever une plaque de taule et à la replacer dans un caddie duquel elle était tombée. je ne sais pas pourquoi, je ne l'avais jamais vu auparavant. peut-être a-t-il toujours fait partie des fantômes que nous croisons sans voir lorsque nous quittons rapidement l'usine et traversons ce qui s'appelle le vieux bourg.
    Depuis, c'est comme si je ne voyais plus que lui. sans doute parce que sa pauvreté et les galères qu'il doit supporter accentuent ma culpabilité à ne rien faire pour lui. mais aussi parce que sa présence me montre du doigt ce vieux bourg qui jouxte l'usine et que je ne voyais plus. je n'y prêtais plus attention, parce qu'il faisait partie du quotidien et de l'usine même. pourtant, le vieux bourg est là, et encore là.

  • Putain d'usine dresse le portrait d'une classe ouvrière à la fois résignée et révoltée.

    Version intégrale en 432 pages de la trilogie (Putain d'usine, Les fantômes du vieux bourg, Tue ton patron). Cette adaptation des romans à succès de Jean-Pierre Levaray par Efix fait surgir la force du propos, aussi sombre soit-il ; l'énergie collective, les petites victoires, la résistance face au mépris, les liens d'amitiés, l'humain malgré tout.

    Un livre plus que jamais d'actualité !

    Une intégrale qui donne toute la mesure à un récit fort et touchant, non sans écho aux mouvements sociaux actuellement en France.

  • Ouvrier dans une usine classée Seveso près de Rouen, le personnage principal témoigne de son sombre quotidien de travailleur que l'usine semble broyer, lui et ses collègues, un peu plus chaque jour. L'usine est dangereuse, menaçante, mais aussi aliénante, labyrinthe mortifère où chacun se noie entre angoisse et ennui tandis que les années passent.
    De ce témoignage inédit le regard et le trait d'Efix font surgir la force du propos, aussi sombre soit-il ; l'énergie collective, les petites victoires, la résistance face au mépris, les liens d'amitiés,... l'humain malgré tout.
    Les portraits de tous ces hommes usés, les vivants et les morts, construisent aussi, au fil des pages, le récit de l'échappée possible et de l'espoir toujours battant.

  • Voilà deux ans que le personnage principal - anonyme - est au chômage. Après vingt-cinq ans de boîte, notre homme est parti avec un chèque de vingt mille euros en poche en guise de prime pour " départ volontaire ". Une humiliation qui laisse des traces.Le licencié va mûrir son plan pour éliminer sa cible : Pelletier-Raillac, le big boss de FFI. C'est dans la tour qui abrite le siège social de l'entreprise, dans le quartier de La Défense, véritable réplique de Gotham City, que différents projets de meurtres vont être patiemment élaborés. Grâce à des dons certains de camouflage, l'ancien prolo enfile plusieurs costumes pour repérer les lieux. Vigile sous le nom de Guy Debord (l'un des fondateurs de l'Internationale situationniste), larbin sous le nom de Marius Jacob (génial cambrioleur anarchiste) ou faux chargé de communication sous le nom de Paul Lafargue (l'auteur du Droit à la paresse ), il va tout découvrir des luttes de pouvoir, du jeu des courtisans, du fonctionnement des services et des travers de ses ex-collègues." Déguisé en arme ", le vengeur anonyme attend son heure : " En haut de cette tour, du haut de mon mirador, j'observe et je réfléchis à comment faire. Je suis le ver dans le fruit. Patrons, décideurs, entrepreneurs, boss, crapules, tremblez, je vais faire un exemple. "

  • Je ne me suis rendu compte de son existence que lorsque je l'ai vu, un midi, au milieu du carrefour près de l'usine, alors que je m'apprêtais à aller bosser. Il était au centre du trafic, frôlé de près par des camions plus ou moins gros, plus ou moins rapides, en train de s'escrimer à soulever une plaque de taule et à la replacer dans un Caddie duquel elle était tombée. (...) Je ne sais pas pourquoi je ne l'avais jamais vu auparavant. Peut-être a-t-il toujours fait partie des fantômes que nous croisons sans voir lorsque nous quittons rapidement l'usine et traversons ce qui s'appelle le Vieux Bourg, quartier situé en lisière de nos barbelés. Depuis, c'est comme si je ne voyais plus que lui. Sans doute parce que sa pauvreté et les galères qu'il doit supporter, accentuent ma culpabilité à ne rien faire pour lui. Mais aussi parce que sa présence me montre du doigt ce Vieux Bourg qui jouxte l'usine et que je ne voyais plus. Je n'y prêtais plus attention, parce qu'il faisait partie du quotidien et de l'usine même. Pourtant, le Vieux Bourg est là, et encore là.

  • C'est sans fioritures que Jean-Pierre Levaray narre avec force le quotidien d'une classe ouvrière qui, loin d'être allée au paradis, se morfond dans un purgatoire oublié. Englués dans la grisaille, confrontés au mépris et à la morgue des décideurs et gestionnaires, les prisonniers du boulot oscillent entre les tentations de la révolte et les affres de la résignation, l'ensemble sous le trait sans concession d'Efix qui est entré dans ce texte comme on entre en résistance : le poing levé.

  • Putain d'usine t.1

    ,

    • Physalis
    • 1 Novembre 2012

    Cette BD réalisée par J-P Levaray au scénario (qui adapte là son roman du même nom aux éditions L'Insomniaque) et par Efix aux dessins est d'un genre très particulier. Particulier, parce qu'elle raconte le quotidien d'un ouvrier d'une usine de produits chimiques, classée Seveso 2.
    J-P Levaray est, à l'époque où il écrit son livre, ouvrier dans cette usine. Ce n'est pas gai tous les jours : les ouvriers n'ont pas envie de venir bosser ; le livre commence par ces phrases : « Tous les jours pareils. J'arrive au boulot. Et ça me tombe dessus comme un vague de désespoir.
    Comme un suicide. Comme une petite mort. Comme la brûlure de la balle sur la tempe. On en arrive à rêver que la boîte ferme. Qu'elle restructure. » . Le travail est pénible, dangereux et pas du tout motivant. Beaucoup de salariés sont entrés dans cette boîte croyant y faire un bref séjour. Et puis, ça dure. La vie fait qu'il n'est pas toujours facile ou possible de changer. On se réveille 20 ans plus tard en se disant qu'on est toujours là, dans cette usine.

empty