• Plus d'un milliard d'hommes sont façonnés par une foi universelle, encadrés spirituellement par une hiérarchie sacerdotale, professant le même Credo, guidés par un pasteur unique, l'évêque de Rome. Cela leur confère d'évidentes particularités culturelles : ils ne répugnent pas à se laisser conduire et se méfient des excès du libre arbitre. Au sein même du christianisme, on n'entretient pas les mêmes relations entre hommes, femmes et enfants nés ou à naître, on ne dort pas tout à fait de la même façon, on ne regarde pas l'argent du même oeil, on n'apprécie pas les mêmes vins, on ne bâtit pas les mêmes villes, on n'installe pas les mêmes cimetières, on n'a pas la même attitude face à la nature, selon que l'on est catholique ou protestant, etc.
    L'ancrage de l'Occident méridional dans la foi et la culture catholiques a joué un rôle crucial dans lorganisation de lespace, dans les paysages et larchitecture, dans les pratiques sociales, par exemple dans la conception de la sexualité ou de lalimentation. Partout, les catholiques sont à la fois divers et semblables. Certains vivent en terre de vieille chrétienté, dans des régions évangélisées à lépoque moderne (Amérique latine, Philippines...) et d'autres encore appartiennent à des contrées qui étaient, il y a peu, des pays de mission (Afrique, Océanie...). Aujourd'hui, le catholicisme a beau reculer dans les coeurs et les intelligences des Européens, il marque toujours leurs mentalités et leurs habitudes.
    Le grand spécialiste de géographie culturelle qu'est Jean-Robert Pi nous montre et explique les manières dont se croisent, sur le terrain, cette foi universelle et les coutumes propres à tous les groupes humains. Il illustre son propos par une quarantaine de cartes et une vingtaine de reproductions d'oeuvres dart qui éclairent une démarche tout à fait nouvelle.

  • Rares sont les parcelles de notre territoire qui ont échappé à la main de l'homme. Campagnes d'openfield ou de bocage, régions littorales ou massifs forestiers, zones urbaines ou haute montagne sont toutes le résultat de l'aménagement voulu par plus de deux cents générations d'occupants.
    Jean-Robert Pitte décrit ici les mutations incessantes qu'a connues et que connaît toujours notre environnement. Il montre combien le paysage constitue le témoin privilégié de notre histoire culturelle et de ses mutations, bien davantage qu'il n'est soumis aux conditions naturelles, à l'érosion ou au climat. Reçu à sa parution comme un livre pionnier, Histoire du paysage français propose toujours une vue d'ensemble inestimable, portée par une érudition impressionnante.

  • Un Bourguignon, c'est un descendant de brachycéphale du Néolithique, mâtiné de Celte, de Grec, de Romain (c'est-à-dire venant de nulle part ou plutôt de partout autour de la méditerranée), de Burgonde, de Franc, d'un soupçon d'Alaman, de Vandale, de Normand, de Sarrazin, de Flamand.
    Qu'est-ce qui caractérise l'aimable personnalité attribuée aux Bourguignons? La franchise, la truculence, la malice, une manière d'être Français sans être Parisien. L'oeil plissé de celui qui ne prend rien tout à fait au sérieux tout en donnant avec générosité le meilleur de lui-même. Depuis plusieurs siècles, nombreux sont les Bourguignons qui n'engendrent pas la mélancolie. Les femmes et les hommes qui ont illustré cet esprit de la Province sont légion. Certes, il y a saint Bernard et Bossuet qui ont fait preuve de mysticisme et d'une gravité certaine, mais la pénitence choisie est compatible avec la jubilation intérieure de l'amour de Dieu. Et à côté d'eux, Pontus de Thyard, Bussy-Rabutin, Piron, Tillier, Colette, Vincenot... sont de joyeux lurons, tout comme les hautes figures de la création littéraire : Colas Breugnon, l'oncle Benjamin ou le pape des escargots qui portent tous la malice en bandoulière.

  • La gastronomie - comme art du bien manger et du bien boire - est un élément essentiel du savoir-vivre et de l'identité français. Si bien que l 'Unesco a inscrit le « repas gastronomique des Français » en 2010 sur la liste du Patrimoine immatériel de l'humanité. Désormais considérée comme un monument à part entière de la culture et du patrimoine, la gastronomie française est ainsi indissociablement liée à son territoire. Cet atlas grand public sans équivalent propose une géographie inédite de la France gastronomique : cartographies originales des grandes familles de produits (traitées sur une ou deux double-pages, et illustrées de photographies), inventaire régional des aires de production des produits solides et liquides AOP, tour de France des hauts lieux du repas gastronomique... Chaque texte sera assorti de zooms explicatifs, de recettes brièvement exposées et éclairées de leur origine et de leur histoire, d'encadrés littéraires, de photographies... Un ouvrage à déguster...

  • Bordeaux, Bourgogne : deux civilisations qui s'opposent, deux ambitions rivales de produire les meilleurs vins du monde. Quoi de commun entre ce Bourguignon tout en rondeur, et ce Bordelais, grand bourgeois raffiné, sinon leur commune passion pour l'excellence.

    Pour ressouder cette fracture française, Jean-Robert Pitte mobilise toute l'histoire culturelle et économique des deux vignobles et des sociétés qui les exploitent. La qualité a bien une histoire, et n'est pas due au seul terroir physique, comme certains se plaisent à l'affirmer. Elle est surtout le fruit des savoir-faire qu'ont développés au fil des siècles ces professionnels sans qui il n'y aurait pas de grands vins : pédologues, agronomes, biologistes, oenologues, sommeliers, etc. Ces talents conjugués n'ont toujours eu pour seul but que la satisfaction de l'amateur éclairé.
    Aujourd'hui, la concurrence internationale remet en question la suprématie des vins français en les attaquant sur un terrain où ils n'auraient jamais pensé être contestés : la qualité. Les vins de Bordeaux et de Bourgogne ne pourront continuer à s'imposer sur le marché international qu'en affirmant leur spécificité respective, sans céder à la facilité d'un goût mondialisé.

  • " La géographie est la science qui permet de mieux habiter la planète, de mieux en partager les richesses, de mieux vivre ensemble dans la diversité des cultures ouvertes sur l'échange, d'être meilleur citoyen du monde.
    Elle est l'antidote du choc des civilisations, de la fin de l'histoire et de toutes les peurs millénaristes. C'est en outre le plus sûr moyen de réenchanter le monde " Jean-Robert Pitte.

  • L'amour du vin

    Jean-Robert Pitte

    Un sage chambertin qui évoque un sous-bois de feuillus un soir d'automne, un bandol qui nous fait sentir la garrigue chauffée par le soleil du Midi, un champagne qui nous rappelle un corps aimé. Il est peu de matières, d'aliments qui suscitent un tel émerveillement, une telle passion et qui sont aussi ancrés dans notre société. Le vin fait partie de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture.
    Face à la montée de la prohibition qui privilégie le principe de précaution plutôt que l'apprentissage d'une consommation responsable, il fallait revenir sur notre relation complexe et paradoxale au vin, sur ses origines, ses liens avec la religion, la santé, l'éducation, le politique... Et sur sa contribution éclatante au rayonnement de la France dans le monde.

  • Si la viticulture connaît en France une (relative) crise, il n'en va pas de même dans l'ensemble du monde : l'Amérique (du Nord et du Sud), l'Afrique (méridionale), l'Australie et bien d'autres contrées (avec souvent pour seule limite l'islam) développent des vignobles parfois remarquables. Pourtant ils n'ont pas les mêmes sols que nous et pas toujours les mêmes cépages. Cependant ils ont appris de l'Europe le plus précieux : les modes de culture et d'entretien de la vigne, la vinification.

    On peut donc dresser aujourd'hui, à l'heure de la mondialisation, un bilan très neuf de la vigne et du vin sur l'ensemble de la planète.

    Avec goût, compétence, précision, s'attachant à la mise en bouteille comme à la conservation, du transport et au négoce, J.-R. Pitte nous donne ici vraiment la première encyclopédie complète sur le sujet.

  • Le concert de louanges décernées par l'ensemble du monde à notre gastronomie, ajouté à l'intérêt des Français pour les plaisirs de la table, pose un réel problème historique et géographique: quand, comment et où a germé, fleuri et rayonné la haute cuisine à la françaiseoe Pourquoi dans l'Hexagone et non dans les autres pays européens (par exemple l'Italie), alors qu'il existe partout des produits de qualité, des mets de choix et des amateurs éclairésoe Il importe de comprendre le processus séculaire qui _ à la faveur de l'aimable laxisme de l'Eglise en ce domaine et grâce aux modèles proposés par la Cour et la haute aristocratie puis la bourgeoisie _ a permis, depuis la Renaissance, à cette réputation de s'établir.
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    Aujourd'hui, quelque peu endormis sur leurs lauriers, les Français auraient pourtant tort de se croire à jamais les meilleurs. Quelques douzaines de chefs de génie ne sauraient faire oublier ni la banalité et la pauvreté gustative qui menacent bien des tables familiales ni les assauts venus d'outre-Atlantique. Il faut éduquer le goût, inciter le secteur agro-alimentaire à rechercher la qualité et l'authenticité, faire reculer l'uniformité qu'engendre une productivité dévoyée. Que les Français se persuadent à nouveau de manger vrai, et ils guériront peut-être de la maladie de langueur qui les atteint parfois.

    Professeur de géographie à l'université de Paris-Sorbonne, Jean-Robert Pitte s'intéresse particulièrement aux phénomènes culturels dans leurs rapports avec l'espace. Parmi ses ouvrages, on peut citer l'Histoire du paysage français (1983) et Terres de Castanide, Hommes et paysages du châtaigner des origines à nos jours (Fayard, 1986).

  • Façonné par deux cents générations d'hommes, le paysage de la france est le plus divers qui soit : ne s'accorde-t-on pas à y reconnaître plus de six cents régions agricoles ? cette diversité est fille de la nature, mais plus encore de la culture : contrairement aux idées reçues, il ne saurait exister en france le moindre pouce carré d'espace " naturel ".
    Mus par la soumission au cosmos, puis par la volonté de transformer le monde, les hommes ont sans cesse remodelé le paysage. de la préhistoire aux aménagements les plus récents, l'auteur suit pas à pas les innombrables transformations du cadre de vie, dont nous sommes à la fois les héritiers, les auteurs, les utilisateurs et les observateurs. urbanisme monumental et espace symétriquement ordonné de la gaule romaine ; villes encloses de murailles et " blanc manteau d'églises " de la france médiévale ; cités nouvelles du grand siècle, surgies de l'imagination des princes ; landes reboisées, marais asséchés, villes remodelées par l'industrie triomphante ; campagnes défigurées et surexploitées, mornes banlieues du xxe siècle : autant d'aspects, parmi d'autres, d'une aventure riche et fascinante, qui fait du paysage un témoin privilégié de notre histoire culturelle.

    En vingt ans, l'histoire du paysage français est devenu un classique, alliant la qualité de l'écriture, la saveur de l'érudition, l'originalité des idées et la volonté d'être accessible. alors que la qualité de la vie et la qualité des paysages, inextricablement liées, constituent une préoccupation essentielle des français, cette nouvelle édition revue, mise à jour et enrichie d'un cahier iconographique, est plus que jamais d'actualité.

  • En cent chroniques brillantes et suggestives, Jean-Robert Pitte relate une dizaine d'années d'expériences de dégustation. Loin de le faire à la manière austère, technique souvent un peu snob des sommeliers et des grands maîtres de chai, il le fait avec sa sensibilité d'humaniste, avec sa culture de géographe et d'historien : tout vin a une histoire, une longue histoire souvent.

    D'où viennent les cépages ? Pourquoi les méthodes de culture et les modes de vinification ne sont-ils pas tous les mêmes ? Quels sont les rôles du terroir et du climat ? À quels plats ou quel repas tel vin se prête-t-il le mieux ? Etc.
    Bourré d'anecdotes et de renseignements inattendus, ce livre se déguste avec bonheur.

  • Ce livre présente une géographie générale de la France permettant de comprendre la formation du territoire national et son organisation actuelle.
    L'auteur aborde l'ensemble des facettes de la discipline géographique. Il s'attache à la géographie historique de la France, à sa géographie démographique, à la question des milieux, mais aussi à celle de l'aménagement du territoire. Il explique le système formé par les villes et les voies de communication, l'organisation de l'espace productif français, avant de se pencher sur les espaces vécus des Français, sur la place de la France en Europe et dans le monde, dans une perspective de géographie culturelle et de géopolitique.
    La nouvelle édition est riche d'un ensemble de documents et de données mis à jour, ainsi que d'une cartographie actualisée permettant de saisir l'unité et la diversité du territoire français.
    Cet ouvrage est destiné à un public d'étudiants ou d'élèves de classes préparatoires, mais aussi de non-spécialistes, pour lesquels il constitue un outil très utile, clair et synthétique.

  • Le bac est devenu une imposture : son niveau baisse chaque année et sa médiocrité est entretenue par le renoncement des responsables de l'Éducation nationale. L'épreuve stresse les candidats et leurs parents, et ne sert à rien. Jean-Robert Pitte, ancien président de l'Université de Paris-Sorbonne, membre de l'Institut, sort de son devoir de réserve. Il nous alerte sur un naufrage qui, à terme, peut faire sombrer tout un pays. Il est urgent de sauver de la déroute les lycéens, victimes chaque année de ce dévastateur mensonge d'État. Ils sont trop nombreux à se retrouver ensuite livrés à eux-mêmes, dans des universités qui ne peuvent rien faire face à l'afflux d'étudiants qui n'ont ni le niveau ni les aptitudes pour répondre aux exigences des études supérieures. L'auteur dénonce ici l'inacceptable et propose des solutions pour une école et une université du savoir, de la liberté responsable, de l'égalité exigeante et d'une fraternité sans démagogie.

  • De tous ceux qui peuplent nos pays, le châtaignier est certainement le moins " naturel " des arbres. sa culture a sans doute ré imaginée dans le caucase et a gagné pendant l'antiquité l'europe occidentale où il poussait déjà à l'état sauvage. grâce à une sélection méthodique de ses meilleures variétés, il a été littéralement " domestiqué " à la fin du moyen age et à l'époque moderne. consommés sous diverses formes, ses fruits _ d'une grande valeur nutritive _ compensèrent longtemps les fréquents déficits céréaliers d'un monde souffrant d'un trop-plein d'hommes et vulnérable aux moindres variations climatiques.

    Jouant jusqu'au siècle dernier, en de nombreuses régions d'altitude moyenne au sol pauvre, un rôle fondamental dans l'économie rurale (bien qu'on en ait rarement pratiqué la monoculture), il est a l'origine de paysages très typés _ dont il ne reste plus de nos jours que des traces _, et son bois a connu de multiples usages _ en particulier les échalas des vignes et une quantité d'objets de la vie quotidienne.

    On peut donc à bon droit parler d'une " civilisation du châtaignier " qui possède des traits communs en galice, en toscane, dans le trás-os-montes portugais, en corse, dans les cévennes, l'auvergne et le limousin: une civilisation à l'imaginaire très riche et dont la disparition entraîne aujourd'hui des nostalgies un peu trop oublieuses de son caractère éphémère à l'échelle des siècles.

    L'histoire du châtaignier en europe et des hommes qui l'ont fait et en ont vécu n'avait jamais été entreprise. la voici retracée, d'après l'observation sur le terrain et la consultation des archives, avec la perspicacité que confère à l'historien des paysages la connaissance _ propre au géographe _ du pragmatisme des activités humaines devant les sols et les climats.

    Né en 1949, 3jean-robert pitte, agrégé de géographie, est maître de conférences à l'université de paris jorbonne. auteur de plusieurs ouvrages sur la mauritanie, il s'intéresse également depuis une dizaine d'années à tous les problèmes historiques liés à l'interaction des hommes et du milieu: il a ainsi publié en 1983 un livre très neuf sur l'histoire du paysage français.

  • Les livres sacrés et les rites des grandes religions du monde entretiennent d'étroites relations avec les boissons fermentées.


    L'euphorie voire l'ivresse qu'elles procurent sont réputées favoriser l'accès au divin - seuls les musulmans doivent attendre le paradis pour jouir de leurs bienfaits. Vin, bière, saké, pulque, vin de palme sont au coeur des cultures animiste, polythéiste, chrétienne ou bouddhiste. L'Eucharistie, qui invite les fidèles à communier au sang du Christ sous les apparences du vin, est à l'origine de la diffusion mondiale de la vigne jusqu'à l'équateur et aux confins du cercle polaire. L'histoire et la géographie des boissons fermentées sont intimement liées à celles des civilisations. C'est à ce titre qu'elles intéressent tout un chacun, croyant ou non, oenophile ou non.

  • Bordeaux bourgogne

    Jean-Robert Pitte

    • Fayard
    • 24 Août 2005

    Bordeaux, bourgogne : deux civilisations qui s'opposent, deux ambitions rivales de produire les meilleurs vins du monde.

    Quoi de commun entre ce Bourguignon tout en rondeur, et ce Bordelais, grand bourgeois raffiné, sinon leur commune passion pour l'excellence ? Pour ressouder cette fracture française, Jean-Robert Pitte mobilise toute l'histoire culturelle et économique des deux vignobles et des sociétés qui les exploitent. Car la qualité a bien une histoire, et n'est pas due au seul terroir physique, comme certains se plaisent à l'affirmer. Elle est surtout le fruit des savoirs-faire qu'ont développés au fil des siècles ces professionnels sans qui il n'y aurait pas de grands vins : pédologues, agronomes, biologistes, oenologues, sommeliers, etc. Ces talents conjugués n'ont toujours eu pour seul but que la satisfaction de l'amateur éclairé.

    Aujourd'hui, la concurrence internationale met en question la suprématie des vins français en les attaquant sur un terrain où ils n'auraient jamais pensé être contestés : la qualité. Les vins de Bordeaux et de Bourgogne ne pourront continuer à s'imposer sur le marché international qu'en affirmant leur spécificité respective, sans céder à la facilité d'un goût mondialisé.

  • Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante.

    Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

    La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

    Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

  • Dardanus Nouv.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, sur la route de Saint-Geniez, un mystérieux rocher gravé fait mention de Théopolis, cité fondée au Ve siècle en référence à laCité de Dieu augustinienne, et dont l'existence, la taille et la localisation ont fait l'objet de nombreuses spéculations.Mais plus que la cité elle-même, la figure de son fondateur, Dardanus, fascine les historiens et excite depuis longtemps les imaginations, son existence étant très peu documentée.Qui était ce Romain qui vécut dans les derniers temps troublés de l'Empire, parvint aux plus hautes fonctions et qui, à la suite de sa conversion au christianisme, se retira dans les Alpes, où il fonda la fameuse Théopolis, dont les siècles ont effacé toute trace, à l'exception de la Pierre écrite ?À travers ce récit romancé en forme de journal intime, Jean-Robert Pitte tente de lever le voile sur le mystère qui continue de planer sur cette cité et nous livre sa version de l'histoire de Claudius Posthumus Dardanus, préfet du prétoire des Gaules à la destinée étonnante.

  • Poursuivre des études n'est plus aujourd'hui une garantie d'insertion professionnelle réussie. Notre pays compte près de 10 % de demandeurs d'emploi (25 % chez les jeunes de moins de 25 ans) et 50 % de mécontents de leur travail.
    Ces chiffres alarmants sont en partie la conséquence de la crise mondiale, mais en partie seulement. Nous devons d'urgence améliorer notre système d'information et d'orientation sur les formations tout au long de la vie et leurs débouchés. Ancien président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, aujourd'hui Délégué à l'Information et à l'Orientation auprès du Premier ministre, assisté de plusieurs spécialistes, débroussaille le labyrinthe de l'orientation en abordant tous les thèmes : la définition d'un projet professionnel ; l'adéquation désir-capacités-marché de l'emploi ; la sélection et les diverses orientations possibles ; comment disposer des bonnes informations ; la formation continue ; la question des femmes, des seniors etc. Il nous livre une réflexion synthétique sur un problème qui reste crucial dans notre société et propose des moyens concrets de trouver son épanouissement professionnel.

  • Actualité de la pensée de Roger Dion Un demi-siècle après la publication du maître ouvrage de Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, les meilleurs spécialistes reviennent sur les apports essentiels de ce livre qui a révolutionné l'approche traditionnelle de la géographie viticole. Pour Dion, le terroir est un « fait social et non géologique », une construction historique avant toute chose. Facteurs essentiels, le sol et le climat ne suffisent pas à faire un bon vin : l'accès au marché de consommation est tout aussi déterminant. Le client, parce qu'il s'insère dans un réseau d'échanges commerciaux, est un « sculpteur de terroir ».

    À l'heure où la mondialisation accélérée des échanges annule l'effet de proximité et permet aux vins de voyager à faible coût sur de grandes distances, la question du terroir physique se pose toujours avec autant d'acuité. Il est plus que jamais nécessaire que des vignerons talentueux en révèlent les potentialités et fassent apprécier leurs vins par des amateurs qui acceptent d'en payer le prix. Et c'est pourquoi l'heureuse formule de Dion n'a rien perdu de son actualité : « Le rôle du terrain dans l'élaboration d'un grand cru ne va guère au-delà de celui de la matière dans l'élaboration d'une oeuvre d'art ».

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