Cnrs

  • L'amour du vin

    Jean-Robert Pitte

    Un sage chambertin qui évoque un sous-bois de feuillus un soir d'automne, un bandol qui nous fait sentir la garrigue chauffée par le soleil du Midi, un champagne qui nous rappelle un corps aimé. Il est peu de matières, d'aliments qui suscitent un tel émerveillement, une telle passion et qui sont aussi ancrés dans notre société. Le vin fait partie de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture.
    Face à la montée de la prohibition qui privilégie le principe de précaution plutôt que l'apprentissage d'une consommation responsable, il fallait revenir sur notre relation complexe et paradoxale au vin, sur ses origines, ses liens avec la religion, la santé, l'éducation, le politique... Et sur sa contribution éclatante au rayonnement de la France dans le monde.

  • " La géographie est la science qui permet de mieux habiter la planète, de mieux en partager les richesses, de mieux vivre ensemble dans la diversité des cultures ouvertes sur l'échange, d'être meilleur citoyen du monde.
    Elle est l'antidote du choc des civilisations, de la fin de l'histoire et de toutes les peurs millénaristes. C'est en outre le plus sûr moyen de réenchanter le monde " Jean-Robert Pitte.

  • Actualité de la pensée de Roger Dion Un demi-siècle après la publication du maître ouvrage de Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle, les meilleurs spécialistes reviennent sur les apports essentiels de ce livre qui a révolutionné l'approche traditionnelle de la géographie viticole. Pour Dion, le terroir est un « fait social et non géologique », une construction historique avant toute chose. Facteurs essentiels, le sol et le climat ne suffisent pas à faire un bon vin : l'accès au marché de consommation est tout aussi déterminant. Le client, parce qu'il s'insère dans un réseau d'échanges commerciaux, est un « sculpteur de terroir ».

    À l'heure où la mondialisation accélérée des échanges annule l'effet de proximité et permet aux vins de voyager à faible coût sur de grandes distances, la question du terroir physique se pose toujours avec autant d'acuité. Il est plus que jamais nécessaire que des vignerons talentueux en révèlent les potentialités et fassent apprécier leurs vins par des amateurs qui acceptent d'en payer le prix. Et c'est pourquoi l'heureuse formule de Dion n'a rien perdu de son actualité : « Le rôle du terrain dans l'élaboration d'un grand cru ne va guère au-delà de celui de la matière dans l'élaboration d'une oeuvre d'art ».

  • Grenouilles au riesling, fromage et malaga... Marier les vins et les mets est depuis deux siècles l'âme même du « Repas gastronomique des français » inscrit par l'UNESCO en 2010 sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité.

    On boit du vin en Gaule depuis l'Antiquité, mais le verre de vin n'y a pas toujours eu sa place à table. Loin d'être un élan hasardeux ou impulsif, accorder le boire au manger est un art subtil qui naît progressivement en France entre le XVIIIe et le XIXe siècle, dans le milieu de Cour, puis dans les restaurants de Paris. Le passage du service « à la française » au service « à la russe » le permet.

    Cet ouvrage nous plonge dans l'histoire mondiale de ces alliances mets-vins - où la France tient une place de choix -, depuis les Pharaons jusqu'à la « bistronomie » moderne, en passant par la Physiologie du goûtde Brillat-Savarin et les rituels chinois ou américains.

    Les auteurs (historiens, géographes, conservateurs de musée, écrivains, professionnels de la gastronomie et du vin, gastronomes) nous précisent les évolutions et les ruptures de cet art. Ils nous plongent dans cette symphonie captivante, rythmée par les innovations et les inventions parfois radicales dans la sphère culinaire, dont certaines au détriment de la recherche de l'harmonie avec les vins.

    Un savoureux mélange de sources, d'analyses et d'essais pour comprendre la genèse et les évolutions d'un art en plein développement.

  • Notre mer nourricière pourra-t-elle encore nourrir les hommes demain, comme elle le fait généreusement depuis toujours_? Pourra-t-on encore pêcher pour se nourrir et se régaler de la chair tendre d'un cabillaud ou du fumet d'une bouillabaisse ?

    La gestion des ressources halieutiques constitue l'un des grands défis économiques et politiques d'aujourd'hui. Des solutions sont possibles. On le sait. De sages mesures (quotas, surveillance) permettent notamment de reconstituer les peuplements de poissons, de coquillages et de crustacés et, ainsi, de recommencer à consommer de tout avec modération et en respectant les rythmes saisonniers.

    En analysant les enjeux alimentaires d'hier et d'aujourd'hui, aux quatre coins de la planète, ce livre aide à comprendre la transformation en cours. Réaliste, il donne les clés pour comprendre comment la demande croissante va bouleverser les modes de consommation (poissons et crustacés sauvages devenant un luxe) et les modes de production (avec le recours à l'aquaculture).

    Les contributions des géographes, des historiens, des spécialistes de gastronomie, nous montrent aussi combien « manger la mer » se fait de mille manières, des plus simples aux plus raffinées, en un art précieux qu'il faut préserver.

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