Sciences humaines & sociales

  • Rares sont les parcelles de notre territoire qui ont échappé à la main de l'homme. Campagnes d'openfield ou de bocage, régions littorales ou massifs forestiers, zones urbaines ou haute montagne sont toutes le résultat de l'aménagement voulu par plus de deux cents générations d'occupants.
    Jean-Robert Pitte décrit ici les mutations incessantes qu'a connues et que connaît toujours notre environnement. Il montre combien le paysage constitue le témoin privilégié de notre histoire culturelle et de ses mutations, bien davantage qu'il n'est soumis aux conditions naturelles, à l'érosion ou au climat. Reçu à sa parution comme un livre pionnier, Histoire du paysage français propose toujours une vue d'ensemble inestimable, portée par une érudition impressionnante.

  • Un Bourguignon, c'est un descendant de brachycéphale du Néolithique, mâtiné de Celte, de Grec, de Romain (c'est-à-dire venant de nulle part ou plutôt de partout autour de la méditerranée), de Burgonde, de Franc, d'un soupçon d'Alaman, de Vandale, de Normand, de Sarrazin, de Flamand.
    Qu'est-ce qui caractérise l'aimable personnalité attribuée aux Bourguignons? La franchise, la truculence, la malice, une manière d'être Français sans être Parisien. L'oeil plissé de celui qui ne prend rien tout à fait au sérieux tout en donnant avec générosité le meilleur de lui-même. Depuis plusieurs siècles, nombreux sont les Bourguignons qui n'engendrent pas la mélancolie. Les femmes et les hommes qui ont illustré cet esprit de la Province sont légion. Certes, il y a saint Bernard et Bossuet qui ont fait preuve de mysticisme et d'une gravité certaine, mais la pénitence choisie est compatible avec la jubilation intérieure de l'amour de Dieu. Et à côté d'eux, Pontus de Thyard, Bussy-Rabutin, Piron, Tillier, Colette, Vincenot... sont de joyeux lurons, tout comme les hautes figures de la création littéraire : Colas Breugnon, l'oncle Benjamin ou le pape des escargots qui portent tous la malice en bandoulière.

  • " La géographie est la science qui permet de mieux habiter la planète, de mieux en partager les richesses, de mieux vivre ensemble dans la diversité des cultures ouvertes sur l'échange, d'être meilleur citoyen du monde.
    Elle est l'antidote du choc des civilisations, de la fin de l'histoire et de toutes les peurs millénaristes. C'est en outre le plus sûr moyen de réenchanter le monde " Jean-Robert Pitte.

  • L'amour du vin

    Jean-Robert Pitte

    Un sage chambertin qui évoque un sous-bois de feuillus un soir d'automne, un bandol qui nous fait sentir la garrigue chauffée par le soleil du Midi, un champagne qui nous rappelle un corps aimé. Il est peu de matières, d'aliments qui suscitent un tel émerveillement, une telle passion et qui sont aussi ancrés dans notre société. Le vin fait partie de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture.
    Face à la montée de la prohibition qui privilégie le principe de précaution plutôt que l'apprentissage d'une consommation responsable, il fallait revenir sur notre relation complexe et paradoxale au vin, sur ses origines, ses liens avec la religion, la santé, l'éducation, le politique... Et sur sa contribution éclatante au rayonnement de la France dans le monde.

  • Façonné par deux cents générations d'hommes, le paysage de la france est le plus divers qui soit : ne s'accorde-t-on pas à y reconnaître plus de six cents régions agricoles ? cette diversité est fille de la nature, mais plus encore de la culture : contrairement aux idées reçues, il ne saurait exister en france le moindre pouce carré d'espace " naturel ".
    Mus par la soumission au cosmos, puis par la volonté de transformer le monde, les hommes ont sans cesse remodelé le paysage. de la préhistoire aux aménagements les plus récents, l'auteur suit pas à pas les innombrables transformations du cadre de vie, dont nous sommes à la fois les héritiers, les auteurs, les utilisateurs et les observateurs. urbanisme monumental et espace symétriquement ordonné de la gaule romaine ; villes encloses de murailles et " blanc manteau d'églises " de la france médiévale ; cités nouvelles du grand siècle, surgies de l'imagination des princes ; landes reboisées, marais asséchés, villes remodelées par l'industrie triomphante ; campagnes défigurées et surexploitées, mornes banlieues du xxe siècle : autant d'aspects, parmi d'autres, d'une aventure riche et fascinante, qui fait du paysage un témoin privilégié de notre histoire culturelle.

    En vingt ans, l'histoire du paysage français est devenu un classique, alliant la qualité de l'écriture, la saveur de l'érudition, l'originalité des idées et la volonté d'être accessible. alors que la qualité de la vie et la qualité des paysages, inextricablement liées, constituent une préoccupation essentielle des français, cette nouvelle édition revue, mise à jour et enrichie d'un cahier iconographique, est plus que jamais d'actualité.

  • Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante.

    Cet ouvrage novateur le montre avec beaucoup de science et de verve. Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

    La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

    Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain, etc.

  • De tous ceux qui peuplent nos pays, le châtaignier est certainement le moins " naturel " des arbres. sa culture a sans doute ré imaginée dans le caucase et a gagné pendant l'antiquité l'europe occidentale où il poussait déjà à l'état sauvage. grâce à une sélection méthodique de ses meilleures variétés, il a été littéralement " domestiqué " à la fin du moyen age et à l'époque moderne. consommés sous diverses formes, ses fruits _ d'une grande valeur nutritive _ compensèrent longtemps les fréquents déficits céréaliers d'un monde souffrant d'un trop-plein d'hommes et vulnérable aux moindres variations climatiques.

    Jouant jusqu'au siècle dernier, en de nombreuses régions d'altitude moyenne au sol pauvre, un rôle fondamental dans l'économie rurale (bien qu'on en ait rarement pratiqué la monoculture), il est a l'origine de paysages très typés _ dont il ne reste plus de nos jours que des traces _, et son bois a connu de multiples usages _ en particulier les échalas des vignes et une quantité d'objets de la vie quotidienne.

    On peut donc à bon droit parler d'une " civilisation du châtaignier " qui possède des traits communs en galice, en toscane, dans le trás-os-montes portugais, en corse, dans les cévennes, l'auvergne et le limousin: une civilisation à l'imaginaire très riche et dont la disparition entraîne aujourd'hui des nostalgies un peu trop oublieuses de son caractère éphémère à l'échelle des siècles.

    L'histoire du châtaignier en europe et des hommes qui l'ont fait et en ont vécu n'avait jamais été entreprise. la voici retracée, d'après l'observation sur le terrain et la consultation des archives, avec la perspicacité que confère à l'historien des paysages la connaissance _ propre au géographe _ du pragmatisme des activités humaines devant les sols et les climats.

    Né en 1949, 3jean-robert pitte, agrégé de géographie, est maître de conférences à l'université de paris jorbonne. auteur de plusieurs ouvrages sur la mauritanie, il s'intéresse également depuis une dizaine d'années à tous les problèmes historiques liés à l'interaction des hommes et du milieu: il a ainsi publié en 1983 un livre très neuf sur l'histoire du paysage français.

  • Ce livre présente une géographie générale de la France permettant de comprendre la formation du territoire national et son organisation actuelle.
    L'auteur aborde l'ensemble des facettes de la discipline géographique. Il s'attache à la géographie historique de la France, à sa géographie démographique, à la question des milieux, mais aussi à celle de l'aménagement du territoire. Il explique le système formé par les villes et les voies de communication, l'organisation de l'espace productif français, avant de se pencher sur les espaces vécus des Français, sur la place de la France en Europe et dans le monde, dans une perspective de géographie culturelle et de géopolitique.
    La nouvelle édition est riche d'un ensemble de documents et de données mis à jour, ainsi que d'une cartographie actualisée permettant de saisir l'unité et la diversité du territoire français.
    Cet ouvrage est destiné à un public d'étudiants ou d'élèves de classes préparatoires, mais aussi de non-spécialistes, pour lesquels il constitue un outil très utile, clair et synthétique.

  • Le bac est devenu une imposture : son niveau baisse chaque année et sa médiocrité est entretenue par le renoncement des responsables de l'Éducation nationale. L'épreuve stresse les candidats et leurs parents, et ne sert à rien. Jean-Robert Pitte, ancien président de l'Université de Paris-Sorbonne, membre de l'Institut, sort de son devoir de réserve. Il nous alerte sur un naufrage qui, à terme, peut faire sombrer tout un pays. Il est urgent de sauver de la déroute les lycéens, victimes chaque année de ce dévastateur mensonge d'État. Ils sont trop nombreux à se retrouver ensuite livrés à eux-mêmes, dans des universités qui ne peuvent rien faire face à l'afflux d'étudiants qui n'ont ni le niveau ni les aptitudes pour répondre aux exigences des études supérieures. L'auteur dénonce ici l'inacceptable et propose des solutions pour une école et une université du savoir, de la liberté responsable, de l'égalité exigeante et d'une fraternité sans démagogie.

  • Poursuivre des études n'est plus aujourd'hui une garantie d'insertion professionnelle réussie. Notre pays compte près de 10 % de demandeurs d'emploi (25 % chez les jeunes de moins de 25 ans) et 50 % de mécontents de leur travail.
    Ces chiffres alarmants sont en partie la conséquence de la crise mondiale, mais en partie seulement. Nous devons d'urgence améliorer notre système d'information et d'orientation sur les formations tout au long de la vie et leurs débouchés. Ancien président de la Sorbonne, Jean-Robert Pitte, aujourd'hui Délégué à l'Information et à l'Orientation auprès du Premier ministre, assisté de plusieurs spécialistes, débroussaille le labyrinthe de l'orientation en abordant tous les thèmes : la définition d'un projet professionnel ; l'adéquation désir-capacités-marché de l'emploi ; la sélection et les diverses orientations possibles ; comment disposer des bonnes informations ; la formation continue ; la question des femmes, des seniors etc. Il nous livre une réflexion synthétique sur un problème qui reste crucial dans notre société et propose des moyens concrets de trouver son épanouissement professionnel.

  • Un Français sur quatre, dit-on, a au moins un grand-père né étranger. Quant aux Parisiens, ils sont tous ou presque, depuis Louis-Philippe, issus du brassage des provinces françaises. En cela Jean-Robert Pitte ressemble à beaucoup de gens. Mais là où sa recherche d'ancêtres est originale et intéressera un public large, c'est qu'elle est conduite par le maître de la géographie et de l'histoire culturelles. Il fait ainsi la récapitulation de toutes les cultures qui se sont fondues en lui : - Chrétien convaicu, il se sent tout autant juif, comme l'était son grand-père hongrois anobli sous François-Joseph - Géographe, il souligne avec vigueur l'absurdité des frontières tracées après 1918 par des...géographes - Historien des cultures, il met en évidence tout ce qui a uni mais aussi séparé les peuples d'Europe ainsi que les diverses provinces françaises, en particulier les modes de vie, l'alimentation, le vêtement, etc... - Intellectuel quoique d'une famille où le livre n'avait guère de place, il retrace avec fascination l'ascension sociale d'un aïeul dont les travaux en physique ont servi à Einstein - Historien sans pareil de la gastronomie et de l'alimentation, il raconte comment le foie gras de la Putsa voisine sur sa table avec le kouglof alsacien. Bien que cette histoire vraie ne manque ni de romanesque ni de rebondissements, ce livre présente un étonnant raccourci et comme une parabole de l'histoire des Européens à travers la(les) culture(s) de notre continent. Un travail exemplaire.

  • Homme d'action autant qu'intellectuel, Philippe Lamour (1903-1992) est une figure atypique et inclassable qui a traversé tout le XXe siècle.
    Avocat jusqu'en 1940, il s'illustre dans plusieurs procès retentissants. Il mène parallèlement une carrière de journaliste et d'écrivain ; il crée et anime, en particulier en 1931-1933, la revue d'avant-garde Plans dans laquelle s'expriment quelques-uns des ténors de la création artistique et qui constitue le socle idéologique du planisme, un mouvement prônant la modernité technique et la planification économique et prenant pour modèles Lénine, Mussolini ou Roosevelt.
    Il participe à de nombreux courants de pensée contradictoires qui le conduisent du Faisceau au Front populaire, à la résistance à l'esprit de Munich, puis à un brutal retour à la terre en 1942. Dès la Libération, il s'associe activement à la modernisation de la France et à son orientation vers le productivisme. Il dirige la Confédération générale agricole, le nouveau syndicat qui remplace la Corporation, participe aux côtés de Monnet à la mise au point de la planification à la française.
    Puis il applique nombre des idées qui sont les siennes depuis la fin des années 1920 en inventant la politique d'aménagement du territoire à partir du laboratoire qu'est pour lui la région du Languedoc. Il réalise le canal du Bas-Rhône-Languedoc en vue de la reconversion agricole de la région et qui va surtout permettre la mise en valeur touristique du littoral. Il préside à partir de 1960 le Conseil supérieur de la construction, puis en 1963 la Commission nationale de l'aménagement du territoire chargée de réfléchir à la politique de la DATAR.
    Parallèlement - d'aucuns diront contradictoirement -, il milite en faveur de la qualité : invention des Vins délimités de qualité supérieure, des sentiers de grande randonnée, de l'aménagement de la montagne et du milieu rural en général, d'une politique de protection de l'environnement au service des hommes et de leurs activités. Ardent partisan de la régionalisation, il présida le comité économique et social du Languedoc-Roussillon de 1974 jusqu'à sa mort, restant ainsi fidèle à ses premières convictions selon lesquelles l'Etat doit donner les moyens aux forces vives de la nation d'assumer leurs responsabilités.

  • Le volume se compose de :

    - Histoire du paysage français (paru chez Tallandier en 1983)
    - Gastronomie française (Fayard, 1990)
    - Le Vin et le divin (Fayard, 2004)
    - Une dizaine d'études inédites (la forme des bouteilles, la géographie du saucisson, le rôle de la châtaigne dans l'alimentation traditionnelleoe)

  • Grenouilles au riesling, fromage et malaga... Marier les vins et les mets est depuis deux siècles l'âme même du « Repas gastronomique des français » inscrit par l'UNESCO en 2010 sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité.

    On boit du vin en Gaule depuis l'Antiquité, mais le verre de vin n'y a pas toujours eu sa place à table. Loin d'être un élan hasardeux ou impulsif, accorder le boire au manger est un art subtil qui naît progressivement en France entre le XVIIIe et le XIXe siècle, dans le milieu de Cour, puis dans les restaurants de Paris. Le passage du service « à la française » au service « à la russe » le permet.

    Cet ouvrage nous plonge dans l'histoire mondiale de ces alliances mets-vins - où la France tient une place de choix -, depuis les Pharaons jusqu'à la « bistronomie » moderne, en passant par la Physiologie du goûtde Brillat-Savarin et les rituels chinois ou américains.

    Les auteurs (historiens, géographes, conservateurs de musée, écrivains, professionnels de la gastronomie et du vin, gastronomes) nous précisent les évolutions et les ruptures de cet art. Ils nous plongent dans cette symphonie captivante, rythmée par les innovations et les inventions parfois radicales dans la sphère culinaire, dont certaines au détriment de la recherche de l'harmonie avec les vins.

    Un savoureux mélange de sources, d'analyses et d'essais pour comprendre la genèse et les évolutions d'un art en plein développement.

  • Notre mer nourricière pourra-t-elle encore nourrir les hommes demain, comme elle le fait généreusement depuis toujours_? Pourra-t-on encore pêcher pour se nourrir et se régaler de la chair tendre d'un cabillaud ou du fumet d'une bouillabaisse ?

    La gestion des ressources halieutiques constitue l'un des grands défis économiques et politiques d'aujourd'hui. Des solutions sont possibles. On le sait. De sages mesures (quotas, surveillance) permettent notamment de reconstituer les peuplements de poissons, de coquillages et de crustacés et, ainsi, de recommencer à consommer de tout avec modération et en respectant les rythmes saisonniers.

    En analysant les enjeux alimentaires d'hier et d'aujourd'hui, aux quatre coins de la planète, ce livre aide à comprendre la transformation en cours. Réaliste, il donne les clés pour comprendre comment la demande croissante va bouleverser les modes de consommation (poissons et crustacés sauvages devenant un luxe) et les modes de production (avec le recours à l'aquaculture).

    Les contributions des géographes, des historiens, des spécialistes de gastronomie, nous montrent aussi combien « manger la mer » se fait de mille manières, des plus simples aux plus raffinées, en un art précieux qu'il faut préserver.

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