• Les sept péchés capitaux, ce ne n'est pas seulement de la théologie, c'est aussi de la littérature. Il fallait Louis-Henri de la Rochefoucauld, l'auteur du Club des vieux garçons, pour nous raconter la tragi-comédie de la mesquinerie.

    «De la même façon qu'il y a un bon et un mauvais cholestérol, n'y a-t-il pas une mauvaise et une bonne avarice ? Contre la mondialisation heureuse à laquelle personne ne croit plus, il y a une radinerie vertueuse. Ne me déplaçant qu'en France, je ne prenais quasiment pas l'avion. Je gardais les mêmes mocassins des années. Je ne jetais rien. Je recyclais au maximum. Je polluais peu la planète.
    Mon avarice était écologique.
    J'étais un Harpagon bio !»

  • « Le christianisme s'en ira. Je n'ai pas besoin de débattre de cela. J'ai raison et l'avenir le prouvera. Aujourd'hui, nous sommes plus populaires que Jésus. » Ainsi parlait Lennon en 1966. Ne se mouchant pas du coude, les Beatles et autres idoles des jeunes pensaient alors remplacer Dieu. Cinquante ans plus tard, quoi de neuf ? Dominante mais épuisée, la culture pop ne produit plus d'icônes à l'inverse, le religieux revient.
    N'est-il pas temps d'envoyer paître les brebis égarées du divertissement ? Ne sachant plus à quel saint se vouer, le héros de ce roman, Louis, artiste en panne, enquête auprès de Philippe Manoeuvre, Katy Perry, Christophe, Kiddy Smile et autres joyeux drilles de l'industrie du spectacle. Ces rencontres et son cheminement font grandir en lui une autre prophétie, face à laquelle Lennon se retournerait dans sa tombe : et si Jésus redevenait plus populaire que les Beatles?

    Un roman désopilant, faussement initiatique, qui confirme le talent d'un jeune écrivain.

  • «La France nous l'avait suffisamment répété, en nous coupant la tête au besoin : nous avions fini de plastronner avec nos perruques poudrées, on achève bien les chevaux, cette planète ne voulait plus de nous, c'était la règle du jeu, les dinosaures et certaines épidémies, disparition des espèces et tout le tralala...
    Descendu de mon donjon et prêt pour la mise en bière, je gardais cette tristesse tzigane : le sentiment de n'avoir jamais su être comme tout le monde. De n'avoir jamais été vraiment vivant. De n'avoir été qu'un morceau de pâte à modeler à la forme étrange, une silhouette fuyante et indéfinie, un inconsistant feu follet - un type à l'ouest, tout bêtement. Allons, cette fois, c'était clair, je me sentais menacé et je savais d'où ça venait : de la Révolution française. Depuis, pour moi, il n'y avait rien à faire.»

  • Un jour de septembre, le narrateur, solitaire, jeune homme de 20 ans, part faire les vendanges en Champagne, où il est hébergé par son grand-père, Lewis, extravagant misanthrope dont il veut écrire les mémoires. Mais Lewis refuse de se raconter...

  • Les vieux garçons ont mauvaise presse, même jeunes ils sont déjà démodés ! Étudiant, François de Rupignac lance le Club des vieux garçons, société secrète à l'humour british dont les membres se réunissent une fois par semaine au sous-sol du très chic Jockey club. Le roman, aux dialogues savoureux, raconte les actes de résistance et de bizutage de ces frondeurs nonchalants.

    Un livre enjoué et hilarant qui laisse à réfléchir !

  • Dandy quinquagénaire et célibataire aussi mélancolique que comique, Waldo des Palladynes sort rarement de chez lui.
    Une nuit, pourtant, il croise dans la rue un enfant errant. Ni une ni deux, il l'accueille dans sa villa délabrée où, pendant les quelques jours que dure cette histoire, il lui apprend à voir la vie autrement. Les Enfants trouvés est un roman initiatique, mais attention, sans grandes leçons pédagogiques sur l'état du monde et l'éducation. Ce serait plutôt un petit conte doux-amer faisant un pas de côté - comme si Antoine Blondin filait à l'anglaise vers la fantaisie d'auteurs britanniques tels que Roald Dahl ou Jerome K Jerome.

  • Avec son deuxième roman, Louis-Henri de La Rochefoucauld poursuit, en y apportant autant d'humour burlesque et de tournures littéraires pop, une thématique initiée dans Les Vies Lewis.
    Deux personnes a priori très singulières se découvrent une complicité et une gémellité absolues.
    Émily Marquises, femme excentrique de 60 ans, arborant banane de cheveux blancs et éternelle petite robe noire, ancienne chanteuse de cabaret, adepte du champagne à la bouteille et des discussions sans queue ni tête, est venue noyer sa solitude sur un paquebot traversant les Bahamas au cours des fêtes de fin d'année. N'ayant ni mari, ni enfants, sa seule liberté en étendard, Émily Marquises tourne la vie en dérision, et pourtant quelque chose semble manquer. C'est au bar qu'elle croise le chemin de Vittorio, compositeur d'anciens tubes de musique électro réfugié depuis dans un studio à Nassau où il s'immerge dans sa création à hauteur des litres d'alcool qu'il ingurgite. Il fait parfois le pianiste pour cette croisière de retraités middleclass en villégiature. Émily et Vittorio, très décalés dans ce décor, se reconnaissent commeles amoureux qui sont convaincus de s'être connus dans une vie antérieure. Plusieurs flashbacks égrènent leurs parcours respectifs, aussi originaux que drôles, jusqu'à ce que se dévoile la raison profonde de leur mutuelle solitude. Secret inavouable et inavoué qui amènera les deux héros à se demander s'ils ne sont pas faits l'un pour l'autre, extraterrestres parmi la foule des quidams, avant que la terrible réalité ne les rattrape.

  • Un écrivain est contraint par son meilleur ami Grégoire d'être témoin à son mariage et de prononcer un discours. Connaissant la vie dissolue de celui-ci, il ne souhaite pas compromettre la cérémonie en rédigeant un portrait trop honnête, et décide d'évoquer les années d'enfance et les meilleurs moments partagés avec le futur marié.

  • Les vieux garçons ont mauvaise presse. Ils sont vus comme des bons à rien, des vieilles pantoufles bonnes pour la poubelle. Quel fâcheux contresens. Par leur décalage, leurs marottes, leur refus du couple et souvent du travail, ne seraient-ils pas plutôt d'authentiques insoumis ? Les derniers vrais punks ?
    François de Rupignac est du bois dont on fait les célibataires endurcis. Étudiant, il lance le Club des vieux garçons, société secrète à l'humour british dont les membres deviennent peu à peu des activistes bizutant banquiers gloutons, artistes prétentieux et autres coquins du monde moderne. Le roman raconte les coups fourrés de ces frondeurs nonchalants.
    Jusqu'à ce que leur désinvolture cède le pas à une certaine inquiétude. Car le vieux garçon peut-il vraiment être l'avenir de l'homme ?
     

empty