• Miguel Benasayag sonne ici l'alerte face au danger que représente le pouvoir croissant des algorithmes sur nos démocraties. Car c'est au quotidien que la vie collective est insidieusement "prise en charge" par l'Intelligence Artificielle. Refusant la polarisation entre technophobes et technophiles, il livre un plaidoyer pour repenser la conflictualité en démocratie.

  • Depuis les domaines du digital et de la biologie moléculaire, on nous annonce que les différences entre le vivant et la machine, entre l'intelligence artificielle et l'intelligence animale, entre la vie artificielle et la vie tout court, seraient sur le point de s'effacer : tous les mécanismes biologiques pourraient enfin être révélés, modélisés, dépassés. De nouveaux démiurges nous font miroiter des existences libérées de toute limite, même de la mort. Le temps serait venu de se passer du monde réel et du vivant lui-même, désormais réductible à ses composants, à une mécanique.

    Derrière ces promesses de vie augmentée se cache en réalité toujours le même projet réactionnaire : celui de se débarrasser des corps pour accéder enfin à la "vraie" vie qui serait du côté des données et des algorithmes.

    Or, en assénant que « tout est information », le monde digital non seulement ignore mais écrase les singularités propres au monde du vivant et de la culture. Dans ce vaste processus d'artefactualisation du monde et de la vie, la carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d'agir, de penser, de désirer et d'aimer qui sont mises à mal.

    Contre cette menace, Miguel Benasayag invite à penser la singularité radicale du vivant, à envisager un mode d'hybridation entre la technique et les organismes qui ne soit pas une brutale assimilation. Cela passe par la production d'un nouvel imaginaire, d'un nouveau paradigme capable de nous aider à étudier rationnellement ce qui, dans la complexité propre au vivant et à la culture, n'est pas réductible au modèle informatique dominant.

  • C'est le mythe inquestionné de " l'individu "que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce livre iconoclaste.
    Face à la " crise des valeurs " et à la " perte des repères ", l'individu semble être devenu le dernier rempart. Création de la modernité, l'autonomie du sujet social est perçue comme le symbole même de la liberté. C'est ce mythe inquestionné que Miguel Benasayag entend remettre en cause dans ce livre iconoclaste. Pour lui, loin d'être cette instance transhistorique et transculturelle, l'individu est une forme d'organisation sociale, d'une vision du monde qui n'a rien de fatale. Et ceux qui, avec la meilleure volonté du monde, s'efforcent aujourd'hui de recréer du lien social entre les individus pour sauvegarder la vie face à la destruction capitaliste, ne font que renforcer la logique qu'ils pensent combattre : car dans le néolibéralisme avancé, l'individu est précisément le constituant du lien social régi par la loi du profit et de l'intérêt, l'atome indivisible de la massification. Pour sortir de cette double impasse, il faut, explique Miguel Benasayag, " abandonner la position du mirador " : celle de celui qui regarde le monde en situation d'extériorité, comme depuis un mirador. Position qui est aussi bien celle du réaliste tenant de la " pensée unique " - le monde est ce qu'il est, nous n'avons d'autre choix que de " faire avec " - que celle de son adversaire idéaliste - ce monde est inacceptable, changeons les mentalités et tout deviendra possible. Au fil d'un parcours philosophique aussi exigeant que passionnant, Miguel Benasayag propose ici une théorie de l'émancipation constituant un outil précieux pour tous ceux qui explorent les voies d'un renouveau de l'action politique.

  • Miguel Benasayag nous donne ici son livre le plus personnel, et un témoignage bouleversant sur l'exil et la torture.
    Pour la première fois, il accepte de parler de son rôle dans la résistance à la dictature argentine, de la prison, du terrorisme, de ses choix politiques, de son engagement de pédo-psychiatre en France. Il nous parle de sa découverte de ce que signifie être vraiment libre. Cette liberté intérieure agit dans le monde en développant toutes les potentialités créatrices de chaque situation. C'est l'aventure de la découverte de cette liberté dans sa puissance agissante qui est au centre de ce livre.

    Né en Argentine, Miguel Benasayag fut l'un des principaux responsables du réseau de résistance E.R.P. sous la dictature. Emprisonné, torturé, il fut libéré avec d'autres franco-argentins sur intervention de Mitterrand. Il exerce aujourd'hui la psychanalyse dans un service de pédo-psychiatrie à Reims. Sur le plan politique, il participe à plusieurs mouvements de résistance au néolibéralisme capitaliste.
    Miguel Benasayag est l'auteur d'une dizaine de livres tous parus aux éditions La Découverte, dont Le mythe de l'individu (1999), Du contre-pouvoir (2000).

  • Sortir du fatalisme ambiant, construire une pensée de l'agir : telle est la voie qu'explore ce livre stimulant, qui s'interroge sur les moyens de dépasser la séparation. La fragilité, condition même de l'existence, est ce qui nous rappelle ces liens avec le tout substantiel dont nous sommes porteurs, mais aussi avec ce que notre époque oublie : la longue durée des phénomènes sociaux. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)
    Nos sociétés connaissent un moment caractérisé, entre autres, par la " séparation " : nous sommes séparés de notre puissance d'agir, nous ne trouvons plus les passerelles entre nos souhaits et nos pratiques. Sortir du fatalisme ambiant, construire une pensée de l'agir : telle est la voie qu'explore ce livre stimulant. Mobilisant notamment les apports récents de la neurophysiologie de la perception, Miguel Benasayag s'efforce de construire les bases d'une pensée de la décision. Les hommes se croient libres, dit Spinoza, du fait qu'ils ignorent leurs chaînes. Mais connaître nos déterminations, c'est ce qui nous permet, en partie, de sortir de cette liberté imaginaire et impuissante, pour accéder à une position où le destin n'est plus l'ennemi de la liberté. La fragilité est ainsi la condition de l'existence : nous ne sommes pas invités à nous lier, nous sommes ontologiquement liés. La fragilité, condition même de l'existence, est ce qui nous rappelle ces liens avec le tout substantiel dont nous sommes porteurs, mais aussi avec ce que notre époque oublie, la longue durée des phénomènes sociaux. Assumer cette fragilité est le défi de tout un chacun. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

  • Aujourd'hui, le conformisme réaliste s'est substitué au mythe du progrès. Et il est vrai que la logique déterministe qui sous-tendait ce dernier est définitivement brisée. Le psychanalyste et philosophe Miguel Benasayag s'attaque ici aux questions qu'implique ce problème.
    Aujourd'hui, le constat est devenu banal : les idéologies qui fondaient l'engagement individuel et les luttes collectives pour l'émancipation se sont effondrées. Le conformisme réaliste s'est substitué au mythe du progrès. Et il est vrai que la logique déterministe qui sous-tendait ce dernier est définitivement brisée. Comment sortir de ce constat circulaire et désespérant sans produire de nouvelles illusions ? Comment construire une philosophie et une praxis de la liberté émancipées de " l'idée de progrès " ? C'est à ces questions difficiles que s'attaque ici le psychanalyste et philosophe Miguel Benasayag, poursuivant le travail de réflexion critique engagé dans ses ouvrages précédents, publiés à La Découverte : Utopie et liberté (1986) et, avec Edith Charlton, Critique du bonheur (1989) et Cette douce certitude du pire (1991). Pour y répondre, Miguel Benasayag analyse les deux grandes ruptures historiques qui marquent à ses yeux l'évolution de l'idée de liberté. La première est la " rupture nominaliste " qui, à partir du XIIe siècle, jeta les bases du mythe du progrès et de la modernité : c'est par elle que l'homme se constitua en sujet capable de regarder l'univers comme un objet, et fit de la connaissance le moyen de l'émancipation ; la seconde est la " grande crise de 1900 ", qui marque l'effondrement de ces catégories modernes et l'origine de la crise actuelle des valeurs : la pensée déterministe est alors triplement mise ne cause, par la découverte freudienne de l'inconscient, par la physique quantique et par l'irruption de l'indécidable en mathématiques. Au terme de ce parcours historique et philosophique, l'auteur explore les pistes d'une rationalité nouvelle, dégagée de toute téléologie. Faute de pouvoir " faire l'Histoire ", les hommes doivent penser ce qu'ils peuvent faire dans l'Histoire. En un mot : penser la liberté !

  • Les nouvelles subjectivités contestataires développent des formes de lutte originales dont la portée émancipatrice reste mal perçue : un vibrant plaidoyer.
    Après la période de conformisme tiède des années 1980, on a vu s'affirmer dans de nombreux pays des mouvements prônant une critique radicale du système, aussi bien en Europe (ATTAC, Act Up, collectifs anti-expulsions...) qu'à l'étranger (mères de la place de Mai, paysans sans terre, guérilla zapatiste...). Cette nouvelle subjectivité contestataire est souvent jugée stérile, incapable de passer à une étape plus politique, de proposer des réformes réalistes. Un jugement que récusent les auteurs de cet essai incisif. Certes, expliquent-ils, la nouvelle posture contestataire peut parfois se complaire dans l'impuissance du simple constat critique. Mais plus souvent, les mouvements qu'elle nourrit développent des formes de lutte originales dont la portée émancipatrice reste mal perçue, car elles ne correspondent plus aux formes traditionnelles de l'action politique. Leurs animateurs inventent une " politique du contre-pouvoir " dont les effets concrets sur la société sont déjà beaucoup plus importants qu'on ne le croit. Ce livre passionnera tous ceux qui cherchent, ici et maintenant, dans leur engagement militant ou professionnel, les pratiques qui permettront de réinventer la justice et la liberté.

  • La recherche sur la vie et l'intelligence artificielles posent une question qui hante nos contemporains : si nous pouvons modifier la nature humaine, qu'en est-il alors de la condition humaine ? Jusqu'où l'homme " amélioré " reste-t-il un homme ? Une réflexion philosophique et politique.
    Depuis les années 1980, la recherche sur la vie et l'intelligence artificielles a permis des avancées spectaculaires dans la fabrication d'artefacts inspirés du vivant. Grâce au génie génétique et aux neurosciences, des chercheurs annoncent la possibilité d'" améliorer " la nature humaine. Et la pensée elle-même est désormais le fruit de combinaisons entre processus neuronaux humains et ceux des artefacts. Ces techniques posent toutefois une question majeure : jusqu'où l'homme " amélioré " reste-t-il un homme ?Pour y répondre, Miguel Benasayag propose dans ce livre de rompre avec le vieil imaginaire opposant l'homme à la machine : la question n'est pas de savoir si les automates peuvent ou non imiter le fonctionnement de la conscience et de la vie, mais d'interroger - grâce aux ressources de la philosophie et de la neurophysiologie - le sens même de ces deux notions. Pour l'auteur, elles ne recouvrent pas des entités ontologiques qui existeraient " en soi " : elles sont des constructions de chaque époque et celle qui a conçu leurs avatars modernes est elle-même en crise. Les conceptions de la conscience et de la vie que les savants cherchent à reproduire n'ont rien de comparable avec leur manifestation biologique, mais les effets de cette recherche dans le formatage de la vie et du monde sont bien réels : l'idéologie postmoderne du " tout est possible " en matière de modification du vivant, loin d'être la réalisation d'un rêve, serait plutôt l'avènement d'un cauchemar.Miguel Benasayag pose ici les bases d'une nouvelle épistémologie des rapports complexes entre techniques et vie. Et il explore les voies qui permettront l'homme de développer une véritable puissance d'agir à l'heure de la virtualisation mortifère de la vie.

  • Le monde est devenu complexe. Ce constat, mille fois énoncé sur le ton de l'évidence, est à ce point partagé que plus personne ne le questionne. Mais en quoi les arbres, les villes, les écosystèmes comme l'ensemble des êtres et des choses qui nous entourent, y compris nous-mêmes, se seraient transformés sous la figure de la complexité ? Pour les auteurs, cette complexité ne relève ni d'un récit ni d'une théorie, mais d'une transformation concrète de nos territoires. Plus qu'une grille de lecture, le devenir complexe du monde désigne de profonds changements matériels dans l'étoffe même de la réalité. Comment se manifeste ce caractère matériel ? Quels défis lance-t-il à l'agir ? Alors qu'émergent partout de nouvelles formes de résistance face la destruction du vivant, c'est à ces questions qu'entend répondre ce livre, pour battre en brèche le sentiment d'impuissance qui menace à tout moment de nous rattraper.
    Plutôt que d'appeler au retour de la figure de l'agir cartésien qui se prétend maître et possesseur de la nature, les auteurs proposent de revisiter la phénoménologie en déplaçant le rôle central qu'elle accorde à la conscience vers les corps. Un pas de côté qui se veut également une proposition pour une nouvelle éthique de l'acte, où la question est moins de savoir comment agir que de comprendre quelles seront les nouvelles figures de l'agir.
    Un essai engagé et stimulant, explorant les possibilités de renouer avec un agir puissant dans un monde où les phénomènes comme les effets de nos actes sont marqués du sceau de l'incertitude.

  • L'Occident s'est construit sur le rêve, devenu cauchemar, d'une rationalité capable de congédier définitivement les pulsions, de contrôler les affects et de domestiquer les corps. De ce geste est née la modernité, à partir de laquelle l'homme s'est séparé de l'ensemble auquel il appartient. Bref, le rationalisme nous a conduits à une vision virile et conquérante de ce continent noir que nous avons nommé « nature ». L'époque qui s'ouvre marque le retour de l'exil. Après avoir écrasé et ignoré la fragilité du vivant, nous la voyons faire irruption dans notre quotidien sous les traits d'une pandémie et d'un écocide. Nous sommes liés et ne pouvons plus prétendre, en toute impunité, exister depuis un point de vue abstrait, de nulle part. La fragilité est expérience, non savoir hors-sol. À nous d'en tirer les leçons, d'inaugurer une pensée et un agir qui intègrent cet autre de la rationalité, qui est non pas l'irrationnel des relativismes identitaires ni l'hyper-rationalité de la machine algorithmique, mais un savoir qui se tisse au plus proche de nos sensations, de nos émotions et du vécu du corps : le sens commun.     

  • Dans les sociétés occidentales hyperformatées, l'idée même de conflit n'a plus de place. Les conceptions de la vie commune tendent vers l'intolérance à toute opposition. Le minoritaire doit se soumettre à la majorité et, de plus en plus, contestataires et dissidents semblent relever de l'" anormal ".Dans cet essai iconoclaste, Miguel Benasayag et Angélique del Rey explorent les racines et les effets délétères de cette idéologie. Analysant les différentes dimensions du conflit - entre nations, dans la société ou au sein même de l'individu -, les auteurs mettent au jour les ressorts profonds de la dérive conservatrice des sociétés postmodernes. Ils démontent aussi bien les illusions de la " tolérance zéro " que celles de la " paix universelle " : nier les conflits nés de la multiplicité, ceux dont la reconnaissance fait société, c'est mettre en danger la vie. Le refoulement du conflit ne peut conduire qu'à la violence généralisée, et l'enjeu auquel nous sommes tous confrontés est bien celui de l'assomption du conflit, " père de toutes choses " selon Héraclite.

  • À quelles thérapies recourir pour soulager les souffrances psychiques qui se multiplient dans les sociétés contemporaines ? Telle est la question à laquelle le psychanalyste et philosophe Miguel Benasayag tente de répondre dans cet essai nourri de sa longue expérience clinique. les thérapies psychiques individuelles ne peuvent être pensées et mises en oeuvre indépendamment d'une réflexion critique approfondie sur les mutations sociales et idéologiques de notre époque.
    À quelles thérapies recourir pour soulager les souffrances psychiques qui se multiplient dans les sociétés contemporaines ? Telle est la question à laquelle le psychanalyste et philosophe Miguel Benasayag tente de répondre dans cet essai nourri de sa longue expérience clinique. Il propose d'abord une analyse critique fouillée aussi bien des différentes variantes de la psychanalyse, en nette perte de vitesse, que des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou des traitements médicamenteux, en plein développement. Il montre que si les unes et les autres peuvent parfois servir utilement de béquilles, elles restent largement impuissantes face à la difficulté de nos contemporains à assumer un monde vécu comme menaçant et complexe : malgré leurs différences, les deux courants partagent leur incapacité à affronter les véritables changements de nos sociétés.
    C'est toute l'originalité de l'approche proposée par Miguel Benasayag : pour lui, les thérapies psychiques individuelles ne peuvent être mises en oeuvre indépendamment d'une réflexion critique approfondie sur les mutations sociétales et idéologiques de notre époque. Ce qui l'amène à développer ici la piste ouverte dans son livre
    Les Passions tristes. Souffrance psychique et crise sociale (La Découverte, 2006), où il rendait compte de son expérience en pédopsychiatrie : celle d'une " thérapie situationnelle " qui aiderait à répondre au défi principal de l'époque, être capable d'agir dans la complexité. Comme Spinoza l'écrit dans son
    Éthique, les hommes se croient libres du fait qu'ils ignorent leurs chaînes. La tâche d'une thérapie situationnelle ne consiste pas dans l'illusion de briser ces chaînes, mais dans la possibilité de les transformer en liens avec les autres, comme condition de la vraie liberté.

  • Cette douce certitude du pire est la seule qui reste dans cette époque qui proclame haut et fort la fin des utopies et de l'histoire. Les autres certitudes - surtout celle des lendemains qui chantent - ont disparu ; et nos contemporains s'accommodent volontiers du discours post-moderne pour lequel le monde et la vie ne changeront plus, et le pire est devenu acceptable.
    Cette douce certitude du pire est la seule qui reste dans cette époque qui proclame haut et fort la fin des utopies et de l'histoire. Les autres certitudes - surtout celle des lendemains qui chantent - ont disparu ; et nos contemporains s'accommodent volontiers du discours post-moderne pour lequel le monde et la vie ne changeront plus, et le pire est devenu acceptable. C'est ce discours que récusent les auteurs de cet essai, qui poursuit et élargit le travail engagé dans leurs livres précédents (Utopie et liberté, Critique du bonheur). Leur pari est de penser une nouvelle théorie de l'engagement qui prenne en compte et dépasse les échecs des théories fondées sur le mythe du progrès et l'historicisme téléologique. Pour cela, les auteurs interrogent cet étonnant retournement qui a fait du sens commun le seul critère de véracité et de sérieux des opinions : comment les modèles majoritaires sont-ils structurés dans et par le sens commun ? Comment celui-ci contribue-t-il à rassurer les individus en les protégeant contre toute incertitude ? Comment les philosophes des différentes époques ont-ils analysé ce phénomène ? Et surtout, comment concevoir une pensée critique qui puisse s'articuler de façon constructive au sens commun ? Un essai vivifiant, résolument à contre-courant de l'air du temps.

  • En abordant des thématiques aussi variées que la création de la vie en laboratoire, la recherche fondamentale en génétique ou la perte du mythe du progrès un philosophe et un biologiste de renom bousculent les idées, afin qu'émergent de nouvelles clés pour penser le monde au-delà du chaos.
    Dans leurs laboratoires, des biologistes espèrent aujourd'hui pouvoir " fabriquer la vie ". Grâce aux formidables avancées des sciences et des techniques, nous disent-ils, " tout est possible ". Et pourtant, dans nos sociétés postmodernes, cette vieille croyance qui fondait l'idéologie du progrès, garant du bonheur à venir, apparaît définitivement obsolète : la fin de cette idéologie a accouché en Occident de la domination sans partage de l'individualisme, qui mine désormais profondément le lien social. Comment expliquer ce paradoxe entre la technoscience triomphante et la profonde crise des fondements de la pensée qui caractérise notre époque ? En s'intéressant sérieusement aux défis philosophiques et scientifiques que soulèvent les récentes explorations des sciences du vivant, de la création de la vie en laboratoire aux recherches fondamentales en génétique : c'est ce que proposent dans cet ouvrage Miguel Benasayag et Pierre-Henri Gouyon, sous la forme d'un dialogue aussi vif qu'accessible. La philosophie et la biologie y croisent leurs problématiques, se complétant et s'enrichissant. Loin de se limiter au champ scientifique, expliquent les auteurs, le modèle organique permet de porter un autre regard, riche de surprises, sur les phénomènes sociaux. Soucieux de rendre compte de la complexité inhérente à la vie, en évitant le double écueil de l'irrationnel et du scientisme, ils croisent les questions qui leur tiennent à coeur, bousculant les idées pour qu'émergent de nouvelles clés de compréhension du monde. Et pour agir, individuellement et collectivement, afin de faire surgir une autre époque, plus joyeuse et constructive.
    Ouvrage rédigé avec la collaboration de Margot Korsakoff

  • Quelque chose a fait crise, de façon irrévocable : le discours messianique de la modernité a perdu tout pouvoir. Pour comprendre cette crise et contribuer à ouvrir les voies de son dépassement, les auteurs proposent dans ce livre une généalogie des représentations de l'amour. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1995.)
    " All you need is love ", chantaient les Beatles dans les années soixante, à l'époque où l'espoir de la révolution animait encore les jeunes générations. Aujourd'hui, cet espoir n'est plus de mise, et l'amour s'est rangé au niveau de la consommation. Quelque chose a fait crise, de façon irrévocable : le discours messianique de la modernité a perdu tout pouvoir. Pour comprendre cette crise et contribuer à ouvrir les voies de son dépassement, les auteurs proposent dans ce livre une généalogie des représentations de l'amour. Ils montrent que loin d'être un phénomène universel et atemporel, la conception moderne de l'amour est l'héritière inachevée d'une création culturelle, apparue en Europe au XIIe siècle : c'est à cette époque qu'est né, avec Abélard et Héloïse, puis avec les Cathares et les troubadours, l'amour-passion. Il ne s'agissait pas, comme on l'a souvent dit, d'une dérive mystique ou ascétique, mais bien au contraire d'une vision explicitement subversive : l'amour n'est possible que s'il refuse tout conformisme, toute institutionnalisation. Et c'est la négation de cette charge subversive, expliquent les auteurs, qui fut le fil conducteur reliant les conceptions dominantes de l'amour apparues depuis lors au fil des siècles : celle de l'amour-vie, modèle rassurant proposé par l'Église dès le Moyen-Age, celle de l'amour-mort des romantiques du XIXe siècle ; ou celle de l'amour libre des " émancipés " du XXe siècle. Pour Miguel Benasayag et Dardo Scavino, l'amour-passion peut être aujourd'hui l'un des vecteurs d'une nouvelle expérience de la vérité et de l'engagement, au même titre que la science, l'art et la politique. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1995.)

  • Connaître, c'est agir. Mais pourquoi nous est-il si difficile de réagir, d'agir, face aux graves problèmes qui menacent nos sociétés, notre santé, nos vies, la vie même ? L'auteur poursuit sa déconstruction du mythe de l'individu, ainsi que son travail sur l'éthique en tant que fragilité. L'objectif demeure : une philosophie de la situation et de l'action. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006)
    Pourquoi nous est-il si difficile de réagir, d'agir, face aux graves problèmes qui menacent nos sociétés, notre santé, la vie même ? Serait-ce par manque d'informations, voire de connaissances ? Pour Miguel Benasayag, ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut chercher, mais plutôt de celui des modalités de la connaissance elle-même. C'est pourquoi, dans cet ouvrage, il s'efforce de comprendre les différents mécanismes de construction de notre perception du monde, de la réalité. Et d'étudier, au-delà de toute morale, les dispositifs par lesquels on " met à distance " la réalité, en nous condamnant souvent à subir ses effets sans pouvoir agir. La vieille querelle entre déterminisme et libre-arbitre apparaît ainsi comme un faux débat. Le défi, c'est de penser la liberté réconciliée avec le destin. Jadis, l'agir dépendait de Dieu. Puis on l'a confié à l'homme, lieu de la séparation entre la connaissance, l'agir et le monde. C'est ainsi que l'agir et ses possibilités deviennent une question : depuis où agit-on ? Quelle serait la bonne optique ? Si Dieu nous condamne à une trop grosse focale, l'individu, lui, nous condamne à un zoom trop prononcé. Le paysage, qui n'est pas un simple décor où l'on déambule, pourrait être cette bonne distance pour renouer avec une connaissance qui redevient agir. Il s'agit donc de comprendre les liens des hommes entre eux, les liens qui les tissent comme éléments d'un paysage. L'auteur continue ici sa déconstruction du mythe de l'individu, ainsi que son travail sur l'éthique en tant que fragilité. L'objectif reste clair : une philosophie de la situation et de l'action. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2006)

  • Une critique fondamentale du messianisme révolutionnaire et de la pensée classique de l'émancipation.
    Le siècle qui devait accoucher de toutes les émancipations est en train de finir comme un crépuscule mélancolique. Les expériences révolutionnaires ont tragiquement échoué, et le capitalisme, sous sa forme du libéralisme à outrance, paraît désormais aussi inévitable que le coucher du soleil, qui plonge dans l'ombre des millions d'hommes et de femmes auxquels on demande de se résigner. Et pourtant... Au Chiapas ou en Afrique du Sud, en Belgique ou en France, les sans-terre, les sans-papiers, les sans-travail, tous ces " sans " là, paraissent ignorer le diktat des grands de ce monde. En prenant appui sur l'analyse de ces nouvelles formes de radicalité, et sur l'étude critique d'expériences plus anciennes (notamment des guérillas d'Amérique latine), les auteurs proposent dans ce livre une critique fondamentale du messianisme révolutionnaire et de la pensée classique de l'émancipation, qui ne concevait la liberté que comme la conséquence de la prise du pouvoir. Et ils explorent les voies d'une autre radicalité, plus porteuse de changements et d'espoir, et qui saurait éviter les pièges du pouvoir : celle d'une pratique de la liberté toujours en actes, ici et maintenant, et qui ne serait plus simple promesse.

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