Littérature générale

  • Il était une fois Arsène.
    Arsène est un âne, non qu'il soit plus bête qu'un autre, mais c'est un âne, un vrai : oreilles, pattes, poils, queue. Et le reste.
    Tous les matins, il mène la charrette du laitier.
    Vie simple. Vie de labeur au fil monotone des jours. Ni gaieté, ni tristesse. La vie quoi !
    Cela aurait pu durer le temps que dure la vie d'un âne, si Arsène n'eut pas surpris un conciliabule entre son maître et un boucher de la cité voisine. Son maître, éméché, parlait haut ; nul besoin d'avoir de grandes oreilles pour l'entendre. A l'en croire, il voulait changer Arsène en saucisson. En saucisson d'âne.
    Pour Arsène, pas question de garnir l'assiette d'un quelconque quidam. Une vie d'honnête travail pour finir en saucisson ? Non ! Mille fois non ! S'enfuir, quitter ce monde ingrat, mais où aller ?
    Pourtant, sa décision est vite prise.
    Et voilà Arsène cheminant sur les routes de campagne en plein hiver se découvrant des amis qui finissent par le suivre dans son désir d'indépendance. Bientôt tous les animaux du pays, domestiques et sauvages, entament une véritable révolution : mettre un terme au joug des maîtres. Mais eux ne l'entendent pas de cette oreille. Une terrible guerre mondiale commence sous les yeux désolés d'Arsène. Jamais il n'aurait pensé que son acte libérateur mènerait le monde si loin. Les bêtes auront-elles le dessus ? Les hommes seront-ils tous contre elles ?

  • La veille de sa retraite, Georges le misanthrope découvre sa solitude. Il achète un chien... Un mal se réveille, un forgeron lui façonne la colonne vertébrale... Cela ne le gêne guère. Jusqu'au moment où lui, l'imberbe, se recouvre de poils, qu'une fillette apeurée le traite de singe. En vérité, plus canidé que primate, s'il dépérit en dehors, il renait en dedans... Il s'accommode d'une vie de reclus. La mort brutale d'un gardien d'immeuble en décide autrement... En catimini, il quitte les humains... Pris pour un mâtin, il en adopte le comportement. Le bonheur coule dans sa fourrure. Dans son errance, il croise des hommes - notamment un haut magistrat (clochard) - le confortant dans ses choix. Sa chienne se vide le ventre des oeuvres d'un malinois. Bigre ! le voilà en charge de famille. Ses responsabilités le déboussolent... La police encercle la meute. Une bouillie... Un mâle indiscipliné échappe au carnage. Anna, la chargée d'enquête, recueille l'orphelin. Après mille déboires, elle connait la métamorphose de Georges. Elle aussi quitte la compagnie de ses semblables... Dans ce conte, ne cherchez pas l'extraordinaire mais une peinture sans concession de notre société.

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