Philosophie médiévale

  • Eckhart de Hochheim est sans aucun doute l'un des auteurs du Moyen Âge le plus lu, essentiellement pour ses sermons allemands. Le Maître séduit, fascine, enthousiasme. Parce qu'il a subi un procès pour hérésie, on fait facilement de lui le chantre d'une spiritualité universelle, incomprise d'un magistère aux vues étroites et bornées ; un guide spirituel, libéré des dogmes sclérosants et affranchi du langage de l'Université. De fait, premier dominicain à prêcher en langue vernaculaire, Eckhart invente un langage et des mots, use de métaphores et d'images afin de transmettre au public peu averti qui était le sien - notamment les béguines - une pensée précédemment déployée dans le latin scolastique. Malgré tout, sommes-nous encore vraiment capables, nous modernes, de pénétrer ainsi cette oeuvre dense, difficile, exigeante ? Peut-être si, aujourd'hui comme hier, on admet une présence en nous qui, sans cesse recouverte par nos penchants et nos faiblesses, nous rappelle que l'absolu n'a pas déserté la création. Une présence que Maître Eckhart appelle Dieu.

  • Le menteur aime à mentir et goûte le plaisir de le faire : traduction de l'abbé Devoille.

    Du maître : texte établi et traduit par Poujoulat et Raulx.

  • Lorsqu'il écrit l'oracle de hominis dignitate, qui aurait dû introduire ses neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, pico della mirandola (1463-1494) a vingt-quatre ans. bien conscient du fait que " ses façons ne répondent ni à son âge, ni à son rang ", c'est pourtant une philosophie nouvelle qu'il propose à ses aînés ; philosophie ouverte, accueillant tout ce qui, depuis les mystères antiques jusqu'aux religions révélées, émane de ce que l'on pourrait appeler la " volonté de vérité ". l'homme est au centre de cette philosophie, en ce que le divin a déposé en lui cette volonté dont il use à sa guise, le créant " créateur de lui-même ". et cette puissance du vouloir, cette volonté de " se connaître soi-même ", pico la retrouve chez les sages grecs et orientaux, mais aussi dans la cabale juive, la pensée arabe, la scolastique et les auteurs chrétiens. s'agit-il pour autant d'un oecuménisme sans discernement ? plutôt de la fusion en l'homme de cette intelligence, dévoilée dans le contact entre les différentes sagesses. l'oratio reste inédite ; les thèses sont publiées en 1486, mais l'église ne voudra pas entendre - quelle église pourrait vouloir entendre ? pico devra s'exiler en france avant d'être fait prisonnier et incarcéré au donjon de vincennes en 1487. dans sa ferveur juvénile, le propos de pico demeure intact, vierge, intempestif. il fait appel, encore et toujours, à l'homme digne, vagabond de la vérité, lui offrant " l'un des plus sincères monuments de la philosophie morale de la renaissance italienne ".

  • Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d'Aristote et de Ptolémée, et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S'il défend l'hypothèse copernicienne au cours d'un banquet organisé en son «honneur» par les docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c'est surtout pour dénoncer la pédanterie et l'obscurantisme desdits docteurs, et c'est avant tout le Bruno «inventeur de philosophies nouvelles», comme l'appelle Joyce, qui apparaît ici. La dimension nouvelle qu'il introduit n'est pas tant d'ordre cosmologique ; elle regarde le traitement tout personnel qu'il fait de la connaissance humaine, sa capacité à «tout ébranler pour connaître l'innébranlable»; elle est dans la part qu'il accorde, dans ce bouleversement des idées reçues, à l'« imagination créatrice», ce qui a fait dire à Eugenio Garin qu'«il est probable que la compréhension exacte de la notion d'imaginaire (...) soit le secret, encore partiellement irrévélé, de la pensée de Giordano Bruno et d'une partie non négligeable du XVe et du XVIe siècles».
    Condamné pour hérésie après huit ans de procès, Giordano Bruno est brûlé vif sur le Campo dei fiori à Rome, le 16 février 1600, laissant ce «secret» à lire pour les générations futures.

  • Qu'est-ce que la philosophie médiévale ? Évoquant soit l'âge idéal du magistère intellectuel de l'Église, soit l'époque malheureuse d'un long et laborieux sacrifice de la pensée, rappelant pour les uns les fastes équivoques d'une clarté à jamais perdue, ou pour les autres la manifestation la plus évidente des ténèbres, de l'obscurantisme, mille ans de réflexion, d'innovations et de travail dorment dans le silencieux interrègne qui sépare l'Antiquité de la Renaissance.
    Autrement dit, c'est une transition de dix siècles, interminable parenthèse entre Aristote et Descartes, au cours de laquelle l'« autorité » des « Pères » et des « Docteurs » règne sans partage, où la foi l'emporte sur la raison, le langage sur l'expérience, l'abstrait sur le concret, les mots sur les choses.

  • Jean Pic de la Mirandole (1463-1494) symbolise l'intellectuel de la renaissance par excellence et incarne l'un des figures les plus significatives du XVe siècle. Jeune homme surdoué, il entre à l'Académie de Bologne à seulement 14 ans. Sa culture, son éloquence et la pertinence de son jugement en font très rapidement l'un des penseurs les plus influents de son époque. Il se lie d'amitié avec Marcile Ficin et au contact d'Averroès conçoit l'incroyable projet de rédiger une oeuvre monumentale qui réunirait l'ensemble des traditions culturelles depuis leur origine jusqu'à son époque, une gigantesque encyclopédie de tous les savoirs. Suspectées d'hérésie, les 900 conclusions, rendues publiques en 1486, valurent à leur auteur une fuite à Paris et un emprisonnement à Vincennes.
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    Les Neuf cents Conclusions constituent l'un des textes les plus fondamentaux, controversés, et finalement mythiques de l'humanisme. Condamné pour hérésie, arraché aux mains de son premier éditeur et brûlé en public, ce livre fut l'oeuvre d'un jeune homme de 23 ans. Se prononçant sur des questions logiques, morales ou métaphysiques, puis établissant des règles d'interprétation philologique, magique et cabalistique, cette oeuvre opère un véritable bouleversement dans l'histoire de la philosophie.

  • Maïmonide (Cordoue 1138 - Fostat 1204) fait partie de ces rares penseurs du Moyen Âge à avoir franchi les siècles en laissant une oeuvre encore très actuelle. Les écrits médicaux de ce philosophe, talmudiste et médecin, puisent dans les sagesses juives, grecques et arabes. Son sens de l'observation, son intérêt pour la clinique, son besoin permanent d'associer expérience pratique et savoir théorique, sa vision de la prévention font de ce grand médecin l'un des précurseurs de la médecine moderne. Il a compilé toute la jurisprudence talmudique, étudié les grands textes de la médecine arabe et grecque, et a passé sa vie à essayer de concilier la pensée d'Aristote avec celle du judaïsme.
    Ariel Toledano nous propose une biographie intellectuelle et médicale de Maïmonide et nous immerge au sein de ses dix traités médicaux qui reflètent son éthique du soin : une philosophie qui vise à placer l'humain et sa santé dans une unité associant le corps et l'esprit.
    À l'heure du 880e anniversaire de la naissance de Maïmonide, cet ouvrage rappelle l'étendue de sa contribution scientifique, la modernité et la part universelle de son oeuvre.

  • Le mot le plus célèbre de la philosophie est un verbe latin?: cogito. C'est celui de Descartes, où l'on retient que se joue l'être même de l'ego. C'est le cogito de la psychanalyse, celui dont elle dénonce l'orgueil, l'incomplétude, et qui, en somme, l'a fait naître. Mais c'est un mot malheureux, que la modernité a perdu. Chez Averroès, jadis, la cogitation avait en arabe ses facultés propres et trouvait dans le fantasme l'espace de sa puissance. Quel espace ? Quelle puissance éminente ? On a fait le livre sur cela.

  • Né en 354 dans l'Afrique Romaine, Augustin se convertit au christianisme à 32 ans après une vie agitée. Il se retire dans la solitude et se consacre à de la philosophia afin de grandir dans la connaissance de l'Absolu. Ses premières oeuvres ont un tel impact et le rendent si célèbre que le peuple le réclame comme prêtre : on l'oblige à sortir de sa retraite et il est ordonné prêtre à 37 ans, puis évêque d'Hippone à 42 ans. Il meurt à Hippone en 430, tandis que l'Empire s'effondre et que se prépare le Concile d'Ephèse. Auteur d'une oeuvre puissante et inégalable, il est certainement le seul homme dont on puisse dire que sa pensée eut plus d'influence sur l'histoire que celles de Platon et d'Aristote. Nombreux sont les grands hommes qui voient en saint Augustin, et comme dit l'Eglise elle-même, l'un des plus grands génies qui aient paru sur la terre.

  • Nicolas de Cues (1401-1464) marqua de son empreinte la pensée européenne, de la Renaissance à l'époque moderne. Lecteur assidu de la tradition philosophique de l'Antiquité et du Moyen Âge, curieux de science, de médecine et des arts, Nicolas de Cues rédigea notamment La Docte Ignorance, Les Conjectures, La Pensée, La Paix de la foi et La Vision de Dieu. Nous proposons ici un ensemble cohérent et très largement annoté de textes de la philosophie tardive du Cusain : Le Dialogue à trois sur le Pouvoir-est, La Chasse de la sagesse, Le Compendium et La Cime de la contemplation. Avec l'invention du néologisme pouvoir-est, Nicolas de Cues développe une philosophie du pouvoir et de la puissance qui lui permet de résoudre, tant d'un point de vue ontologique que gnoséologique, les difficultés nées de ses thèses infinitistes antérieures. Il cherche à éviter l'aporie aristotélicienne entre l'infinité du possible, requise par la toute puissance de Dieu, et l'actualité finie de la création. La puissance divine se révèle successivement comme pouvoir-est, pouvoir-faire et pouvoir-même. Nicolas de Cues initie ainsi une métaphysique de l'expression qui trouve son plein essor chez Giordano Bruno qui le copie abondamment, puis chez Spinoza et Leibniz. Rédigée à la lecture de Diogène Laërce, La Chasse de la sagesse, véritable testament philosophique, permet en outre de ressaisir l'ensemble des principales intentions du Cusain : sa conception augustinienne de la philosophie comme recherche et théorie de l'unité, sa doctrine de la participation à l'un, le dernier développement de son principe de la coïncidence des opposés, un dernier infléchissement de sa pensée de l'intellect, et sa compréhension de la nomination. Ingénieur et docteur en philosophie, membre de l'ERIAC, Jocelyne Sfez est professeur de philosophie au lycée et chargée de cours à l'université de Rouen et à l'université Jean-Moulin à Lyon. Elle poursuit actuellement ses recherches sur les sources du Cusain et sur sa réception. Elle a notamment publié L'Art des conjectures de Nicolas de Cues (2012) et traduit Les Conjectures de Nicolas de Cues (2011).

  • Le destin de la modernité s'est joué dans la philosophie franciscaine du Moyen Âge et sa critique de la métaphysique classique. Le Languedocien Olivi en a été le précurseur. Une redécouverte fondamentale.
    Pourquoi Pierre de Jean Olivi (1248-1298), théologien franciscain, artisan d'une théorie radicale de la volonté humaine, devrait-il consacrer une longue section de sa Somme de théologie à la physique de l'action et du mouvement ? Parce que, comme l'écrit saint Augustin, " si ce qu'on appelle "la force' résulte de l'impulsion de l'âme, de l'appareil compliqué des nerfs et du poids du corps, c'est la volonté qui fournit cette impulsion, qu'intensifie l'espoir ou l'audace, mais qu'abat la crainte et encore plus le désespoir ". La volonté imprime son impulsion dans la matière spirituelle de l'âme, pour la diriger vers le bien ou le mal, tout comme l'archer envoie la flèche vers sa cible. Toute puissance pose un regard (aspectus) sur son objet : le regard du soleil sur la terre qu'il éclaire, le regard de la pierre qui tombe vers le centre de la terre, le regard de l'aimant qui attire le fer, le regard de l'âme sur son objet de désir. À la faveur de ce nouveau modèle de la puissance, c'est bien une réforme radicale de la physique aristotélicienne que propose Olivi : sur le rapport entre action et création, l'action instantanée à distance, la relation entre mouvement et matière, la définition du mouvement comme propriété relationnelle, jusqu'à la réduction des catégories aristotéliciennes à de simples aspects de la réalité physique.

  • Le traité Sur les substances séparées, bien que resté inachevé, n'en est pas moins l'un des chefs d'oeuvre de Thomas d'Aquin. Dans cet écrit de maturité composé à Paris ou à Naples dans la seconde moitié de 1271, l'auteur aborde les questions de l'origine, de la nature, du statut et du rôle des créatures spirituelles que la tradition biblique, distinguant les bons des mauvais, appelle anges et démons. Adoptant une perspective aussi bien philosophique que théologique, il se confronte tout d'abord aux diverses opinions antiques sur le sujet, depuis les présocratiques jusqu'aux philosophes de langue arabe, en passant par Platon, Aristote, les penseurs médio et néo platoniciens, avant de reprendre dans un deuxième temps les mêmes questionnements à la lumière de la doctrine chrétienne (Bible et Pères de l'Église). Les problèmes, abordés de façon à la fois historique et systématique, couvrent des thématiques d'une grande richesse et complexité, telles l'hylémorphisme universel d'Avicébron et la théorie émanatiste d'Avicenne, la connaissance divine des singuliers ou encore la présence du mal dans les anges. Devant la démultiplication des médiations philosophiquement posées entre Dieu et le monde sublunaire (moteurs célestes, Idées, hénades, âmes des sphères), Thomas d'Aquin cherche à établir le caractère immédiat et universel de la causalité divine créatrice, tout en soulignant la consistance des substances séparées dans leur ordre propre.

    Nicolas Blanc est docteur de l'École Pratique des Hautes Études (Paris) en Philosophie, Textes et Savoirs. Il a soutenu sa thèse sur le De natura hominis de Némésius d'Émèse. Ses recherches portent sur la philosophie antique, la théologie patristique et la métaphysique médiévale.

  • Le grand mystique et théologien du XVe siècle fait dans ce traité, le De ludo globi, la démonstration qu'il est aussi un grand logicien. Un hymne à l'intelligence divine.
    L e philosophe Nicolas de Cues a écrit le De ludo globi vers la fin de l'année 1463, à Rome. La métaphore plaisante du jeu de la boule lui permet d'illustrer et de clarifier sa pensée. L'exemple du jeu s'inscrit dans le cadre de la recherche de Dieu. Celle-ci, illustrée à son tour par la métaphore de la chasse dans le De venatione sapientiae, exprime la tension entre l'homme et l'absolu, entre la créature qui est image et le Créateur dont elle est l'image. L'homo viator est homo ludens. La vie est un jeu, comme la recherche de Dieu est une course.
    Maurice de Gandillac avait traduit des passages de cette oeuvre essentielle et surprenante. Hervé Pasqua en offre une traduction intégrale, précédée d'une introduction éclairante.

  • Bartole de Sassoferrato (env. 1313-1357) est l'un des plus grands juristes du Moyen Âge. Auteur d'une oeuvre immense, lue et commentée de son temps comme à l'époque moderne, il rédigea à la fin de sa vie un ensemble de trois traités, traduits ici pour la première fois en français, qui ont comme point commun d'envisager l'exercice du pouvoir dans sa dimension pratique aussi bien que théorique et juridique. Il consacre ainsi son Traité sur les guelfes et les gibelins à la question de la conflictualité politique et des luttes de factions dans le monde communal italien ; il passe au crible les formes de gouvernement et les régimes politiques dans le Traité sur le gouvernement de la cité, dans le prolongement des réflexions d'Aristote ou de Gilles de Rome ; avec son Traité sur le tyran, il livre l'un des principaux traités que le Moyen Âge nous a légué sur le phénomène tyrannique. Si les thèmes abordés sont variés, ils sont néanmoins traversés par une obsession commune, qui hante du reste philosophes, juristes et théologiens depuis l'Antiquité : celle de la tyrannie, dans laquelle tout pouvoir est susceptible de basculer. Observateur aigu autant qu'acteur de la vie publique, Bartole décortique ici les formes et les conditions de cette dégénérescence et porte un regard incisif sur les transformations politiques qui affectent la société italienne au XIVe siècle.

  • Le théologien dominicain français Durand de Saint-Pourçain (v. 1275-1334) est un penseur original et singulier qui, à cause de la résistance qu'il manifesta à l'endroit d'une certaine orthodoxie « thomiste » imposée par son ordre religieux, fut conduit à devoir réécrire pas moins de deux fois son Commentaire des Sentences. Le présent ouvrage contient la toute première traduction en langue moderne du Prologue de la troisième et ultime version de cet écrit, celle dans laquelle Durand expose sa pensée authentique. Réalisée à partir de l'édition de Venise (1571), revue et corrigée au regard du manuscrit de référence (Paris, BnF, lat. 15874), précédée d'une introduction qui en propose une étude historique et doctrinale, elle donne à lire un redoutable argumentateur qui, sur la question du statut épistémologique de la théologie des Écritures, défend avec vigueur une conception « minimaliste » de l'entreprise théologique et offre une critique tranchante de la rationalité religieuse dans ses prétentions à la scientificité. S'opposant à Thomas d'Aquin, selon qui la théologie est une science inféodée à celle que Dieu et les bienheureux possèdent, à Henri de Gand, selon qui Dieu peut prodiguer une illumination spécifique aux docteurs chrétiens de sorte à transmuer dans leurs esprits les articles de foi en principes évidents, et à Jean Duns Scot, d'après qui Dieu octroie à certains hommes une connaissance abstractive de sa déité sur la base de laquelle une science théologique peut se déployer, Durand déboute les trois paradigmes rivaux que le Moyen Âge universitaire aura conçus pour répondre à cette question, mettant ainsi en jeu les concepts fondamentaux de l'épistémologie de son temps. À travers ce débat, celui que l'on a baptisé le « Docteur moderne » se fait le promoteur d'une théologie qui n'est ni plus ni moins qu'une oeuvre de clarification et de défense persuasive des vérités de la foi.

  • Ouvrage le plus lu d'Henri Suso, L'Horloge de la Sagesse a connu un succès analogue à L'imitation de Jésus-Christ. Mais, ce livre, paradoxalement, n'était plus accessible en français, d'où l'intérêt de cette nouvelle traduction.
    Ainsi pourra-t-on voir comment Henri Suso, ce disciple de maître Eckhart, propose un chemin spirituel, axé sur l'imitation du Christ dans sa Passion, dont L'horloge marque les différentes heures dans la journée. Avec cet ouvrage, qui reprend en latin le Petit Livre de la Sagesse éternelle, Suso se présente comme le Serviteur de la Sagesse éternelle et prépare déjà le tournant de la mystique rhénane à la Devotio moderna.
    Pour la première fois, L'Horloge de la Sagesse est publié avec l'essentiel de l'iconographie qui lui a été consacrée, non seulement dans le manuscrit de Bruxelles, mais aussi dans nombre d'autres manuscrits, qui en scandent les différentes étapes.
    Henri Suso (1295-1366) est l'un des mystiques rhénans. Il passe la majeure partie de sa vie à Constance, où il entre au Couvent des Dominicains, avant d'être envoyé à Ulm en 1347/1348. Sa Vie est retracée dans l'Exemplar.

  • Cette histoire en trois volumes, dont le second paraîtra à la fin de 2018, entend redonner la parole à tout un secteur occulté de la pensée occidentale, issue de l'ancienne Lotharingie (Lorraine) qui ne se voulait ni de France ni de Germanie, mais de l'une et de l'autre. Espace où s'est articulée la première pensée européenne, dès avant l'époque carolingienne. Ce n'est pas un pur hasard si le Pays de Liège a préparé le lieu où allait se signer, en 1992, le Traité si controversé de l'Union européenne. Traité qui dépassait le plan économique et se donnait une vocation politique, mais également éducative et intellectuelle.

  • 529 : l´emperaire bizantin Justinian barra l´escòla filosofica d´Atenas e ne´n fai fugir sa còla de pensaires. Comença un eveniment màger per la pensada occidentala : lo Translatio studiurom, lo transferiment daus estudis. Matiàs Gibert nos conta quela aventura que nos mena en Occitània. Nos desvela lo ròtle qu´i jutgueron sos intellectuaus e sa lenga. De´n primier publiadas dins lo jornau en linha Jornalet.com, las cronicas dau Translatio studiorum son reünidas dins quel obratge.



    Un extrach :

    Lengadòc e Provença an conegut mantes centres intellectuals de traduccion e de produccion filosofica entre los sègles XII e XIV, ont las comunautats josievas, de Narbona fins a Marselha, en passant per Besièrs, Montpelhièr e subretot Lunèl, son arribadas a un naut nivèl de coneissença e refinament filosofic, en tradusent d´òbras aràbias, en mantenent una correspondéncia amb de figuras intellectualas de l´epòca coma lo grand Moïses Maimonid.

  • Where is medieval philosophy going? It is going to where philosophy is. And it is there where philosophy is going. It became medieval once the Middle Ages were over. It was only philosophy when the Middle Ages were still saeculum modernorum, the "century of the Moderns", for those living in it. Today, ...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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