Albin Michel

  • Comme ses Cinq méditations sur la beauté, ce texte de François Cheng est né d'échanges avec ses amis, auxquels le lecteur est invité à devenir partie prenante. Il entendra ainsi le poète, au soir de sa vie, s'exprimer sur un sujet que beaucoup préfèrent éviter. Le voici se livrant comme il ne l'avait peut-être jamais fait, et transmettant une parole à la fois humble et hardie.Il n'a pas la prétention de délivrer un « message » sur l'après-vie, ni d'élaborer un discours dogmatique, mais il témoigne d'une vision de la « vie ouverte ». Une vision en mouvement ascendant qui renverse notre perception de l'existence humaine, et nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort. Celle-ci, transformant chaque vie en destin singulier, la fait participer à une grande Aventure en devenir.

  • Nous vivons une époque dangereuse pour la démocratie, une époque qui creuse les écarts entre gagnants et perdants.
    En cause, l'idéal de la méritocratie qui, généralement associé au fonctionnement régulier des institutions démocratiques, à l'autonomie et à la liberté des citoyens, et à une certaine forme de justice sociale, apparaît fondamentalement vicié et in fine inégalitaire, conduisant les sociétés occidentales à une véritable « tyrannie du mérite ». La conséquence est un mélange de colère et de frustration qui a alimenté les protestations populistes et la polarisation extrême - le Brexit au Royaume-Uni, comme l'élection de Donald Trump aux États-Unis, était un verdict sans appel, qui traduit les inquiétudes, les frustrations et l'exaspération suscitées par des décennies d'inégalité croissante, et une mondialisation qui ne profite qu'aux élites tout en donnant aux citoyens ordinaires le sentiment d'être démunis. Face aux écueils d'une méritocratie qui engendre excès d'orgueil et humiliation, Michael J. Sandel rappelle qu'il est plus que jamais nécessaire de revoir notre position vis-à-vis du succès et de l'échec, en prenant davantage en compte la part de chance qui intervient dans toutes les affaires humaines et en prônant une éthique de l'humilité plus favorable au bien commun.Après l'immense succès de Justice, Michael J. Sandel, professeur renommé de philosophie politique à l'Université de Harvard, examine avec force les maux et les nouveaux défis auxquels se trouvent confrontées nos sociétés actuelles.

  • Qui était vraiment Socrate ? Le père fondateur de la philosophie, révéré par ses disciples, moqué par ses rivaux, a fait l'objet de nombreux mythes de son vivant, qui tous nous ont légué l'image d'un penseur austère, infatigable débatteur à l'ironie cinglante, d'un vieux sage négligé, au physique aussi repoussant que ses idées étaient séduisantes.En cherchant des indices dissimulés dans les sources historiques négligées, avec un peu d'imagination et beaucoup d'humour, Armand d'Angour fait descendre Socrate de son piédestal et brosse un portrait aux antipodes des représentations traditionnelles. Le jeune Socrate que nous découvrons est un joyeux luron, amateur de danse, de musique, de poésie et de vin, un soldat accompli à la musculature impressionnante, mais aussi un damoiseau facilement impressionné par un père très strict, et doté d'un coeur d'artichaut. Or, Armand D'Angour en est convaincu, c'est en tombant amoureux que Socrate est devenu le plus grand des philosophes de son temps. Sa muse, compagne de Périclès et habile rhétoricienne, Aspasie de Milet, aurait été le grand amour de Socrate et serait à l'origine de sa philosophie sur l'amour, le beau, la sagesse...
    Armand D'Angour est professeur de lettres classiques à Oxford et enseigne au Jesus College. Il a beaucoup écrit sur la poésie, la musique et la littérature grecques et latines.

  • Toute philosophie est un combat. Son arme ? La raison. Ses ennemis ? La bêtise, le fanatisme, l'obscurantisme. Ses alliés ? Les sciences. Son objet ?Le tout, avec l'homme dedans. Ou l'homme, mais dans le tout. Son but ? La sagesse : le bonheur, mais dans la vérité. Il y a du pain sur la planche, comme on dit, et c'est tant mieux : les philosophes ont bon appétit !

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    Philosopher pour tous, sans préparation, sans précaution, et dans la langue commune : tel était le pari d´Alain, dans ses célèbres Propos. Tel est celui d´André Comte-Sponville, dans les siens.
    La philosophie, pour lui, est le contraire d´une tour d´ivoire ; elle n´existe que dans le monde, que dans la société, et d´autant mieux qu´elle s´y confronte davantage. Écrire dans les journaux, c´est penser dans la Cité, comme il convient, et pour elle.
    Ces 101 propos, le plus souvent inspirés par l´actualité, constituent la plus vivante des introductions à la philosophie, mais aussi davantage : un livre de sagesse et de citoyenneté.

  • Lao Tseu, qui aurait vécu six siècles avant notre ère, est avec Confucius, dont il fut le contemporain, le personnage le plus illustre de l'antiquité chinoise. Quant au Tao Te King qui lui est attribué, sur des bases d'ailleurs moins historiques que légendaires, c'est sans aucun doute l'ouvrage le plus souvent traduit de toute la littérature extrême-orientale.
    Ces quelque cinq mille carachères chinois ont donné lieu à d'innombrables traductions et interprétations. La présente version se situe résolument dans la perspective d'une adaptation de l'antique sagesse à notre monde et à notre langage contemporains. Plus que jamais, en effet, notre conscience occidentale a besoin d'entendre ces paroles fascinantes, porteuses du secret spirituel de l'Orient.

  • « Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui, je sortirai vivante du plus sombre des labyrinthes. » À partir de cette magnifique formule de Christiane Singer, qui fut son amie, Bertrand Vergely aborde un sujet non seulement essentiel, mais indispensable à l'équilibre de chaque être humain : la faculté de s'émerveiller, encore et toujours, envers et contre tout. Car celui qui s'émerveille n'est pas indifférent, mais ouvert au monde, à l'humanité, à l'existence. Bertrand Vergely enracine sa grande culture et son savoir dans une véritable philosophie du vécu. Un ouvrage plein d'énergie, profond et libérateur.

  • Le capitalisme est-il moral ? Nul ne peut se soustraire à la question puisque aucun d'entre nous n'échappe ni à la morale ni au capitalisme.Par son travail, son épargne et sa consommation, chacun participe à un système économique que les uns justifient et que d'autres condamnent au nom de concepts éthiques. Deux démarches intellectuelles que le philosophe André Comte-Sponville passe au crible de l'analyse lucide.Une grille de lecture étonnamment claire, qui débouche sur un appel à la responsabilité.

  • Bertrand Vergely s'attaque, dans cette réflexion majeure et originale, au sujet clé qui interroge nos existences : quel est le sens de notre vie ? La société ne répond pas à cette question car elle ne voit pas que, au-delà de la consommation matérielle et de la course à la survie, il y a un désir de croissance morale et spirituelle. Et les religions se révèlent souvent trop dogmatiques et sclérosées. Or nous sommes des êtres de coeur, de raison et d'esprit. Il nous est  impossible de vivre une vie qui n'aurait aucun sens. C'est donc à nous-mêmes de résoudre intérieurement cette question cruciale en trouvant une direction à notre existence. Bertrand Vergely va nous y aider, en convoquant à l'appui de sa démonstration, la plupart des philosophes, de l'antiquité à nos jours, mais aussi des écrivains, des poètes, des mystiques... Il prouve que nous ne sommes pas qu'un paquet d'atomes jeté dans l'univers, soumis au hasard et à la nécessité. Cet essai, qui fera date et sûrement débat , secoue les idées reçues et les bien-pensants de tous bords !

  • Sélection Les 100 livres de l'année 2019 du magazine Lire Comment se comporter dans une civilisation qui menace de s'effondrer ? En lisant les Romains dont la philosophie s'appuie sur des exemples à suivre et non sur des théories fumeuses.Sagesse est un genre de péplum philosophique dans lequel on assiste à la mort de Pline l'Ancien et à des combats de gladiatrices, à des suicides grandioses et à des banquets de philosophes ridicules, à des amitiés sublimes et à  des assassinats qui changent le cours de l'histoire. On y croise des personnages hauts en couleur : Mucius Scaevola et son charbon ardent, Regulus et ses paupières cousues, Cincinnatus et sa charrue, Lucrèce et son poignard. Mais aussi Sénèque et Cicéron, Épictète et Marc Aurèle.Ce livre répond à des questions très concrètes : quel usage faire de son temps ? Comment être ferme dans la douleur ? Est-il possible de bien vieillir ? De quelle façon apprivoiser la mort ? Doit-on faire des enfants ? Qu'est-ce que tenir parole ? Qu'est-ce qu'aimer d'amour ou d'amitié ? Peut-on posséder sans être possédé ? Faut-il s'occuper de politique ? Que nous apprend la nature ? À quoi ressemble une morale de l'honneur ?Dans l'attente de la catastrophe, on peut toujours vivre en Romain : c'est-à-dire droit et debout. Michel Onfray a publié plus d'une centaine de livres et est traduit dans 25 pays. Il est le fondateur en 2002 de l'Université populaire de Caen et a lancé en 2016 sa webtv : michelonfray.comSagesse est le troisième volet de la Brève encyclopédie du monde, après Cosmos et Décadence.

  • « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement, écrit La Rochefoucauld. Cela fait au moins une différence avec le sexe : le regarder fixement, voilà ce que peu d'hommes et de femmes, de nos jours, s'interdisent ou redoutent. Pourquoi, s'agissant de sexualité, est-ce pourtant cette formule qui m'est venue, jusqu'à me fournir, ou peu s'en faut, mon titre ? Peut-être parce que l'essentiel, ici aussi, échappe au regard, ou l'aveugle, tout en continuant de le fasciner. Le sexe est un soleil ; l'amour, qui en vient, s'y réchauffe ou s'y consume. Les mortels, disaient les Anciens pour distinguer les hommes des animaux et des dieux. Nous pourrions, tout autant, nous nommer les amants : non parce que nous serions les seuls à avoir des rapports sexuels, ni à aimer, mais parce que le sexe et l'amour, pour nous, sont des problèmes, qu'il faut affronter ou surmonter, sans les confondre ni les réduire l'un à l'autre. Cela définit au moins une partie de notre humanité : l'homme est un animal érotique. » A. C.-S.

  • Pour la plupart des contemporains, la solitude est ressentie de façon négative : on la confond avec l'isolement, le manque, l'abandon. Et la société veille à empêcher que l'être humain ne se retrouve seul, face à lui-même. Or la solitude choisie est loin

  • Comment affronter la peur de la mort ? Accepter la fin de l'amour ?
    Tirer parti de chaque instant ? En deux mots : comment vivre ?
    La perplexité devant l'existence nourrit toute l'oeuvre de Montaigne. En écrivant sur lui-même, le grand penseur tend un miroir où chacun peut se reconnaître. D'où l'extrême modernité et l'intelligence des Essais.
    Véritable phénomène d'édition en Angleterre et aux Etats-Unis, le livre de Sarah Bakewell est un guide aussi érudit que savoureux de l'univers et de la pensée du philosophe. En vingt chapitres, qui sont autant de tentatives de réponse à la question existentielle Comment vivre ?, il aborde de manière chronologique et thématique la vie personnelle de Montaigne et les événements qui ont marqué son temps. Connaisseur ou néophyte, chacun y trouvera des réponses à ses doutes les plus obscurs et les plus féconds.
    Une superbe incitation à découvrir ou relire un des chefs-d'oeuvre de la pensée moderne.
    « Si vous connaissez l'oeuvre de Montaigne, Comment vivre ? vous enchantera. Si vous ne la connaissez pas, le livre se suffit largement à lui-même... Pour faire court, Montaigne a ici la biographie qu'il mérite. » The Independant
    « Une magnifique et vivante introduction à l'oeuvre de Montaigne. » The Guardian

  • Lucien Jerphagnon a publié tout au long de sa carrière nombre de textes enlevés : des articles grand public ou savants, légers et polémiques, drôles et inattendus. Ce livre se veut un choix des meilleurs inédits du Maître sur l’Antiquité, relus et retravaillés par ses soins. Lucien Jerphagnon nous entraîne de page en page à voir avec leurs yeux ce que voyaient les Anciens. Quoi qu’il traite, il nous entretient avec bonheur de la sagesse et de la mystique chez les Grecs et les premiers chrétiens. Car, pour Lucien Jerphagnon, il en va toujours de la recherche du Bien suprême - un Bien suprême qui n’exclut ni le rire ni l’humour. « Connais-toi toi-même » - phrase reprise de la devise qui ornait le fronton du temple de Delphes, et dont Socrate a fait son leitmotiv - est le vade-mecum parfait de ceux pour lesquels l’esprit n’a pas d’âge et appartient à tous les siècles - à aujourd’hui comme à demain.

  • Redécouvert au XXe siècle par les historiens du Moyen Âge, les théologiens et les philosophes, Maître Eckhart est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands mystiques chrétiens. Pour autant, trop peu de lecteurs ont pu jusqu'à présent se pencher sur son ?

  • Prix du meilleur livre étranger 2019 - Essai
    1919. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, un élan de créativité sans précédent se produit dans l'histoire de la philosophie. Les ouvrages majeurs de Ludwig Wittgenstein, Martin Heidegger, Ernst Cassirer et Walter Benjamin, marquent un tournant de la pensée occidentale qui va façonner la philosophie moderne. Critique de la technologie, crise de la démocratie, repli identitaire, développement durable : pour comprendre et interpréter les grandes questions contemporaines, il faut revenir sur les traces de ces quatre grands penseurs. De l'Autriche à la Forêt-noire en passant par Paris et Berlin, entre biographie et analyse philosophique, Wolfram Eilenberger, qui a été longtemps rédacteur en chef de Philosophie Magazine en Allemagne, retrace de manière très vivante les chemins de réflexion de ces quatre philosophes essentiels.

  • Les lettres au mystérieux Lucilius de Lutèce qui ouvrent ce livre donnent le ton : intime, allègre et érudit. S´il évoque toujours ce qui lui tient à coeur, l´histoire et la philosophie chez les Grecs, les Romains et les Premiers chrétiens, ou les contre-vérités qui ont fait long feu, Lucien Jerphagnon nous parle aussi avec brio et profondeur de sujets plus personnels - ses amis, ses affections, et ses conversations avec les dieux. Le Maître nous rappelle alors, avec son accent inimitable, que le présent doit se conjuguer avec la plus divine des obligations, dont les dieux d´Homère ont donné l´exemple : « rire ».

  • « Ces attentats nous ont tous sidérés, bouleversés, meurtris. Mais immédiatement, ils ont produit l'effet contraire de celui que les terroristes recherchaient : au lieu de nous terroriser, ils nous ont donné du courage ; au lieu de nous diviser, ils nous ont rassemblés ! Ils nous ont rassemblés de façon instinctive contre le fanatisme en nous faisant prendre conscience qu'il fallait maintenant changer d'ère : passer du "choc des civilisations" à celui de la fraternité des coeurs et des cultures. Ce plaidoyer propose des pistes de réflexion, d'engagement et d'actions concrètes. » Abdennour Bidar, normalien, agrégé et docteur en philosophie, a enseigné une vingtaine d'années avant d'être chargé de mission au ministère de l'Education nationale. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont L'islam sans soumission chez Albin Michel, et a repris l'émission Cultures d'islam créée par Abdelwahab Meddeb sur France Culture.

  • Moraliste doublé d'un métaphysicien hors pair, Vladimir Jankélévitch (1903-1985) est l'auteur d'oeuvres classiques parmi lesquelles Le Traité des vertus, La Mort, Le Pardon, L'Irréversible et la nostalgie, Le Paradoxe de la morale, et de nombreux livres sur la musique, entre autres sur Debussy, Ravel et Fauré.Avec fidélité, sérieux et courage, il n'a cessé d'unir la pensée et l'action, de mêler réflexion et implication dans la vie sociale de son temps pour défendre au mieux les idées qui illustraient ses cours à la Sorbonne sur le mensonge, la sincérité ou la justice.Composé de textes rares, devenus introuvables ou inédits en volume, ce livre présente des grands enjeux : mémoire, pardon, lutte contre le racisme et l'antisémitisme....Vladimir Jankélévitch nous met en garde contre le retour des pensées criminelles. Et à la question : qu'est-ce qu'un philosophe aujourd'hui ? Il répond : « Eh bien, c'est d'abord quelqu'un qui fait comme il dit. »Cette édition a été préparée par Françoise Schwab, historienne, éditrice des oeuvres posthumes de Vladimir Jankélévitch, auteur de nombreux articles sur la pensée du philosophe en rapport avec Henri Bergson, Emmanuel Levinas ou Léon Chestov.Avec des contributions de Jean-Marie Brohm, docteur d'État ès Lettres et Sciences humaines, professeur émérite de sociologie, à l'Université Montpellier III, auteur entre autres de 1936. Jeux olympiques à Berlin (André Versaille éditeur, 2008) et de Jean-François Rey, agrégé de philosophie, docteur en sciences politiques, auteur de plusieurs ouvrages sur Emmanuel Levinas dont Levinas autrement (Peeters, 2012).

  • Nous vivons un moment décisif. À l'euphorie des années 1990, marquées par le triomphe de la démocratie libérale et la célébration d'un « nouvel ordre mondial », a succédé l'illusion d'une démocratie sans frontière, sans ennemis, sans partis. Une démocratie cosmopolite qui apporterait enfin paix et prospérité aux peuples du monde. Mais la montée des populismes de droite en Europe et la menace que représente aujourd'hui le terrorisme international ont révélé à quel point ce rêve était superficiel. Et les mots censés l'illustrer « dialogue », « consensus », « délibération » impuissants. Pour la philosophe Chantal Mouffe, figure de la démocratie radicale et plurielle, considérée, avec Ernesto Laclau, comme l'inspiratrice du mouvement Podemos, le conflit est constitutif de la politique. Aussi, concevoir la politique démocratique en termes de consensus et de réconciliation n'est pas seulement erroné conceptuellement, mais dangereux politiquement. Quand les luttes politiques perdent de leur signification, ce n'est pas la paix sociale qui s'impose, mais des antagonismes violents, irréductibles, susceptibles de remettre en cause les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques.

  • Amélie Nothomb, morte ? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu'une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu'une identité posthume est attribuée à chacun au terme d'une cérémonie. L'un ira au paradis des cinéastes et l'autre au paradis des boulangers, par exemple. L'éternité est moins longue lorsqu'on échange autour d'une passion commune... Amélie s'attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Stupeur ! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche ! S'agit-il d'une erreur ? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu'à Sartre.
    Écrit « à la manière » d'Amélie Nothomb, ce conte philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l'oeuvre de la romancière mondialement célèbre.

  • La nuit, tous les aphorismes sont gris. Dominique Noguez les remet en pleine lumière, révélant l'origine et les sources des meilleurs d'entre eux avant de les commenter, souvent avec humour, toujours avec une érudite précision.
    De Sophocle à Duras, de Labiche à de Gaulle, voici une mine de citations, graves ou graveleuses, philosophiques ou drôles. Un délice pour tous les amis de la sagesse antique et moderne, les curieux d'histoire et d'étymologie, les apprentis écrivains, les amoureux de la langue, les professeurs en quête de sujets de dissertation originaux, et les élèves qui voudraient épater leurs professeurs...

  • Penseur engagé dans la vie politique américaine depuis le combat pour les droits civiques, Michael Walzer est une figure marquante de la gauche intellectuelle aux États-Unis. Convaincu que le débat philosophique n'est utile que s'il est adossé aux pratiques concrètes et à la moralité des sociétés, il développe une critique sociale aux antipodes de la philosophie désincarnée, qui ne répond ni aux préoccupations quotidiennes des gens ordinaires ni au sentiment d'injustice des perdants de la globalisation. Il est inutile, selon lui, de vouloir écrire une théorie de la justice : c'est à « penser la justice » en fonction du contexte donné (politique, économique, religieux, etc.) qu'il faut s'employer.
    Grâce à la science d'Astrid von Busekist, nous entrons dans une oeuvre édifiante qui défend une morale politique « commune », enracinée dans des traditions culturelles particulières, mais capable de dialoguer par-delà les frontières. Face à l'urgence de l'engagement et de l'extrême attention à porter aux inégalités et aux injustices, elle définit le rôle que peut - et que doit - jouer le critique social ou le philosophe dans la cité moderne.

  • Sigmund Freud et Romain Rolland ont entretenu de 1923 à 1936 et ne se sont rencontrés qu'une fois. Au fil d'échanges aussi sobre qu'intenses, ils abordent des thèmes tels que la nature de la croyance et l'origine du sentiment religieux - Freud se considérait comme un « juif athée » face à son ami, chrétien sans Église, et le malaise dans la civilisation, qui les préoccupait l'un et l'autre après les massacres de la première guerre mondiale qui précédèrent la montée des totalitarismes et la menace d'un nouveau conflit.Si le courant passe entre ces deux créateurs fort différents, c'est que des affinités latentes les rapprochent, comme leur stature de héros romantiques et un lien commun avec Goethe et les romantiques allemands. Mais plus encore, en sourdine, un deuil qui les a affectés l'un et l'autre dans l'enfance. Freud admirait en Romain Rolland l'intellectuel engagé qui défendait les valeurs de la civilisation en dénonçant l'absurdité de la guerre de 1914-1918 et en s'opposant à Hitler. Mais il était plus lucide sur les illusions idéologiques de son ami qui, dans sa période de soutien à l'URSS, oubliera sa dénonciation du totalitarisme stalinien et s'éloignera momentanément de Freud, confirmant ainsi les ambivalences et les impasses de ce passionnant dialogue qui éclaire l'oeuvre entière.

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