• Peu de régions auront autant que l'Andalousie sollicité l'imagination et le rêve. Peut-être même est-elle la région d'Europe où les vérités et les légendes ont fait le plus de ravages dans les esprits parfois les plus éminents. On a fini par attribuer à toute l'Espagne certains de ses traits : les patios, le flamenco, Carmen, les gitans, les courses de taureaux, l'architecture hispano-mauresque, la fiction d'un lieu où chrétiens, juifs et musulmans auraient vécu en harmonie au Moyen âge... Paré des charmes exotiques d'un Orient lui aussi fabriqué, ce pays attachant, étranger à l'Europe et quasi africain, est une invention, l'envers de la« légende noire » de l'Espagne, des écrivains romantiques français et anglais, ce qui n'a pas empêché le national-catholicisme franquiste, avec son rejet des Lumières et du monde moderne, d'entretenir à sa façon ce même cliché d'un paradis perdu. Aujourd'hui encore, la nostalgie d'une Andalousie supposée« communautariste » ne manque pas de rencontrer quelques échos. L'histoire réelle, elle, nous raconte que les délimitations ne remontent pas au-delà du XIXe siècle et qu'il est difficile de soutenir que l'Andalousie ait jamais connu l'unité. Le passé s'y articule autour de trois pôles, Grenade, Cordoue et Séville (mais pas Cadix, ville moderne qui se prête mal à l'exotisme...), aux destins bien différenciés. Quant à faire de la conversion/expulsion des juifs et plus tard des moresques l'épisode le plus significatif de la politique intolérante de la monarchie espagnole, c'est commettre un anachronisme que la recherche historique la plus récente a mis en évidence.

  • Les guerres menées aux quatre coins de l'Europe par ces grands souverains - Isabelle et Ferdinand, Charles Quint, Philippe II - ont valu à l'Espagne une position hégémonique mais n'ont pas suffi à bâtir une puissance durable. Leur coût en hommes et en argent a épuisé le royaume.
    Dégagé du Saint-Empire et de l'antagonisme français, Philippe II, au coeur du second volume de cette synthèse magistrale, s'opposa à l'Angleterre et s'enlisa dans le bourbier de la guerre des Flandres. Il défendit Rome, et donc l'Europe chrétienne, contre la menace ottomane. La politique qui s'est ainsi imposée à lui acheva de ruiner l'Espagne tout en lui apportant la gloire impérissable d'un siècle d'or politique et militaire.
    Le brillant tableau que Michèle Escamilla dresse de l'hyperpuissance espagnole nous révèle l'une des pages les plus riches, les plus glorieuses, et parfois les plus pathétiques de l'Histoire.

  • L'émergence de l'hyperpuissance espagnole est un des phénomènes les plus spectaculaires de l'Histoire. Tout au long du XVIe siècle, Charles Quint et Philippe II - les Austrias Mayores ou Grands Habsbourg - furent engagés sur tous les fronts, âme et fer de lance d'éclatantes victoires ; mais leurs rares défaites furent irréversibles.
    Fruit d'une savante politique matrimoniale et d'un destin tragique, l'avènement des Habsbourg en 1516 allait bouleverser l'équilibre politique de la monarchie espagnole et celui de l'Europe. Le premier volume de cette passionnante fresque revient sur le temps où Charles Quint, roi d'Espagne et chef du Saint-Empire, dut affronter les rois de France, Barbaresques et Ottomans en Méditerranée, les princes du Saint-Empire passés à la Réforme, et parfois même le pape.

  • Espagne, 1936 : le général Franco déclenche un coup d'État contre le gouvernement de Front populaire qui plongele pays dans une guerre civile de près de trois années.
    Cette guerre a fait plusieurs centaines de milliers de morts, hommes, femmes et enfants, et jeté sur les routesplus d'un demi-millionde réfugiés, contraintsà l'exil.
    L'auteur démontre, point par point, en quoi cette guerre civile a mis en oeuvre toutes les logiques et pratiques de l'extermination de masse : exécutions sommaires par milliers, procès factices, torture et violssystématiques, emprisonnementsabusifs...

  • C'est en septembre 1936 que le reporter polonais Ksawery Pruszynski arrive dans une Espagne en proie à la guerre civile. Il y est envoyé pour couvrir les événements qui secouent la péninsule Ibérique depuis le coup d'État nationaliste du 17 juillet. Sur place, d'abord à Barcelone secouée par l'anarchie et la terreur, Pruszynski aborde le conflit sous l'angle de l'observateur politique de la révolution rouge, menée par le camp républicain. Puis en suivant le siège de Madrid, il se plonge - en véritable anthropologue - dans le passé et la culture de l'Espagne profonde afin de parvenir au plus près de l'âme d'un peuple qui s'entre-déchire. Dans la réalité saisissante du chaos de la guerre, la description de la cité assiégée fait rejaillir l'intense désarroi des victimes et l'immense héroïsme des combattants.
    Portrait poignant d'un pays en révolution et en guerre, Espagne rouge fait la part belle à l'humain broyé par les rouages sanglants de l'histoire et les mécanismes de la domination politique.

  • De la Reconquista à nos jours, l'Espagne offre le visage fascinant et énigmatique d'un pays au destin singulier où de brusques ruptures alternent avec des réveils d'une surprenante vitalité.
    Victime de sa légende noire depuis l'Inquisition et la colonisation des Amériques, l'histoire de l'Espagne reste encombrée de nombreux clichés - sur la Seconde République, la guerre civile et le franquisme - qui cachent une réalité complexe : celle d'une nation vivante mais contrariée par les vicissitudes d'un État impuissant à fédérer ses potentialités.
    Par le rythme clair et soutenu d'un « récit national », Philippe Nourry restitue une nouvelle histoire d'une Espagne flagellée aujourd'hui par la crise économique, menacée dans son unité, mais ouverte sur l'avenir.

  • Le 1er novembre 1700 s'éteint le roi Charles II d'Espagne, souverain d'un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. À la surprise générale, il désigne comme héritier le jeune Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du Roi-Soleil. Cette décision arrime le royaume d'Espagne, immense mais à bout de souffle, à celui de France, première puissance du continent. Pour les autres États d'Europe, cette alliance est inacceptable. Le conflit qui s'ensuit représente la plus longue et la plus difficile épreuve du règne de Louis XIV.
    La guerre de Succession d'Espagne oppose, de 1701 à 1714, les deux rois de la Maison de Bourbon à une vaste coalition dirigée par l'Angleterre, la Hollande et l'Empereur. La France dispose alors de la plus forte armée d'Europe, invaincue depuis plus d'un demi-siècle, et d'une direction stratégique unifiée. Elle va pourtant subir une série de désastres sans précédent face aux troupes alliées commandées par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. La ceinture de fer érigée par Vauban est entamée, les frontières du royaume occupées.
    C'est à l'étude de cette catastrophe que se consacre Clément Oury. Dans la lignée d'une histoire militaire renouvelée, il étudie la conduite des opérations depuis Versailles ou La Haye, dans les cabinets des ministres ou sur le champ de bataille. Il s'intéresse au quotidien du soldat comme à son expérience du combat aux souffrances des populations dans les zones de conflit aux réactions des opinions publiques qui, sidérées ou enthousiastes, voient s'effondrer l'image d'un Roi-Soleil invincible et menaçant.
    Il analyse enfin les ressorts de la résilience du royaume. Alors que le désastre paraît consommé, les dissensions entre Alliés permettent d'obtenir une paix de compromis. Celle-ci bouleverse l'agencement des pouvoirs en Europe, avec l'affirmation de la Grande-Bretagne et de la Maison d'Autriche. On ne craint plus que le royaume de Louis XIV ne prétende à l'hégémonie. Des décombres du conflit s'impose un principe diplomatique nouveau : l'équilibre des puissances.

  • Il faut entendre l'aspiration de nombreux Catalans à l'indépendance. Entendre ne veut pas dire comprendre. Encore moins accepter. Entendre, c'est regarder en face les méandres du passé d'une Espagne bien moins monolithique que son élite madrilène ne l'affirme. La Catalogne n'est pas un rêve dénué de sens et de réalité. Une force existe dans cette région qu'irrigue la puissante Barcelone.
    Elle transcende la barrière naturelle des Pyrénées.
    Elle agite l'arrière-pays, réveille les traditions ancestrales et vit au rythme d'une langue symbole d'identité.

    Cette Catalogne-là n'est pas celle des harangues politiques. Elle ne se résume pas à un référendum ou au destin personnel de militants incarcérés. Elle forme un brasier de passions, enracinées dans l'histoire et les blessures d'hier. Avec les archivistes de la guerre civile, l'auteur a parlé dissimulations, mensonges et omissions impardonnables héritées des années noires du franquisme. Avec les élus catalans, l'échange s'est fait rugueux sur les questions de corruption. Avec le peuple catalan enfin, les interrogations n'ont cessé de fuser. Comment ? Pourquoi ? Quelle indépendance ?
    Ce petit livre n'est pas un récit au fil des paysages de la Catalogne. Il se lit comme une enquête. Il est un décodeur des passions espagnoles. Parce que l'identité, en terre ibérique, est une quête toujours recommencée.

  • Comment est-on Espagnol ? Au pays de Don Quichotte, où résonne à chaque victoire sportive un hymne national sans paroles, la question taraude une communauté nationale minée par des identités régionales de plus en plus affirmées. Comment répondre à cette interrogation, nourrie, à des siècles d'intervalle, par l'héritage des invasions musulmanes et de la reconquista, par les mensonges franquistes ou le grand gaspillage des aides européennes ?
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il revisite, d'abord à travers un récit découpé en tableaux soignés de la société espagnole, puis à l'écoute de grands intellectuels, les clichés sur une société bousculée par la prospérité, la modernité et aujourd'hui par la crise. Un voyage au gré de personnages forts et de lieux marquants, pour mieux connaître les passions espagnoles. Et donc mieux les comprendre.

    Un grand récit suivi d'entretiens avec José Alvarez Junco (historien), Angeles Carmona (Présidente de l'Observatoire de la violence domestique et de genre au sein du Conseil général du pouvoir judiciaire espagnol) et Joan Botella (universitaire et politologue catalan).

  • Universitaire espagnol et arabisant mondialement reconnu, Serafín Fanjul a consacré sa vie à l'étude de l'islam comme phénomène religieux, sociologique, économique et politique. Ses travaux majeurs, dont le présent ouvrage est la première traduction en français, ont fait grand bruit en Espagne et l'on peut aisément comprendre pourquoi. Il s'est en effet penché principalement sur Al-Andalus, cette Espagne médiévale dite des trois cultures, où la domination politique de l'islam aurait permis pendant des siècles d'extraordinaires échanges culturels entre les communautés islamique, chrétienne et juive, sur fond de cohabitation harmonieuse.
    Il montre avec érudition comment l'imaginaire des romantiques est passé par là, laissant en héritage une vision du passé hispanique qui relève davantage du fantasme que de la réalité. La vérité historique a été emportée par la croyance, et celle-ci est d'autant plus séduisante que les sirènes du conformisme ont su la détourner à leur profit pour faire de l'Espagne d'alors un véritable paradis perdu du multiculturalisme européen.
    La réalité que le travail de Fanjul restitue est celle d'une péninsule où règnent entre les communautés l'intolérance et le conflit, la souffrance et la violence, bien loin de l'ouverture et de l'apaisement trop souvent soutenus.

  • Barcelone est d'abord un rêve de ville. Mais elle est bien plus qu'un paradis sur mer : c'est une ville frondeuse, excentrique, électrique, un appel permanent à la liberté.
    Cet ouvrage explore les multiples facettes de Barcelone, capitale catalane et européenne, joyau médiéval et haut lieu du modernisme, ville d'art, de fête, d'architecture flamboyante, de littérature, de gastronomie, ville sensuelle, colorée, bouillonnante. Après une passionnante plongée dans l'histoire de la cité, il nous invite à découvrir Barcelone à travers ses rues, où passent les ombres de ses grands hommes et de passants anonymes. Des écrivains - Montalbán, Marsé, Orwell, Genet, Bolaño, Rodoreda, Vila-Matas -, des historiens, des géographes, des urbanistes, des artistes revisitent leurs souvenirs, nous emmènent du parapet du parc Güell aux ruelles du Gòtic, du Raval, de Gràcia, de l'Eixample. Ils nous offrent mille histoires délicieuses, inquiétantes, sidérantes, au fil d'une promenade légère et passionnée, à l'image de la ville qui l'a inspirée.
    Les balades personnelles se mêlent ici aux enquêtes érudites pour mieux restituer la singularité multiple et mouvante de Barcelone, telle que Gaudí l'a illustrée à sa manière.

  • S'il existe bien des livres qui ont traité cette histoire, ils se sont presque systématiquement limités à une chronique hagiographique, au sein de laquelle des personnages comme Durruti faisaient fi gure de héros intouchables. Les recherches entreprises au départ pour vérifi er les dires de Gimenez et situer correctement son récit dans la geste libertaire de l'époque ont conduit les auteurs de l'appareil critique à rédiger une véritable somme levant de nombreux coins du voile sur ces milieux si particuliers de la militancia anarchiste et anarcho-syndicaliste des années 1930. Sans cacher ce qu'elle pouvait comporter de peu reluisant ni dissimuler la responsabilité qu'endosseront rapidement les instances de la CNT et de la FAI dans la reconstruction de l'économie et de l'État capitalistes qui avaient été prétendument détruits.
    Dans le cours du travail d'établissement des sources, les auteurs ont dû traduire, de l'allemand, de l'anglais, du suédois, de l'italien et de l'espagnol, de très nombreux documents, issus dans leur très grande majorité des centres d'archives visités. Et ce travail a été complété par des traductions d'extraits de livres, en espagnol pour la plupart, qui ne possèdent pas à ce jour de version française.
    Le public français a donc accès à des documents inédits, qui proposent un éclairage très nouveau sur cette période si particulière de l'histoire.

  • Une guerre civile par procuration. Les intellectuels français et la guerre d'Espagne (1936-1939) entend restituer, si ce n'est de façon exhaustive, du moins de manière précise et détaillée, la relation entre les écrivains français engagés et la guerre civile espagnole.
    Cet essai vient combler une importante et paradoxale lacune historiographique. La guerre d'Espagne fascine les lecteurs et les universitaires, et les intellectuels français atteignent sans doute leur plus haut degré de notoriété dans les années 1930 notamment pour leur engagement dans les conflits contemporains ; or, l'idée de les confronter est inédite.
    Comment se sont comportés les intellectuels français pendant la guerre d'Espagne ? En France ou sur place, qu'ils soient journalistes, penseurs ou écrivains, d'un côté ou de l'autre de l'échiquier politique, par leur plume ou leurs actions, Pierre-Frédéric Charpentier tourne les projecteurs sur leur vision du conflit. Ce dernier est le sujet d'un vif débat intellectuel au cours des années 1936 à 1939 dont les conséquences leur ont été parfois fatales.
    Cet essai est enrichi d'un riche appareil critique (chronologies, courtes synthèses sur le devenir d'une sélection des principaux auteurs évoqués dans l'ouvrage, index des noms propres, des publications et des oeuvres, bibliographie sélective détaillée), lui permettant de prétendre à devenir une référence historiographique.

  • 1936-1939. Pendant trois ans la république espagnole a non seulement résisté au coup d'état fasciste de Franco mais elle a mis en place les prémisses de la plus grande révolution sociale de tous les temps. Deux cent affiches (sur 3 000 sorties pendant ces trois ans), des timbres, des cartes postales, etc. édités par les organisations libertaires (CNT, FAI, FIJL, Mujeres Libres) témoignent de tout cela. Et c'est magnifique de graphisme et de sens. Troisième édition augmentée.

  • Panorama historique, magistrale synthèse et savante vulgarisation, ce livre veut faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Ici, le mot arabe renvoie à une langue : celle qu'employèrent des Arabes certes, mais aussi des Persans, des Turcs, des Juifs et des Espagnols. Langue de la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité, de l'Orient ancien et du monde musulman au Moyen Age occidental. Ces savoirs, l'Islam les accrut d'apports décisifs, qu'il s'agisse de la philosophie, des sciences (de la médecine à la géologie, du nautisme à l'astronomie), des arts (de la narrativité à la musique, du vêtement à l'architecture). L'analyse minutieuse du mouvement des traductions est admirablement cernée. Les pages sur la littérature et l'art lyrique nous amènent tout naturellement à Dante et aux troubadours. Car cet héritage andalou a changé l'Europe médiévale et sa conception de l'amour, avant de nourrir le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance. Dans la polémique déclarée ou implicite sur le rôle historique des Arabes, ce livre a, assurément, sa place

  • Aux 16 e et 17 e siècles, la monarchie espagnole rayonne dans l'Europe entière par la puissance de ses armées. Par l'étendue de ses possessions, de Manille à Barcelone, de Madrid à Mexico, elle atteint une dimension inégalée. Ses métaux précieux inondent le continent alors que ses chefs-d'oeuvre bouleversent la création artistique avec Don Juan, Don Quichotte ou Le Cid.
    De Charles Quint au siècle d'Or, des Lumières au frémissement révolutionnaire, ce livre retrace l'histoire des royaumes espagnols entre 1516 et 1788. Il analyse les permanences et les transformations et examine les pratiques politiques qui préfigurent l'Espagne des 19 e et 20 e siècles.
    Complété par une série de documents, qui proposent des méthodes de réflexions et de commentaires, et par des outils (un glossaire, une chronologie et une bibliographie), ce livre permettra à tout étudiant d'acquérir les connaissances nécessaires pour s'orienter avec précision dans l'histoire de l'Espagne.

  • Il suffit d'énumérer quelques dates pour se convaincre du rôle fondamental joué par les Rois Catholiques dans l'histoire de la péninsule Ibérique (et de l'Europe) : 1469, par leur mariage, l'Espagne se trouve unifiée, bien que leurs royaumes, l'Aragon de Ferdinand et la Castille d'Isabelle, conservent une large autonomie ; 1480, l'Inquisition, arrachée à la tutelle romaine, devient pour le pouvoir un instrument de contrôle de la société ; 1492, la prise de Grenade marque la fin définitive de la présence musulmane et le début de l'expulsion des Juifs ; 1492 encore, un Génois nommé Colomb, investi de la confiance des souverains, découvre l'Amérique ; 1492 toujours, la publication de la Grammaire de Nebrija confère ses lettres de noblesse au castillan qui devient l'espagnol et bientôt une langue parlée dans le monde entier...
    Autant dire que la majeure partie des traits - qu'ils soient ou non à leur gloire... - qui feront, et pour longtemps, de l'Espagne une puissance de premier plan et lui donneront une culture et des moeurs spécifiques ont été mis en place alors qu'ils gouvernaient. Il y aurait pourtant quelque excès à voir, comme on l'a longtemps fait, dans ce double règne la seule cause de la prééminence espagnole au Siècle d'Or, car le hasard d'une part et la situation politique, sociale et économique d'autre part leur ont donné leur chance ; mais ils ont su, ensemble, la favoriser...

  • José Peirats aborde dans ce dernier tome l'année 1938 et la période janvier-mars 1939. Le processus de sabotage des conquêtes prolétariennes s'accentue encore avec la réquisition par l'État des industries militaires autogérées. Le CNT et l'UGT approuvent. Mais cette fois une partie des ouvriers protestent à Madrid, Valence et Barcelone contre leur direction syndicale.

    Les critiques apparaissent dans le mouvement libertaire que la direction cherche à museler tout en prônant la docilité envers le gouvernement de Negrín dont le Parti communiste soutient les fanfaronnades.

    Les dernières semaines de l'Espagne « rouge » et ses multiples contradictions sont analysées en profondeur.

  • À la demande de la Confederación Nacional del Trabajo (Confédération nationale du travail) syndicat anarchiste espagnol alors en exil, José Peirats a été chargé de rédiger une histoire de ce syndicat, qui fut, sans nul doute, l'une des plus grandes organisations anarcho-syndicalistes de tous les temps, regroupant, à certains moment de son histoire, plus d'un million et demi d'adhérents.

    L'auteur revient sur ses origines, montrant ainsi le profond enracinement de l'anarchisme dans le prolétariat espagnol, et analyse son rôle dans le processus révolutionnaire et la guerre contre le fascisme de la période 1936-1939.

  • Dans ce livre, J. J. Gallardo et J. M. Márquez essaient de clarifier, sans préjugés ni tabous, la trajectoire et la conduite d'un militant anarchiste célèbre, Antonio Ortiz, de son enfance et sa jeunesse jusqu'à son exil au Venezuela. L'intérêt de ce livre réside dans cette investigation historique.

    Ortiz fut Secrétaire du Syndicat du bois de Barcelone, membre du groupe Nosotros, chef de colonne et de division sur le front d'Aragon, accusé de vol et de trahison, victime d'une tentative d'assassinat, combattant avec les troupes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, acteur d'un attentat raté contre Franco...

    Une enquête historique qui n'élude pas les affrontements au sein de la CNT.

  • Nombreux sont ceux qui ont emprunté au moins une fois dans leur vie cette pittoresque route de montagne qui mène de Laruns au col du Pourtalet. Sans soupçonner un seul instant son incroyable histoire, et l'adjectif n'est pas trop fort. Elle fut pendant de longs siècles, jusqu'en 1774, un méchant sentier escarpé et hasardeux foulé par les sabots de milliers de bêtes transhumant chaque année et par les pieds des bergers qui les accompagnaient. Par ceux aussi des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, des commerçantscolporteurs béarnais et aragonais, des contrebandiers, et même par ceux de personnages illustres, reines et rois, peintres et poètes, venus de très loin prendre les eaux à Eaux-Chaudes. Grâce au travail colossal des hommes, ce sentier se transforma au fil du temps en chemin et route carrossables. Il faudra toutefois attendre l'automne 1901 pour qu'enfin la route atteigne le col du Pourtalet et rejoigne celle, fraîchement construite elle aussi, provenant de Sallent de Gallego.
    C'est donc à l'histoire peu commune de cette route, dite d'Espagne, qui connut en son temps les désastres de la guerre, que vous convie René Arripe dans ce livre. Natif d'Aas, il voue depuis toujours une véritable passion à cette route. Il lui reconnaît avant tout le mérite de faciliter la communication, l'échange et l'union entre les hommes des deux vallées, Ossau et Tena, et deux régions, le Béarn et l'Aragon, s'enrichissant ainsi mutuellement de leur histoire et de leurs différences...?

  • Il y a quatre-vingts ans l'insurrection fasciste en Espagne avait provoqué un des événements les plus dramatiques de l'histoire européenne du XXe siècle. Alors que l'Europe d'après-guerre s'est construite sur une mémoire sélective qui a tu, pendant la guerre froide, les chapitres les plus embarrassants, une nouvelle génération d'historiens ouvre d'autres pistes d'investigations. Ils dénoncent en premier lieu les études réductrices qui ont tenté de légitimer le coup d'état, le considérant comme une contre-révolution déployée pour éliminer le radicalisme du mouvement ouvrier. Pourtant, cinq ans auparavant, quarante-huit heures avaient suffi aux peuples d'Espagne pour assurer pacifiquement le triomphe de leur République.
    Les républicains accusés de tous les maux, voyant s'éloigner une nouvelle fois l'émancipation promise depuis tant de générations, se dresseront contre la volonté de blocage social en s'opposant aux exactions sanglantes provoquées par une opposition réactionnaire. La voie du réformisme entravée par le putsch provoquera des exactions révolutionnaires incontrôlées, de violentes répressions orchestrées par les rebelles, puis 988 jours de guerre sans merci menés par le fascisme international contre la jeune République espagnole. Ces atrocités se dérouleront sous le regard des démocraties qui, pour retarder une guerre inévitable en Europe, s'abriteront derrière le pacte de Non-Intervention et, donnant l'Espagne républicaine en gage au fascisme, la condamneront à mort.

  • À la demande de la Confederación Nacional del Trabajo (Confédération nationale du travail) syndicat anarchiste espagnol alors en exil, José Peirats a été chargé de rédiger une histoire de ce syndicat, qui fut, sans nul doute, l'une des plus grandes organisations anarcho-syndicalistes de tous les temps, regroupant, à certains moment de son histoire, plus d'un million et demi d'adhérents.

    L'auteur revient sur ses origines, montrant ainsi le profond enracinement de l'anarchisme dans le prolétariat espagnol, et analyse son rôle dans le processus révolutionnaire et la guerre contre le fascisme de la période 1936-1939.

    Premier volume de trois tomes.

  • Le plus souvent, l'Espagne du XXIe siècle surprend et séduit les observateurs étrangers, quand elle ne les irrite pas dans ses aspects les plus provocateurs. Cette nouvelle Espagne s'est-elle totalement libérée de ses carcans - très forte emprise du catholicisme, culture de l'autoritarisme - et de ses tensions traditionnelles, notamment entre réformistes et conservateurs ? En quelles valeurs croit-elle ? De quelles passions, de quels espoirs est-elle aujourd'hui porteuse ?
    Si l'« histoire longue » vient en expliquer certains traits, cet ouvrage aborde l'Espagne la plus actuelle sous les angles politique, économique, social et créatif, sous une forme à la fois vivante, précise et synthétique. Bienveillant et critique, il invite le lecteur à redécouvrir ce grands pays européen, trop longtemps perçu à travers le prisme de clichés réducteurs, qui n'a pas fini d'étonner son monde.

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