• Racontée par une historienne spécialiste de la période qui répond aux questions de son fils, La Commune expliquée en images est tout à la fois une synthèse et une approche approfondie d'un moment de notre histoire aux échos mondiaux mais paradoxalement largement méconnu.

    Depuis le déclenchement de l'insurrection jusqu'à la répression sanglante et aux mémoires de 1871, Laure Godineau nous narre comment le drapeau rouge flotta sur la capitale pendant deux mois et demi et de façon plus éphémère dans certaines villes de France, le destin d'hommes et de femmes qui rêvaient d' une « vraie » République, démocratique et sociale, et d'un monde plus juste. Elle nous montre la fascinante mais difficile expérience politique d'un gouvernement indépendant, l'horreur de la guerre civile.

    L'auteure nous entraîne dans les rues parisiennes à la découverte du printemps 1871, souvent obscur et pourtant si proche de nos interrogations contemporaines. Un événement dense et complexe, passionnant, qui ne peut laisser indifférent.

    L'iconographie très riche de cet ouvrage est largement commentée par l'auteur.

  • Ce livre s'attache à faire revivre un bref xix e siècle, aujourd'hui bien oublié. Des années qui séparent la Révolution française et l'Empire de la Troisième République, régime qui s'impose désormais, c'est la littérature et plus généralement la culture qui nous restent en mémoire. Les noms de Balzac, Chateaubriand, Hugo, Degas ou Haussmann sont plus familiers que ceux de Villèle, Ledru-Rollin, Persigny ou Pereire, élite de la nouvelle société qui se met alors en place. Ce xix e siècle est aussi celui des anonymes, de l'émergence non plus menaçante de la foule mais des votants, des agents de l'État, des consommateurs et des employés. L'autrice met en question les grandes inflexions et ruptures traditionnelles qui séparent le premier et le second xix e siècle, les césures de la monarchie parlementaire, la libéralisation du Second Empire. Ainsi, comment comprendre que la liberté, de tous les acquis de la Révolution le mieux ancré dans la société, ne s'impose pas comme le soubassement politique majeur des régimes qui se succèdent et donc n'étanche pas une soif de démocratie, déclencheur de deux nouvelles révolutions ? Tout cela est souvent considéré comme constitutif de « l'exception française ». La France est bien cependant connectée à un monde où l'expansion de la colonisation, les rivalités entre puissances, les enjeux économiques tissent une histoire globale qu'on doit affranchir du regard franco-français.

  • Depuis les analyses célèbres de Karl Marx, l'histoire de la Commune de Paris a été placée au centre de notre compréhension de l'événement révolutionnaire. Et l'espérance de "faire commune" fait aujourd'hui retour dans notre imaginaire politique.

    Cet ouvrage se propose de mener l'archéologie de cette puissance d'actualisation, mais en revenant d'abord sur la force de l'événement lui-même. Le récit prend appui sur une enquête archivistique minutieuse qui permet de reconstituer, par le bas, les stratégies des acteurs, leurs luttes comme l'ouverture des possibles qui marque ces journées. L'événement dépasse dès ses débuts le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l'insurrection kabyle, la Croix-Rousse à Lyon ou la république des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnections multiples.

    De là un essai vif et original sur l'histoire transnationale des échos entre l'espérance révolutionnaire française et les trajectoires insurrectionnelles mondiales, doublé d'une réflexion renouvelée sur les rapports entre ordre social et révolution.

  • Publié en 1970 aux Éditions Maspero, cet ouvrage s'est imposé comme un classique dans l'historiographie de la Commune. Il décrit la condamnation quasi unanime de ce soulèvement populaire par les écrivains et hommes de lettres français contemporains de l'événement et s'efforce d'en comprendre les raisons : à l'exception de quelques-uns - parmi lesquels Vallès, Rimbaud et Verlaine -, tous prennent position ouvertement contre la Commune et certains avec une virulence qui surprend encore aujourd'hui. Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Edmond de Goncourt, Leconte de Lisle, Ernest Feydeau se retrouvent aux côtés de Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola pour dénoncer dans la Commune un « gouvernement du crime et de la démence » (Anatole France), responsable d'avoir plongé Paris dans un état pathologique, exploité par un groupe d'ambitieux, de fous et d'exaltés.
    À ce chapitre sombre de l'histoire littéraire s'ajoute, dans cette nouvelle édition, son pendant tout aussi méconnu dans l'histoire de l'art : le soutien ou l'engagement de nombreux artistes en faveur de la Commune. Paul Lidsky s'attache ici à sortir certains d'entre eux de l'oubli, en même temps qu'il tente d'expliquer la profonde divergence des réactions entre écrivains et artistes.

  • La guerre de 1870 est méconnue. Un affrontement localisé, mené sur le seul territoire français par deux puissances rivales ; une Prusse dirigée d'une main de fer par l'habile chancelier Bismarck, qui met à genoux une France affaiblie par les errements d'un Second Empire en déclin et d'une République encore mal assurée ; la perte traumatique de l'Alsace-Lorraine sous les yeux indifférents d'une Europe muette : tels sont les traits qu'en a retenus notre mémoire nationale.
    Dans cette synthèse issue de travaux de première main, Nicolas Bourguinat et Gilles Vogt la peignent sous un nouveau visage. Mettant en lumière ses multiples résonances internationales, dans les chancelleries et les opinions publiques, ils montrent que l'affrontement de 1870 fut non seulement une étape clé de la question nationale mais aussi une date majeure pour le droit des conflits armés et les initiatives humanitaires face aux guerres. Faisant la part belle aux sources du for privé, ils font entendre les voix des individus qui l'ont vécu, soldats, assiégés, francs-tireurs ou simples civils éloignés des combats, pour éclairer d'un jour nouveau ce conflit déterminant dans l'histoire contemporaine.

  • 2 juillet 1816. La frégate La Méduse s'échoue sur un banc de sable au large de la Mauritanie. Cent cinquante passagers sont abandonnés sur un radeau qui dérive pendant treize jours. Quinze seulement survivent. Quatre témoignent de cette expérience hors du commun. Leur récit bouleverse et divise la France de la Restauration. À travers la mise en cause du capitaine, c'est le gouvernement lui-même qui est attaqué. Au-delà de cette dimension politique, les Français découvrent avec stupeur cette aventure tragique et macabre où, sans provisions, les naufragés se sont entretués, les rescapés dévorant la chair des cadavres. Partant des récits des témoins et d'archives inédites, Jacques-Olivier Boudon nous raconte les rebondissements de ce drame qui touche les replis les plus sombres de l'âme humaine.

  • Il y a cent cinquante ans, le 18 mars 1871, s'ébrouait pour quelques mois la Commune de Paris, cette insurrection populaire née dans les ruines d'une guerre perdue et vite écrasée par la république encore balbutiante. Ce hors-série du 1 revient sur la vie et les combats de Louise Michel, qui en est devenue incontestablement l'icône ardente. Exilée sept ans en Nouvelle-Calédonie, cette femme de lettres et d'action, dont le nom figure aujourd'hui au fronton de près de deux cents écoles, n'en resta pas moins le prophète inlassable de la révolution. Retour sur un destin hors du commun.

  • Le 21 septembre 1822, quatre sergents sont guillotinés à Paris. Trois d'entre eux avaient appartenu à la Grande Armée de Napoléon. Déçus par la monarchie restaurée de Louis XVIII, ils s'étaient laissé séduire par un projet d'insurrection fomentée par la Charbonnerie, société secrète où on retrouve des libéraux, et à la tête de laquelle est le célèbre général La Fayette. Découverte à La Rochelle en mars 1822, la conspiration donne lieu à un procès auquel échappent les chefs de file. Seuls sont condamnés des seconds couteaux. Les royalistes ultras désormais à la tête du pays ont voulu faire un exemple. L'indignation est générale. Pendant un siècle et demi, du jour de l'exécution à la Seconde Guerre mondiale, le martyr des quatre sergents de La Rochelle sera répété, raconté, révéré, employé comme un argument définitif contre une monarchie abusive, par les bonapartistes, bien sûr, mais aussi par les républicains de toutes les sortes.

    Jacques-Olivier Boudon dévoile non seulement les coulisses d'un des plus fameux complots du XIXe siècle, mais aussi celui d'un mythe fédérateur des oppositions au roi, au pouvoir arbitraire, à l'oppression, trente ans à peine après la Révolution française et la prise de la Bastille.

  • Napoléon a rêvé d'unifier l'Europe. Il l'aura réveillée, éclairée, enflammée et elle l'aura vénéré. Il l'aura dominée et elle l'aura combattu, rejeté, diabolisé. Voici le grand livre d'histoire qui manquait afin de dresser la chronique et le bilan de cette épopée sans précédent. Pour y parvenir, Jean Tulard s'est entouré des meilleurs spécialistes de chaque pays concerné.
    Comment, entre 1800 et 1815, de Londres à Varsovie, de Lisbonne à Amsterdam, de Rome à Genève, de Vienne à Moscou, le Vieux Continent a-t-il peu à peu cédé la place à un monde renouvelé ? Et donné, à ses peuples, une conscience inédite de leur commune destinée ? Par-delà le récit détaillé des conquêtes et défaites de la Grande Armée telles qu'elles ont été vécues par les contemporains, c'est le tableau complet de cette mutation inouïe, politique, économique, culturelle, que restitue ce livre à la fois savant et passionnant.
    Une somme indispensable sur notre passé pour mieux comprendre notre présent.

  • À la fin du XIXe siècle, à l'ère des premiers téléphones et du développement de la presse populaire, nombreux sont ceux obsédés par l'une des dernières régions non cartographiées du globe : le pôle Nord. James Gordon Bennett, patron excentrique du New York Herald en quête de récits sensationnels, finance une expédition pour atteindre ce Graal des explorateurs. Fortement convaincu que la mer polaire est ouverte, il en confie le commandement au jeune officier de marine George Washington De Long.
    Le 8 juillet 1879, la Jeannette quitte San Francisco avec trente-trois hommes à son bord, sous le regard d'une foule en transe, contaminée par la fièvre arctique. Mais une fois passés les comptoirs de l'Alaska et le détroit de Béring, le bateau est pris dans les glaces, et plus rien ne se déroulera comme prévu...

  • Le siège de Paris

    Frédéric Mounier

    • Cerf
    • 7 Janvier 2021

    1870. Paris confiné. Paris émeutier. Paris encerclé.
    Paris incendié. Le nouveau pouvoir débordé.
    L'armée jetée contre la foule. L'insurrection matée.
    Et toute la France qui vacille...
    Où va la démocratie ? Les drames d'aujourd'hui font écho aux tragédies d'hier. Le siège de la capitale par les Prussiens, du 18 septembre 1870 au 28 janvier 1871, aura servi de décor à l'un de ces grands déchirements auxquels se livrent les Français. Le combat aura opposé les accoucheurs de la IIIe République aux précurseurs de la Commune. Il aura préfiguré, déjà, l'affrontement contemporain entre les libéraux réformistes et les révolutionnaires radicaux.
    C'est cette guerre civile dans la guerre globale dont Frédéric Mounier dresse ici le flamboyant et émouvant récit. À la manière journalistique d'un reporter, cinématographique d'un vidéaste, il nous transporte de scène en scène, de personnage en personnage et nous donne à voir, en direct, les espoirs et les colères, les rêves et les saccages, les enthousiasmes et les malheurs de ce tourbillon sur fond de palais et de barricades, de discours et de harangues, de larmes et de sang. Tout en ressuscitant, femmes ou hommes, célèbres ou anonymes, les politiques, les intellectuels, les artistes, les bourgeois, les ouvriers qui furent les acteurs de cette page essentielle de notre histoire.
    Un roman vrai qui se lit d'une traite. Une épopée populaire qui permet à chacune et à chacun de revivre hier comme s'il y était. Une plongée passionnante dans le passé qui éclaire l'actualité.

  • Si Napoléon III est à présent bien connu et si le Second Empire est réévalué depuis deux décennies, la figure de ceux qui ont entouré, servi et pour certains combattu l'Empereur reste dans l'ombre.
    Voici le portrait de vingt-cinq femmes et hommes liés aux splendeurs et aux misères de la France au milieu du XIXe siècle : le duc de Morny, le baron Haussmann, l'impératrice Eugénie, Louis Pasteur, Prosper Mérimée, mais aussi Victor Hugo, George Sand, Léon Gambetta ou encore la reine Victoria, Pie IX, Bismarck... Toutes ces vignettes composent un grandiose tableau d'ensemble qui permet de comprendre la complexité de la période.

  • La commune

    Louise Michel

    Louise Michel a été parmi les personnages clés de la Commune de Paris, soixante-dix jours de révolution réprimés dans le sang. Elle raconte elle-même dans ce livre les événements auxquels elle a assisté et participé, le fusil à la main. Combattante politique infatigable, elle n'a jamais abandonné le flambeau des luttes émancipatrices de son temps. On connaît son courage sur les barricades, jusqu'à braver la peine de mort?; on connaît son charisme qui fit d'elle « la vierge rouge ». On sait moins qu'elle a beaucoup écrit : des poèmes, des romans, des récits.
    C'est dans cette troisième catégorie que vient se loger ce texte de 1898. Lorsqu'il paraît, Louise Michel est déjà âgée, célèbre, conférencière et journaliste, surveillée de près par les autorités françaises pour son anarchisme militant. Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis la révolution parisienne. Pour elle, il est temps d'écrire le récit de la Commune qui lui paraît « au point pour l'histoire ».
    Pourtant sa Commune est plus une « mémoire vive », pour reprendre l'expression de Jacques Rougerie, qu'une histoire sur le temps long. Au jour le jour, avec une grande précision, elle porte un vibrant plaidoyer pour la Commune et ses ambitions. On retrouve ici la plume d'une écrivaine sensible et émouvante, portée par son expérience d'oratrice. La Commune est l'un des textes politiques importants du XIXe siècle.

  • De quoi le " bonapartisme " est-il le nom ? A force d'en parler, on en oublierait presque celui qui lui a donné son nom. Et pourquoi pas plutôt " napoléonisme " ? Les célébrations du bicentenaire de la mort de Napoléon sont en tout cas l'occasion de revenir sur la véritable doctrine politique de l'Empereur. Institutions, fonctionnement de l'Etat, organisation de la société... Arthur Chevallier brosse pour nous le tableau d'une période fondatrice de la France contemporaine.
    A partir d'une analyse inédite de l'Empire, c'est d'un siècle entre chaos et fracas politiques qu'il retrace la fresque idéologique. Si le bonapartisme passe aujourd'hui pour une doctrine de droite parce qu'il est dans la continuité de l'expansionnisme français dont les lointaines origines remontent à Louis XII, il s'inscrivait au départ dans le sillage des politiques menées par les gouvernements les plus à gauche : ce sont les nostalgiques de la Révolution française qui, à partir des années 1820, ont invoqué la mémoire de Napoléon pour restaurer les idéaux de 1789.
    Un essai revigorant qui montre que, pour autoritaire qu'il ait été, Napoléon n'en a pas moins été le fondateur de ce qu'on appelle aujourd'hui l'Etat de droit..

  • Qu'est-ce que la Commune de 1871 ? Ce livre, riche de multiples points de vue, propose des pistes novatrices et rouvre le débat. Il s'agit d'une relecture collective de la Commune, dans un cadre spatio-temporel élargi. Il propose au lecteur d'aller au plus près du quotidien de 1871, localement, comme d'examiner l'événement à l'échelle nationale ou internationale.

    Devenue un mythe mondial au xxe siècle, la Commune de 1871 est en réalité mal connue. Le déclenchement de l'insurrection parisienne le 18 mars et la répression de la Semaine sanglante à la fin du mois de mai sont des points de repères parisiens, marqueurs mémoriels qui cachent en partie sa grande complexité, comme sa dimension nationale ou transnationale.
    Fertile en initiatives de tous types, la Commune constitue a posteriori un extraordinaire et fascinant laboratoire du politique. Expérience démocratique originale, affirmation républicaine, forme de fédéralisme à la française, tentative d'émancipation sociale, utopie, référence insurrectionnelle ou révolutionnaire, elle est tout cela à la fois et davantage encore. De fortes reconstructions historiques, sociales et politiques ont de plus accentué sa complexité.
    Aujourd'hui, l'historiographie de 1871 se libère de ses carcans et l'expérience communaliste suscite une curiosité renouvelée. Cet ouvrage présente un ensemble novateur de trente-cinq textes inédits des meilleurs spécialistes français ou étrangers mais aussi de jeunes chercheurs. Il s'agit d'une relecture collective de la Commune, dans un cadre spatio-temporel élargi. Il propose au lecteur d'aller au plus près du quotidien de 1871, localement, comme d'examiner l'événement à l'échelle nationale ou internationale : France, Allemagne, Italie, Autriche, Empire ottoman ; Paris, Lyon, Narbonne, Bordeaux ou Perpignan, Aveyron et Morbihan, Oise et Doubs... Le livre explore l'héritage de 1848 et accorde une large place à l'après-Commune, à l'exil et la déportation, aux postérités, aux mémoires, influences et interprétations.
    La Commune, ce sont avant tout des hommes et des femmes, des destins. Les regards se portent donc sur les individus : la Commune représente un moment particulier dans des trajectoires de vie d'acteurs ou de contemporains connus ou anonymes. Enfin, le livre aborde les relations complexes entre l'histoire de la Commune et sa mémoire et ses commémorations, de la fin du xixe siècle à nos jours.
    Qu'est-ce que la Commune ? Cet ouvrage propose des pistes novatrices et rouvre le débat. Il montre la dimension capitale de l'expérience communaliste pour décrypter le xixe siècle ou nourrir nos questionnements les plus contemporains.

  • 5 décembre 1812. Dix heures du soir. Trois voitures quittent le village de Smorgoni et s'enfoncent dans la nuit. Il neige et la température est glaciale. Dans la première voiture ont pris place l'Empereur et son Grand Écuyer, le général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence. La Grande Armée est enlisée dans les plaines enneigées de Russie.
    Ayant appris le complot du général Malet, l'Empereur a confié le commandement en chef à Murat et rentre en France. Pendant quatorze jours et quatorze nuits, Caulaincourt partage avec le maître de l'Europe cet épisode unique de l'Histoire. Napoléon médite sa défaite sur le sol russe et dresse un bilan de son action. Le soir, à l'étape, d'une plume vive et libre, sans flatterie aucune, Caulaincourt consigne les confidences de l'Empereur. Malgré la défaite, Napoléon croit toujours en son destin. Il expose à son Grand Écuyer ses vues sur l'Europe et le monde.

  • 10 juillet 2019 : au terme d'une intense campagne de fouilles, Pierre Malinowski met au jour un cercueil vieux de 207 ans. Nous sommes à Smolensk, à 400 kilomètres à l'ouest de Moscou, et le jeune français vient de retrouver la sépulture du général Gudin, fidèle de Napoléon, mort après la prise de la ville par la Grande Armée.
    Avec la collaboration de l'historienne Anne Pouget, Pierre Malinowski nous raconte son incroyable expédition archéologique, conduite avec une détermination sans faille, qui a eu raison du septicisme et des obstacles administratifs. Car les historiens ignoraient jusque-là le lieu exact où le général avait été inhumé. Soumis aux aléas du temps et aux aménagements urbains, le tombeau a bien failli être perdu à jamais !
    Ce livre relate aussi la biographie de ce général d'Empire, dont la dépouille sera rapatriée aux Invalides. Des funérailles nationales sont prévues au printemps 2021, en présence de Vladimir Poutine et d'Emmanuel Macron.

    Des photographies des fouilles et de nombreux documents d'archives, dont certains inédits, accompagnent ce récit croisant Histoire et aventure.

  • Ce livre, vendu à plus de 65 000 exemplaires depuis sa réédition en 1967 dans la « Petite collection Maspero », reste un grand classique. Son auteur, acteur et témoin de la Commune de Paris, se mit au travail au lendemain de la défaite et ce travail dura vingt-cinq ans. Il a enquêté avec acharnement auprès de tous les survivants, dans l'exil à Londres, en Suisse, puis consulté tous les documents disponibles à l'époque.
    Le résultat est cette « somme », qui n'est pas seulement un récit historique événementiel, de l'insurrection à la répression : elle est un tableau de tous les courants de la pensée sociale, de tous les affrontements internes, un bilan des réalisations ou des tentatives, « mesures éparses, tôt dispersées au vent de la lutte et des divergences, mesures significatives pourtant », qui caractérisent, pour Jean Maitron, cette Commune qui fut « un trait d'union plutôt qu'une coupure dans l'histoire du mouvement ouvrier français ».
    « La dernière barricade des journées de Mai, écrit Lissagaray, est rue Ramponneau. Pendant un quart d'heure, un seul fédéré la défend. Trois fois il casse la hampe du drapeau versaillais. Pour prix de son courage, le dernier soldat de la Commune réussit à s'échapper. » La légende veut que ce dernier combattant anonyme ne fut autre que Lissagaray lui-même : tant il est vrai que chez lui la modestie de l'historien va toujours de pair avec la ténacité et l'intransigeance du militant.

  • Dessiner la commune Nouv.

    Dans quel encrier tremper ma plume pour dessiner la Commune ?? Celui où se déversèrent l'encre rouge d'une révolte tragique, l'encre noire d'une nuit tendue sur l'agonie des morts enterrés sans linceul ?? Cet autre empli de vase pestilentielle ?? Quelle représentation donner de cette révolution apothéotique d'il y a 150 ans ?? Des traits griffés, parfois mal -? mais alors pourquoi ?? Des dessins tendres ou violents ?? Des sillons creusés sans esquisses préalables ?? Des semblances de vérités arrachées, fracassées, criées, insensées ?? Des stigmates aux boursouflures vaniteuses ?? Des caricatures tressant des trognes en chapelets d'ordures ?? Dessiner la Commune est une analyse intime, critique, auto­critique de la fonction de l'image dans l'appré­hension de l'Histoire.

  • Le 26 mai 1828, Kaspar Hauser fit son apparition sur une place de Nuremberg. Ce jeune homme, qui semblait avoir 16 ou 17 ans, savait à peine marcher. Il n'avait pas cinquante mots en bouche et ne pouvait dire d'où il venait, ni où il allait. On l'aurait dit échappé de la Caverne de Platon. Il demeure à ce jour l'un des plus célèbres « enfants sauvages ».
    Ayant grandi séquestré, coupé de tout contact humain, il fut arraché à une nuit insondable pour naître au monde une seconde fois. Rien ne le rattachait à son époque, pas même à un groupe social ou une génération. Kaspar ignorait jusqu'à la différence homme-femme. Il habitait un corps étrange et dissonant, vierge de toute socialisation. On découvrit bientôt sa sensorialité inouïe, sa vie émotionnelle intense. Du moins jusqu'à ce qu'il apprenne, douloureusement, les moeurs et usages de son temps, non sans être devenu, la rumeur enflant, l'orphelin de l'Europe.
    Le plus probable est que Kaspar Hauser ait été un prince héritier, écarté d'une succession par une sombre intrigue de cour. Son assassinat, cinq ans plus tard, semble le corroborer. Le plus intéressant, toutefois, ne réside pas tant dans le mystère de ses origines ou l'énigme de sa mort que dans la capacité de cette histoire tragique, aux accents oedipiens, à en dire long sur la culture, sur nos façons d'arraisonner le monde. L'examen approfondi de cette trajectoire aberrante révèle aussi, par son anomalie même, jusqu'à quelles secrètes profondeurs le social et l'histoire s'inscrivent d'ordinaire en chacun de nous. Ce qui laisse soupçonner derrière cette vie minuscule un cas majuscule des sciences humaines et sociales.

  • Rien n'est plus évident qu'un événement lorsqu'il est advenu. Nous savons que ce sont les Bourbons qui vont prendre la place de Napoléon en 1814, inaugurant ce faisant une nouvelle période. La Restauration française n'est ni un retour à l'Ancien Régime ni une quelconque parenthèse ou un point d'arrêt à la marche du pays vers la république et la démocratie. Il s'agit plutôt d'une expérience inédite et très neuve. Une tentative originale de mettre un terme à la Révolution en la dépassant sans pour autant la nier.

  • Si les images de la guerre de 1870-1871 ont fortement imprimées les consciences, la réalité et les enjeux de ce conflit demeurent méconnus. Pour éclairer cette matrice des affrontements franco-allemands consécutifs, Alain Gouttman a réouvert tous les dossiers : les circonstances du déclenchement du conflit, le déroulement des opérations jusqu'aux capitulations de Sedan, Metz et Paris, les raisons de la suprématie militaire allemande, la Commune de Paris et la réaction versaillaise... Se faisant, l'auteur resserre les liens qui unissent des événements trop souvent étudiés de manière disparate et propose une vision totale du conflit.

  • Prolongeant l'entreprise initiée par l'Histoire du monde au XVe siècle dirigée par Patrick Boucheron, l'équipe d'une centaine d'historiens dirigés par Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre se propose d'écrire la première Histoire du monde au XIXe siècle en langue française. Par des objets, des dates et des thèmes clés, ils racontent comment nous sommes devenus contemporains.
    En Europe et dans les Amériques, le XIXe siècle a longtemps été défini comme l'époque de la « modernité ». Mais qu'en est-il lorsque, abandonnant l'étalon de l'Occident, on change de point de vue ? Car le monde est avant tout l'objet d'expériences contrastées auxquelles ce livre convie le lecteur.
    Il le guide à travers les circulations de cette ère nouvelle, des migrations à l'expansion coloniale. Il le conduit au fil des « temps du monde » scandés par des événements à la résonnance planétaire, de l'indépendance d'Haïti (1804) à la révolution chinoise (1911). Il l'entraîne aussi au coeur d'un « magasin du monde » qu'approvisionnent bibelots, cartes, tatouages, ivoire, opium, dévoilant des processus historiques qui installent le lointain dans l'intime et le quotidien. Il le transporte, enfin, dans les « provinces du monde » - indienne, sud-américaine, ottomane, européenne, etc. - qui révèlent l'existence de « modernités » alternatives.
    Réunissant les contributions de près de cent historiennes et historiens, cet ouvrage fait entendre les voix d'un passé pluriel et nous laisse une certitude : celle d'être alors devenus, ensemble, et pour la première fois, contemporains.

  • Le 18 mars 1871, Paris, écrasé d'humiliation par la défaite devant les Prussiens, exténué par un siège de quatre mois, se révolte contre une Assemblée nationale monarchiste. La capitale va vivre pendant neuf semaines, une étrange, une impossible aventure, celle d'une république indépendante, la Commune. Adossée à la mémoire de la Grande Révolution, elle ne durera que soixante-douze jours. La dernière insurrection sociale du XIXe siècle sera sauvagement écrasée au cours d'une longue et sanglante semaine. Le souvenir tragique de cette aventure héroïque et utopique restera gravé dans la mémoire ouvrière : depuis 1885, socialistes et révolutionnaires font pèlerinage devant le mur des Fédérés au Père-Lachaise.
    Jacques Rougerie donne une lecture apaisée de ces jours qui appartiennent désormais à notre histoire.

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