• Depuis ses premières formulations au xixe siècle, l'anarchisme a toujours désigné des idées et des pratiques hétérogènes, et parfois contradictoires ? : des organisations révolutionnaires clandestines aux syndicats les plus légalistes, en passant par les désertions individualistes et les écoles alternatives. Aujourd'hui, imprégné par l'idéologie postmoderne, il prend majoritairement la forme de revendications identitaires.
    La lutte contre toutes les dominations a remplacé la lutte de classe, la dénonciation de la norme s'est substituée à l'une des visées premières de l'anarchisme ? : la destruction du pouvoir. A l'inverse de cette tendance, ce livre défend un anarchisme révolutionnaire qui vise la destruction de l'Etat et du Capital. Il ne s'agit pas de répéter les vieux poncifs naturalistes et progressistes du xixe siècle, ni de rechercher une pureté idéologique, mais de reprendre le fil de l'histoire de ce courant de pensée et de luttes en le mettant en prise avec notre époque.
    Et ce, en vue de tenter de répondre à ces questions fondamentales ? : Qu'est-ce que le pouvoir et l'exploitation ?? Qu'est-ce qui y résiste ?? Comment passer de la résistance à la révolution ?? Que faut-il détruire et dans quel but ?? Que pourrait être une société anarchiste, libérée du travail et de l'économie ??

  • May Picqueray (1898-1983) n'a loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire du XXe siècle. Dès 1921, elle envoie un colis piégé à l'ambassadeur des États-Unis à Paris, pour protester contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922, elle est mandatée par la Fédération des métaux de la CGTU au congrès de l'Internationale syndicale rouge, à Moscou. Elle monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim, chante Le Triomphe de l'anarchie en fin de repas et refuse de serrer la main de Trotski, à qui elle est pourtant venue demander la libération des anarchistes. Pendant la guerre, elle fabrique des faux papiers. Puis elle s'investit dans les mobilisations du Larzac, de Creys-Malville, oeuvre en faveur des objecteurs de conscience. Rien ne prédisposait cette petite Bretonne ayant commencé à travailler à l'âge de 11 ans, devenue correctrice du Canard enchaîné, à côtoyer Sébastien Faure, Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Marius Jacob... Ce livre d'une réfractaire à toutes les injustices est de ceux qui incitent à ne pas désespérer de l'espèce humaine.

  • « L'anarchisme, tel le ferment de la pensée, nourrit aujourd'hui tous les domaines de l'activité humaine. La science, les arts, les lettres, le théâtre, le combat pour l'égalité économique, chaque lutte individuelle ou collective contre le désordre ambiant, en somme, est éclairée par la lumière spirituelle de l'anarchisme. C'est la philosophie de la souveraineté de l'individu. C'est la théorie de l'harmonie sociale. C'est une vague de vérité vivante et puissante qui déferle sur le monde et inaugurera une aube nouvelle ».

    Dans ces textes, Emma Goldman (1869-1940), active militante et éditrice de la revue Mother Earth, livre sa définition de l'anarchisme : une philosophie révolutionnaire conciliant les intérêts de l'individu et ceux de la société.

  • Devenu un classique depuis sa première édition dans la « Petite collection Maspero » en 1970, ce livre propose un choix raisonné de textes politiques et théoriques des grands noms de l'anarchisme. En les replaçant en perspective, Daniel Guérin a retracé l'aventure d'un mouvement politique et intellectuel dont la force de contestation n'a jamais faibli depuis sa naissance au XIXe siècle. Il offre un panorama complet, sur deux siècles, de la pensée anarchiste, en restitue la richesse, fait revivre les controverses qui l'animent. Daniel Guérin entend ainsi combattre le discrédit dont fut victime l'anarchisme, souvent réduit par ses détracteurs à une idéologie individualiste « réfractaire à toute forme d'organisation ».
    La première partie de cette anthologie présente le travail théorique des anarchistes du XIXe siècle à travers des textes de Stirner, Proudhon, Bakounine, Guillaume et Kropotkine. La seconde, plus historique, dresse le portrait des grandes figures du mouvement à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle : Malatesta, Henry, Pelloutier, Voline, Makhno, Durruti. Elle met en lumière le rôle intellectuel et politique des anarchistes pendant la révolution russe et la guerre d'Espagne.

  • Revenir à Naples

    Paco Ignacio Taibo Ii

    • Nada
    • 29 Janvier 2021

    Veracruz, vers 1900. Un groupe d'anarchistes italiens, fuyant la misère et la répression, débarque au Mexique pour y fonder une commune agricole. Parmi eux, un prestidigitateur, une poétesse, un boxeur, une prostituée et même un curé.
    Mais, face à un gouvernement corrompu et des propriétaires terriens voraces, les apprentis paysans voient leur rêve d'une vie nouvelle vaciller. Pris dans la tourmente d'une révolution qui s'annonce, ils devront choisir leur camp.
    Quatre-vingts ans plus tard, hanté par de vieux démons, Lucio Doria, le cadet de la bande, entreprend un retour rédempteur à Naples.

    Humour et tragédie se conjuguent dans ce roman de Paco Ignacio Taibo II qui nous plonge au coeur des espoirs brisés des luttes révolutionnaires du XXe siècle.
    />

  • L'anarchisme demeure un mouvement largement méconnu, pourtant riche de théories et d'expériences qui ont marqué, souvent dans l'ombre, les deux derniers siècles.
    Né en Europe lors de la révolution industrielle, il se forme en réaction à la condition prolétarienne et à l'autorité de l'État. Si l'anarchisme naît d'une négation radicale de tout ce qui diminue ou asservit l'homme, il est aussi porteur d'un projet fondé sur l'égalité, la liberté et l'autonomie. Les courants multiples qui nourrissent l'idée anarchiste se retrouvent ainsi unis dans des combats (contre les totalitarismes, le colonia-lisme, le capitalisme...) menés de concert avec des pratiques grosses de la société future (syndicalisme, écoles, fédéralisme, communes libres...).
    Éclipsé un temps par l'hégémonie marxiste, le projet libertaire renaît aujourd'hui, ouvrant de nouvelles perspectives d'émancipation empreintes d'expériences passées toujours vivantes.

  • Au-delà de ces deux textes les plus célèbres d'Errico Malatesta : « L'anarchie » et « Le programme anarchiste », L'Esprit du Temps se propose de faire (re)découvrir d'autres pamphlets, articles et interventions (« L'organisation », « Les Anarchistes » et « Le sentiment moral », « La Terreur révolutionnaire » ou « Anarchie et organisation »), tout aussi fondamentaux, du plus célèbre des anarchistes italiens, d'un des libertaires les plus puissants de cette époque charnière du début du XXe siècle.
    Des réflexions d'une modernité époustouflante. À une époque où les pressions sociales n'ont jamais été aussi fortes, où les libertés individuelles n'ont jamais été autant malmenées, la vision forte de la résistance et des luttes politiques du « Programme anarchiste » peut éclairer notre vision du « monde d'après ». « L'anarchie » qui date de la fin du XIXe (1884) siècle est un manifeste visionnaire là encore qui peut permettre aux lecteurs de ce XXIe siècle de mieux comprendre leur temps et de s'interroger sur la captation de notre puissance démocratique par une nouvelle forme de dictature des experts.
    Cet ouvrage est à mettre en parallèle avec ceux de Proudhon que L'Esprit du Temps vient de publier et avec ceux de l'incontournable anarchiste ukrainien Victor Makhno qui seront republiés en fin d'année.

  • Élisée Reclus fut d'abord un grand géographe, l'un des plus éminents de son temps. On lui doit une « Une nouvelle géographie universelle », en 19 volumes, qui fit longtemps autorité et qui lui valut, à l'instar de Pasteur, une gloire universelle. Il fut également anarchiste. Il le proclama urbi et urbi. Ce qui lui valut divers inconvénients, dont la prison et le bannissement (il mourra à Bruxelles). Après la proclamation de la Commune, le 18 mars 1871, il s'engagera comme volontaire dans la Garde Nationale et sera fait prisonnier, le fusil à la main, par les Versaillais. Il était géographe et anarchiste, pour les mêmes raisons. Ce qui peut paraître paradoxal. Comme Pierre Kropotkine, qu'il préfaça, son communisme libertaire se nourrit de la science. C'est l'étude rationnelle des sociétés humaines, de l'aménagement de l'espace, de la production et de la distribution des ressources qui justifie son adhésion aux idéaux anarchistes. Il est anarchiste par réalisme. Il y voit, à la fois, la conséquence nécessaire et inévitable de la révolution sociale et l'aboutissement de ses recherches sur la vie effective des hommes à la surface d'une planète qu'il parcourra inlassablement.

  • Pierre Besnard (1886-1947) fut un anarchosyndicaliste infatigable. Cofondateur de la CGT-SR ainsi que de la branche française de la CNT, cet employé des chemins de fer s'acharna toute sa vie à faire entendre ses convictions. Refusant l'étatisation, il était néanmoins conscient de la nécessité d'organiser la société de demain.

    S'il est facile de détruire l'ancien monde, il est beaucoup moins aisé d'en imaginer un nouveau qui bannisse toute relation de pouvoir. Sans pour autant prétendre à la planification, Pierre Besnard s'essaye en 1934 à un exercice aussi délicat que nécessaire : proposer un modèle d'organisation pour une société anarchiste.

  • Une économie libertaire ? Ces deux termes semblent antithétiques. Et pourtant, comment ordonner la production et les échanges, essentiels à l'organisation de toute société humaine, sans repenser fondamentalement les rapports économiques qui régissent notre quotidien ? Quelles formes pourrait prendre une économie fondée sur l'égalité, la liberté, la responsabilité, l'entraide et la justice sociale ? Cet opuscule, sans prétendre constituer un programme définitif et dogmatique, offre à la réflexion des pistes sur les moyens d'atteindre un autre modèle de société dont l'objectif ne serait plus le profit en faveur d'une minorité, mais l'épanouissement de chacun au sein de la collectivité.

  • Ce deuxième volume du Lexique Marx, projet élaboré par Louis Janover et Maximilien Rubel de 1978 à 1985 dans les "Etudes de marxologie" , explore une notion située au croisement de multiples enjeux, et si la "révolution" est bien ce concept politique si facilement convoqué, sa définition reste ouverte. Dans le fil d'une pensée marxienne toujours vivante parce qu'en prise avec son temps, les auteurs nous invitent à suivre une étroite ligne de crête, entre renoncement à l'anticipation utopique et romantisme quasi prophétique, où les révolutions passées s'offrent à l'analyse empirique tandis que la révolution à venir relève d'une nouvelle conscience éthique que doit porter le prolétariat.

  • Nicola Massimo De Feo (1939-2002) a la particularité d'opérer une réconciliation des traditions marxiste et anarchiste au regard des expériences dont les années 1970 italiennes et allemandes étaient porteuses.

    Dans Contre la révolution politique, la reprise de la séquence de l'anarchisme russe l'amène à penser à nouveaux frais la question de la prise de pouvoir révolutionnaire en un temps où elle apparaissait déjà de moins en moins désirable. Surtout, en confrontant les conspirations de cette époque avec leur figuration chez Dostoïevski, il aborde de front les ambiguïtés théoriques et pratiques du processus destituant dans la tradition de l'autonomie.

  • Les entretiens de David Graeber (avec Mehdi Belhaj Kacem, Nika Dubrovsky et Assia Turquier-Zauberman) redéfinissent les contours de ce que pourrait être une morale anarchiste aujourd'hui.
    Tant par ses grands concepts comme ceux de la dette, de la bureaucratie ou des bullshit jobs, que par son implication cruciale dans le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber était l'un des plus influents penseurs de notre temps. Au contraire de bien d'intellectuels « engagés », il était l'un des très rares à avoir fait preuve d'une efficacité militante à répercussion mondiale.
    Se revendiquant depuis toujours anarchiste, dans ce livre d'entretiens avec Assia Turquier-Zauberman, Nika Dubrovsky et Mehdi Belhaj Kacem, Graeber parle tant sur l'histoire de l'anarchie que sur sa pertinence contemporaine et sur son avenir; tant sur les liens qui unissent l'anthropologie à l'anarchisme qu'aux « traces ADN » de celui-ci dans le mouvement d'OWS ou dans celui des Gilets jaunes; sur la signification de l'éthique anarchiste non seulement dans sa portée politique, mais esthétique et artistique, sexuelle et amoureuse...
    Avec une verve étonnante de vivacité, de drôlerie et d'érudition, le présent livre contribue à redéfinir les contours de ce que pourrait être, comme le disait Kropotkine, une « morale anarchiste » aujourd'hui.

  • À partir d'une étude originale de la presse de l'époque, ce livre raconte le meurtre de Marius Plateau, chef des Camelots du roi, service d'ordre de l'Action française, par la libertaire Germaine Berton, et l'incroyable bataille politico-judiciaire qui suivit.

  • Depuis la mort de Marx et Engels, le marxisme n'a pris rang parmi les grandes idéologies de portée mondiale qu'en se différenciant en plusieurs courants devenus systèmes de pensée et d'action irréductiblement antagonistes. Social-démocratie et bolchevisme, stalinisme et trotskisme, "révisionnisme" et maoïsme, ne recouvrent cependant pas tous les clivages qui se sont fait jour dans la pensée marxiste.

    On a donc également fait place ici aux courants radicaux qui se sont situés sur la gauche du léninisme et dont les apports théoriques originaux sont tout sauf négligeables. Un certain marxisme n'apparaît plus que comme dogmatisme dépassé. Mais le marxisme n'est-il que cela ?

  • Tokyo, 1911. Une anarchiste écrit ses derniers mots dans une prison pour femme. Sugako Kanno (1881-1911), condamnée à mort avec vingt-quatre compagnons, nous laisse un témoignage vibrant entre nostalgie et espoir. Libre, féministe, anti-autoritaire, elle mène son combat dans un Japon qui ressert ses griffes sur le mouvement anarchiste.

    Plus qu'une découverte de ses textes, Aurélien Roulland nous fait voyager au côté de cette militante intrépide, entre les grands moments de sa vie et les désenchantements, toujours guidée par des convictions indéfectibles, même face à la mort.

  • Le couple conceptuel "État" et "Anarchisme" ouvre le Lexique Marx que Janover et Rubel élaborent dans les Études de marxologie entre 1978 et 1985. Il ne s'agit pourtant pas d'un lexique au sens traditionnel mais de synthèses originales qui donnent à voir toute la complexité et la profondeur de la pensée de Marx.

    Avant de déterminer ce que celui-ci a "réellement" pensé, les auteurs mettent en perspective sa réflexion sur ces thématiques dans son développement historique et critique. Cette démarche met en lumière un Marx méconnu où l'utopie garde toute sa place, réunissant critique de l'État, anarchisme et communisme de conseils dans une même constellation théorique et pratique.

  • Réfractions N.46 ; préfigurations : par ici l'utopie ? Nouv.

    On entend beaucoup dire désormais que la révolution sociale ne serait plus à l'ordre du jour, qu'elle ferait place à des expériences locales, diverses, multicolores, reliées entre elles par des réseaux informels.

    Au travers de quelques expériences, nouvelles et anciennes, ce numéro de la revue Réfractions explore ce qui reste une hypothèse, en rappelant que la cohérence des fins et des moyens n'est pas une préoccupation récente parmi les anarchistes, et qu'il n'est pas sûr qu'on puisse vivre l'utopie sans penser très fort à la révolution !

  • La compilation réalisée en anglais par l'anarchiste russe G. P. Maximov après-guerre (The Political Philosophy of Bakunin - Scientific Anarchism) est à l'origine de ce livre dont la première édition a paru en 2001, puis en 2008 aux Nuits rouges. Etienne Lesourd a soigneusement élagué ce gros volume des répétitions nombreuses qu'il contenait et retrouvé les sources originales des écrits de Bakounine.

    La plupart sont en français, langue dans laquelle il écrivait le plus souvent, en plus du russe, de l'italien et de l'allemand. C'est donc la version originale des écrits de Bakounine que l'on lira dans cette édition.

  • Qu'est-ce que l'anarchie ? C'est à cette question que répond le célébre géographe anarchiste Elisée Reclus (1830-1905) dans cette conférence prononcée devant les francs-maçons de Bruxelles en 1894. "Vous-mêmes n'êtes vous pas, sinon anarchistes, du moins fortement nuancés d'anarchisme ? Qui de vous, dans son âme et conscience, se dira le supérieur de son voisin, et ne reconnaîtra pas en lui son frère et son égal ?" Un texte éclairant et plein d'humanité.

    Cette troisième édition comprend la préface de Hélène Sarrazin et une postface d'Isabelle Pivert.

  • En matière de mépris du peuple, le ci-devant Macron, est assurément un premier de cordée. Certains s'en offusquent à juste titre en oubliant que tous les présidents de la République se sont drapés dans ce même manteau du mépris du peuple. De Gaulle ne qualifiait-il pas les Français de « veaux » et Hollande les pauvres de « sans dents » ?

    Ce livre décrypte un système social capitaliste fondé sur l'exploitation et l'oppression de l'homme par l'homme, la loi du plus fort, la course au profit, la financiarisation des choses et de la vie... Il est une invitation à dépasser les effets d'un phénomène qui n'est en rien inédit et inéluctable.

  • Le groupement "Les Amis de Durruti" se constitua progressivement, après la mort de Durruti, à la faveur des "débats" très agités qui accompagnèrent la résistance, voire le refus de la militarisation des milices, c'est-à-dire la recréation d'un appareil militaire classique, en grande partie aux mains des staliniens.

    Ils luttèrent contre l'abandon des objectifs révolutionnaires par les dirigeants anarchistes et la bureaucratisation concomitante de la CNT. Ils dénoncèrent et subirent comme beaucoup de révolutionnaires l'intense répression stalinienne et républicaine pendant et après les journées de mai 1937 qui marquèrent la fin du projet égalitaire et libertaire au cours de la guerre civile.

  • André Bernard et Pierre Sommermeyer, actifs militants anarchistes, réfractaires à la guerre d'Algérie, auteurs de nombreux articles et ouvrages, collaborateurs réguliers du Monde Libertaire et membres du collectif de rédaction de Réfractions, proposent dans cet essai, à travers une série d'exemples de luttes non-violentes, des pistes de réflexion et des moyens d'action pour imaginer une révolution qui ne sacrifie pas à ses objectifs son éthique.
    La prochaine révolution, libertaire évidemment, sera non-violente ou ne sera pas.

    Suivi de Prendre les armes ?
    Nouvelle édition augmentée.

  • Quel que soit le parti politique au pouvoir, l'État ne servira jamais que les intérêts des classes possédantes et dirigeantes, au détriment de ceux du prolétariat, victime d'une exploitation aux formes multiples, tantôt perverses tantôt décomplexées, toujours violentes.

    Salariés, travailleurs précaires, chômeurs, nous n'avons que trop confié notre avenir et nos aspirations à ceux qui nous exploitent et nous soumettent. Aujourd'hui, face à l'ampleur de l'offensive antisociale et sécuritaire, face au retour des idéologies réactionnaires qui viennent renforcer les dominations racistes, sexistes, sexuelles et culturelles, il est urgent de reprendre goût à la lutte, à la grève, de redescendre dans nos rues et de nous réapproprier ces espaces populaires de combat et de solidarité que devraient être les syndicats.
    />
    À la fois pratique et projet de société, l'anarcho-syndicalisme, bien que né à la fin du XIXe siècle, reste le moyen le plus indiqué, pourvu qu'on s'efforce de le (re)penser en phase avec les réalités actuelles, pour en finir avec toutes les dominations.

    L'enjeu, pour nous tous et toutes, n'est pas seulement défensif : il s'agit surtout, à terme, de reconquérir le temps de vivre.

    Guillaume Goutte passe beaucoup de temps en montagne. Mais de retour au plat paysage bétonné de la ville, rattrapé par le fléau des rapports de production, il exerce, bon gré mal gré, le métier de correcteur. Il milite au groupe Salvador-Seguí de la Fédération anarchiste et à la CGT, avec l'espoir de voir un jour un monde libéré de l'exploitation et de l'autorité. De cet engagement militant, il tire ces quelques réflexions.

empty