• Retraçant le fil d'une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l'intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation. L'auteur explore tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l'attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d'Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d'une alliance de l'ensemble du continent africain.

  • « Le terme «populisme», comme avant lui (et toujours) celui d'extrême droite, nécessite, pour être utilisé avec pertinence, une définition académique aussi précise que possible. Telle est l'ambition, amplement réussie, de Cas Mudde et de Cristóbal Rovira Kaltwasser dans cet ouvrage, qui, fait rare, combine les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine. Et retenons ce qu'il faut à tout prix éviter : faire des électeurs des partis populistes des citoyens ignorants et incapables. Il faut plutôt argumenter de manière raisonnable. C'est une approche à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Elle suppose préalablement une connaissance fine et étayée du problème. Ce livre donne à chacun les moyens de l'acquérir. » Jean-Yves Camus, préfacier

  • Originellement associée aux ordres professionnels et indissociable du statut de la fonction publique, la déontologie s'est récemment imposée dans le champ politique. Le développement d'une culture déontologique fait office de remède à ce qui est qualifié de crise de la représentation, en vue de renouer avec la confiance des citoyens, de lutter contre la corruption et d'assainir la vie politique.
    Mais l'extension de ce nouvel impératif interfère avec de nombreux principes, tels l'élection et le mandat représentatif.
    À côté d'une approche constitutionnelle fondée sur les institutions, la déontologie se focalise sur les comportements individuels et s'attache à contrôler les liens professionnels ou personnels comme à assurer l'exemplarité des gouvernants.
    En lieu et place de la responsabilité politique et en complément des délits pour manquement au devoir de probité, elle installe une logique préventive de lutte contre les conflits d'intérêts et détermine les bonnes pratiques pour assurer le respect de l'intérêt général. De la multiplication des hypothèses d'incompatibilité en passant par le dépôt de déclarations déontologiques ou le contrôle du (rétro)pantouflage, l'action politique est soumise à un véritable quadrillage déontologique.
    Cette évolution fait encore l'objet de critiques, notamment de la part de gouvernants parfois réticents à rendre publics leurs liens d'intérêts et leur patrimoine. Certes, son immixtion dans la vie privée des gouvernants peut accroître la défiance et la suspicion, mais la déontologie les incite dans le même temps à situer et à justifier leurs choix. Elle leur donne les moyens de redéfinir les termes de leur légitimité, laquelle a trop longtemps été considérée comme acquise du seul fait de l'élection.

  • Le monde est déchaîné. La violence n'y a pas reculé, comme le pensent certains. Elle a changé de formes, et de logique, moins visible, plus constante : on est passé de l'esclavage au burn-out, des déportations à l'errance chronique, du tabassage entre collégiens à leur humiliation sur les réseaux sociaux, du pillage des colonies aux lois expropriant les plus pauvres... L'oppression sexuelle et la destruction écologique, elles, se sont aggravées.
    Plutôt qu'enrayée, la violence a été prohibée, d'un côté, pour « pacifier » policièrement les sociétés, et systématisée de l'autre, à même nos subjectivités et nos institutions : par la logique comptable, sa dynamique sacrificielle, par la guerre normalisée, la rivalité générale et, de plus en plus, les nouvelles images. Si bien qu'on est à la fois hypersensibles à la violence interpersonnelle et indifférents à la violence de masse. Dans le désastre néolibéral, le mensonge de l'abondance et la stimulation de nos forces de vie ont fait de nous des sauvages d'un genre neuf, frustrés et à cran, et non les citoyens affables que la « civilisation » voulait former. Pour sortir de ce circuit infernal, et de l'impuissance collective, de nouvelles luttes d'émancipation, encore minoritaires, détournent ces flux mortifères d'énergie sociale. Mais d'autres les convertissent en haines identitaires et en replis patriotes. Qui l'emportera ? De quel côté échappera toute la violence rentrée du monde ?

  • Ce livre est né de la lecture de Propaganda, comment manipuler l'opinion en démocratie, d'Edward Bernays, publié en 1928. Bernays est le père des techniques modernes de manipulation des masses au profit du pouvoir politique et économique, et l'un des penseurs les plus influents du XXe siècle. Près d'un siècle plus tard, Propaganda n'est en rien de l'histoire ancienne. Le sujet concerne tout le monde et méritait bien son abécédaire illustré !
    Lucy Watts dissèque l'industrie du mensonge, son histoire et ses méthodes, tout ce qui nourrit la propagande ordinaire. « Désinformation », « Experts », « Hollywood », « Novlangue », « Pub », « Sondages », « Télévision »... Chaque thème est développé au travers d'anecdotes historiques édifiantes et illustré en pleine page par des lithographies hautes en couleur.

  • Depuis la résolution des Nations unies sur le partage de la Palestine et la proclamation de la création d'un Etat juif par David Ben Gourion en 1948, le Proche-Orient n'a jamais trouvé la paix.
    Pourtant, au début des années 1990, la main tendue de Yasser Arafat, qui reconnaît, de fait, l'existence de l'État d'Israël, et la réponse d'Itzhak Rabin laissent entrevoir la possibilité d'un accord de paix. L'espoir est de courte durée : le discours de paix de Rabin sera son dernier, et l'Autorité palestinienne représentée par Arafat sera affaiblie par les luttes internes et les pressions politico-militaires israéliennes.

  • Cet ouvrage magistral, devenu un classique depuis sa première publication en 1993, rassemble plusieurs domaines jamais connectés jusqu'ici de l'histoire des sciences et de la politique. Il retrace à la fois l'histoire de l'Etat, des statistiques, des bureaux de l'administration et de la modélisation de l'économie, domaines dont le rapprochement ne s'est fait que très progressivement. Ainsi, la statistique, qui était au XVIIIe siècle la 'science de l'Etat', ignorait alors les probabilités : elles n'y ont été associées qu'au XIXe siècle. Au fur et à mesure que la 'politique des grands nombres' s'enrichit, elle brasse tour à tour les jeux de hasard, les risques de la vaccination, les assurances sur la vie, la fixation des tarifs douaniers, la fiabilité des jurys, puis, plus récemment, les effets catastrophiques des cycles économiques et les sondages d'opinion, dont l'auteur propose une analyse fort stimulante. En reconstituant les hésitations, les contingences et les controverses qui définissent la 'raison statistique', ce livre ne s'adresse pas seulement aux historiens des sciences, aux économistes ou aux spécialistes de science politique, mais veut ouvrir un débat avec le grand public ausculté par ces appareils statistiques.

  • Tout en ayant son identité propre, la science politique s'enrichit en permanence de ses relations avec les autres disciplines. Preuve de son universalité, nombre de ses objets ont été appréhendés par l'anthropologie. Réciproquement, le décentrement anthropologique est l'occasion de revenir aux questions les plus essentielles des sociétés humaines.
    Ce livre s'attache à l'apport de dix concepts-clés appartenant à l'oeuvre de dix anthropologues : Geertz (la description), Douglas (l'institution), Leach (la structure), Sahlins (la culture), Godelier (l'imaginaire), Lévi-Strauss (l'échange), Van Gennep (le rite), Balandier (le changement), Clastres (le pouvoir), Girard (la violence).
    Cette démarche originale entend enrichir l'étude de la science politique en encourageant un réflexe d'ouverture vers l'anthropologie, et, plus généralement, vers d'autres sciences sociales.

  • La science économique utilitariste domine largement les sciences sociales. Les courants de sociologie se sont, en majorité, rendus à la théorie du choix rationnel. Cependant, il existe des courants anti-utilitaristes, qui, à l'autre extrême, versent dans la naïveté du geste donateur. Frédéric Lordon, propose un concept élargi d'intérêt de Spinoza, le conatus, qui permet de sortir de cette antinomie improductive.

  • La politique, dit-on, serait en crise du fait de l'inadéquation de nos représentants à la réalité qu'ils sont censés représenter : la fameuse "coupure" entre le peuple et ses élites témoignerait au premier chef de ces troubles dans la représentation. Myriam Revault d'Allonnes prend, en philosophe, le contre-pied d'une approche de la "représentation" qui, dit-elle, réduit à tort cette notion à sa dimension juridico-politique.
    Revenant aux sources de la "représentation" (arts visuels, théâtre), puisant aux deux grands paradigmes de la mimesis, la peinture et le théâtre, en compagnie de Platon et d'Aristote, cet essai interroge - au travers de l'élaboration de la notion de "représentation politique" (Hobbes, qui mobilise la métaphore théâtrale), de sa critique radicale (Rousseau, qui récuse la représentation et dénonce le simulacre du théâtre au nom de la "transparence") et jusqu'aux débats actuels sur la supposée "crise de la représentation" - la question de l'exercice de la souveraineté.
    Au terme de l'exploration, surprise : il apparaît que le lien représentatif moderne est fondamentalement lien de séparation. Et que c'est une illusion de penser que la représentation est susceptible de "figurer" de manière adéquate la réalité. Mais alors, que reste-t-il aux citoyens pour donner corps à la souveraineté politique ? La délibération, la discussion, la contestation, répond l'auteur, toutes modalités d'action non électives qui se donnent à voir et ne s'exercent que dans la non-coïncidence à soi.
    Alors s'ouvrent de nouvelles et riches perspectives à la représentation dans l'espace du politique, mais une représentation placée dès lors sous le signe de la re-configuration - et non celui de l'impossible figuration.

  • Cet ouvrage est un manuel de description et d'analyse des politiques et institutions actuelles du champ social. À la différence de la plupart des ouvrages existants, traitant séparément soit du droit du travail, parfois élargi à la formation professionnelle et aux politiques de l'emploi, soit de tout ou partie du reste des politiques sociales, il couvre l'ensemble du champ social : sécurité sociale, politique et droit du travail, politiques de l'emploi et de la formation professionnelle, lutte contre l'exclusion et insertion, politique familiale, protection de l'enfance, politique de santé publique, offre de soins, logement, politique de la ville. Des thèmes transversaux font l'objet de développements spécifiques, afin d'éviter les « angles morts » qui peuvent résulter de découpages thématiques : inégalités, discriminations, dimension européenne des politiques sociales, démographie. Il traite de l'ensemble des thèmes qui sont au programme des épreuves de l'ENA, l'EHESP (directeur d'hôpital), l'EN3S, et des autres concours administratifs de catégorie A du champ sanitaire et social. Il sera aussi un outil complet pour les étudiants amenés à traiter de ces matières notamment dans les IEP ou dans les masters de droit social, et pour les personnes recherchant une vision globale de ce champ.

  • Assignée à résidence depuis les années 1990, persécutée par la junte militaire au pouvoir en Birmanie, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, continue de prôner la non-violence.
    C'est dans les fondements du bouddhisme qu'elle puise son énergie politique : pour elle, la libération du peuple passe par une révolution des esprits. Moins d'un siècle plus tôt, en 1906, Trotsky justifiait la nécessité d'une insurrection armée pour lutter contre un Etat par nature violent. Ainsi s'opposent deux visions de la révolution, deux stratégies pour servir un même but : l'émancipation des peuples.

  • Au VIIIe siècle avant J.C., Homère expose de manière frappante la dualité qui fonde la stratégie. Dans l'Iliade et l'Odyssée, le poète grec met en scène la guerre à travers deux personnages phares. Achille, héros de la force, est un guerrier : son honneur est au-dessus de tout. Ulysse, héros de la ruse, est un stratège : seule la victoire compte.
    Cette combinaison de la force et de la ruse semble structurer dès l'origine l'histoire de la stratégie en occident. Pourtant, la force a davantage attiré l'attention des historiens. Dans l'ouvrage de Victor Davis Hanson, Le Modèle occidental de la guerre, la ruse n'apparaît jamais comme un élément majeur de la stratégie. Au contraire, elle fait figure de repoussoir. Cet « orientalisme » militaire et stratégique n'est évidemment pas recevable, tout simplement parce qu'il ne reflète pas la réalité historique et se fait l'écho d'un discours idéologique.
    Il s'agit donc d'en finir avec cette lecture afin de comprendre ce que la stratégie, dans le monde occidental, doit à la ruse, en identifiant les moments clés de son histoire, de l'antiquité grec aux mouvements terroristes du XXIe. Se déploie ainsi une histoire longue de la stratégie qui met en scène, pour la première fois et de manière systématique, le dialogue ininterrompu de la ruse et de la force.

  • Pourquoi l'État intervient-il dans la sphère économique ? Quelles sont les justifications théoriques et les limites pratiques de cette intervention ? Quelle est la manière la plus efficace de financer l'action de l'État ? De quels outils dispose la puissance publique pour réguler les marchés ? Comment doit-elle organiser la production des services publics et le financement des assurances sociales ? Quels instruments peut-elle mobiliser pour lutter contre les inégalités économiques et quels sont les principaux arbitrages auxquels sont confrontées les politiques de redistribution ? Comment mesurer les bénéfices et les coûts des politiques publiques ?
    Cet ouvrage, réalisé par une équipe de chercheurs en économie sous la direction d'Antoine Bozio et Julien Grenet, s'efforce de répondre à ces questions en mobilisant les outils d'analyse de l'économie publique et en s'appuyant sur les résultats des études empiriques les plus récentes.

  • Le Petit dico propose un regard malicieux sur les contrariétés de réunions et met en mots cet ordre du jour qui n'en finit pas, ce temps de réunion dévolu à trouver la date de la prochaine ou encore ce PowerPoint de 128 diapositives. À la manière du Baléinié et de ses tracas du quotidien, les autrices proposent 150 mots pour parler avec humour de nos rituels et pratiques collectives en réunion.

    Ce Petit dico est le fruit de nombreuses heures passées en conférences ; AGs ; retraites stratégiques ; business lunch ; séminaires et autres rencontres dans le travail social, dans les milieux associatifs, syndicaux, éducatifs et anarchistes.

  • L'idée et la pratique du boycott traversent l'Histoire sous diverses dénominations : mise à l'index, embargo, quarantaine, proscription, abstention... L'Inde de Gandhi, les États-Unis de Luther King, l'Afrique du sud de Mandela vont nous accoutumer à cette pratique.

    Ce livre nous retrace toutes ces histoires et les histoires actuelles de luttes non violentes, mais pour le moins efficaces.

  • Qu'est-ce qui permet le passage d'une idée à sa réalisation ? Grâce à qui et à quoi - qualités des personnes, contexte, «retournement» des contraintes, imagination, audace - les choses se font-elles, en matière politique et culturelle ? Au-delà du pur plaisir du récit, telles sont les questions que pose ce livre dans lequel Patrick Bouchain et Jack Lang racontent vingt ans de projets communs. Avec un espoir : contribuer à transmettre la liberté et la joie d'entreprendre, et donner à de nombreux lecteurs le désir de s'emparer du pouvoir de faire - pour agir, penser, partager, révéler les possibles ignorés.

  • En pleine faillite matérielle et morale, notre société s'éloigne toujours plus de ce qu'elle proclame sur tous ses bâtiments publics : la liberté, l'égalité et la fraternité. Le grand nombre n'a donc plus confiance en rien ni en personne. En tout cas dans aucune institution, ni en ceux qui les représentent. Les gens préfèreraient avoir confiance. Ils ne sont pas habités de rancoeur, mais d'amertume.
    Tandis que notre morale personnelle organise notre comportement individuel, la vertu doit régler ce que nous faisons en société. La vertu, c'est donc une méthode d'action à usage individuel dans la vie publique. Ce livre propose de la faire vivre, par la raison, le débat argumenté et des propositions concrètes.
    La vertu n'est pas l'apanage d'un parti ou d'une famille politique. La vertu reste un choix. Oui, un choix dont chacun est personnellement responsable.

  • Cet essai sur Mai 68 - publié en juillet de la même année dans la revue Quaderni piacentini - a été écrit au milieu du feu des barricades parisiennes. Devenu un classique, sa lecture des événements s'oppose aux interprétations alors en vogue dans la gauche, à la fois institutionnelle et révolutionnaire.

    Les auteurs, Sergio Bologna et Giairo Daghini, en analysant la révolte des étudiants et des travailleurs, ont en effet ignoré les schémas idéologiques du marxisme-léninisme, du maoïsme, de l'anarchisme, etc., en mettant en avant les catégories opéraïstes forgées dans les revues Quaderni rossi et Classe operaia.

  • Le terrorisme a pris la dimension d'une menace cruciale depuis au moins le début des années 2000. Pourtant, le débat sur cet enjeu majeur de sécurité publique et de sécurité internationale semble rarement à la mesure des questions posées. En particulier sur les causes de cette violence politique et sociale, et sur la nature des réponses qu'il faut nécessairement lui apporter.
    Cette notion ou ce « concept » de terrorisme reste même sans définition véritable qui fasse consensus, y compris chez les experts... Alors, que recouvre-t-il, ce mot de terrorisme ? Qu'est-ce que cette chose que l'on nomme mais que l'on ne parvient pas à définir, et que certains ne veulent même pas expliquer ? Pourquoi fait-on du terrorisme, avec autant d'in- sistance, une violence politique spécifique ?
    Ce livre est une réflexion critique sur la définition du terrorisme, et en particulier sur la façon dont celui-ci fait l'objet d'une instrumentalisation idéologique permanente. Alors que cette violence criminelle est un terrible révélateur de la crise de société, de la crise des politiques de domination, de l'ordre mondial actuel... de notre monde de précarités, de déliquescences, de tensions géopolitiques et de guerres. Un monde lui-même violent pour les peuples.
    La caractérisation du terrorisme comme l'action perpétrée par des « ennemis » de notre civilisation ou par des fous meur- triers traduit cette mystification de longue durée qui vise à masquer la réalité d'un épuisement des logiques du néolibéra- lisme et du système capitaliste lui-même.
    Les réponses ultra-sécuritaires et militarisées imposées jusqu'ici sont un échec. Au-delà de l'évidente mission de protec- tion qui doit être assumée par les pouvoirs publics, on comprend qu'il ne s'agit pas simplement d'ajuster et de renforcer les politiques sécuritaires aujourd'hui mises en oeuvre, pour pouvoir « vaincre » le terrorisme, et obtenir que cette menace puisse reculer de façon décisive. Une toute autre ambition s'impose. Réfléchir sur le terrorisme, signifie, en effet, qu'il faut aller chercher les causes de cette violence criminelle : toutes les causes politiques, sociales, économiques, géopoli- tiques... jusque dans l'histoire de longue durée. Le concept de terrorisme lui même, comme incrimination et élément de l'ordre juridique, devrait être mis en cause. Tout cela signifie aussi, et peut-être surtout, oser penser, repenser l'ordre social et mondial dans lequel nous vivons aujourd'hui, et se hisser au niveau d'une exigence de transformation radicale.

  • Quand il exalte l'imagination du public et lui permet de rire des autorités en place, le théâtre recèle une puissante force subversive. Il peut permettre également aux spectateurs de remettre en question leur attitude passive au sein de la société civile, de les mobiliser, de les rallier à une cause, de transformer les émotions.
    Le théâtre a-t-il toujours eu cette fonction de trublion dans l'espace public? Pourquoi entretient-il, davantage peut-être que les autres arts, un rapport politique avec son auditoire?
    Après avoir analysé les liens, parfois idylliques, souvent tourmentés, qui unissent le théâtre et le pouvoir politique, l'ouvrage distingue le théâtre contestataire du théâtre militant. Il se penche sur l'espace théâtral depuis les années 1990 jusqu'à nos jours, sur ses différents degrés de politisation. Il démêle les logiques professionnelles des logiques militantes et s'intéresse à la notion de conversion émotionnelle.
    Même s'il semble loin le temps de Jean Vilar où l'on voyait des ouvriers au Théâtre national de Chaillot, quel avenir pour le théâtre contestataire?

  • La culture n´est pas une catégorie comme une autre de l´action publique. C´est une condition de la politique, celle qui donne le sens de notre combat pour l´émancipation humaine, la démocratie citoyenne pour une société d´égalité, de liberté, du commun et du partage. Nous voulons le faire avec l´ensemble des composantes du monde artistique, culturel et associatif, politique, syndical et citoyen. Dimension transversale des rapports sociaux, la culture comme le féminisme, l´antiracisme ou l´écologie, nécessite la mobilisation de tous pour résister et construire une alternative aux eaux glacées du calcul égoïste comme aux eaux glauques de la haine de l´autre. Marx puis Gramsci ont montré le caractère essentiel de cet enjeu : il n´y a pas d´émancipation politique sans émancipation culturelle. Ce livre présente la façon dont les communistes abordent cette question de manière novatrice tout en se situant dans le droit fil de leur riche histoire.

  • Les villes de gauche réclament-elles plus d'impôts à leurs administrés ? Les communes de droite sont-elles moins endettées ? Trouve-t-on moins de policiers municipaux dans les villes de gauche ? Moins de logements sociaux dans celles de droite ? Ces éléments suffisent-ils à faire pencher la balance quand l'électeur entre dans l'isoloir ?

    Les réponses apportées par Villes de gauche, villes de droite réservent quelques surprises. L'ouvrage décortique les élections municipales de 1983 à 2014 dans les 236 communes françaises les plus peuplées pour analyser les éventuelles différences selon la couleur politique. Il propose l'analyse la plus systématique menée à ce jour sur les élections municipales en France.

    La richesse des données collectées met en lumière, de manière inédite, les facteurs locaux (sociologie de l'électorat, qualité de gestion municipale, niveau de chômage, logement, concurrence politique et triangulaires, etc.) et nationaux (popularité de l'exécutif) susceptibles d'expliquer les succès et les défaites des candidats.

  • Qu'ont en commun d'anciens collaborateurs qui ont fui la France à la Libération, des activistes de l'OAS, des espions soviétiques, des gauchistes de Mai 68 et de la Gauche prolétarienne, des autonomistes corses, basques et bretons ou des membres d'Action Directe ? D'avoir été jugés par la Cour de sûreté de l'État, une juridiction d'exception créée par le général de Gaulle à la fin de la guerre d'Algérie et supprimée par François Mitterrand au début de son premier septennat.

    Siégeant pendant dix-huit ans et réservant à des milliers de militants un traitement radical et spécifique, comme les gardes à vue prolongées, les arrestations de nuit, le jugement par des militaires ou les examens psychiatriques, elle illustre une tradition française de justice politique. Or, ces dispositions contre les « ennemis intérieurs » ne disparaissent pas en 1981 et sont progressivement réintégrées dans l'arsenal sécuritaire pour constituer le socle de la lutte antiterroriste. De la répression de l'OAS au jugement des « malfaiteurs terroristes » par une justice dérogatoire au droit commun aujourd'hui, c'est toute la généalogie de l'antiterrorisme que ce livre retrace.

    Par cet ouvrage passionnant qui s'appuie sur des archives inédites, Vanessa Codaccioni interroge la manière dont l'État fait face aux crimes politiques et terroristes depuis les débuts de la Ve République. Mais elle engage une réflexion plus générale sur les frontières, toujours ténues, entre justice ordinaire et justice politique, et sur l'utilisation de dispositifs d'exception en régime démocratique.

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