Labor Et Fides

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.

    Dans ces jours de Royaume, tout peut arriver, la violence, l'ennui, la nausée, la panique, l'inutile. J'écris ces mots mais ce n'est pas juste : dans les jours de royaume, il n'y a pas d'étiquette sur les choses. Dans ces jours de Royaume, je vais droit au travers de la vie jonchée de tout. Ce qui gît sans force. Ce qui traîne ivre mort. Les noyés qui dérivent. Les épaves abandonnées qui lacèrent la peau. Les étrangetés inidentifiables pleines de soubresauts. Ce qui s'est pris des gifles à mourir. Ce qui s'est pris du dédain à mourir. Mes jours de Royaume ramassent aussi les visages transparents que les regards traversent, heure après heure, comme des riens. Ils ramassent aussi les bonheurs travestis, incongrus, inattendus, inconvenants, qui ne vont nulle part et avec rien. Mes jours de Royaume ne choisissent pas et ignorent tout du jugement. Ils récoltent tout ce qui est là.

  • Comment l'Eglise est-elle née ? Nouv.

    «Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue.» C'est avec cette formule de sa plume qu'Alfred Loisy, grand historien français des religions, résumait dans un opuscule qui fit date le devenir du christianisme après Pâques. Bien loin de dénoncer la déviation de l'Église face au projet de l'homme de Nazareth, Loisy cherchait par cette enquête à en saisir la continuité et la nécessaire institutionnalisation.

    À sa suite, nombreux sont les historiens et biblistes à s'être engagés dans cette quête des origines chrétiennes. À l'heure où les Églises en Occident se cherchent un second souffle et repensent leur raison d'être, elle s'impose même comme une urgence.

    C'est à revisiter cette fascinante entreprise d'innovation ecclésiale qui a accompagné le premier siècle d'existence du christianisme que s'attelle ce livre: comment les croyants en Jésus ont-ils actualisé l'héritage de leur maître après sa mort? Pourquoi se sont-ils regroupés en communautés? Où et à quelle fréquence se réunissaient-ils? Ont-ils inventé des rites et des pratiques de foi? Et à quand remonte l'institution des ministères, celui de l'évêque et des diacres en particulier? Autant de questions et d'autres encore qui guident cette remontée aux sources de l'Église.

  • Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Ce livre présente le travail et la pensée de Bartolomé de Las Casas, figure majeure de l'histoire de l'Église et des arts, qui a combattu toute sa vie pour les peuples du Nouveau Monde, découverts et dominés par les Espagnols Las Casas a en effet défendu le droit des peuples amérindiens à vivre en liberté, à résister à la domination espagnole, à respecter et à préserver leurs propres cultures, leur religiosité, et à conserver après conversion les éléments compatibles avec le christianisme La défense de ces droits et de l'unité et de l'égalité de la famille humaine fait de Bartolomé de Las Casas un « précurseur » à la fois du Concile Vatican II et du monde postcolonial et mondialisé de notre époque

  • Mémoires

    André Trocmé

    Ce texte souvent cité par extraits, jamais publié ni même lu dans son intégralité, propose un parcours des deux premiers tiers du XXe siècle à travers la vie d'un acteur majeur du protestantisme français et international. André Trocmé (1901-1971), issu d'une famille germano-française d'industriels du textile dans le nord de la France, a connu l'occupation de sa région au cours de la Première Guerre mondiale et y est devenu à jamais pacifiste. Après des études de théologie durant un an à New York après l'obtention de son diplôme à Paris, il vit pleinement l'expérience du Christianisme social.En 1934, il devient pasteur du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il y fonde en 1938, avec son collègue Édouard Theis, l'École nouvelle cévenole (futur collège Cévenol), un lycée d'enseignement protestant, d'abord destiné aux enfants des pasteurs et aux jeunes du plateau. L'établissement devient à partir de 1940 une maison de refuge pour des enseignants et des élèves étrangers, le plus souvent juifs. Au même moment, André Trocmé, avec sa femme Magda, s'impose comme le chef d'orchestre de l'accueil de plusieurs centaines de Juifs au Chambon-sur-Lignon et sur le plateau. Il tient tête aux autorités de Vichy, et est emprisonné pendant un mois en 1943, avant de devoir passer à la clandestinité jusqu'à la Libération.Son autobiographie offre un document de première main sur ces années qui ont valu au Chambon-sur-Lignon la reconnaissance de l'Institut Yad Vashem, en Israël, et une notoriété mondiale. Au lendemain de la guerre, André Trocmé s'installe à Versailles pour y diriger la branche européenne du Mouvement international de la Réconciliation, avant de terminer sa carrière pastorale à Genève. Il a été reconnu Juste parmi les nations, comme son épouse.L'introduction, l'édition et les notes sont l'oeuvre de l'historien Patrick Cabanel (EPHE, Paris), spécialiste des Justes parmi les nations et de l'accueil des Juifs dans les Cévennes comme au Chambon-sur-Lignon.

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être « avec le souci, non dans le souci », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite : la « contempl-action » !

  • On s'est de tout temps posé la question « Que vient faire dans la Bible ce chant d'amour aux accents profanes et érotiques » Exégètes et lecteurs demeurent étonnés, perplexes ou enthousiastes Car le livre fascine Par une fine analyse du texte hébreu, remis dans son contexte historique et éclairé par la Tradition, l'auteure nous guide à la découverte de ce Poème qui témoigne d'un regard divin si positif à notre égard, d'un amour qui nous grandit et qui nous fait grandir, même au travers des aléas de la relation Lu par petites tranches gourmandes, ce commentaire baigné d'une spiritualité existentielle nourrira notre prière et notre intériorité Le « plus beau de tous les chants » offre aussi des aspects d'une étonnante modernité la place accordée au féminin, à la beauté, à la nature, et à l'entière égalité dans le couple, au respect et à la liberté à l'intérieur de la relation Ce petit bijou de poésie serti au coeur de la Bible chante à l'univers et à notre temps l'essentiel de la Révélation un Dieu qui cherche un partenariat avec les humains, dans une communion d'amour, au milieu d'une Création réenchantée

  • Les chrétiens blancs évangéliques dits « nés de nouveau » ont joué un rôle considérable dans l'élection de 2016 en votant à 81 en faveur de Donald J Trump Cela correspond à 61 des 62 millions d'évangéliques aux États Unis, soit environ 10 de la population américaine Pour la frange charismatique près du pouvoir politique, le président Trump représente le seul espoir pour l'Amérique On le compare même parfois au roi Perse Cyrus le Grand, libérateur choisi par Dieu pour l'affranchissement du peuple juif au VI e siècle avant notre ère Trois idées centrales ont contribué à l'émergence du charismatisme en politique aux États Unis le dominionisme c'est à dire la lutte contre le diable le combat spirituel, et l'eschatologie Sachant que l'élection de novembre 2020 sera décisive pour l'Amérique, peut on se permettre de négliger la façon dont ces idées ont façonné la politique sous l'administration Trump Nous proposons d'examiner la manière dont ces trois idées ont servi une certaine portion de l'électorat évangélique au sein du pouvoir américain

  • Chaque tradition de sagesse a ses textes phares sur la connaissance des mystères divins. Dans l'Orient chrétien, c'est la Philocalie des Pères neptiques, une anthologie monumentale d'écrits mystiques du IVe au XIVe siècle. Elle est la source notamment de la prière du coeur ou de Jésus, popularisée par les Récits d'un pèlerin russe. Une trentaine d'auteurs, parmi lesquels des figures majeures comme Maxime le Confesseur et Grégoire Palamas, y tracent la voie de l'hésychasme (du grec hésychia, " paix " , " repos ") et de ses étapes vers l'expérience de la Lumière incréée : la purification du coeur par l'ascèse, la contemplation de Dieu dans la création et les Ecritures saintes, la déification ou l'union à Dieu.
    L'être caché du coeur rassemble des extraits de la Philocalie, traduits par Jacque Touraille. Introduits et choisis par Michel Maxime Egger, ils proposent par leur agencement un véritable voyage spirituel centré l'ouverture au souffle de l'Esprit, l'unification intérieure et l'amour de la beauté.

  • Les thèses réformatrices de 1523 et leurs commentaires sont de beaucoup le texte le plus important et le plus volumineux de Zwingli. Il est aussi le tout premier manifeste de ce qui allait devenir la branche proprement réformée du protestantisme.
    Enfin traduit en français, ce document laisse transparaître nettement ce qui a d'emblée distingué le courant réformé du courant luthérien. Zwingli l'a écrit en moyen haut allemand de l'époque, à destination de ses anciens paroissiens de Glaris, pour les mettre au courant des discussions et controverses qui avaient précédé la dispute au terme de laquelle Zurich est passé à la Réforme, et tenter de les y rallier à leur tour.
    Il l'a fait avec une liberté de ton, un mordant, voire une manière populaire de dire et envisager les choses qui font de ce document un témoin important et savoureux de ce qui s'est joué au XVIe siècle.

  • Jonas

    Francine Carrillo

    Une méditation spirituelle sur le livre de Jonas. Francine Carillo débute par une réécriture toute personnelle de la célèbre histoire du prophète avalé par une baleine, puis développe un commentaire très attaché au texte hébraïque qui lui redonne ainsi toute sa dimension existentielle et spirituelle. Beauté de la langue alliée à une subtile méditation.

  • Ce livre rassemble a` la fois un re´cit personnel, des découvertes spirituelles cruciales, des repères pour avancer au niveau psychospirituel, une relecture de textes bibliques et des propositions tre`s concrètes de pratiques spirituelles. Suite a` des crises personnelles et spirituelles, l'auteur a été voir sur d'autres chemins ce qui pouvait le relever « d'entre les morts ». Ce qu'il a découvert l'a profondément bouleverse´ et l'a conduit a` un renouvellement du regard et du vocabulaire spirituel chrétien. Il a compris la valeur du silence, de la créativité, des démarches corporelles, de la méditation, bref : de l'expérience intégrative dans une démarche spirituelle. Durant quatre ans, semaine après semaine, il a partagé cette approche avec les participants d'un « atelier de spiritualité chrétienne » a` Genève. Cet ouvrage est l'écho de ces rencontres hebdoma- daires. Ce livre est destiné a` toutes les chercheuses et tous les chercheurs spirituels - chrétiens ou non - qui désirent mettre en résonance leurs expériences spirituelles et les éléments de la tradition chrétienne, dans une interprétation revisitée. Il aimerait ainsi donner le goût de puiser dans la figure du Christ (ou du « JE-suis ») et dans les textes bibliques des enseignements et des balises très précis pour vivre Dieu comme une expérience et pour se laisser guider vers le « Royaume » de la paix et de l'unification intérieure.

  • Le courage d'etre

    Paul Tillich

    L'enjeu principal du « Courage d'être », sauver l'être humain du désespoir, explique la portée considérable de cet ouvrage, l'un des dix livres les plus marquants du e siècle en ce qui concerne la reformulation contemporaine du christianisme. L'expérience de guérison et de libération qui en constitue la ligne directrice ne se laisse enfermer dans aucune description exhaustive. Le courage de la foi ou le courage comme acceptation paradoxale de soi n'est rien d'autre qu'une expression moderne du principe luthérien de la justification. Etre accepté signifie cesser d'être superflu, cesser d'« être de trop » (Sartre), être voulu par ce qui est la source et le fondement ultime du courage d'être: le Dieu au-dessus de Dieu.

  • Il existe de nombreux ouvrages sur l'Eglise au Moyen Age et les historiens prétendent souvent décrire la manière dont les chrétiens médiévaux vivaient leur religion, mais il n'y a pas grand-chose à lire sur la spécifi cité du christianisme médiéval. Le présent ouvrage vise à montrer l'originalité, la puissance et la cohérence du christianisme médiéval de langue latine. Il procède de l'admiration que ressent chacun en visitant une grande cathédrale gothique ou de celle que procure la rigueur intellectuelle des théologiens scolastiques. Monachisme, Croisades, hérésies, Inquisition : autant de créations ou de développements que l'Occident chrétien a vu naître entre la fi n de l'Empire romain et la Renaissance, et qui ont durablement marqué l'histoire du christianisme.

  • Dans ce second volume du commentaire des Actes des apôtres, Daniel Marguerat aborde les chapitres 13 à 28 de cette première histoire du christianisme. Au centre se trouve la figure de Paul, que l'on découvre par le biais de ses voyages missionnaires et de sa prédication d'évangélisation. L'auteur montre que le récit qu'en fait le livre des Actes s'inscrit dans la tradition de l'historiographie antique et plaide pour la grandeur et la dignité du christianisme dans l'Empire romain. L'autre axe fondamental est défini par l'usage de l'Ancien Testament, qui défend une essentielle continuité avec l'histoire d'Israël et voit dans l'Eglise une héritière de cette histoire sainte.
    La nouveauté de l'approche de Daniel Marguerat consiste à combiner dans sa lecture exégèse historico-critique et analyse narrative. Le premier volume du commentaire fait déjà date dans la recherche sur les débuts du christianisme. Désormais, l'ensemble des Actes est scientifiquement commenté en français par un grand chercheur.
    Daniel Marguerat est professeur honoraire de Nouveau Testament à l'Université de Lausanne. Il est considéré dans le monde comme l'un des meilleurs spécialistes des Actes des apôtres. A côté de nombreux ouvrages consacrés à Jésus de Nazareth et à Paul, il a codirigé l'Introduction au Nouveau Testament et le Nouveau Testament commenté.

  • Ecrit en plusieurs phases vers la fin du premier siècle au sein d'une école théologique établie en Syrie ou en Asie-Mineure, l'évangile selon Jean est l'un des textes majeurs de la Bible chrétienne. Distinct des trois évangiles synoptiques avec lesquels il a peu d'éléments en commun, il s'inscrit dans une volonté d'affermir la foi des premiers chrétiens, désorientés notamment par les conflits avec la synagogue et la perte de pertinence des premières confessions de foi. Conformément aux principes du commentaire exégétique, ce volume propose une traduction appuyée sur la critique textuelle, des informations historiques, littéraires et théologiques portant sur les douze premiers chapitres de l'évangile. Ceux-ci présentent la révélation de Jésus devant le monde au fil de son activité publique marquée notamment par des tensions toujours plus vives avec les autorités religieuses jérusalémites qui aboutiront à la passion et à la crucifixion, épisodes centraux des chapitres 13 à 21 déjà commentés dans le volume paru en 2007. Dans cette nouvelle publication, des épisodes aussi fameux que les noces de Cana, le discours du bon berger ou le retour de Lazare à la vie sont ici commentés par un exégète au sommet de son art.

  • A l'âge de 27 ans, Dietrich Bonhoeffer donna un cours sur Jésus-Christ à la Faculté de théologie de Berlin qui rassembla plus de deux cents auditeurs alors qu'au départ seize étudiants seulement s'y étaient inscrits. Reconstitué notamment par son ami Eberhard Bethge, ce cours reproduit ici représente une introduction magistrale du futur grand théologien à une christologie radicale. Tout au long des thèses théologiques qui la construisent, Dietrich Bonhoeffer traque les innombrables compromissions qui tentent de chercher l'être divin ou la substance transcendante de Jésus-Christ ailleurs que dans sa relation à l'être humain. Il ne s'agit pas de savoir comment était et est Jésus-Christ, mais qui il est pour moi. Formé à l'école de Harnack, converti par Barth, le Bonhoeffer de cette christologie est peu connu du lecteur francophone de " Résistance et soumission " ou " De la vie communautaire ". Ce livre permet de rencontrer ainsi un penseur dans les premières phases d'un parcours qui fera de lui une figure marquante de la théologie allemande et de la résistance jusqu'à la mort au nazisme.

  • Après le premier volume du commentaire de l'évangile de Luc qui traite de l'enfance de Jésus et du ministère en Galilée, ce deuxième tome propose l'exégèse de textes aussi importants que le Notre Père, l'épisode de Marthe et Marie ou la parabole du Samaritain.
    Comparée à celle du premier volume, la partie consacrée à l'analyse est ici particulièrement développée : elle examine la relecture lucanienne de l'évangile de Marc ou de la source des logia. Le talent littéraire et les orientations théologiques de Luc apparaissent ainsi en pleine lumière. L'histoire de la réception a, elle aussi, reçu une attention spéciale qui permet d'examiner la trajectoire d'un texte de Luc depuis sa lecture par les Pères de l'Eglise jusqu'aux auteurs contemporains en passant par les théologiens de la Réformation ou les grands peintres du Moyen Age.

  • Ce troisième volume du commentaire de l'évangile de Luc propose la traduction, l'annotation et l'interprétation des chapitres 15 à 19,27, seconde partie du voyage que Jésus accomplit de Galilée en Judée.
    Constitués presque exclusivement de dialogues et de discours, ces chapitres présentent une matière qui, le plus souvent, n'a pas de parallèles dans les autres évangiles. Des récits propres à Luc, comme l'épisode des dix lépreux ou celui de Zachée, des paraboles telles celles de l'enfant prodigue, du riche et du pauvre Lazare, ou du juge et de la veuve opiniâtre, sont analysés avec précision. D'autres passages ont leur parallèle dans Marc et Matthieu, ainsi la guérison de l'aveugle de Jéricho ; d'autres appartiennent à la Source des logia, tel le discours apocalyptique du chapitre 17.
    En ces cas, François Bovon fait ressortir les particularités que l'évangéliste confère à la réécriture de ses sources. Fidèle à son projet, l'auteur insiste également sur l'histoire de l'interprétation et de la réception de l'évangile, particulièrement à l'époque patristique, au Moyen Age et au temps de la Réformation.

  • Pourquoi croit-on que " c'est de notre faute " ? pourquoi se sent-on si souvent coupable de telle pensée ou émotion, de tomber malade, de ne rien faire ou même d'aller bien ? pour s'expliquer un malheur ou un échec, voire pour l'accepter, nous nous disons que c'est parce que nous avons fait quelque chose de mal.
    " si j'avais agi autrement, cela ne se serait pas passé. " le mécanisme est tel que la toute-puissante culpabilité arrive à prendre la place du dieu unique. pour l'auteur, c'est un dysfonctionnement qui menace à tout moment de s'interposer entre l'humain et le " tout-autre ". mieux : ce n'est pas du côté de dieu qu'il faut chercher l'accusation. ainsi, dans l'évangile de luc, jésus guérit le paralysé en lui disant qu'il est libre de toute faute, comme si c'était la culpabilité qui le paralysait.
    A la suite de cette partie narrative, lytta basset analyse aussi bien le discours sur la culpabilité chez freud, dolto ou miller que celui de certains philosophes (ricoeur, nabert) pour finalement discuter les grandes orientations de la pensée protestante sur ce sujet il y aurait moyen d'évangéliser le sentiment de culpabilité. cette seconde partie reprend le dossier " culpabilité " de l'encyclopédie du protestantisme, réédité une première fois sous ce titre dans entrée libre nâ° 48 en 2000.

  • Le premier christianisme des années 30 à 90 se développe dans un foisonnement culturel et religieux dont on peine souvent à comprendre l'unité. Quel est son Dieu, quel est son message par-delà une diversité déconcertante à première vue ? Le livre que voici est devenu, depuis sa première parution en 1991, un classique de l'initiation à la théologie des premiers chrétiens. Son succès a poussé Daniel Marguerat à réaliser une complète mise à jour intégrant les avancées de la recherche la plus récente. Dans une première partie, l'auteur évoque la multiplicité des langages empruntés pour dire Dieu, la parabole, le récit de miracle, les lectures de la Bible hébraïque, la résurrection... Dans un second temps, il interroge les grands théologiens du Nouveau Testament, Paul, les évangélistes, les Actes et l'Apocalypse. Dans la société gréco-romaine du premier siècle transformée par l'érosion des grandes religions ou la montée de spiritualités orientales, il y a plus d'un paramètre commun avec nos sociétés du XXIe siècle. Le Dieu des premiers chrétiens ? Un Dieu incontestablement contemporain.

  • Parti reconquérir des terres françaises en voie de sécularisation, le catholicisme emprunte aux églises évangéliques ses pratiques performantes. En associant les mots « Réveil » et « catholique » Valérie Aubourg entend montrer la manière originale dont l'Église de Rome s'en empare : cette régénération s'inscrit dans un héritage religieux et des traditions culturelles particulières. Elle consiste certes à suivre une ligne évangélique mais également à la réinsérer dans la matrice catholique. C'est donc au coeur de cette dialectique que se situe cette recherche : entre « évangélicalisation » et « recatholicisation » du christianisme. L'ouvrage s'articule autour d'une enquête ethnologique menée sur trois terrains : les dispositifs Miracles et Guérisons, la Prière des Mères et le renouveau paroissial. Il permet, au final, de dresser le portrait d'un visage inédit du christianisme.

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